L’histoire de Gaza est au cœur des conflits au Proche-Orient, mais combien de personnes en connaissent réellement les origines ? Lors d’une conférence passionnante, Mr Georges A. Bertrand, historien ayant vécu à Gaza nous a offert un éclairage précieux sur cette région, de l’Antiquité à nos jours. Retour sur un récit historique essentiel pour comprendre les enjeux actuels.
Une région au carrefour des civilisations
Gaza, située à la jonction de trois continents — l’Afrique, l’Asie et l’Europe — a toujours occupé une position stratégique. Son importance commerciale et culturelle remonte à des millénaires. Le nom de Gaza, d’origine incertaine, a même donné naissance au mot « gaze », ce tissu fin utilisé dans les compresses médicales.
Les premières traces écrites évoquent une cité prospère dès le XVe siècle avant J.-C., sous l’égide des Pharaons égyptiens. Au fil des siècles, Gaza est passée sous la domination des Philistins — un peuple venu de la mer, qui a donné son nom à la Palestine historique — puis des Cananéens, des Hébreux, des Romains et bien d’autres.
Les mythes fondateurs et leur impact
L’historien a pris le soin de démontrer comment certains textes religieux ont été utilisés pour justifier la domination sur cette région. La Bible, notamment, relate des récits mythiques comme celui de Noé et de ses descendants, qui ont influencé les revendications territoriales jusqu’à aujourd’hui.
Mais au-delà des récits bibliques, les découvertes archéologiques montrent une réalité différente. Loin d’être un peuple migrant venu d’Égypte, les Israélites seraient en réalité des Cananéens ayant évolué localement. Cette relecture de l’histoire bouleverse les perceptions habituelles.
La modernité et le conflit israélo-palestinien
L’histoire moderne de Gaza est marquée par des événements tragiques. Après la Première Guerre mondiale, la région est placée sous mandat britannique, et la Déclaration Balfour promet la création d’un foyer national juif en Palestine, sans consulter les populations locales.
Le partage de la Palestine par l’ONU en 1947, la création de l’État d’Israël en 1948, et les guerres qui s’en sont suivies ont profondément marqué Gaza. La bande de Gaza est devenue une enclave surpeuplée, soumise à un blocus sévère et à des conflits réguliers.
Un territoire sous blocus : une prison à ciel ouvert
Depuis les accords d’Oslo de 1993, Gaza est souvent qualifiée de « plus grande prison à ciel ouvert ». Entourée de murs, surveillée par des drones et contrôlée militairement par Israël, la bande de Gaza subit un blocus strict. La population vit sous un régime d’occupation indirecte, où même l’électricité et l’eau sont sous contrôle extérieur.
L’historien a également évoqué la montée du Hamas, mouvement islamiste qui a pris le contrôle de Gaza en 2007. Il a rappelé que ce groupe est perçu différemment selon les populations : vu comme une menace par Israël et certains pays occidentaux, il est aussi considéré comme un soutien pour les populations locales délaissées par l’Autorité palestinienne.
L’actualité brûlante : le 7 octobre et les représailles
La conférence s’est conclue sur les événements récents du 7 octobre, lorsque le Hamas a lancé une attaque sur Israël. Ce qui s’ensuivit fut une riposte militaire d’une ampleur sans précédent. Des quartiers entiers de Gaza ont été détruits, et des milliers de civils ont été tués.
L’historien Georges A. Bertrand a soulevé deux questions essentielles :
Comment une opération de cette envergure a-t-elle pu être préparée sans que les services de renseignement israéliens ne s’en aperçoivent ?
Pourquoi, malgré sa puissance militaire, Israël n’a-t-il pas encore réussi à retrouver les otages et à venir à bout du Hamas ?
Ces questions restent ouvertes, mais elles mettent en lumière des enjeux complexes, où politique, mémoire collective et intérêts géopolitiques se mêlent.
Un message d’espoir et de dignité humaine
Pour conclure, l’historien a rappelé que la solution ne peut venir que du respect des droits humains et du droit international. Il a cité une phrase de Théo Klein, ancien président du CRIF :
“Quand le terrorisme traduit la volonté de survie d’un peuple, il ne peut être combattu qu’en accordant sa dignité à ce peuple.”
Face à la tragédie qui se joue à Gaza, le devoir de mémoire et d’information est plus crucial que jamais.
L’association “L’Ouvre Boîte” d’Argentat a été fondée pour organiser des débats publics. Le 22-11-2024, elle organisait une soirée-débat autour des principes de la collecte des déchets avec redevance incitative, puisque la communauté d’agglomération de Xaintrie Val Dordogne ainsi que celle d’Egletons projettent ce type de mise en place.
Voici le compte rendu de cette soirée rencontre-débat.
Débat public à Argentat-sur-Dordogne
( le 12 Novembre 2024 )
Salle Saintangel Argentat-sur-Dordogne – Organisation de la réunion : association l’Ouvre Boîte Compte rendu : association Citoyliens
Le temps de réunion a été en grande partie consacré à découvrir l’historique du déploiement de la collecte des déchets en Dordogne par le SMD3, relaté par la présidente de l’Amcodd (Association des Mécontents de la Collecte des Déchets en Dordogne). Mme Poumarède a exposé les défis, critiques et initiatives relatives à cette mise en place de la Redevance Incitative (RI) et ses profondes conséquences.
1. Contexte général de la gestion des déchets
En France il n’y a que 2 services publics qui sont obligatoires c’est d’une part l’hôpital, d’autre part le ramassage des déchets.
En 2025, les communes auront obligation d’avoir réduit de 50% le volume des déchets destiné à l’enfouissement. La méthode pour y arriver est laissée, aux villes, communautés de communes, communes.
Pour des raisons d’économie d’échelle, les municipalités transfèrent souvent leurs compétences à la comcom. La Dordogne est le seul département en France dans lequel toutes les Com-com ont transféré leur compétence à un service d’échelle départementale (576 communes, 400000 habitants)
La RI (redevance incitative) est accompagnée de fortes subventions de l’ADEME (14 millions pour le département de la Dordogne).
Le système de RI implique de distribuer des badges magnétiques pour chaque foyer – les Points d’ Apport Volontaires (PAV) contiennent une batterie et un système de lecture de puce RFID qui s’activent lorsque posées sur le lecteur. Le code unique (FFI fichier fiduciaire informatisé) est comparé aux données enregistrées dans le système (identité de l’utilisateur) et autorise/refuse l’accès
l’expérience de Dordogne montre que la détection de badge a des aléas et que les ratés d’ouverture se décomptent du nombre autorisé par foyer. La mise en place de ce système informatique des poubelles ne nous éloigne pas des moyens et de la perspective d’une société de contrôle, au contraire
2 – Évolutions prévues
L’ADEME veut accentuer l’implantation des PAV surtout en zone rurale mais ne cherche pas à généraliser à toute la France ! d’ailleurs beaucoup de collectivités ont opté pour d’autres systèmes. En 2026, ce sont les élections municipales donc rien ne bougera sans doute sur cette question pour ne pas réduire les chances de réélection des municipalités en place. En tout cas, en Xaintrie Val Dordogne, le matériel a néanmoins déjà été commandé.
Il s’avère que les villes de Paris, Lyon, Toulouse, Limoges (…) resteront au principe de ramassage au porte-à-porte. Les municipalités de ces cités vitrines semblent avoir bien compris que la RI génère automatiquement des dépôts sauvages, une explosion des coûts et la colère des habitants. La ville de Paris avait engagé un cabinet d’audit (Optea) dont la conclusion a été absolument négative en ce qui concerne le RI. On peut parfaitement être en PAP et en RI, ou l’inverse, ou les 2, les métropoles ont pour certaines des PAV mais aucune n’est passée à la RI
3. Les différents principes de tarification
Entre la TEOM, la REOM et la RI, des façons différentes de considérer le citoyen et son quotidien sont en jeu.
1 – La TEOM, créée en 1974, est calculée sur la base de la valeur locative cadastrale, et s’ajoute aux impôts fonciers des propriétaires. Elle finance exclusivement le ramassage et le traitement des déchets. Cependant, ce modèle est critiqué car il ne dépend pas du volume de déchets produit, ce qui limite l’incitation à réduire les déchets. La TEOM est une taxe, donc raccrochée au calcul du patrimoine foncier du foyer = approche solidaire / effort financier équitablement réparti entre les habitants.
2 – En 1990, est instaurée la REOM. C’est une redevance qui est fixée en fonction du service rendu et de la quantité de déchets collectés. Elle est censée encourager les usagers à trier et à réduire leur production de déchets, car elle peut inclure des critères de poids ou de fréquence de collecte.
Retour du cas de la Dordogne : Pour l’usager, passer au nouveau système, et quels que soient ses efforts en matière de tri, le coût est supérieur à l’ancien système, et croît chaque année.
Elle est adoptée par seulement 5% des collectivités en raison de sa complexité de mise en œuvre.
En parallèle, la pratique “traditionnelle’ de ramassage des poubelles devant la porte où dans les bacs à roulettes de quartier (PAV : points d’apport volontaire), incluent d’ailleurs une notion d’exonéra-tion de taxe quand la notion de proximité du bac (moins de 500m) ne peut pas être mise en place.
3 – La RI (redevance incitative), échappe au principe national de taxe. Elle est décrochée de la valeur foncière calculée pour l’habitation et ses habitants. Elle applique le même tarif à tout le monde, de façon individuelle, et pour un service absolument identique à tous, appliquant un certain nombre de levées ou de dépôt par mois. (dépôts supplémentaires en Dordogne : 5,2 € pour un sac de 60 l.). CELA PEUX DONC IMPOSER DE STOCKER SES DÉCHETS. Tout passage de badge est décompté du forfait, même si la porte ne fonctionne pas et qu’il n’y a pas de dépôt d’ordure.
Un des aspects qui différencie le principe de la TEOM et de la RI c’est qu’on remplace une taxe basée sur le foncier, donc sur une base sociale de patrimoine, par une redevance, décrochée d’aspect « équité / social ».
4. Exemple DORDOGNE : liste des conséquences(AMCODD)
Impact de la RI sur les citoyens :
COÛT (Dordogne) = pour un nombre fixe de dépôt annuels + 26 passages en déchetteries – Dépot supplémentaire de 60l = 5,22€ … ce qui équivaut à 75 % d’augmentation par rapport à l’ancien système / ancien tarif.
Nb de personnes
1
2
3
4
5
6
7
Nb de dépots / an
16
26
34
40
44
48
52
Coût annuel :
192,5 €
244,7 €
286,5 €
317,8€
338,7 €
359,6 €
380,4 €
Difficultés pour les habitants vulnérables et leurs aidants (personnes âgées, malades, familles nombreuses, aidants et professionnels du soin … ).
Absence d’équité dans le service public : les points d’apport volontaire (PAV) sont conçus pour l’individu « standart » – ils sont inutilisables pour certains usagers (personnes handicapées, agées, petite taille …).
Comme le dépôt de sacs jaunes (recyclables) ne sont pas comptabilisés, les gens mettent du déchet ménager dans le sac jaune, en container et en déchetterie.
Multiplication des dépôts sauvages (jusqu’à réduire la fréquentation de 30 % dans ce département éminemment touristique) – (L’AMCODD a lancé un anti-concours de photos qui s’étale sur des centaines de pages)
Dépréciation immobilière des maisons riveraines des points de dépôt, pollution, recrudescence des rongeurs
Actions controversées du SMD3 :
Une mise en place politique sans concertation, avec des données qui restent opaques.
Un relationnel client méprisant de la part du SMD3 envers les personnes « hors cas général » ne pouvant ou bien pas stocker, ou pas apporter elle même leurs déchets … (voir https://mecontents-collecte-dechets-dordogne.com/faq/ )
Promotion de la délation et de l’analyse des déchets pour identifier et poursuivre les contrevenants.
Contre les incivilités et les dépôts sauvages, déploiement d’un système de caméras sur les points de collecte pour 90 millions d’euros.
Données opaques :
Aucune possibilité pour l’usager de savoir ni le nombre ni le poids de ses dépôts.
AMCODD souligne le manque de transparence sur les données de volume/poids et coûts des déchets annuels actuels et dans les systèmes précédents, et donc sur l’efficacité réelle du principe de la RI. Par exemple, le SMD3 ne comptabilise pas les déchets que les périgourdins vont déposer dans les départements voisins ou à coté des bacs prévus (noter que tous les sacs jaunes « souillés » sont envoyés à l’incinérateur de Brive, puisque le coût de traitement est inférieur au recyclage réel).
Absence aussi de comptabilisation du nombre plus important de camions sont employés pour faire des ramassages finalement MOINS FRÉQUENTS = à la place d’UN SEUL type de camion de collecte unique, il faut maintenant AUSSI des camions et du personnel pour ramasser AUTOUR des points de collecte et dans la nature, ET des camions grues pour ramasser les containers enterrés, ET des camions de lavage spécialisés pour les différents types de bacs …)
Le syndicat SMD3, annonce publiquement un taux de 40 % de réduction des déchets de la poubelle noire. Il faut s’interroger sur le fait que les volumes de déchets laissés au pied des poubelles ne sont pas comptabilisés, le volume de déchets qui sont déposés dans les départements limitrophes ne sont pas comptabilisés, la quantité de déchets noir qui sont mis dans les sacs jaunes et dans les bacs de déchets dit recyclables ne sont pas comptabilisés.
La collecte de la RI a été très habilement transférée aux comcoms, c’est donc elles qui facturent (et non le SMD3). Comme un EPCI ne peut pas percevoir directement d’argent c’est le trésor public qui s’en charge et qui peut donc émettre des ATD (avis à tiers détenteurs) les saisies sur salaires ou retraites sont nombreuses. Les comcoms sont ensuite chargées de reverser la RI au SMD3. Ce dernier n’a donc pas à se charger des recouvrements !
Le SMD3 serait déficitaire.
Les approches éducatives fonctionnent :
AMCODD mentionne les approches decertains syndicats (Calitom en Charente ou le SMICOTOM dans le Médoc) qui sont en concertation constante avec les usagers et qui au lieu de mettre des amendes à tout va, utilisent la pédagogie en allant rencontrer les usagers et en leur expliquant pourquoi leur poubelle ne peut être enlevée (erreur de tri par ex)envoyant des agents faire de l’information éco-citoyenne. Ces approches atteignent les % de réduction ciblés, comme Calitom en Charentes, et Besançon (…?) sans changer les systèmes de collecte.
5. Actions et initiatives de l’AMCODD
AMCODD a vu le jour sous la forme d’un collectif en 2019, auto-transformé en association en 2020. (Association des Mécontents de la Collecte des Dechets en Dordogne) Elle rassemble dans un groupe Facebook 15600 périgourdins. Elle a édité une page Facebook et un site Internet. (La structure associative a été constituée afin de pouvoir ester en justice)
L’association a commandé un film documentaire sur la redevance incitative et les PAV. C’est un documentaire d’enquête dans divers départements de France et en Dordogne afin de d’offrir une information citoyenne objective sur les réalités de cette mesure.
En 2020 l’association a fait des suggestions d’évolution technique auprès du SMD3 (le département n’ayant que très peu de compétences dans ce domaine). Un refus lui a été notifié, mais de façon non argumentée.
L’association Amcodd à demandé la communication des données de volumes et de coûts entre ancien / nouveau système, mais cela ne lui a pas été communiqué.
Action juridique
L’association Amcodd attaque le SMD3 sur deux axes, aussi bien au tribunal pénal qu’au tribunal administratif. On nous informe que les chances de succès juridiques sont très probables. Les deux axes de l’action sont :
1 – selon la définition du service public, le changement du mode de collecte ne peut être que de qualité équivalente ou supérieure. Or, comme listés dans une autre partie de cet article, il y a un certain nombre de points sur lequel le service rendu est fortement altéré pour le citoyen.
2 – Vu la rupture d’égalité à laquelle sont confrontés un grand nombre de personnes, il ne s’agit plus d’un service public (personnes âgées, malade, handicapés, familles d’accueils, touristes… cf liste des inconvénients)
Résumé de l’argumentaire d’Amcodd
“L’AMCODD n’a pas vocation à s’opposer à l’objectif national visant à réduire, à terme, le volume des déchets enfouis, mais au contraire, à l’accompagner dans la mesure où les dispositifs adoptés pour y aboutir maintiennent le principe d’un service public incontournable et équitable.”
“C’est pourquoi, l’AMCODD s’est efforcée d’attirer l’attention de l’ensemble des instances concernées par cette problématique, aux fins d’obtenir : un moratoire sur le déploiement des dispositions retenues par le SMD3 pour permettre d’analyser par retour d’expérience les points d’achoppement amendables, et corriger les inadéquations avec les résultats attendus.”
“L’objectif de l’AMCODD, partisane d’une écologie raisonnable et partagée, n’est pas de contester le bien fondé du but à atteindre, mais de lutter contre la dérive qu’en déclinent les orientations du SMD3, qui, en l’état actuel des choses, aboutit à l’abandon d’un véritable service public au profit d’un racket insoutenable, discriminant, voire insultant.”
Conclusion: La situation en Dordogne révèle les tensions inhérentes à la mise en place de nouveaux modèles de gestion des déchets. L’AMCODD et les citoyens mobilisés dénoncent les failles de la RIet des PAV et réclament un système plus juste, plus efficace et plus respectueux du service public. La mobilisation citoyenne et les actions en justice pourraient contraindre les autorités à reconsidérer leurs choix et à privilégier une approche plus collaborative et transparente.
( voir aussi le flyer de l’Amcodd plus loin )
Résumé des actions de l’Amcodd
2021
Campagne d’adhésion : 600 adhérents.
Multiples rencontres, tous les institutionnels nous ont reçu : les élus font blocs et se positionnent très clairement en faveur du SMD3
Refus de vente de la part de Sud Ouest d’une page de publicité (sic).
Multiplication des réunions publiques.
Demande d’un moratoire en avril 2021. Fin de non-recevoir.
Indépendance totale d’avec toutes autres associations politisées
2022
Nouvelle stratégie – Porter le combat au niveau national. Recherche à travers toute la France d’associations, collectifs ou groupe ayant les mêmes problématiques avec les PAV/RI = Groupe de travail créé avec une quarantaine d’assos et groupes nationaux : même constat qu’en Dordogne, seule l’action collective permettra de faire éclater notre problème.
Réalisation d’un film/vidéo à travers toute la France : témoignages d’Ardèche, Loire Atlantique, Meurthe et Moselle, Vendée, Ile d’Oléron, Haute Marne etc. (voir lien ci-après) Diffusion en Loire Atlantique, en Dordogne impossible d’obtenir une privatisation de salle de cinéma, les maires mettant un véto dès que le thème du film est connu sauf à Périgueux où le film est diffusé dans une salle municipale privatisée fin juillet.
Rentrée riche en évènements : L’AMCODD contacte VERITAS pour leur demander des explications concernant les 2 certifications ISO obtenues par le SMD3. But : leur faire perdre puisqu’il ne respecte aucun des critères d’obtention.
Pétition nationale sur la plateforme du Sénat, le but : demander une commission d’enquête sur les résultats de la RI, partout où elle est mise en place , les résultats sont-ils au RV ?
2023
Reportage sur « envoyé spécial » – Journaux télévisés : TF1, France2, France3 – Presse écrite nationale : le Parisien, l’Obs, Déchets infos services
Lancement de la pétition nationale sur la plateforme du sénat afin de faire connaitre la problématique du changement de collecte et de facturation partout où elles sont appliquées.
Recueil des protections juridiques en vue d’un recours venant s’ajouter à celui de l’AMCODD qui elle, demande à supprimer le principe même de la redevance incitative.
En fin d’année, participation à l’interpellation de la Cour Des Comptes et plus particulièrement la Chambre Régionale des Comptes sur la plateforme participative mis en place par la Cour Des Compte. Recueil de quelques 200 soutiens qui place l’AMCODD en 1° position au niveau régional et en 4° position au niveau national. Résultat courant du mois de janvier 2025 (repoussé à avril 2025)
1500 adhérents en 2024, ce qui permet de payer un avocat spécialisé venant d’un autre département.
Les PAV d’Égletons sont déjà équipés de 64 caméras / qui seront reliées au central de surveillance départemental
Consulter la chronique de la mise en place de la redevance incitative en Xaintrie Val-Dordogne portée par le “Collectif Transition Locale du Pays d’Argentat” (cliquez)
Flyer argumentaire de l’Amcodd
Autre association spécialiste du sujet “déchets”
Rudologia – Pôle de Compétences Déchets – est un organisme national fédérant les principaux acteurs de la filière, basé à Lons-le-Saunier (Jura). Il possède le statut d’association, régie par la Loi du 1er juillet 1901, relative au contrat d’association, et par le décret du 16 août 1901.
S’appuyant sur le savoir-faire technique du SYDOM et des industriels du Jura, Rudologia est né sous l’impulsion commune du Conseil Régional de Franche-Comté, du Conseil Général du Jura, de la ville de Lons-le-Saunier, du SYDOM du Jura et de l’ADEME. Dès son origine, il a reçu le soutien du Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement (MATE), aujourd’hui Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.
Les missions statutaires de Rudologia
Réunir l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine des déchets et de les fédérer autour de projets communs et structurants pour la filière, dans une optique de développement durable :
Capitaliser des connaissances techniques, réglementaires et sociologiques,
Diffuser des informations et des connaissances en matière de gestion de déchets,
Valoriser des expériences, développer l’offre de formation
Consulter le travail fait par l’association RUDOLOGIA en cliquant ici
Le 10 décembre 2024, à Brive, s’est tenue comme tous les ans la célébration de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, en présence des représentants des associations composant le collectif du 10 décembre en Corrèze, et de Mr Lescure, Adjoint Culture de la Mairie de Brive.
Voici les textes des prises de parole prononcées au micro ce soir là :
Nous avons choisi de centrer la commémoration de la Déclaration des Droits de l’Homme sur les articles 13 et 14 de la DUDH qui proclament notamment ”Toute personne a le droit de circuler librement et le droit de quitter tout pays y compris le sien” ou encore ”Devant la persécution toute personne a le droit de chercher asile et bénéficier de l’asile en d’autres pays”. Or ce droit n’a jamais été autant remis en cause en Europe même.
En effet 2024 a été ”l’année de tous les dangers” au sud de l’ Europe occidentale pour les migrants qui arrivent par la mer (97%). Sans vous abreuver de chiffres, il faut savoir que le nombre de noyades de migrants en Méditerranée et dans la Manche depuis le début de l’année a battu des records : 3100 connues en Méditerranée mais combien sont cachées ou ignorées, 65 dans la Manche à ce jour ! C’est plus de la moitié des morts civils causés par la terrible guerre en Ukraine depuis le début de l’année !
Le pape lui-même s’en est ému en déclarant ”Il y a un cri de douleur qui résonne plus que tout autre et qui transforme la Mare Nostrum en Mare Mortum”
Intéressons -nous un peu au vocabulaire car vous verrez qu’il en dit long sur une certaine presse ou des medias qui n’ont qu’un seul mot ”immigrés” pour nous parler des migrants et nous inculquer des idées toutes faites !
Qu’est-ce qu’un migrant pour l’ONU ? C’est une personne qui quitte son lieu de résidence pour s’établir à titre provisoire ou définitif dans une autre région de son pays ou dans un autre pays. Un ”migrant économique” est un migrant qui fui son pays pour tenter d’améliorer sa situaton économique devenue intenable pour différentes raisons quenous évoquerons plus tard.
Un demandeur d’asile est un migrant qui sollicite la protection d’un état contre les persécutions subies dans son pays et sur laquelle le pays où il se trouve n’a pas encore statué . S’il se voit accorder l’asile il devient réfugié ; il obtient une carte de résident. Sinon il devient un migrant en situation irrégulière comme celui dont le visa a expiré ou celui qui entre illégalement sur le territoire.
Avant de parler de la France , il faut savoir que la majorité de ces migrations dans le monde s’effectue à l’intérieur d’un même continent (Afrique, Asie, Amérique latine)ou d’un pays : la part de la population mondiale vivant dans un autre pays que le sien est environ de 185 millions de personnes soit 2,5 % de la population mondiale et près de la moitié vivent dans des pays dits à faibles revenus ou revenus intermédiaires (chiffres de la Banque Mondiale) donc bien loin de l’Europe occidentale ! Car pour venir dans nos pays il faut de l’argent, il faut payer des passeurs, ce sont donc souvent les plus fortunés parmi ces malheureux qui arrivent.
En 2023, 267000 environ arrivées de migrants et réfugiés (dont 97% par voie maritime) dans les pays du Sud de l’Europe : Grèce, Chypre, Italie, Espagne, Malte selon le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU.
Qu’en est-il de ceux , peu nombreux, qui sont arrivés jusqu’en en France ? Très peu sont clandestins ; un grand nombre sont demandeurs d’asile et n’ont pas de réponse à leur demande ; certains sont retenus dans les 12 centres d’enfermement français ; quelques-uns ont obtenu un visa. La France a délivré en 2023, 323260 titres de séjour . Ce chiffre est en hausse par rapport à 2021 et 2022 car après leCOVID, la reprise économique pour des besoins de main d’oeuvre nécessitait d’ accroitre légalement ”l’mmigration de travail” d’où que viennent les migrants ; dans ce cas c’est l’économie et non le droit qui fait la loi ! Pour le reste, 100000 titres de séjour étaient destinés à des étudiants. 17000 reconduites dans les pays d’origine ont été prononcées.
Nous sommes bien loin d’une invasion par les migrants !
Mais malgré les 2000 kms de murs et clôtures ”antimigrants’‘ aux frontières de l’UE (contre 214 en 2014) et la politique ”d’externalisation du contrôle des frontières” : depuis une vingtaine d’années (comme la Grande Bretagne nous paie pour ”garder les migrants dont elle ne veut pas), nous payons la Grèce, la Turquie pour ”garder” les migrants du Moyen Orient et maintenant des pays du nord de l’Afrique pour ”garder” les migrants d’Afrique centrale dans des conditions de plus en plus terribles) ; malgré cela, les tentatives souvent mortelles de traverser la Méditerranée par exemple sont en hausse car les causes de ces migrations ne cessent de s’aggraver.
J’ai des éléments pour les autres parties qui pourraient vous intéresser par exemple pour la partie sur la violation des droits des migrants par les politiques migratoires le phénomène d’externalisation de la gestion des frontières entraine un engorgement des centres de rétention qui sont de véritables prisons sans contrôle dans la plupart des pays d’Afrique en particulier : un rapport de Médecins sans Frontières (où l’ONG a eu tout le mal du monde à entrer) fait état de maltraitances, les hommes sont battus (cas d’électrocution), les femmes agressées sexuellement.. Les gardiens tirent même sur des migrants qui essaient de s’échapper ”Nous sommes horrifiés par ce que nous avons vu !” Une demande de Libération des migrants n’a jamais abouti …L’UNHCR explique que les sommes allouées à la rétention des migrants ne servent qu’à renforcer la politique répressive .
Pire encore : Londres sous-traite les demandes d’asile au Rwanda en toute violation du droit international ; or ce pays est déjà submergé de demandes d’asile et accueille des centaines de milliers de réfugiés !
Dans les solutions : combattre les idées fausses ”les immigrés coûtent cher”. L’OCDE a établi en 2021 que les contributions sous forme d’impôt, de cotisations diverses des immigrés étrangers étaient supérieures aux dépenses que nous consacront à leur santé ou à leur éducation. Autre idée ”l’aide médicale d’état encourage l’immigration illégale” ; or cette aide aux immigrés a représenté 0,5% de l’assurance maladie ; En 2020 les Hôpitaux de Marseille ont accueilli 2600 bénéficiaires de cette aide et les Hospices civils de Lyon 905 soit un tous les 5 jours : pas vraiment un état de siège des services !
Il faut combattre l’approche anxiogène d’une certaine presse et de médias nourrissant des arrière-pensées xénophobes.
Défenseurs des droits humains.Partout dans le monde, et tout le temps ; chaque article de la DUDH est violé, un nombre incalculable de fois. (cliquez pour voir la suite)
Un nombre incalculable de fois des défenseurs des droits humains se dressent en prenant des risques plus ou moins grands et jusqu’au risque de mourir .
Nous savons que, depuis la Déclaration du 10 décembre 1998, les états ont obligation de les protéger ; hélas, c’est souvent le contraire qui se passe.
Voyons en France, 4e pays accueillant en Europe, comment les deux articles que nous avons choisis sont respectés. Certes, l’Etat français prend certaines mesures positives pour accompagner les migrants ; mais il y a des situations vraiment désastreuses qui doivent se qualifier de « violations des droits humains ».
Alors dans notre pays, des associations, de simples citoyens prennent la relève.
Tout le monde a suivi à partir de 2015 l’engagement de Cédric Herrou pour porter secours à ses frères humains en grand danger, en traversant les Alpes, souvent de nuit. Une évidence pour cet enfant du pays et ses camarades. Ils fondèrent l’association « Roya Solidaire ».
Le 8 août 2015 Cédric Herrou fut condamné par la Cour d’Appel d’Aix en Provence à 4 mois de prison avec sursis. Y aurait-il un délit de solidarité ? Heureusement, l’accusation fut annulée par le Conseil constitutionnel.
Au niveau européen, SOS Méditerranée association de citoyens indignés et déterminés a réussi ce que les états ensemble ne sont pas parvenus à construire : sauver de la noyade 41 000 migrants ; trop d’autres, hélas ont péri faute de moyens.
Chaque sauvetage est un grand moment où professionnalisme, chaleur,fraternité, réconfort, espoir et même joie et beauté se conjuguent pour un maximum d’humanité.
Sur le plan juridique, SOS Méditerranée vient également de saisir la Cour constitutionnelle pour l’examen du décret Piantedosi qui leur semble abusif.
Ainsi, SOS Méditerranée applique sa devise : SAUVER PROTEGER TEMOIGNER
Hommage à tous les migrants qui tentent de défendre leur droit à la vie dans les centres de rétention où ils sont enfermés dans les pires conditions. C’est le cas de Aliou Kandé un jeune migrant de Guinée Bissau enfermé à Tripoli et qui après avoir réclamé en vain de la nourriture pour ses camarades et lui-même a tenté de s’enfuir pour échapper à la famine ; il a été abattu par les gardes du camp.
La réaction indignée de 5 grandes organisations après la condamnation de Cédric Herrou , indique la juste attitude. Ce sont Amnesty International, la Cimade, Médecins du Monde, Médecins sans frontières, Secours catholique-Caritas-France . Voici leur déclaration :
« Ni trafiquants, ni délinquants, ces personnes inquiétées, intimidées, poursuivies et désormais condamnées sont avant tout des DEFENSEURS des DROITS HUMAINS. L’Etat doit prendre toutes les mesures pour protéger les personnes et associations qui oeuvrent à la protection des droits humains et en dénoncent les violations . »
Qu’est-ce qui pousse ces personnes à migrer ? Rester ce serait risquer une vie indigne, la prison, des violences, la mort. Les causes des migrations sont diverses et souvent se superposent et convergent (pauvreté, persécutions, guerres …) (cliquez)
Qu’est-ce qui pousse ces personnes à migrer ? Rester ce serait risquer une vie indigne, la prison, des violences, la mort. Les causes des migrations sont diverses et souvent se superposent et convergent (par exemple la raréfaction de terres cultivables à cause de la sécheresse, des inondations ou des pollutions va entraîner des conflits armés).
-la pauvreté : inégalité d’accès à l’eau potable, à la nourriture, à l’habitat, à la santé… L’extrême pauvreté (- de 1,7euros par personne et par jour) est concentrée en Afrique et en Asie, mais existe aussi par endroits dans d’autres parties du monde.
Les pays de l’OCDE donnent moins de 1% de leur PIB au développement des pays pauvres et la moitié de cette aide sert à enrichir les grosses entreprises de l’OCDE implantées dans ces pays.
Pourtant les pays d’Afrique sont immensément riches de leurs ressources minières, mais par exemple en Guinée Conakry et au Congo 85% de ces richesses sont exportées et profitent aux multinationales et aux pouvoirs corrompus, tandis que 4 habitants sur 5 vivent en-dessous du seuil de pauvreté. De plus le maintien du franc CFA empêche les états d’exercer une politique financière autonome et crédible.
Dans de nombreuses régions l’agriculture locale de subsistance a été remplacée par des monocultures d’exportation (arachide, huile de palme, bananes, avocats…) qui polluent et appauvrissent les sols et de plus les paysans dépendent des prix d’achat fixés à la bourse de New York ou de Londres
-les persécutions :
Les femmes victimes de violences (mutilations sexuelles, mariages forcés…)
Contrairement à ce qui est souvent dit, les femmes migrent de plus en plus nombreuses, et sont sans doute à présent plus nombreuses que les hommes à migrer, mais surtout dans les zones ou les pays proches.
Les atteintes à la liberté de conscience pour les minorités religieuses : musulmans au Myanmar (la majorité des Rohingyas, minorité musulmane vit maintenant dans des camps au Bangladesh) et en Chine, chrétiens dans les pays sous menace djihadiste ( Irak, Syrie…). Dans 11 pays du monde on peut être condamné à mort pour avoir exprimé son athéisme.
La violence des mafias présentes dans toutes les branches de l’économie mondiale : en Albanie, l’antique code d’honneur du kanun, instrumentalisé par la mafia, oblige des familles entières à fuir, surtout si elles sont Roms.
Les minorités sexuelles : en 2020 dans 6 pays l’homosexualité entre adultes est passible officiellement de la peine de mort, dans de nombreux pays elle est passible de peines de prison. Même dans des pays où il n’y a pas de lois répressives, comme en Russie, dans les faits les homosexuels peuvent être soumis à des discriminations. Cependant les principaux pays connus pour une émigration LGBTQI sont l’Iran, l’Irak, la Jamaïque, le Pakistan, l’Arabie Saoudite, le Mexique…
Atteintes à la liberté d’opinion : des militants (pour les droits humains, pour la défense de l’environnement…), des journalistes, ou de simples utilisateurs de réseaux sociaux exprimant leur opinion peuvent être obligés de fuir leur pays pour échapper à des persécutions de la part de l’Etat ou de représentants d’intérêts privés puissants.
-Les différentes formes modernes d’esclavage : exploitation sexuelle, par le travail, par la mendicité, par les dettes… les femmes et les enfants sont les principales victimes d’esclavage (esclavage domestique, enfants soldats…). Les esclavagistes modernes peuvent être des organisations criminelles , des personnes quelconques (esclavage domestique) ou des états (pratiquement tous les produits chinois bon marché viennent d’un camp de travail). Les moyens de pression empêchant les victimes de fuir sont nombreux : menaces sur les familles, rétention de papiers d’identité, dettes etc
–les guerres : à l’été 2024 la croix-rouge a recensé plus de 100 conflits armés dans le monde dont les civils sont les principales victimes..
Conflits entre chefs de guerre qui se disputent le pouvoir (Soudan),
groupes armés qui se disputent l’exploitation d’une ressource naturelle convoitée par les grands groupes industriels (le coltan au Congo, 20 ans de guerres),
conflits ethniques et historiques attisés par les intérêts financiers des vendeurs d’armes (15% de la population yéménite a fui les conflits, la France a vendu des milliards d’armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, 2 états impliqués dans le conflit au Yemen), conflits pour la subsistance sur des terres dégradées (au Mali éleveurs Peuls et agriculteurs Dogon se disputent des sols menacés par la sécheresse).
-les atteintes à l’environnement : 150 millions de personnes ne pourront plus vivre sur leurs terres d’ici 2050 à cause des changements climatiques et des dégradations de l’environnement. Mais pourront-elles migrer dignement et dans de bonnes conditions ? Et vers quelles zones de la planète ?
Les plus pauvres, les premiers touchés, ne peuvent que se déplacer dans des régions ou des pays très proches, souvent très pauvres. En 2023, les pluies torrentielles et les inondations liées notamment au débordement du lac Tanganyika ont entraîné le déplacement de plusieurs dizaines de milliers de personnes et amputé les moyens de subsistance de plus de 10 % de la population, en grande majorité rurale.
Les pays riches, ceux qui sont responsables du dérèglement climatique et des dégâts environnementaux disposent des infrastructures les plus solides pour faire face et leurs populations sont les moins concernées par les migrations.
De tels bouleversements, inéluctables et qui ne vont que s’aggraver, conduisent à des conflits, à des persécutions, à des atteintes graves et des déplacements forcés. Plus de la moitié des conflits déclenchés depuis 1995 se sont produits dans les pays les plus exposés au réchauffement et les moins en mesure de s’y adapter
En 1985, dans un rapport de l’ONU, il y a eu une définition de « réfugié de l’environnement « : « Ceux qui sont forcés de quitter leur lieu de vie, temporairement ou de façon permanente à cause d’une rupture environnementale (naturelle ou humaine) qui a mis en péril ou sérieusement affecté leurs conditions de vie .»
Mais il ne s’en est suivi aucun droit d’être protégé, aucun statut, aucun régime de protection légale pour ce type de réfugiés : c’est un vide juridique. De Cop en Cop, les réfugiés environnementaux sont les éternels oubliés des conférences sur le climat.
Quels sont les obstacles des personnes voulant quitter leur pays, qu’ils soient réfugiés, demandeurs d’asile ou migrants économique ? (cliquez)
Obtention de passeport, de titre de séjours sont devenus très difficiles, ce qui fait que ces personnes ne peuvent pas travailler et sont dans une grande précarité, dans une zone grise à la merci de profiteurs et de mafia.
Il y a aussi l’externalisation des demandes d’asiles, par exemple dernièrement le Royaume Uni qui a voulu sous-traiter les demandes d’asile avec le Rwanda en violation du droit international. Or ce pays est déjà submergé de demande et accueille des centaines de milliers de réfugiés. En Italie, les personnes arrivées illégalement dans les pays seraient envoyés dans des centres de rétention en l’Albanie. Ces mêmes méthodes existent aussi aux USA. Les méthodes d’externalisation de la gestion des frontières entrainent un engorgement des centres de rétention qui sont de véritables prisons sans contrôle dans la plupart des pays d’Afrique en particulier. : Le rapport de Médecin sans frontière a fait état de maltraitance, les hommes sont battus (des cas d’électrocution) les femmes agressées sexuellement … Les gardiens tirent même sur des migrants qui essaient de s’échapper « Nous sommes horrifiés par ce que nous avons vu ! Une demande de libération des migrants a été faite mais n’a jamais abouti. L’UNHCR explique que les sommes allouées à la rétention des migrants ne servent qu’a renforcer la politique répressive.
Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, dont le rôle officiel est d’aider les pays de l’UE et de l’espace Schengen à gérer les frontières extérieures de l’Union et à lutter contre la criminalité transfrontière. Son Budget est passé de 6 millions € en 2005 à 845 millions d’euros en 2023. Certaines controverses entachent fortement Frontex : le refoulement et le non-respect des demandeurs d’asile qui peut être considéré comme une violation de la législation européenne en matière de droits de l’homme, et surtout comme une violation de la Convention de Genève de 1951, qui se place comme force de loi en matière de politique migratoire européenne, il y a aussi le manque de transparence en matière de données personnelles.
En Italie Giorgia Meloni a utilisé l’outil législatif en promulguant le “décret Piantedosi” du nom du ministre de l’Intérieur, entré en vigueur en décembre 2022.
Devenue la bête noire des ONG, la loi a introduit toute une série de nouvelles mesures pour régir les activités des navires humanitaires en Méditerranée. Elle oblige par exemple les ONG à se rendre “sans délai” au port de débarquement assigné par les autorités italiennes juste après un premier sauvetage. Impossible donc pour les bateaux de procéder à une autre opération de secours – sauf accord exceptionnel de Rome. En cas de désobéissance, les navires humanitaires font face à des risques d’amendes et immobilisations de leur bateau.
Il existe les accords entre les pays de refoulements de personne, par exemple France reçoit du royaume uni 72.2 millions €, en contrepartie elle doit lutter et s’équiper (force de l’ordre, drones) pour empêcher les migrants de traverser la Manche. Le résultat de ces politiques c’est 26000 traversées sur des embarcations de fortunes (taux de remplissage des bateaux avant de 11 personnes maintenant de 53). Pour ces traversées on compte 64 décès depuis le début de l’année qui auraient pu être évitées et pour la méditerranée au 12 novembre au moins 1350 décès
En France en 2020, 24000 personnes ont été renvoyés en Italie dont des femmes des enfants. En avril 2024, au terme de deux ans d’instruction, la Défenseure des droits Mme Claire Hédon, dénonce des violations « systématiques » des droits des personnes par les autorités françaises, en particulier des demandeurs d’asile et des mineurs isolés. Des privations de liberté « arbitraires » et « indignes » sont aussi épinglées.
Pour les gens du voyage, le juriste et chercheur William Acker a recensé 1358 aires d’accueil, il met en lumière une population assignée à résidence sur une base ethnique dans des lieux parfois pollués voire hautement toxique. Les lois Besson donne l’obligation de toutes les communes de plus de 5000 habitants à disposer d’une aire ce qui en 2020 n’est respectée que dans 25 départements sur 95. Ce qui à l’origine, ces lois devait être un système de vivre ensemble, et s’est transformé en un système de gestion de l’humain et de mise à l’écart.
51 % des aires sont à proximité de déchèteries, de stations d’épurations, d’autoroutes, 70 % sont très isolées. Il y a un caractère non pas systématique, car certaines aires sont bien localisées, mais systémique, dans le sens où le mécanisme de décision publique aboutit à des localisations éloignées et proches des nuisances environnementales.
En conclusion, c’est beaucoup d’argent qui est investi dans des politiques migratoires qui ne respectent pas les droits énoncés dans la déclaration universelle des droits de l’homme.
Au Honduras. Quittons l’hexagone et ses défenseurs des droits des migrants. (cliquez)
Et allons, grâce à une de nos associations, dans un village du Honduras en Amérique du SUD ; non pas faire du tourisme en avion mais juste par une pensée et une action très solidaires pour des défenseurs.
Nous sommes dans un parc national, le parc Carlos Escaleras. Les habitants de la municipalité de Tocoa apprécient cette région et en particulier l’eau propre des sources et des rivières Guapinol et San Pedro qui leur permet de vivre . Mais un permis d’exploitation a été délivré à une entreprise minière dont la légalité est contestable dans cette zone protégée.
Ces habitants sont devenus des défenseurs de leur environnement, sans violences, s’appuyant sur le droit, mais sans soutien de l’Etat. Tracasseries, procès et emprisonnements injustes se succèdent . Mais surtout, en 2023, 3 militants ont été assassinés ; et cette année, le 14 septembre Juan Lopez,un des défenseurs du fleuve Guapinol a été assassiné . Les coupables tardent à être identifiés.
Ces sages habitants attachés à leur environnement, devront-ils un jour rejoindre les cohortes des réfugiés environnementaux ; pour aller où ?
Les instances de l’ONU et les associations qui enquêtent sur les défenseurs, de par le monde, s’accordent sur un constat désolant : Ces militants non-violents sont soumis de manière croissante à des intimidations et à des représailles. Ils sont victimes d’enlèvements, de disparitions forcées, d’arrestations et détentions arbitraires, d’ actes de torture, de mauvais traitements et même d’ assassinats . 196 d’entre eux en 2023 ont été tués dans le cadre de la défense de l’environnement surtout en Amérique du Sud.
Face à ces constats, que pouvons-nous faire ? Beaucoup. Agir en amont sur les causes et agir en France pour permettre aux migrants de vivre dignement et de ne plus être réduits à de simples statistiques. (cliquez)
En amont ? en soutenant ceux qui luttent pour préserver l’environnement, en réclamant l’annulation sans conditions de la dette des pays pauvres ainsi que le paiement de dettes écologiques en réparation des exploitations et du rejet des déchets par les pays dits développés.
En Europe en luttant contre les préjugés, y compris les nôtres, et la xénophobie, en exigeant que le budget alloué à la répression et à l’externalisation des politiques migratoires soit donné pour un accueil digne, en dénonçant comme SOS Méditerranée l’action des garde-côtes libyens et tunisiens au service de l’Union européenne et inspirons-nous des différentes initiatives de par le monde où sont impliquées les autorités locales afin de promouvoir un autre modèle de société.
Au Brésil par ex, à Sao Paulo, la municipalité a développé depuis 2012 une politique reposant sur la citoyenneté et l’intégration des migrants avec quatre axes de travail :
L’assistance sociale
Les besoins de formation liés au travail
La valorisation des migrants
Et leur participation à la vie citoyenne
Un conseil municipal des migrants a été créé, puis un conseil national qui leur a donné visibilité et confiance, a légitimé leur présence et a mis en place une législation garantissant leur accès aux services publics et aux droits sociaux quelle que soit leur situation administrative< ;
Et en France ?
La ville qui vient tout de suite à l’esprit est Briançon et son refuge solidaire qui garantissait un accueil inconditionnel à tous ceux qui arrivaient d’Italie en passant de nuit des cols à plus de 1800 mètres. Mais depuis les dernières élections municipales de 2020 l’accueil s’est dégradé, avec non-renouvellement du bail, poursuites en justice…
En 2015 à Grande Synthe près de Dunkerque, une « jungle » de migrants venus surtout d’Irak s’est installée dans les bois. Les conditions de survie sont épouvantables. Le maire, Damien Carême, n’obtenant rien du gouvernement pour une solution digne afin d’accueillir ces personnes, fait construire, financé par sa propre commune et avec la collaboration de Médecins sans frontières, un camp humanitaire.
Dans la foulée il fonde l’Avinta, l’Association Nationale des Villes et Territoires accueillants, qui œuvre pour des politiques d’accueil inconditionnelles et pour l’hospitalité sur leur territoire.
Villeurbanne en fait partie depuis 2019 et est un exemple emblématique de ces communes qui mettent en œuvre des initiatives concrètes pour mieux accueillir, avec une carte de citoyenneté locale qui permet à tous ceux qui vivent sur leur territoire d’avoir les mêmes droits.
Aujourd’hui cette association regroupe plus de 80 collectivités territoriales. La ville de Périgueux en est adhérente depuis 2022.
Pourquoi pas la ville de Brive ? avec l’aide des nombreuses associations corréziennes qui assurent la solidarité dans tous ses aspects (hébergement, cours de français, parrainages), car cette mobilité internationale, quel qu’en soit le motif, ne s’arrêtera pas, on n’arrête pas les désespérés avec des murs et des armes. II s’agit donc d’y répondre le plus efficacement et le plus humainement possible.
Parmi de belles initiatives, l’association Front Line Defenders construit sur internet un Mémorial des défenseurs, un projet unique de portée mondiale : Commémorer des personnes tuées pour avoir défendu les droits humains .Notre modeste cérémonie ne rejoint-elle pas ce grand projet ?
Dépôt de gerbe devant la stèle de la déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948
Ce soir, comme tous les 10 décembre, nous déposerons une gerbe et nous respecterons une minute de silence pour les défenseurs non violents du monde entier et en particulier ceux qui sont morts en 2024 .
Tribunal administratif : Double décision en faveur des opposants au projet d’extension de Farges Bois à Égletons
Le tribunal administratif a tranché en faveur des opposants au projet d’extension de la zone d’activités de Tra-le-Bos à Moustier-Ventadour, en Corrèze, visant à bénéficier à la scierie Farges Bois. Deux décisions majeures ont été rendues le 3 décembre : l’annulation de la déclaration d’utilité publique (DUP) et l’invalidation de la vente d’une maison appartenant à une riveraine.
Une bataille longue et complexe
Pour Jacqueline Monjanel, riveraine et l’une des requérantes, cette décision est une véritable victoire. « Elle est bien méritée après un long combat qui n’était pas à armes égales », a-t-elle déclaré. Aux côtés de sa fille Brigitte Mangeon et d’une association citoyenne, elle s’est opposée à ce projet controversé, qui aurait entraîné des expropriations et de potentielles atteintes environnementales. Leur combat a été marqué par plusieurs recours et audiences, la dernière en date ayant eu lieu le 19 novembre.
L’annulation de la déclaration d’utilité publique (DUP)
La première décision du tribunal porte sur l’annulation de la DUP, prise par un arrêté préfectoral en février 2022. Cette DUP visait à déclarer d’intérêt public l’extension de la zone d’activités pour permettre le développement de la scierie Farges Bois. Cependant, le tribunal a pointé plusieurs irrégularités. Selon Me Gwendoline Paul, avocate des requérantes, « la procédure souffrait de graves manquements, tant sur la forme que sur le fond ».
Sur la forme, le tribunal a relevé une irrégularité procédurale : l’autorité préfectorale n’a pas utilisé les bases juridiques du Code de l’environnement, mais celles relatives à l’expropriation. Cette erreur a empêché une évaluation complète des impacts environnementaux réels, notamment sur les zones humides, les terres agricoles et les espèces protégées.
Sur le fond, le tribunal a estimé qu’il n’existait pas d’éléments concrets et précis démontrant la portée réelle du développement économique attendu. Le nombre et la nature des emplois promis par le projet n’étaient pas suffisamment étayés, ce qui a contribué à l’annulation de la DUP.
La vente de la maison invalidée
La deuxième décision concerne la vente d’une parcelle appartenant à Brigitte Mangeon et Jacqueline Monjanel. La communauté de communes Ventadour-Égletons-Monédières avait approuvé en mai 2024 la cession de ce terrain, comprenant leur maison, à la scierie Farges Bois pour un montant de 400 000 euros. Là encore, le tribunal a relevé des irrégularités : l’avis du service des Domaines, qui avait servi de fondement à la délibération, était devenu caduc en raison de l’annulation préalable du Plan Local d’Urbanisme (PLUI). Le tribunal a conclu que cette vente s’inscrivait dans une procédure irrégulière.
Un contexte favorable aux opposants
Ces deux décisions renforcent la série de victoires judiciaires obtenues par les opposants au projet. Dès janvier 2024, le tribunal avait déjà annulé une disposition du PLUI qui classait une parcelle en zone urbanisable en raison de la présence d’une zone humide.
Pour les requérants, cette nouvelle annulation marque une avancée majeure. « Ces décisions montrent que le projet souffre de nombreuses lacunes juridiques et environnementales », a expliqué Me Paul, satisfaite des résultats obtenus. La mobilisation des riverains et des associations locales a clairement pesé dans la balance.
Un avenir incertain pour le projet
Du côté de la scierie Farges Bois, le projet semble désormais suspendu. En mai dernier, Damien Larue, directeur du site, avait déjà admis que le projet était « entre parenthèses » en raison des nombreux recours en cours. Avec ces nouvelles décisions, la situation se complique encore davantage.
Les perdants disposent maintenant de deux mois pour faire appel des jugements rendus. Cependant, les arguments des opposants, soutenus par ces décisions judiciaires, rendent toute reprise du projet plus incertaine que jamais.
Voir tous nos articles concernant le projet d’extension de la scierie Farges à Egletons (cliquez)
Voici un communiqué transmis par le Collectif du 10 décembre à Brive. Le Collectif du 10 décembre est composé des associations suivantes :
Actionaid-Peuples solidaires — Amnesty International groupe de Brive — CCFD-Terre Solidaires — Fraternité Edmond Michelet — Ligue des Droits de l’Homme section Brive Corrèze — Mouvement de la Paix 19 — Secours catholique de Corrèze
A Brive la Gaillarde, dans le Jardin éclairé du Musée de la Résistance Michelet, ce 10 décembre 2024 à 18h, comme tous les ans, ces 7 associations se rassemblent et invitent à célébrer un anniversaire ; l’anniversaire de la publication de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme par l’Assemblée Générale des Nations Unies.
Le 10 décembre 1948, après les massacres des deux guerres mondiales, le nazisme, l’holocauste, des personnalités de l’Assemblée de Générale des Nations Unies proposent à l’humanité meurtrie, un texte fondateur en 30 articles pour se remettre debout coûte que coûte.
En 1948, il leur en avait fallu du courage et de la foi en l’avenir pour oser, après les massacres des deux guerres mondiales, le nazisme, l’holocauste, proposer à l’humanité meurtrie, un texte fondateur en 30 articles pour se remettre debout coûte que coûte.
Ils étaient une dizaine, des 4 coins du monde : Eleanor Roosevelt, le Docteur Chang, le français René Cassin et quelques autres à avoir osé proposer un pacte universel de liberté, d’égalité, de fraternité.
Le 10 décembre ? une date qui devrait faire battre le cœur de tous les humains, mais tellement discrète, presque invisible.
Le Collectif du 10 décembre, vous invite à venir nombreux partager ce geste annuel symbolique qui doit rappeler à tous la nécessité de s’engager selon ses possibilités, à défendre la vie, la dignité, la justice et la protection de la planète.
Rendez-vous le 10 décembre à 18H, Musée Michelet, à Brive-la-Gaillarde
Voici l’appel commun des trois associations LDH, LP, Mvt de la Paix de la Corrèze pour le cessez le feu permanent en Palestine et au Liban.
Ces trois associations étaient bien sûr présentes au 37eme rassemblement pacifiste à Gentioux le 11 novembre dernier pour maudire toutes les guerres celles d’hier comme celles d’aujourd’hui.
C’est en ce sens qu’elles ont décidé de lancer cet appel commun en Corrèze.
Ces rassemblements se déroulent depuis 10 mois devant le théâtre à Brive (déplacé devant l’arbre de la Paix (parc de la Guierle) à compter du 30 novembre jusqu’au 10 janvier.
En Palestine et au Liban c’est l’humanité que l’on assassine !
L’urgence est là depuis des mois, alors que les statistiques morbides s’égrènent comme une terreur sans fin. Le pire serait l’oubli et la banalisation des bombardements et des massacres d’une population majoritairement composée de femmes et d’enfants. Depuis des mois, en plus des victimes directes des bombardements, se développent des maladies infectieuses et une famine infantile insoutenable.
Il n’y a aucune accalmie à Gaza, au contraire. L’armée israélienne bombarde régulièrement les hôpitaux, les écoles où se réfugie la population civile : de nombreuses personnes déplacées sont brûlées vives dans leur sommeil sous leurs tentes.
Le nord de la bande de Gaza est totalement isolé. Les camps de réfugiés sont régulièrement pilonnés. Environ 400 000 personnes sont restées dans le nord, sans abris, sans nourriture et sans soins, elles sont menacées de mort. L’armée israélienne a détruit la majorité des infrastructures d’eau, d’assainissement, de communication, d’énergie et de transport de Gaza, ainsi que ses écoles et ses hôpitaux. Les vergers, les champs et les serres ont été systématiquement rasés.
L’ensemble du Liban est attaqué par l’armée israélienne qui rêve de dépecer cet état pourtant souverain. Selon le ministère de la santé libanais, plus de 3 480 personnes ont été tuées au Liban dont une majorité depuis l’intense campagne de bombardements israéliens menée depuis fin septembre, assortie d’une offensive terrestre dans le sud du pays. Plus de 1,2 million de Libanais ont été déplacés.
L’ONG de défense des droits humains (Human Rights Watch) montre qu’Israël a non seulement procédé à des déplacements forcés multiples à Gaza – un crime de guerre – mais que ceux-ci sont « généralisés et systématiques » et résultent d’une volonté politique de l’Etat israélien. Ils constituent ainsi un crime contre l’humanité.
Le comité spécial des Nations unies estime dans son dernier rapport que les méthodes de guerre employées par Israël « correspondent aux caractéristiques d’un génocide ».
On ne doit jamais s’accoutumer au pire, à la souffrance, au meurtre, à la complicité.
La qualification par la Cour Internationale de Justice (CIJ) de « risque de génocide », est bien réel, et pourtant le gouvernement d’extrême droite de Netanyahou (lui même visé par Cour Pénale Internationale-CPI) bénéficie du silence et surtout de la complicité des pays qui se disent occidentaux.
La politique génocidaire du gouvernement israélien s’appuie allègrement sur la honteuse campagne qui en France accuse d’antisémitisme toute personne osant déclarer son empathie pour le peuple palestinien.
Nous le disons haut et fort :
Rien ne peut justifier ces massacres, ces destructions, ce génocide.
Sans la complicité des « grandes puissances », qui continuent d’armer et de soutenir politiquement et économiquement les auteurs du génocide en cours, Netanyahou ne pourrait pas poursuivre sa politique génocidaire !
C’est pourquoi nous appelons à nouveau l’ensemble de la population, les organisations syndicales, les associations et les partis politiques à participer aux rassemblements et manifestations qui se déroulent tous les samedis matin à 10h30 à Tulle (place Gambetta à coté de la Cathédrale) à Brive (Place de la Guierle devant le Théâtre)
pour exiger :
le cessez-le-feu en Palestine et au Liban,
l’arrêt de la livraison de matériels militaires,
l’arrêt du soutien politique et financier à l’Etat génocidaire israélien,
le jugement des criminels de guerre devant les juridictions internationales.
Contacts : Ligue des Droits Humains, Libre Pensée, Mouvement de la Paix
Martial Roufy Co-président de la Ligue des Droits de l’Homme brive@ldh-France.org
Ivan Trime – Président de la Libre Pensée librepensee19@aol.com
Henri Vacher – Président du Mouvement de la Paix mouvementdelapa
Nous publions cette tribune pour exprimer notre solidarité avec un groupe d’associations de Corrèze confrontées à des refus de subventions non justifiés. À travers Citoyliens, nous souhaitons offrir un espace de soutien et de diffusion aux collectifs et associations du Sud-Corrèze qui s’efforcent, malgré les difficultés, de construire un monde plus solidaire, juste et respectueux du vivant. Face aux freins qui sont mis à leur activité, nous affirmons notre engagement à leurs côtés pour défendre leurs actions essentielles, leur autonomie et les valeurs qu’elles incarnent.
Le texte de cette tribune collective d’association refusées de subventions
Nos associations essayent de bâtir un monde fondé sur la solidarité, Elles visent à soutenir chaque individu, en particulier celles et ceux qui sont marginalisé.e.s ou discriminé.e.s. Pour les femmes, les minorités de genre et les personnes racisées confrontées à une société dominée par le sexisme, l’homophobie et les violences racistes qui se déchaînent, les personnes handicapées face à un système validiste, et les personnes vulnérables dans une économie de concurrence. Nous travaillons à créer des réseaux d’entraide, à développer des liens étroits là où nous vivons et à lutter contre ces injustices sociales. Nous essayons de rendre réel et effectif un monde respectueux du vivant et plus juste, en créant des espaces pour se questionner et expérimenter des alternatives.
Concrètement, cela se traduit par l’implication dans divers secteurs, en voici un échantillon : l’animation de lieux et d’espaces culturels, l’agriculture biologique, la cuisine végétarienne, la construction écologique, l’éducation, l’autonomisation technique, la recherche, la prévention et la sensibilisation contre les discriminations et violences, l’art, l’information …
Ces activités ont en commun d’incarner une manière de prendre soin des un.es et des autres, là où nous vivons, contre un monde qui nous pousse à l’individualisme et l’exploitation. Souvent nous sommes la seule proposition locale d’un service public associatif qui répond à des besoins non satisfaits par l’État et l’économie.
Aujourd’hui, nous, associations Limousines, souhaitons interpeller (les gens d’ici et d’ailleurs, les médias, les élu.es…) sur une situation sans précédent que nous vivons depuis quelques années : ces expériences associatives et solidaires sont empêchées par l’État lui-même, depuis le Ministère de l’Intérieur jusqu’aux préfectures.
Voici quelques exemples de ce que nous subissons de la part de l’État aujourd’hui :
Arrêt des subventions dès lors que l’association ou seulement l’un.e des membres sont identifié.es comme critiques des politiques publiques actuelles.
Rupture de conventions de soutien pluriannuelles sans explication, sans préavis.
Mesures administratives relevant de la police politique : alors que les commissions composées de la « société civile » valident les dossiers de subvention, que les fonctionnaires en font une instruction positive, les préfectures écartent les dossiers en se basant sur les rapports des Renseignements Territoriaux.
Évocation d’une « liste noire » d’association avec lesquelles il n’est plus envisageable de travailler et contre lesquelles s’abattent des mesures discriminatoires
Cette situation affaiblit nos associations et les menace de disparaître.
Ce que vivent nos associations s’inscrit dans un contexte plus global de répression qui a débuté avec les associations musulmanes, stigmatisées et considérées comme antirépublicaines. Ensuite, les associations solidaires des exilé.es, les associations antiracistes et antifascistes ont dû faire face au même racisme systémique auquel l’État prend part. Si cette politique répressive, s’est tissée sur un temps long, elle s’accélère et se systématise depuis 2021 avec la mise en place du « Contrat d’Engagement Républicain » (CER). L’Observatoire des Libertés Associatives le confirme via ses investigations en cours. Le CER est implicitement utilisé par les préfectures pour refuser l’octroi de subventions à certaines associations. Cette utilisation implicite rend très difficile les recours légaux. Pour autant, les réponses collectives émergent (lettres ouvertes de 66 associations bretonnes 1, organisation de journées d’échanges sur les atteintes aux libertés associatives, démarche de saisine du Haut Conseil à la Vie Associative, interpellation via les médias nationaux et locaux, etc.).
Ce que vivent les associations n’est pas sans lien avec les répressions dures des mouvements sociaux (loi travail et retraites, gilets jaunes, méga-bassines…), le harcèlement policier des habitants des quartiers populaires, la mise au pas ou au banc des fonctionnaires contestataires (infirmièr.es, pompièr.es, enseignant.es…). Donc, à l’instar d’autres secteurs et d’autres localités, nous subissons des violences étatiques qui visent à taire la critique des politiques actuelles, à casser nos systèmes de solidarité et nos moyens de subsistance. Ceci ayant des implications individuelles ravageuses.
Sans ce service public associatif, c’est toute une perspective écologique, sociale et égalitaire qui ne trouve plus à se vivre et qui laisse, par son absence grandissante, encore davantage de place au monde tel qu’il va, c’est-à-dire mal.
Au delà de ces modalités d’organisation et d’action, ce « nous » des associations est également un « nous » habitant, animé par cette volonté de faire exister et perdurer des liens par delà les tendances à la division et au repli. Ce que cette vivacité associative crée de relai et d’appui par des formes d’entraide et de protections collectives matérialise un commun essentiel là où nous habitons. Porter atteinte à cette ressource que nous construisons, entretenons et essaimons revient à porter atteinte à nos libertés collectives. Par extension, c’est une atteinte à la liberté d’agir et de penser, de s’exprimer, bref, aux libertés de chacun.e. Cette situation est l’affaire de tous et toutes.
Nous invitons le plus grand nombre à faire circuler cette tribune afin de dénoncer l’étouffement de la vitalité associative et démocratique dont nous avons plus que jamais besoin.
Il s’agira aussi d’amplifier la force de nos liens de solidarité pour submerger la politique répressive actuelle et faire advenir un quotidien plus désirable.
Appel national des organisations syndicales et associations féministes, trans-féministe, Lgbtqia+, anti-validiste, antiraciste, anti-grossophobe, afro féministe, pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
Les femmes, les enfants et les personnes issues de la communauté LGBTQIA+ subissent au quotidien des violences sexistes et sexuelles, verbales et physiques.
En France, au 28 octobre 2024, nous comptions déjà 111 féminicides.
75 % d’entre eux ont eu lieu au sein d’un couple, laissant des enfants orphelins.
Chaque année :
220 000 femmes sont victimes des violences de leur conjoint ou ex-conjoint.
Chaque jour, 250 viols ou tentatives de viols sont commis, et une justice qui refuse toujours de croire la parole des victimes.
8 femmes sur 10 en situation de handicap sont victimes de violences sexistes et sexuelles.
8 personnes transgenres sur 10 subissent des agressions.
Le 23 novembre 2024 nous serons dans la rue :
Pour rappeler qu’être une femme, et d’autant plus une femme racisée, trans, non valide, ou une personne LGBTQIA+, c’est vivre en étant partout exposé.e aux violences.
Pour rappeler que les enfants sont les premières victimes des violences sexuelles. Tous les jours, 450 enfants en sont victimes. Des enfants qui parlent, mais qui ne sont pas écoutés.
Pour dénoncer l’absence de politiques publiques efficaces de lutte contre les violences faites aux femmes, aux enfants, aux personnes LGBTQIA+ et aux minorités de genre.
Ces violences de genre s’inscrivent dans un contexte social et politique d’inégalités, d’injustices et de racisme. Dès aujourd’hui, organisons-nous pour construire un monde libéré de l’exploitation, des oppressions et des discriminations !
Nous appelons les associations, organisations politiques, syndicats, et toute la société à nous rejoindre pour un mouvement de masse.
Manifestation le 23 novembre 2024 à Tulle 14h place Brigouleix ! (cliquez)
Le programme des événements du mois contre les violences sexistes et sexuelles en Corrèze
Événements et rencontres des organisations et associations féministes, transféministes, LGBTQIA+, antivalidistes, antiracistes et antigrossophobes de Corrèze.
Atelier parents-enfants
Meymac Atelier “Mon corps m’appartient” au Clau del Pais et à l’Espace Jeunes de Meymac, organisé par le Planning Familial 19 et La Maison Sur la Place.
Journée de sensibilisation
Brive-la-Gaillarde – 9h30 à 17h Ateliers et échanges sur la déconstruction des stéréotypes de genre au Centre Culturel de Brive. Cette journée est organisée par Les Yeux Verts et Le Centre Culturel. Sur inscription uniquement.
Ciné-débat
UGC Brive-la-Gaillarde – 19h Débat et projection du film “Les Chatouilles” d’Andréa Bescond, organisé par le Cinéma CGR de Brive, les associations Arc-En-Corrèze et SFENDO, ainsi que par le Comité local NousToutes19 & Limousin. Tarif unique : 7€ la place.
Cercle de Parole
Brive-la-Gaillarde – 10h à 12h Cercle de parole sur “Violences sexistes, sexuelles, obstétricales, gynécologiques et violences médicales”, chez Mlle Libellule, 14 rue Saint-Martin à Brive. Cet événement est organisé par l’association SFENDO (Sororifemme-Endométriose). Sur inscription uniquement.
Atelier & Soirée Féministe
Chartrier-Ferrière – 14h à 01h Ateliers sur le consentement, ateliers d’écriture et temps d’échange sur les VSS, suivis d’une Soirée Rap Féministe, à l’Oasis des Âges. Cet événement est organisé par En Corps 19.
Une Cérémonie publique à la mémoire des femmes victimes de violences sera organisée le dimanche 24 novembre à Brive-la-Gaillarde (Stèle square municipal “La Roseraie”) par SOS Violences Conjugales 19.
Un groupe citoyen, baptisé Corrèze Solidarité, s’est formé à Tulle pour contester la décision de la préfecture de Corrèze de ne pas prolonger les hébergements d’urgence de près de quarante personnes exilées.
Ce collectif, composé de citoyens, d’associations caritatives et culturelles, ainsi que de militants syndicaux et politiques, s’oppose à la décision de mettre fin, le 25 octobre, à l’hébergement d’exilés soumis à une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), actuellement pris en charge par l’association Le Roc. Parmi ces personnes, on compte des familles, des enfants et des femmes enceintes, qui se retrouveront sans abri juste avant le début de la trêve hivernale.
Dominique Grador, membre du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), dénonce cette décision et rappelle que la situation administrative des concernés ne devrait pas empêcher leur hébergement d’urgence.
Une décision contraire aux lois
Le collectif condamne cette décision, jugée contraire à la loi qui protège les personnes en situation de vulnérabilité sociale et médicale. RESF souligne que les exilés concernés ont le droit de déposer un recours auprès du tribunal administratif pour contester leur expulsion.
Corrèze Solidarité prévoit de faire pression pour que cette décision soit annulée et pour que les personnes, pouvant justifier d’une formation ou d’un emploi, soient rapidement régularisées. Des démarches ont déjà été entamées auprès du préfet et des élus locaux.
Le président de l’association Le Roc a rencontré le représentant de l’État ainsi que le député François Hollande, et le préfêt a accepté une rencontre le lundi 28 avec le collectif.
Compte rendu du RV avec Mr le Préfet de Corrèze
Expulsion et accueil des migrants à Tulle : une politique incompréhensible et inefficace selon les associations
À la sortie d’une réunion entre le préfet de Tulle et les représentants du collectif d’accueil des migrants, l’atmosphère était tendue. Le sujet brûlant des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) à l’approche de la trêve hivernale inquiète fortement les associations locales, qui dénoncent une politique répressive et inhumaine.
Le collectif d’accueil des migrants a exprimé ses inquiétudes face à l’augmentation des expulsions imminentes, particulièrement avant la trêve hivernale qui, en théorie, devrait empêcher de mettre à la rue des personnes vulnérables. « On nous parle d’examens au cas par cas, mais dans les faits, toute personne sous OQTF est considérée expulsable, même si elle travaille ou a des offres d’emploi », explique la porte-parole du collectif. Cette situation pousse à une impasse, laissant peu d’espoir de régularisation aux migrants.
Des politiques incohérentes et des familles précarisées
Malgré des demandes de régularisation de migrants intégrés dans la société, notamment grâce à des offres d’emploi fermes ou des enfants scolarisés, la préfecture semble appliquer une approche stricte. Le préfet, selon les témoignages recueillis, se retranche derrière la loi et les circulaires existantes, en particulier la circulaire Valls, qui est souvent évoquée pour justifier l’immobilisme administratif. « On marche sur la tête. Cette politique est répressive, inhumaine, mais surtout inefficace », dénonce l’une des responsables de l’association. En effet, la France serait l’un des pays qui émet le plus d’OQTF, tout en en appliquant une faible proportion, notamment à cause des difficultés pratiques et humanitaires liées à leur exécution.
Les associations sont unanimes : la solution pour éviter l’engorgement des centres d’hébergement et la précarité des familles réside dans la régularisation de ceux qui peuvent travailler et s’intégrer. « Des familles entières, dont les membres ont des offres d’emploi solides, se retrouvent sous OQTF et sans aucun espoir de régularisation. Que leur reste-t-il ? L’errance et la clandestinité », témoigne un membre du collectif.
Un impact dévastateur sur les familles et les enfants
Certaines situations, comme celles des enfants scolarisés, rendent la politique d’expulsion encore plus incompréhensible aux yeux du collectif. « Comment justifier d’expulser des familles dont les enfants sont parfaitement intégrés dans le système scolaire français ? », s’interroge une militante. Le collectif met également en avant l’absurdité de certaines décisions, comme celle d’une femme, qualifiée et ayant trouvé un emploi dans un service social local, mais qui n’a pas pu être embauchée à cause de son statut irrégulier.
Le préfet semble quant à lui pris dans un dilemme : d’un côté, appliquer la loi avec une certaine rigueur, et de l’autre, faire face à des réalités humaines et sociales qui rendent ces expulsions particulièrement douloureuses.
La solidarité citoyenne face à une administration rigide
Face à ce blocage institutionnel, les associations locales et les citoyens solidaires tentent tant bien que mal de prendre le relais, en hébergeant des familles, en les soutenant dans leurs démarches administratives ou en leur fournissant de quoi subsister. « Nous ne pouvons pas tout faire, mais nous ne lâcherons pas. Ces familles ont droit à un avenir ici, dans des conditions décentes », martèle une bénévole, elle-même hébergeant une famille de quatre enfants.
La situation dans la région de Tulle n’est pas isolée. D’autres départements ruraux, comme la Creuse et la Haute-Vienne, connaissent une baisse démographique importante et souffrent d’un manque de main-d’œuvre. Pourtant, les autorités continuent de refuser de régulariser des migrants qui pourraient combler ces postes vacants. « Nous avons des métiers en tension et des jeunes prêts à travailler, mais on leur ferme la porte au nez », déplore un membre du collectif.
Une lutte pour la dignité
Le collectif annonce qu’il continuera à faire pression sur les autorités pour obtenir des régularisations et éviter des expulsions massives. « Nous allons rencontrer encore plus de familles, recenser les situations, et les accompagner du mieux que nous pouvons », conclut l’un des membres. Leur combat est autant pour les droits des migrants que pour une société plus juste et humaine.
La situation reste tendue, et l’avenir de nombreuses familles dépendra des prochaines décisions du préfet et des autorités locales. En attendant, les associations restent en alerte, prêtes à poursuivre leur engagement face à une politique qu’elles jugent à la fois inefficace et cruelle.
A faire suivre à tous les copains, pour faire avancer le schmilblick.. (#Grandissez !)
( nous republions un article du journal “Libération” )
Plus de 200 hommes signent une feuille de route contre la domination masculine
A tous les hommes pour qui le procès Pelicot est un point de bascule, l’essayiste Morgan N. Lucas propose dix points pour en finir avec les boys clubs. Plus de 200 personnalités masculines s’engagent dont Gaël Faye, Guillaume Meurice, Waly Dia, Eddy de Pretto…
Lors de la manifestation de soutien à Gisèle Pelicot, et à toutes les victimes de viols, à Paris, le 14 septembre 2024. (Aline Deschamps/Libération)
par Morgan N. Lucas, essayiste, spécialiste des questions de genre publié le 21 septembre 2024 à 7h55
Beaucoup disent que le procès des 51 violeurs est en réalité le procès de la masculinité. Beaucoup s’en offusquent, trouvant de bon ton de s’indigner parce qu’ils sont mis dans le même panier plutôt que de s’insurger face aux atrocités orchestrées par Dominique Pelicot et adoubées par tant d’autres hommes. Aujourd’hui pourtant, la question se pose : sept ans après le début de #MeToo, où en sommes-nous ? Qu’avons-nous appris ? Comment nous sommes-nous positionnés ? Où sommes-nous lorsque nos potes, nos collègues, nos frères ont des comportements ou des propos sexistes ? Où sommes-nous lorsque les femmes sont agressées ? Sans doute occupés à questionner la crédibilité de la victime, tout en affirmant que «pas tous les hommes», encore moins nous.
Pourtant, l’affaire Pelicot nous l’a prouvé, la violence masculine n’est pas une affaire de monstres, c’est une affaire d’hommes, de monsieur Tout-le-Monde.
Dire «tous les hommes», c’est parler de violences systémiques perpétrées par tous les hommes, parce que tous les hommes, sans exception, bénéficient d’un système qui domine les femmes. Et puisque nous sommes tous le problème, nous pouvons tous faire partie de la solution.
Mais alors par quoi commence-t-on lorsqu’on se rend compte que le patriarcat s’essouffle, que le vieux monde se meurt ?
Avant toute chose, on arrête de se croire indispensables. On comprend que les femmes n’ont pas besoin de nous et encore moins en ce qui concerne la libération féministe. Elles ont surtout besoin qu’on cesse de leur mettre des bâtons dans les roues. Comprenez que nos gros ego les empêchent d’avancer, que les «not all men» ne servent qu’à vous rassurer vous, pas elles. Il ne suffit pas de dire «moi je ne suis pas comme tous les hommes», ici les mots n’ont aucune valeur face à l’ampleur des violences. Aucune tant qu’ils ne sont pas suivis d’actions concrètes et quotidiennes.
Alors à ceux pour qui le procès Pelicot est le point de bascule. A ceux qui refusent de continuer à participer à un système qui, pour exister, a besoin de dominer la moitié de la population. Il est un peu tard mais il est encore temps. Toutefois, ne pensez pas que la mission consiste à jouer les héros, ne les libérez pas, cela fait des siècles qu’elles s’en chargent.
Il y a quelques mois, dans une interview, un acteur disait être prêt à mettre la main à la pâte mais demandait une feuille de route.
La feuille de route : 10 étapes pour “en finir avec les boys club”
La voici, donnée par un homme aux autres hommes parce qu’il va falloir arrêter de demander aux femmes de nous mâcher le travail.
Arrêtons de considérer que le corps des femmes est un corps à disposition. Assurons-nous toujours du consentement de nos partenaires, cessons de le considérer comme une entrave mais plutôt comme le fondement nécessaire à toutes nos relations.
Prenons en charge nos émotions, arrêtons de nous regarder le nombril, d’inverser la charge victimaire, acceptons de nous remettre en question.
Désapprenons ce que l’on nous a enseigné, raconté de la masculinité, arrêtons de penser qu’il existe une nature masculine qui justifierait nos comportements. Il n’y a pas de nature dominante mais bien une volonté de dominer.
Examinons nos très nombreux privilèges pour les mettre au service du bien commun puis, à long terme, acceptons de les perdre complètement. Pour rappel, l’objectif final étant d’en finir avec cette organisation genrée qui induit «une division hiérarchique de l’humanité en deux moitiés inégales».
Eduquons-nous tout seul en continu et en profondeur, et arrêtons de penser que parce qu’on a lu un livre féministe, nous pouvons désormais mansplainer (voir en fin d’article) aux femmes les tenants et les aboutissants de leur lutte.
Apprenons à prendre au sérieux la parole féministe et pas uniquement lorsqu’elle sort de la bouche d’un homme. Nous ne faisons que répéter ce que les féministes disent depuis des siècles. Il serait alors de bon ton de commencer à croire directement celles qui sont à l’origine de ces théories sans attendre que la gueule du messager, parce qu’elle nous ressemble, nous revienne davantage.
Cessons de perpétuer les boys club, de protéger nos homologues masculins. Soyons solidaires avec les victimes, pas les agresseurs.
Comprenons que si aucune femme dans notre entourage ne se confie à nous sur les violences qu’elle a subies, cela ne sous-entend pas que ça n’existe pas. Par exemple, ce n’est pas parce que vous n’avez pas d’obus dans votre salon, que la guerre n’a pas lieu. La violence masculine est une réalité systémique. Il y a urgence à nous décentrer de nos propres expériences pour se forger une vision du monde plus ajustée. Il y a aussi urgence à nous montrer suffisamment dignes de confiance pour qu’elles puissent enfin nous raconter leurs réalités sans craindre nos réactions.
Ecoutons vraiment les femmes lorsqu’elles nous font part de leurs besoins et de leurs limites. Il est probable que si nous cessions deux secondes d’être en posture défensive, nous serions sans doute surpris par ce que l’on peut apprendre quand nous ne sommes pas occupés à nous justifier. N’acceptons pas uniquement de les écouter lorsque leur ton est plaisant. Elles sont tristes et en colère à raison, laissons-les nous l’exprimer.
N’attendons pas qu’une femme nous dise quoi faire pour nous mettre au travail. On a deux yeux pour voir et analyser notre environnement, on peut donc savoir ce qu’il est nécessaire de faire. Parce que c’est aussi une charge mentale de devoir nous dire les choses.
Et enfin : faisons tout ceci en silence, sans le crier sur tous les toits, sans attendre des applaudissements ou des félicitations.
On ne le dira jamais assez : «allié» n’est pas un statut qu’on s’auto-attribue, c’est un nom et un verbe. Il ne s’agit pas seulement de se dire mais d’agir et ce 365 jours par an. C’est un rôle qui devrait nous coûter, a minima, un peu de notre confort personnel. Et si tu souhaites te mobiliser tout de suite aux côtés des femmes dans la lutte contre les violences sexuelles, tu peux participer à la campagne #NotAllMen de la Fondation des femmes.
Alors voilà, tu l’as ta feuille de route. Tu ne pourras plus, aucun de nous ne pourra désormais dire qu’il ne sait pas quoi faire.
P.S : il est fort probable que d’autres hommes vous reprochent de mettre à mal votre virilité. Si tel est le cas, c’est un signe que vous êtes sur la bonne voie. Continuez.
Dernier ouvrage paru : Ceci n’est pas un livre sur le genre aux éditions Hachette Pratique.
Parmi les signataires : Guillaume Meurice Humoriste Ouissem Belgacem Ecrivain Gaël Faye Ecrivain Gilles Lellouche Acteur Eddy de Pretto Chanteur Bruno Sanchès Acteur Grégory Montel Acteur Alex Ramirès Humoriste Julien Ménielle Youtubeur Martin Winckler Médecin Kevin Razy Humoriste Waly Dia Humoriste Cyril Dion Réalisateur Juan Arbelaez Chef cuisinier Marco Prince Musicien Waxx Musicien Mehdi Kerkouche Danseur Pierre de Maere Chanteur Mathieu Palain Journaliste Jérôme Niel Humoriste Maxence Lapérouse Musicien Eloi Spinnler Chef cuisinier Arnaud Gallais Cofondateur du mouvement M’endors pas et de Mouv’Enfants Emmanuel Noblet Comédien et metteur en scène…
Terminons par un petit supplément réservé à nos abonnés et adhérents :
[s2If current_user_can(access_s2member_level1)]
Mansplainer, quesako ?
Le terme “mansplainer” est un néologisme dérivé de la combinaison des mots anglais “man” (homme) et “explain” (expliquer). Il désigne un comportement où un homme explique quelque chose à une femme de manière condescendante ou paternaliste, en partant du principe qu’elle ne connaît pas le sujet, même si elle en est experte ou en sait autant que lui. Le terme critique ce type d’attitude, qui est perçue comme une expression d’arrogance ou de sexisme, où l’homme suppose que sa connaissance ou sa perspective est supérieure à celle de la femme simplement parce qu’il est un homme.