Créée en 2020, cette association rassemble des professionnels du soin issus de différents horizons autour de la réflexion collective, de l’analyse des pratiques et du partage d’expériences. Elle propose un espace permettant de prendre du recul sur les situations rencontrées dans l’exercice professionnel, de croiser les regards et de favoriser l’enrichissement personnel et professionnel.
Citoyliens souhaite la bienvenue au GRP et invite à découvrir plus largement son histoire, ses objectifs et son fonctionnement sur sa page de présentation :
L’association Voilco-Aster, c’est bien plus qu’un centre d’hébergement à Saint-Priest-de-Gimel. C’est une histoire d’éducation populaire qui dure depuis plus de 60 ans, portée par des valeurs de partage, de citoyenneté et de solidarité. Damien Lecerf, son directeur, nous a ouvert ses portes pour une série de 5 entretiens vidéo. L’occasion de découvrir tous les visages de cette association pas comme les autres.
Une aventure née en 1963 : démocratiser la voile… et bien plus encore
Tout commence en 1963, dans une Corrèze où neuf enfants sur dix ne savent pas nager. Une bande de copains, issus de l’association Peuple et Culture, décide de créer « Voilco » (pour Voile-Corrèze) avec une ambition folle : démocratiser la voile, considérée à l’époque comme un « sport de rupin » .
« Les personnes qui ont fondé l’association sont allées se former aux Glénans pour devenir moniteurs de voile », raconte Damien Lecerf. Leur pari ? Faire de la voile une activité fédératrice, où l’on apprend à naviguer ensemble, à plusieurs dans un bateau, dans une logique d’entraide et de partage .
Au fil des décennies, la voile s’est estompée (matériel coûteux, diplômes plus exigeants), mais l’esprit est resté. Aujourd’hui, canoë-kayak, course d’orientation, VTT, grimpe d’arbres, activités scientifiques et manuelles ont pris le relais . L’association a également fusionné avec Aster, spécialisée dans l’éducation à l’environnement, pour devenir Voilco-Aster. Un nom qui symbolise ce mariage entre les activités nautiques et la découverte de la nature .
1. Les colonies de vacances : l’ADN de Voilco-Aster
« Les colonies de vacances, c’est ce qui fait l’essence même de Voilco », insiste Damien Lecerf.
Ici, l’enfant n’est pas un simple « consommateur d’activités ». Il est acteur de son séjour. Le projet pédagogique de l’association repose sur trois piliers : le respect de l’environnement, l’exercice de la citoyenneté et le développement des solidarités.
Les séjours accueillent des enfants de 6 à 17 ans :
6-11 ans : hébergés dans le bâtiment principal, avec un programme d’activités variées.
12-14 ans : sous les marabouts (tentes), pour gagner en autonomie.
14-17 ans : en séjours itinérants, dont le fameux « Séjour Canoë » sur la Dordogne.
Le Séjour Canoë, c’est 8 jours et 7 nuits à descendre la rivière, avec changement de campement chaque soir. Les jeunes montent et démontent leur tente, cuisinent, font la vaisselle… Une véritable aventure où l’esprit de groupe et la solidarité se construisent au fil de l’eau.
C’est aussi l’occasion de vivre une « microsociété » : après trois jours de découverte des activités, les enfants imaginent ensemble la suite de leur séjour . Les « bordées » (tâches quotidiennes : montage des tentes, cuisine, vaisselle) rythment la vie du camp, et chaque soirée se termine par un forum où chacun s’exprime .
2. Les classes de découverte : l’école en pleine nature
Toute l’année, Voilco-Aster accueille des classes de découverte, de la maternelle au lycée. Souvent des cycles 2 et 3 (enfants de 6 à 10 ans) viennent pour des séjours de 2 à 5 jours, en lien avec les programmes scolaires .
Les thématiques sont vastes :
Scientifiques : astronomie, énergies renouvelables (hydraulique, éolienne, solaire), découverte de la faune et de la flore.
Sportives : tir à l’arc, sarbacane, canoë-kayak, grimpe d’arbres, VTT.
Créatives et sensorielles : pour les maternelles, ateliers sur les 5 sens, parcours photo, découverte de l’apiculture.
L’association est labellisée FFCO (Fédération Française de Course d’Orientation) et dispose d’un parcours dédié.
La cuisine alternative, une spécialité de la maison : four solaire, poêle à bois économe, plantes sauvages, produits locaux de saison… Une demande de plus en plus forte de la part des enseignants !
3. Le centre d’hébergement : un lieu pour tous, toute l’année
Depuis 2018, Voilco-Aster a ouvert son centre à tous types de groupes, au-delà des colos et des classes. Anniversaires, cousinades, mariages, séminaires, rassemblements associatifs : le lieu est disponible à la location.
Les atouts :
70 lits en hiver (chauffé), 90 lits au printemps/été (avec marabouts sous toile).
Un cadre exceptionnel : lac, forêt, jardin pédagogique, installations sportives.
Du matériel à louer : canoës, jeux, planchas, barbecues.
Une localisation pratique : proche des autoroutes, avec une gare à proximité.
« Les gens disent souvent que c’est un lieu convivial, où l’on retisse les liens familiaux, comme à la maison », sourit Damien Lecerf. L’idée est aussi de faire participer les hôtes à la vie du lieu : arroser le potager, mettre les déchets au compost, bientôt ramasser les œufs du poulailler…
Le centre est inscrit aux Gîtes de France et communique via différents canaux, dont les mairies locales.
4. Les animations itinérantes : Voilco-Aster se déplace
Pendant la crise du Covid, l’association a pris un virage : plutôt que d’attendre que les publics viennent, elle est allée à leur rencontre. Une dynamique qu’elle a conservée.
Aujourd’hui, Voilco-Aster propose des animations dans les écoles et les centres de loisirs de Corrèze, même en automne et en hiver :
Astronomie : jeux, construction de maquettes du système solaire, cartes du ciel (en partenariat avec le Parc Naturel Régional).
Activités créatives : fabrication de papier recyclé, construction de fusées à eau.
Découverte de la faune et de la flore locales.
Nouveauté à partir de septembre 2025 : broyeur et pressoir à pommes pour faire du jus avec les enfants, idéal pour l’automne !
5. La formation BAFA : former les animateurs de demain
Voilco-Aster est aussi un centre de formation au BAFA, en fédération avec la FAL de la Corrèze (Ligue de l’enseignement). Chaque année, environ 180 jeunes Corréziens suivent ce parcours en trois étapes :
Stage de base (8 jours) sur le site.
Stage pratique en association ou colonie de vacances.
Stage d’approfondissement sur une thématique : nature & environnement, enfance & inclusion, ou grands jeux & veillées.
« C’est un véritable vivier pour les centres de loisirs et les colonies de vacances de Corrèze », souligne Damien Lecerf. Un partenariat de plus de 25 ans avec la Ligue de l’enseignement, au service de l’éducation populaire.
Un nouveau partenariat pour rayonner encore plus loin
Citoyliens est fier d’annoncer que Voilco-Aster est désormais partenaire de notre média associatif. Cette collaboration s’inscrit dans une volonté commune de promouvoir les valeurs de l’éducation populaire, de la citoyenneté et de la solidarité sur le territoire corrézien.
Ensemble, nous souhaitons donner davantage de visibilité aux initiatives locales qui font vivre la démocratie participative et l’engagement citoyen. Ce partenariat est une belle reconnaissance du travail mené par l’association depuis plus de 60 ans, et nous sommes ravis de pouvoir accompagner Voilco-Aster dans la diffusion de ses projets.
Voilco-Aster, un modèle d’éducation populaire en Corrèze
Avec 4 salariés, une dizaine de bénévoles et environ 180 jeunes formés chaque année, Voilco-Aster incarne une certaine idée de l’éducation populaire : laïque, citoyenne, solidaire et ancrée dans son territoire.
L’association traverse aujourd’hui des difficultés financières, comme en témoignent plusieurs articles de presse . Mais sa capacité à se réinventer, à diversifier ses activités et à rester fidèle à ses valeurs fondatrices depuis 1963 est une source d’inspiration pour toutes les associations citoyennes.
Cet article a été réalisé à partir de l’interview vidéo de Damien Lecerf, directeur de Voilco-Aster, par l’équipe de Citoyliens. Consultez les vidéos sur notre chaîne Youtube.
Citoyliens est heureux d’accueillir parmi ses nouveaux partenaires l’association Meyssac Éco-Bio, dont nous suivons et relayons régulièrement les initiatives depuis 2022.
Créée en 2017, l’association a pour objectif de favoriser le développement des pratiques écologiques et des produits issus de l’agriculture biologique. Elle agit principalement à Meyssac et dans le Midi corrézien, en s’appuyant sur une équipe de bénévoles et sur un important réseau de producteurs, d’artisans, d’associations et de professionnels locaux.
La Foire bio et artisanale de Meyssac
Meyssac Éco-Bio est notamment connue pour l’organisation de la Foire bio et artisanale de Meyssac, devenue au fil des années un rendez-vous important de la rentrée dans le Midi corrézien.
La foire réunit des producteurs bio, des artisans et de nombreux acteurs engagés dans les circuits courts et l’économie locale. Des conférences, des animations, des ateliers, de la musique et des activités pour les enfants complètent généralement le marché. La seizième édition s’est déroulée en septembre 2025 et la dix-septième est annoncée pour le dimanche 13 septembre 2026.
Faire connaître l’éco-construction et l’éco-rénovation
L’association a également organisé deux éditions du Salon de l’Éco-Habitat, rénovation et construction.
Cet événement permet de rencontrer des artisans, des architectes, des éco-constructeurs, des conseillers et des associations. On peut y découvrir des matériaux biosourcés comme la paille, le bois ou la terre, mais aussi s’informer sur les méthodes de construction, les réglementations, les aides à la rénovation et les économies d’énergie.
Autour de ces salons, Meyssac Éco-Bio propose également des expositions, des conférences, des ateliers et des projections-débats. En 2026, l’association a notamment présenté l’exposition consacrée à l’architecture frugale et organisé une projection du film documentaire Toucher terre.
Une association qui met les acteurs locaux en relation
Au-delà de l’organisation de grands rendez-vous, Meyssac Éco-Bio contribue à faire circuler les connaissances et à mettre en relation celles et ceux qui cherchent des solutions concrètes.
Producteurs, artisans, formateurs, architectes, élus, naturalistes, conférenciers, artistes et porteurs d’initiatives se retrouvent ainsi autour de questions très diverses : alimentation biologique, circuits courts, habitat écologique, énergie, protection de la nature, économie locale ou accompagnement de projets.
Cette capacité à réunir des personnes et des compétences correspond pleinement à l’esprit de Citoyliens : rendre visibles les initiatives locales, favoriser les rencontres et permettre aux habitants de mieux connaître les ressources présentes près de chez eux.
Un partenariat qui s’inscrit dans la continuité
Depuis plusieurs années, Citoyliens annonce et documente les manifestations organisées par Meyssac Éco-Bio. Des articles, des agendas, des entretiens et plusieurs vidéos ont notamment permis de garder une trace des deux salons de l’éco-habitat et des différentes éditions de la Foire bio.
Ce nouveau partenariat apparaît donc comme l’aboutissement naturel de routes suivies en parallèle depuis 2022.
La paille, le bois, les matériaux biosourcés, les circuits courts, la préférence donnée à l’économie locale et la transmission des savoir-faire sont quelques-uns des mots qui résument la dynamique portée par cette équipe bénévole.
Bienvenue à Meyssac Éco-Bio parmi les associations partenaires de Citoyliens !
Le Syndicat de la Montagne Limousine, vous connaissez ? Voici leur texte de présentation :
En 2019 nous disions : nous ne voulons plus être les éternels spectateurs et spectatrice d’un monde qui n’en finit pas de s’effondrer. La montagne limousine, où nous vivons, est l’échelle adéquate pour nous saisir d’un certain nombre de problèmes existentiels qui, sans cela, font naître en nous un grand sentiment d’impuissance.
Ensemble nous avons donc créé un cadre qui nous permette d’agir localement : le syndicat de la Montagne limousine. S’y sont retrouvés celles et ceux qui s’organisent pour l’accueil des exilés, l’entrée d’administrative et juridique, le soutien psy, le lutte contre les coupes-rases et la défense d’une gestion durable des forêts, ou encore l’accès au logement. Notre boussole : 6 perspectives clairement établies lisibles sur notre site internet et dans chaque numéro du journal.
Nous pouvons célébrer les actions entreprises par les groupes du syndicat et par bien des associations et collectifs, la montagne limousine est une région vivante et attractive, forte de ces liens profonds qui font sa solidarité, sa créativité et sa résistance. Mais face à la dégradation continue des conditions de vie sur Terre, à la montée du fascisme, à la radicalisation régionale de la situation, nous devons renforcer notre pouvoir d’agir. Il nous faut nous transformer, dépasser une forme floue, parfois insaisissable, pour constituer aujourd’hui une solide force populaire.
C’est pourquoi nous lançons une campagne d’adhésion au syndicat de la Montagne limousine, pour permettre à chacun chacune, par un geste simple, de prendre part à cette force et pour nous donner à tous et toutes une vraie puissance collective.
Les 6 perspectives du Syndicat de la Montagne Limousine
ADHÉRER AU SYNDICAT !
Nous lançons une vaste campagne d’adhésion pour faire du Syndicat le projet du plus grand nombre : particuliers, collectifs, associations, qui se reconnaissent dans sa volonté de défendre un territoire et une façon de l’habiter, d’avoir plus de maîtrise sur nos vies et le devenir de la Montagne limousine, de rendre concrète et réelle une vie respectueuse du vivant, non destructrice et non guerrière, qui prend soin du territoire et de ses habitant.es, sans s’isoler du reste du monde mais en construisant avec nos alter égos proches ou lointains, en France et dans le monde, quelque chose qui ressemble aux rêves que nous ne voulons pas nous contenter de faire autour d’un verre en fin de soirée… Banco !
J’adhère pour légitimer le Syndicat comme pouvoir populaire, appartenir à une force de résistance et d’alternatives, être capable de s’organiser face aux diverses menaces, avoir un espace ou s’impliquer et s’exprimer, soutenir le Syndicat même si on ne peut pas y participer, pour se donner un élan commun dont nous avons grand besoin dans cette époque chaotique !
Nous vivons une période troublée par des guerres et des dérèglements climatiques qui agressent notre quotidien. Nous vivons la montée d’agressivités et d’intolérances alors que les humains devraient se souder, s’entraider contre les périls en regardant l’essentiel.
RETROUVONS-NOUS joyeusement les 16-17-18 juillet pour les
Rencontres-Promenades “Histoires de Passages…”.
Le programme actualisé est en ligne sur nuage-vert.com / “HIstoires de Passages…”. Trois jours pour découvrir, se balader, échanger avec des personnes d’ici et d’ailleurs de toutes générations avec une gratuité permise grâce à un bénévolat généralisé (merci à celles et ceux qui oeuvrent toute l’année pour notre communauté de vie !). Le thème de cette année est important : “LIBERTÉ. Promenade collective pour découvrir différentes façons d’être libres !”. Liza Benoit a créé l’image
Impossible de tout détailler, mais RENDEZ-VOUS A 17h30 le vendredi 17 juillet à Gros-Chastang au parc de la mairie (la Bitarelle de Gros-Chastang) pour une promenade champêtre avec l’Itinérêve, un dîner grâce au marché de productrices et producteurs locaux et un spectacle autour de Marie -Christine Bonnamour venue spécialement de Belgique
VOUS DECOUVREZ SAMEDI MATIN 18 juillet à 10h les
gouaches réalisées à Argentat et au pays d’Argentat-sur-Dordogne par PLACID.
Un livre est publié à cette occasion PAYSAGES MUTANTS où Valérie Masson-Delmotte a bien voulu nous expliquer l’histoire du climat, les dérèglements actuels partout et en Corrèze. Nuage Vert a la préoccupation de longue date de ces phénomènes qui changent les conditions de vie de l’agriculture et de l’élevage et nous obligent à penser à la végétalisation des villes.
SCOOP ! Des PHOTOS AGRANDIES D’ARGENTAT entre 1910 et 1920 seront montrées in situ en se promenant dans la ville par Yves Desbuquois grâce à Regards Alpins, qui conserve ce fonds Henry Coufourier de plaques de verre historiques (il y en a aussi sur les Tours de Merle et d’autres lieux en Corrèze) en partenariat avec Nuage Vert
VENEZ NOMBREUSES ET NOMBREUX au kiosque du jardin public ensuite près de Nuage Vert avec une image de paysage que vous aimez pour VISAGES-PAYSAGES et vous repartez avec votre portrait !
ET NOUS INAUGURONS “LIBERTE. Le besoin d’un poème”,
exposition de pièces rares autour du grand poème de Résistance de Paul Eluard en 1942, des tapisseries de Jean Lurçat commencées dans la clandestinité et de la cantate de Francis Poulenc écrite en 1943 à Beaulieu-sur-Dordogne, en présence de Martine Mathias venue de la Fondation Lurçat à Paris (Académie des Beaux-Arts)
Tous le mois de juillet, sous les arcades de la mairie, des contributions en images de graphistes internationaux sur CONNECTER / DECONNECTER. Les élèves de l’établissement argentacois Jeanne d’Arc ont participé et quelques créations originales sont proposées. Pour petits et grands, à la campagne comme à la ville, la question de l’addiction aux écrans et de nos dépendances sont centrales. Nuage Vert diffuse des expositions d’éducation aux images et aux médias
Le samedi après-midi, une réjouissante escapade au lac de Feyt à Servières-le-Château. L’équipe de bénévoles vous présente en avant-première quelques pièces rares de notre Histoire française depuis le XVIIIe siècle à travers les affiches. Puis Laurent Gervereau explique l’aventure intellectuelle autour du
livre-événement : MENTIR EN POLITIQUE.
C’est un livre (diffusé par Gallimard) qu’il a dirigé avec 42 contributions de la Mésopotamie à Trump et qu’il dédicacera. Dîner ensemble à la guinguette du lac et soirée rock australien grâce à Emmanuel Chirache
Pour finir cette belles édition, ESCAPADE A SAINT-CERE à l’atelier-musée Jean Lurçat pour découvrir avec Maria Alexandra Duchêne la
tapisserie LIBERTE de Résistance en 1943 (jamais vue par le public),
Guernica de Jean Lurçat, et l’installation-dialogue de Speedy Graphito dans la Tour présentée par l’artiste
OUI VRAIMENT ET PLUS QUE JAMAIS NOUS AVONS BESOIN DE GAIETE ET D’IMAGINATION POUR ECHANGER, AFFRONTER LES PERILS, SE SOLIDARISER AU LIEU DE S’AUTODETRUIRE DANS DES EGOISMES HAINEUX. HISTOIRES DE PASSAGES ET NUAGE VERT FEDERENT DEPUIS DES ANNEES POUR NOUS QUI HABITONS A L’ANNEE ICI ET POUR TOUTES LES PERSONNES QUI VIENNENT NOUS VISITER OU VONT PARTICIPER A NOS VIES
Vidéos de la journée de procès de Désobéissance Fertile
Nous publions ici trois vidéos tournées lors de la journée de soutien au procès de Jonathan Attias et Caroline Pérez (Désobéissance fertile), et l’association d’habitant du “Croissant Fertile”, qui s’est tenue au tribunal judiciaire de Limoges ce matin-là.
Vous entendrez d’abord François, qui vit en habitat léger depuis de nombreuses années et qui est lui-même en procès en Corrèze — un compagnon de route de Jonathan et de Caroline. Une vidéo de France 3, tournée à la sortie du procès, complète ces deux témoignages.
Au-delà de l’audience, cette journée a donné lieu à un grand repas partagé, à un petit village associatif avec présentations de plusieurs structures, ainsi qu’à un bal trad, un concert et des moments festifs improvisés, dans le jardin public voisin du tribunal. Plus de deux cents personnes ont participé à ce moment, festif et réussi.
Association HALEM – acteur pivot de la défense de l’habitat éphémère et mobile
Paul, de l’association Halem (habitants de logements éphémères mobiles), était présent lors de la journée festive de soutien aux accusés de Désobéissance Fertile à Limoges ce 1er juillet 2026.
Cette question dépasse largement le territoire Corrèze / Haute-Vienne : c’est celle du droit à vivre autrement, en habitat léger ou mobile, dans un pays où le foncier constructible se raréfie et se valorise.
Halem est né en 2005 dans un camping où vivaient à l’année environ 200 personnes. Très vite, l’association a croisé la route des gens du voyage, confrontés aux mêmes obstacles administratifs, avant qu’un tour de France des collectifs d’habitats légers, en 2008, ne débouche sur une rencontre fondatrice à Saint-Jean-du-Gard. Halem s’est alors retrouvée à l’initiative d’un réseau national de l’habitat léger. Depuis, l’association fonctionne comme une boîte à outils : permanence juridique pour les situations les plus tendues, formations que Paul appelle « d’aïkido juridique », et appui à l’auto-organisation des collectifs locaux.
Un droit du sol pensé comme exclusif
Le cœur de l’argumentaire de Paul tient en une phrase : les droits fondamentaux — droit au logement, liberté d’aller et venir, liberté d’entreprendre — existent, mais l’administration a intérêt à ce qu’ils restent ignorés. En droit de l’urbanisme, tout repose sur le droit du sol, conçu selon lui de façon exclusive : c’est l’élu, et lui seul, qui décide de ce qui peut s’installer sur un terrain. L’habitat léger, qui ne « coupe » pas la terre de la même façon qu’une construction classique, ne trouve pas sa place dans cette grille de lecture.
Cette question, insiste Paul, est aussi économique : il rappelle qu’environ 70 % des actifs bancaires mondiaux reposent sur le foncier et l’immobilier, ce qui explique en partie la résistance à toute forme d’habitat qui échapperait à la logique de valorisation des terrains constructibles — d’autant plus rares depuis l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN).
Une comparaison européenne éclairante
Paul raconte la visite d’un jeune chercheur allemand, venu étudier la culture de la mobilité résidentielle en Europe. Sa conclusion, amusée : la France dispose d’une véritable « culture du maquis », une tradition de débrouille et d’installation informelle qui n’a pas d’équivalent en Allemagne, où les Wagenburg (habitats mobiles collectifs) restent circonscrits aux villes — et de plus en plus menacés par la spéculation sur le foncier urbain.
La loi ALUR et le flou du statut juridique
C’est en 2014, avec la loi ALUR, que l’État a tranché une question restée en suspens : une yourte, ou plus largement un habitat léger, est-elle une tente ou une construction ? Le choix s’est porté sur la construction, obligeant les occupants à des déclarations administratives — sans que la question de l’ingénierie territoriale (comment les communes peuvent-elles réellement accueillir ces formes d’habitat ?) n’ait jamais été traitée sur le fond, selon Paul.
Un engagement né de l’autodidaxie
Juriste autodidacte, Paul a été formé un temps à la Cour européenne des droits de l’homme sur le droit des minorités roms, un cadre qui, dit-il, s’applique directement aux problématiques de l’habitat léger. Il constate que les avocats eux-mêmes sont souvent mal préparés à ces dossiers, qu’ils qualifient parfois de « politiques » — jusqu’à ce que la jurisprudence leur donne raison.
Une diversité de publics mal reconnue
Derrière l’étiquette « habitat léger », Halem défend des publics très différents : gens du voyage, néo-ruraux, mais aussi agriculteurs. Sur ce dernier point, Paul évoque un blocage persistant autour de l’« habitat léger paysan » : la crainte, au niveau des lobbies agricoles et du Sénat, qu’il ne serve de porte d’entrée à une activité type location saisonnière plutôt qu’à une installation agricole raisonnée.
La Corrèze, terrain d’observation
C’est peut-être en Corrèze que cette tension est la plus visible. Le département a adopté une charte de lutte contre la cabanisation après le passage remarqué de Jonathan et Caroline, deux figures de l’habitat léger dont le procès pourrait, selon Paul, faire jurisprudence. Une architecte du CAUE de Corrèze racontait à Paul qu’une consultation sur deux, une année donnée, portait sur l’habitat léger — soit des personnes cherchant à s’installer, soit des maires cherchant à savoir comment réagir. Un projet d’exposition sur le sujet n’a cependant jamais pu voir le jour, faute de moyens accordés par le département — signataire, pourtant, de la charte de lutte contre la cabanisation.
Paul illustre son propos par un cas concret : celui d’un maire qui avait brandi devant un collectif une carte des risques d’éboulement pour justifier une interdiction d’installation, sans jamais la transmettre. Devant le tribunal, Halem a produit l’étude du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) prouvant que le document d’étude du terrain existait et n’indiquait pas de risque particulier — mais aussi et surtout que le maire n’avait jamais répondu à la demande officielle de classement du terrain en STECAL présentée par les occupants (secteur de taille et de capacité d’accueil limitées). Faute de réponse, le juge a écarté la démolition et s’est limité à une amende.
Une manière, pour Paul, de rappeler que la jurisprudence avance souvent par petites victoires locales — et que la Corrèze, à ce titre, est devenue malgré elle un observatoire de ces tensions à l’échelle nationale.
Dans la nuit de mardi à mercredi, des militants écologistes d’Extinction Rébellion Corrèze ont mené une action symbolique dans le secteur de Lubersac, en Corrèze. Leur objectif : dénoncer l’usage encore massif des pesticides de synthèse dans l’arboriculture limousine, en particulier chez certains pomiculteurs, ainsi que la proposition de loi dite « Duplomb ».
Plusieurs panneaux d’entrée de communes ont été détournés ou rebaptisés. Lubersac est ainsi devenu « Lubayersac », tandis qu’Arnac-Pompadour a été renommée « Monsantour ». Des affiches ont également été collées dans plusieurs communes, notamment à Lubersac, Juillac et Pompadour.
Par cette action, le collectif entend alerter sur les risques liés aux pesticides et rappeler que, malgré les engagements déjà pris par la filière, les efforts restent selon lui très insuffisants. Les pomiculteurs limousins avaient signé en 2017 une charte de bonnes pratiques visant à encadrer l’usage des produits phytosanitaires. Une avancée reconnue par certains militants, mais jugée très largement insuffisante face à l’ampleur des enjeux sanitaires et environnementaux.
« C’est toujours un pas de plus dans le bon sens, mais c’est une goutte d’eau dans un océan face à l’effort qu’il faudrait faire », estime l’un des militants interrogés.
Extinction Rébellion réclame une réduction beaucoup plus forte de l’usage des pesticides, voire leur interdiction, accompagnée d’un véritable soutien aux agriculteurs pour engager une transition vers d’autres pratiques agricoles.
Les militants dénoncent également la proposition de loi « Duplomb », qui cristallise de fortes inquiétudes dans les milieux écologistes. Selon eux, ce texte pourrait ouvrir la voie à un recul des protections environnementales, notamment en matière d’usage de certains pesticides issus de la pétrochimie. Ils regrettent aussi que le sujet n’ait pas fait l’objet d’un débat démocratique suffisant.
« On n’a pas demandé aux gens s’ils étaient d’accord pour que l’on réintroduise des pesticides. Nous demandons plutôt une aide aux agriculteurs pour réduire, voire éliminer, leur usage », explique un autre militant.
À travers cette action nocturne, Extinction Rébellion Corrèze souhaite donc remettre la question des pesticides au cœur du débat public local, dans un territoire où l’arboriculture occupe une place importante, mais où les inquiétudes sur la santé, l’eau, les sols et la biodiversité demeurent fortes.
La commune d’Arnac-Pompadour a été renommée “Monsantour” par Extinction Rébellion. – Extinction RébellionExtinction Rébellion estime que les pomiculteurs limousins utilisent encore trop de pesticides malgré la charte de bonne conduite signée en 2017. – Extinction RébellionLes militants écologistes d’Extinction Rébellion en Corrèze ont dénoncé, dans la nuit de mardi à mercredi, l’usage des pesticides en Limousin. – Extinction Rébellion Corrèze
Que reste-t-il après une coupe rase, lorsque les engins sont repartis ?
Dans cette vidéo, plusieurs témoignages de riverains donnent à entendre ce que provoque la disparition brutale d’une parcelle boisée, au plus près des maisons, des granges, des chemins et des lieux de vie.
Il ne s’agit pas seulement d’arbres abattus. Pour les personnes qui parlent ici, ces bois faisaient partie d’un paysage intime. Certains les connaissaient depuis l’enfance. On y avait joué, construit des cabanes, ramassé des champignons, observé les saisons, les animaux, l’humidité des ruisseaux, la fraîcheur des feuillus.
La coupe rase est décrite comme un choc visuel, mais aussi comme une atteinte à un cadre de vie. Plusieurs témoignages évoquent une absence d’information préalable, un sentiment d’impuissance, parfois des dégâts très concrets : limites de propriété non respectées, canalisations touchées, câbles arrachés, sols ravagés par les engins, profondes ornières dans une terre gorgée d’eau.
Les mots qui reviennent sont forts : saccage, dévastation, tristesse, rage, incompréhension.
À travers ces récits, la vidéo pose une question simple : comment des décisions aussi lourdes pour un territoire peuvent-elles être prises sans que les habitants les plus directement concernés soient réellement informés, associés ou même simplement considérés ?
En Corrèze, la forêt n’est pas seulement une ressource économique. Elle est aussi un milieu vivant, un paysage habité, une mémoire familiale, un refuge pour la biodiversité, un élément essentiel de l’identité rurale.
Cette vidéo ne prétend pas épuiser le sujet forestier. Elle donne simplement une place à des voix rarement entendues : celles de riverains confrontés, du jour au lendemain, à la disparition d’un environnement qu’ils pensaient durable.
Les témoignages ont été lus par des donneurs de voix bénévoles afin de préserver l’anonymat des personnes concernées.
Tout le monde n’a pas l’envie, ni le besoin et encore moins les moyens de vivre dans une maison avec piscine. Exprimer ce choix relève d’une profonde remise en cause de ce « réussir sa vie » issu d’un autre temps au point que cela pourrait vous conduire devant la justice.
C’est le cas du collectif Désobéissance Fertile qui travaille pour chacun de nous en mettant à jour la nécessité de créer un cadre législatif clair autour de l’habitat réversible.
Les élus pourraient être fiers d’accueillir de telles initiatives sur leur territoire mais comprimés entre l’imaginaire collectif et une posture de contrôle de l’État qui ne dirait pas son nom (?), ils peuvent choisir de dénoncer ces alternatives qui répondent à la fois au droit au logement pour tous (rappelons-nous la promesse de Mr Macron en 2017) et aux enjeux environnementaux actuels.
Une ouverture est actuellement en cours avec l’ajout récent d’un amendement au projet de loi de simplification de la vie économique. Celui-ci qui permettrait aux agriculteurs et agricultrices d’installer « une résidence démontable » sur leur exploitation.
Il y aura donc probablement un avant et un après ce 1er juillet , date du procès qui aura lieu à Limoges . En attendant, vous pouvez les soutenir en les accompagnant mercredi prochain (RDV au Jardin D’Orsay) et en partageant l’ensemble des informations qui concerne ces réflexions autour de l’habitat et bien plus finalement.
Le 1er juillet 2026, nous passerons en procès au tribunal correctionnel de Limoges et nous lançons un appel à mobilisation pour être présents sur place. Car la cause que nous défendons à travers ce procès nous dépasse largement.
Depuis maintenant 8 ans, avec la Désobéissance Fertile, nous œuvrons à faire connaître les habitats légers, réversibles et écologiques, à faire évoluer les lois et obtenir des décisions de justice qui aillent dans ce sens, afin de démocratiser ce mode de vie.
Dès le départ, nous avons choisi de sortir du bois et de nous mettre volontairement sous les projecteurs avec l’association pour pointer l’incohérence que revêt la question du logement à notre époque, avec des millions de gens qui cherchent à vivre différemment et qui se voient entravés dans leurs démarches par des autorités qui leur refusent le droit de vivre plus sobrement, plus simplement, avec moins d’impact sur les terres et les ressources.
Pendant des années, l’habitat léger a été maintenu dans une forme de marginalité. Beaucoup vivent dans le silence, dans des régimes de tolérance précaires, avec la peur constante d’être expulsés ou poursuivis.
Nous estimons que cela doit cesser et que nous n’avons pas à rougir de cette façon d’habiter le monde, bien au contraire.
Nous sommes fiers de chercher à habiter la Terre avec sobriété et cohérence à travers nos habitats réversibles, souvent petits, peu consommateurs de ressources, pensés pour limiter l’artificialisation des sols et pour répondre aux enjeux réels de notre siècle.
La question n’est plus de savoir si ces modes de vie doivent exister car ils existent déjà partout.
La vraie question est de savoir si les lois et les institutions sont capables d’évoluer face aux nécessités écologiques et sociales de notre époque.
Et c’est pour répondre à cette question que nous vous demandons de nous rejoindre le mercredi 1er juillet devant le tribunal correctionnel de Limoges, où les habitants du Croissant Fertile seront jugés pour vivre écologiquement, sur leurs terres, en habitats réversibles.
Concrètement, ce que les autorités nous reprochent aujourd’hui, c’est d’avoir installé plusieurs habitats légers sur le terrain du Croissant Fertile (dont la Désobéissance Fertile est propriétaire), à Marval, sans permis de construire, dans une commune soumise au Règlement National d’Urbanisme (RNU). Le procès-verbal vise les habitats présents sur le lieu.
L’administration considère que ces installations relèvent juridiquement de constructions nécessitant une autorisation d’urbanisme préalable.
Concrètement, nous sommes poursuivis non pas pour des atteintes à l’environnement ou une artificialisation massive des terres, mais parce que nous expérimentons publiquement une autre manière d’habiter sans les artificialiser : plus légère, réversible, écologique.
Au Croissant Fertile, à Marval, nous revendiquons la création et l’expérimentation d’habitats écologiques et réversibles pour développer de nouveaux imaginaires permettant de réinventer notre façon d’appartenir au monde.
Nous avons ainsi expérimenté différents habitats tels que :
la Maison en Pétales, la Maison en Carton, la Yourlotte, les chapiteaux en toile de yourte, la Figue.
En 2024, la mairie de Marval a dressé un procès-verbal d’infraction contre ces habitats. Nous avons ensuite été auditionnés en gendarmerie. Et aujourd’hui, nous sommes convoqués devant le tribunal correctionnel de Limoges. Nous encourons des sanctions pénales et financières importantes, mais nous avons décidé de ne pas avoir peur.
Parce que ce procès n’est pas seulement le nôtre, il concerne toutes celles et ceux qui cherchent à vivre autrement et qui refusent de choisir entre précarité, bétonisation et résignation.
Le 1er juillet, nous voulons donc faire de ce moment un temps de mobilisation populaire, festif et militant.
Nous appelons toutes celles et ceux qui le peuvent à venir nous soutenir devant le tribunal correctionnel de Limoges.
Il y aura : des prises de parole, des échanges, des temps de transmission, un pique-nique collectif, et un bal trad.
Parce que même face à la répression, nous voulons continuer à défendre la joie, la solidarité et le vivant. Venir, ce n’est pas seulement nous soutenir, c’est défendre une autre manière d’habiter le monde. Le 1er juillet, faisons de ce procès un moment historique.