Author: admin

  • Faire du LIEN à Terrasson ce vendredi 18 au soir

    Faire du LIEN à Terrasson ce vendredi 18 au soir

    Bonjour les amis, on espère que vous allez bien.

    Voici une invitation à nous retrouver VENDREDI 18 sept à la sortie oust de Terrasson.
    La proposition c’est de se retrouver tous ensemble pour faire du lien et soutenir un nouvel arrivant au nord de Terrasson.

    Ce personnage mystère fait de la permaculture, de l’éco-construction, du journalisme engagé et indépendant, et du militantisme associatif, et propose un mode de commercialisation innovant, basé sur le prix libre ° passionné de monnaie libre !!!! (suffisant ou pas ?)

    Et en fait, comme il est débordé, ça ne fait pas longtemps qu’il est là, il manque de réseau. Et on s’est dit, lui et moi, attends, Citoyliens, il y a plein de gens qui sont le cœur sur la main, là. Et qui sont tout à fait dans les mêmes valeurs. Donc on vous propose que nous nous retrouvions tous ensemble pour un temps d’apéro partagé chez lui, et de faire connaissance, et de l’écouter, de faire sa connaissance, etc.

    Nous expliquer un peu où est-ce qu’il en est, comment est-ce qu’il s’y prend avec tous ces fronts, ces chantiers en même temps, et le soutenir, etc.

    VENDREDI 18 sept à 17h
    Parking du circuit de vélo BMX et stade de foot, à la sortie de Terrasson, direction Le Lardin

    Et donc, nous comptons sur vous. Essayons de penser au maximum de personnes dans le coin autour de Terrasson, mais jusqu’à Donzenac, etc. Mansac, et Brive, évidemment. Chartrier-Ferrière, enfin, vous voyez tous ces réseaux que nous connaissons…

    Et que ce soit un moment fort et plein de cœur et plein de sens.

    Qu’est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous seriez partant pour ça ? Nous serions ravi et que ce soit pareil pour vous !

    Salutations Au plaisir de se voir là-bas. Salut, ciao.
    Signé l’équipe Citoyliens

  • Expulsion(s) en cours à TULLE

    Expulsion(s) en cours à TULLE

    Expulsion en cours de Mohammed S. qui est au commissariat de tulle actuellement. père de famille de 4 enfants, sans histoire, ouvrier qualifié agricole qui avait trouvé du travail chez un paysan correzien des monedieres, d’origine algérienne sa famille est parfaitement intégrée à tulle depuis des années.

    Rdv devant le commissariat de Tulle pour empêcher son expulsion commencée à 6h ce mardi matin 15 septembre à son domicile devant ses enfants.

    Faites passer le message. soyons nombreux et mobilisé.e.s.

    Corrèze Solidarité

  • Un fond documentaire Nuage Vert : 2000 affiches politiques [vidéo]

    Un fond documentaire Nuage Vert : 2000 affiches politiques [vidéo]

    Que racontent les affiches politiques de notre histoire ? Et que peuvent-elles encore nous apprendre à l’heure où la bataille des images et des récits s’est largement déplacée vers Internet et les réseaux sociaux ?

    À travers une sélection de pièces rares conservées par l’association d’Argentat Nuage Vert, Laurent Gervereau propose un voyage dans plusieurs siècles d’histoire politique française.

    Un fonds de plus de 2 000 affiches

    Nuage Vert a constitué au fil du temps un fonds de plus de 2 000 affiches, provenant principalement de dons, mais aussi d’acquisitions rendues possibles par un patient travail de recherche.

    Une première campagne de numérisation a permis de traiter environ 200 affiches.

    Le travail ne consiste pas seulement à les photographier. Chaque document est mesuré, son état de conservation est évalué, puis il est décrit et indexé avec des mots-clés permettant d’effectuer des recherches par thème. Le contexte historique de chaque affiche est également documenté.

    L’objectif est double : préserver des pièces parfois fragiles et rendre progressivement ce patrimoine accessible à la recherche, à la transmission et à de futurs projets d’exposition.

    De l’affiche-texte à la propagande par l’image

    Laurent Gervereau rappelle que les premières affiches politiques sont d’abord des textes.

    Sous l’Ancien Régime, les décisions sont affichées sous forme de « placards ». Une grande partie de la population ne sachant pas lire, elles sont aussi proclamées publiquement par des crieurs.

    Avec le développement de l’imprimerie puis de la lithographie, l’affiche change progressivement de nature.

    La Première Guerre mondiale constitue un tournant majeur : l’image devient un puissant instrument de mobilisation et de propagande.

    Les partis politiques reprendront ensuite ces procédés. L’entre-deux-guerres, la Seconde Guerre mondiale, la Guerre froide, Mai 68 ou encore les campagnes présidentielles françaises donnent naissance à des formes graphiques très différentes.

    Mai 68 : quand une rupture politique devient aussi une rupture graphique

    Les affiches sérigraphiées de Mai 68 constituent l’un des exemples les plus frappants présentés dans la vidéo.

    Produites collectivement dans les écoles d’art, souvent anonymes, elles utilisent une technique rapide permettant de fabriquer des images simples, immédiatement compréhensibles et reproductibles.

    Pour Laurent Gervereau, Mai 68 est ainsi l’un de ces rares moments où un événement historique et une nouvelle forme visuelle apparaissent simultanément.

    Quand la publicité entre en politique

    À partir des années 1960 et 1970, une autre évolution apparaît : les techniques publicitaires entrent directement dans les campagnes électorales.

    Photographie, télévision, mise en scène du candidat, slogans, recours aux agences de communication : l’affiche politique devient progressivement un élément d’une stratégie médiatique beaucoup plus large.

    Laurent Gervereau revient notamment sur les campagnes de De Gaulle, Giscard d’Estaing, François Mitterrand ou Jacques Chirac.

    L’affiche raconte alors autant l’évolution politique du pays que celle de nos manières de communiquer.

    Aujourd’hui, la bataille des images a changé de terrain

    L’affiche politique existe toujours, mais elle n’occupe plus la position centrale qu’elle avait autrefois dans l’espace public.

    La communication politique circule désormais massivement sur Internet et dans les réseaux sociaux, dans ce que Laurent Gervereau décrit comme une véritable « guerre mondiale médiatique ».

    Regarder les anciennes affiches ne relève donc pas seulement de la nostalgie ou de la conservation patrimoniale.

    Cela permet de comprendre comment une image est construite, à qui elle s’adresse, quel récit elle cherche à imposer et dans quel contexte elle apparaît.

    Retrouver des repères

    C’est peut-être là que se trouve l’enjeu principal de cette démarche.

    Face au flot continu d’informations et d’images auquel nous sommes aujourd’hui confrontés, Laurent Gervereau insiste sur la nécessité de retrouver de la profondeur historique.

    Non pas pour prétendre que l’histoire empêcherait de répéter les erreurs du passé, mais parce qu’elle fournit des repères pour juger, comprendre et analyser le présent.

    Il distingue également le travail historique des affrontements de mémoires : rechercher les faits, contextualiser les documents, comparer les sources et accepter que la connaissance évolue au fil des découvertes.

    Conserver ces affiches, les documenter et les montrer devient alors bien davantage qu’un travail patrimonial.

    C’est aussi un travail citoyen.

    Le livre “VISITEZ L’HISTOIRE” sort en septembre 2026 et sera disponible le 3 octobre pour le festival CAUVALDOR dans le Lot où Nuage Vert prête une expo sur les affiches politiques.

    Conférence le 19 novembre à Saint-Céré en clôture du festival CAUVALDOR

    Le livre accompagnera de janvier à juin 2027 la grande expo à Nuage Vert (sur tout le rez-de-chaussée) : VISITEZ L’HISTOIRE à travers les affiches politiques en France depuis le XVIIIe siècle

  • Faire renaître une forêt primaire en Europe : un projet sur 700 ans [vidéo]

    Faire renaître une forêt primaire en Europe : un projet sur 700 ans [vidéo]

    Et si l’un des grands projets écologiques de notre époque consistait simplement… à laisser une forêt redevenir une forêt ?

    Cet été, au Battement d’Ailes à Cornil, Citoyliens a rencontré Soline Bouveau et Damien Saraceni, co-délégués généraux de l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire.

    Le projet qu’ils portent se compte dans une unité de temps inhabituelle : plusieurs siècles.

    L’objectif est de permettre à une forêt déjà existante de poursuivre librement son évolution suffisamment longtemps pour retrouver progressivement les caractéristiques écologiques et biologiques d’une forêt primaire.

    Sept siècles… et commencer maintenant

    Nos forêts européennes ont pour l’immense majorité été exploitées, transformées, découpées ou aménagées par les activités humaines.

    L’association propose donc d’expérimenter le chemin inverse : laisser sur une très grande surface les processus naturels reprendre leur place.

    L’ambition évoquée est de l’ordre de 70 000 hectares. Une échelle suffisamment importante pour permettre le retour d’un écosystème forestier complet, avec ses continuités écologiques, ses différentes espèces et, à terme, les grands animaux indispensables à son équilibre.

    Mais sept siècles ne signifient évidemment pas qu’il faudrait attendre.

    Le projet commence aujourd’hui.

    Par la connaissance, la sensibilisation, la recherche scientifique, mais surtout par la construction patiente d’un dialogue avec les habitants, associations, citoyens, collectivités et institutions des territoires concernés.

    Ni forêt vierge, ni nature sous cloche

    L’un des points importants de l’entretien est précisément de sortir d’une opposition simpliste entre présence humaine et nature sauvage.

    Une forêt primaire n’est pas nécessairement une forêt dont l’être humain serait exclu.

    La question devient plutôt : comment habiter à proximité d’un espace dans lequel nous acceptons de ne plus tout exploiter, contrôler et rentabiliser ?

    Cela ouvre des réflexions sur l’agriculture, la sylviculture, le tourisme, la recherche scientifique, les usages locaux, mais aussi sur nos imaginaires et notre rapport au vivant.

    Biodiversité, eau, climat

    Laisser évoluer une forêt sur une grande surface et sur le temps long permettrait de recréer des chaînes écologiques beaucoup plus complètes et de favoriser une biodiversité aujourd’hui fortement menacée.

    La forêt joue également un rôle majeur dans les cycles de l’eau, la préservation des milieux humides, les sols ou encore la captation du carbone.

    Mais Damien Saraceni et Soline Bouveau vont plus loin : derrière la question écologique apparaît celle de notre relation au vivant.

    Pendant des générations, nous avons appris à regarder la forêt principalement comme une ressource économique.

    Le projet propose d’explorer une autre possibilité.

    Retrouver aussi une mémoire

    Loups, ours, bisons, grands arbres multiséculaires…

    L’Europe occidentale a elle aussi connu de vastes forêts anciennes et toute une faune dont nous avons aujourd’hui presque perdu la mémoire.

    Cette disparition physique s’accompagne d’un effacement culturel : quand les paysages changent, nos références et nos imaginaires changent avec eux.

    Faire renaître une forêt primaire devient alors aussi un travail de transmission et de mémoire.

    Une expérimentation démocratique

    L’un des aspects les plus intéressants du projet est peut-être celui-ci : personne ne peut décider seul d’un projet destiné à durer sept siècles.

    L’association revendique donc une démarche de coconstruction entre salariés, bénévoles, adhérents, scientifiques et acteurs des territoires.

    Elle compte aujourd’hui plusieurs milliers d’adhérents et cherche autant à construire une forêt qu’à inventer les conditions sociales permettant à un tel projet d’exister dans la durée.

    Une exploration écologique, mais aussi humaine et démocratique.

    Et une question finalement très simple nous est posée :

    sommes-nous prêts à faire une place au vivant qui ne soit pas seulement celle que nous décidons de lui laisser ?

    ▶️ Voir notre interview de Soline Bouveau et Damien Saraceni.

    Association Francis Hallé pour la forêt primaire — rencontre réalisée au Battement d’Ailes, à Cornil, en Corrèze.

  • Mentir en politique : notre rapport aux faits, aux images et à la démocratie [vidéo]

    Mentir en politique : notre rapport aux faits, aux images et à la démocratie [vidéo]

    Le mensonge est aussi ancien que la politique. Mais que devient notre capacité à faire société lorsque les faits eux-mêmes ne constituent plus un terrain commun ?

    C’est autour de cette question que Laurent Gervereau présentait son ouvrage Mentir en politique, lors d’une rencontre du cycle Histoires de passages, organisé chaque été depuis onze ans par Nuage Vert, dans les environs d’Argentat-sur-Dordogne.

    Une présentation qui prolonge plusieurs décennies de recherches sur les images, les propagandes, les médias et leurs effets sur nos représentations du monde.

    Le mensonge politique ne date pas d’hier

    Platon, Machiavel, Jonathan Swift ou, plus récemment, Marc Bloch : la question du mensonge et de la propagande accompagne depuis longtemps la réflexion politique.

    Pour ouvrir la rencontre, Laurent Gervereau présente notamment une édition française ancienne de L’Art du mensonge politique, publiée à Amsterdam en 1757.

    Il montre également plusieurs objets historiques permettant de comprendre comment les signes et les images participent depuis longtemps à la construction du pouvoir, à la propagande ou, inversement, à la résistance politique.

    L’une des pièces présentées reproduit ainsi le célèbre Profilo continuo de Mussolini, œuvre conçue en 1933 : un visage du dictateur visible sous tous les angles, symbole saisissant de cette volonté totalitaire d’occuper en permanence l’espace mental et visuel.

    Une omniprésence qui, pour Laurent Gervereau, trouve de nouveaux équivalents dans notre époque médiatique, où certains personnages politiques apparaissent continuellement sur nos écrans et finissent par coloniser notre imaginaire.

    ▶️ À voir : Laurent Gervereau présente Mentir en politique, dans le cadre des Histoires de passages de Nuage Vert, capté par Citoyliens près d’Argentat-sur-Dordogne.

    Travailler sur la propagande sans faire de propagande

    Toute la difficulté consiste précisément à montrer ces documents sans reproduire le discours qu’ils portent.

    Laurent Gervereau revient sur plusieurs travaux qu’il a menés au cours de sa carrière : la propagande sous Vichy, la guerre d’Algérie, l’histoire de l’immigration, l’affaire Dreyfus ou encore le système concentrationnaire nazi.

    Son principe reste le même : travailler à partir des faits, des documents et de la recherche.

    Face au négationnisme, aux instrumentalisations idéologiques ou aux affrontements de mémoires, il défend une méthode simple mais essentielle : lorsque l’on sait, on documente et on démontre ; lorsque l’on ne sait pas, on le dit.

    Pour lui, c’est précisément ce travail historique et scientifique qui permet de regarder les sujets les plus difficiles sans les réduire à une guerre de récits.

    Une vie à étudier les images

    Cette réflexion sur le mensonge politique est aussi l’aboutissement d’un long parcours.

    Entré en 1978 au Musée des Deux Guerres mondiales, devenu ensuite Musée d’Histoire contemporaine, Laurent Gervereau constate très tôt un paradoxe : les institutions conservent d’immenses collections de photographies, d’affiches et d’objets, mais les chercheurs les utilisent encore très peu comme véritables sources historiques.

    Il développera progressivement une approche transdisciplinaire consacrée à l’ensemble de la production visuelle humaine.

    Cette démarche donnera notamment naissance à des travaux sur le mensonge des images, les manipulations visuelles et, dès 2007, à une réflexion sur ce qu’il appelle la « guerre mondiale médiatique » : l’idée que la victoire politique ou militaire se joue aussi — et parfois surtout — dans la représentation médiatique des événements.

    Un « livre forêt »

    Mentir en politique rassemble 42 contributions dans un ouvrage de 534 pages.

    Laurent Gervereau le décrit comme un « livre forêt » : un ouvrage dans lequel chacun peut circuler, entrer par une époque, un personnage ou une question particulière.

    Le parcours commence dans les civilisations anciennes et conduit jusqu’au monde contemporain.

    Il interroge les mensonges de dirigeants, les omissions, les stratégies politiques, la propagande, mais également des situations plus ambiguës : à quel moment une déclaration devient-elle véritablement un mensonge ? Quelle différence entre stratégie, dissimulation, incertitude et manipulation ?

    L’objectif n’est donc pas simplement de dresser une galerie de dirigeants menteurs.

    Il s’agit de réfléchir à une question beaucoup plus profonde : quelle place le mensonge occupe-t-il dans l’exercice même de la politique ?

    Quand disparaît le langage commun des faits

    La question devient particulièrement préoccupante lorsque le débat ne porte plus sur l’interprétation des faits, mais sur leur existence même.

    Pour Laurent Gervereau, une société peut accueillir des convictions, des cultures et des modes de vie extrêmement différents.

    Mais elle a besoin d’un minimum de langage commun.

    Ce langage commun repose notamment sur l’acceptation des faits établis, de la recherche, et du caractère nécessairement évolutif de la connaissance scientifique.

    Si cette base disparaît, sur quoi pouvons-nous encore discuter ensemble ?

    Cette interrogation traverse toute la présentation et dépasse largement la seule histoire du mensonge politique.

    Du planétaire au très local

    La rencontre prend alors une dimension plus large.

    Laurent Gervereau insiste sur la nécessité de replacer les questions politiques dans plusieurs niveaux simultanément : notre territoire immédiat, une région, un pays, un continent et, enfin, notre condition commune d’habitants d’une même planète.

    Les dérèglements climatiques, la pollution de l’eau et de l’air ou l’effondrement de la biodiversité dépassent évidemment les frontières.

    Mais cette conscience planétaire ne doit pas conduire à effacer le local.

    Il défend au contraire l’importance du bassin de vie, de la connaissance du territoire dans lequel nous habitons et de la démocratie locale : connaître son histoire, sa faune, sa flore et conserver une capacité d’agir là où nous vivons.

    Arrêter avec le business du Progrès

    Lors des riches échanges avec le public qui ont duré après l’intervention, Laurent Gervereau a développé aussi sa critique de la notion de “Progrès” pour défendre partout et pour tout un “tri rétro-futuro” évolutif. Il s’agit d’un rapport différent au temps, à l’Histoire et à nos vies quotidiennes, refusant l’illusion d’”avancées” technologiques sans fin qui seraient le “Bien”.

    Développée au XIXe siècle et justifiant par ailleurs les conquêtes coloniales, cette illusion du “Bonheur” individuel par la technique a montré en effet de façon terrible ses failles dans nos temps dystopiques des “retardeurs criminels”. Déjà Elisée Reclus avait forgé la notion de “régrès” en 1905.

    Face à cela, avec l’esprit d’une philosophie de la relativité, le tri rétro-futuro évolutif part d’un principe simple : choisir (en évoluant) ce qu’on veut conserver, là où on veut revenir en arrière, ce qu’on veut changer par l’innovation.

    Ainsi aujourd’hui l’IA et notre ubiquité constante privilégiant la vision indirecte par rapport à la vision directe (ce qu’il y a autour de nous) montrent l’urgence vitale –au sens propre– pour les humains d’une telle remise en question locale et planétaire.

    Ne pas enfermer les individus

    Autre idée développée au cours de la rencontre : refuser les assignations identitaires.

    Laurent Gervereau préfère parler d’individuation : considérer chaque personne comme un être singulier, aux appartenances et influences multiples, capable d’évoluer.

    Une manière, selon lui, de sortir progressivement de la logique des blocs qui s’opposent, des groupes qui s’enferment et des identités utilisées comme instruments de confrontation.

    Car derrière le mensonge politique apparaît finalement une question encore plus vaste :

    comment continuer à faire société dans un monde fragmenté, saturé d’images et d’informations, confronté à des défis qui exigent au contraire une capacité d’action collective ?

    C’est probablement ce qui donne toute sa portée à Mentir en politique.

    Plus qu’un ouvrage sur les manipulations des gouvernants, Laurent Gervereau le présente comme une réflexion sur la situation humaine, notre rapport aux faits et les conditions mêmes de notre vie en commun.

    Ne pas enfermer les individus

  • Expo des récoltes des jardiniers du Puy Mezier 12 et 13 sept

    Expo des récoltes des jardiniers du Puy Mezier 12 et 13 sept

    Connaissez vous l’amicale des jardiniers du Puy Mezier ? Elle a été créée en 1991 à 19450 Pierrefitte. L’Amicale regroupe une soixantaine de jardiniers amateurs, admis par cooptation.

    Le réseau des adhérents constituent un maillage géographique dense dans différentes communes rurales. L’association est fortement ancrée dans le tissu local du pays nord de Tulle.

    Ses valeurs : Respect, Convivialité, Curiosité, sens de l’observation, Persévérance, pragmatisme

    Connaître : la diversité végétale, les pratiques culturales, les utilisations des plantes.

    Préserver : le patrimoine végétal, le milieu naturel

    Echanger /diffuser : des connaissances, des pratiques, des semences et plants, des découvertes de nouvelles saveurs.

    • échange de pratiques et de connaissances,
    • collections variétales de fruits et légumes,
    • recherche et conservation de variétés potagères,
    • pratiques culturales respectueuses du milieu,
    • actions culturelles sur le territoire, touchant des publics très variés :
      conférences, expositions, sorties botaniques, ateliers de jardinage dans le cadre de projets institutionnels (écoles, établissements hospitaliers d’accueil de personnes âgées dépendantes, centres de vacances et de loisirs…).

    l’APM est une association “ressource” pour de nombreux acteurs du secteur.

    Elle est très sollicitée pour des interventions en établissements scolaires ( collèges, lycées agricoles , écoles élémentaires ) ou des manifestations plus institutionnelles : “mon territoire a du goût” (Tulle agglo) , journées de l’environnement …

    A la demande des collectivités locales ou des associations , elle anime des tables rondes, conférences… autour du jardinage .

    Elle participe également à des manifestations de partenaires : bourses aux graines, animations avec les Croqueurs de pommes de la Corrèze, grainothèques, marchés solidaires…

    Parallèlement, elle organise chaque année son exposition annuelle des récoltes potagères autour de thèmatiques très prisées du public:

    • – Surprenantes cucurbitacées
    • – Ces petits animaux, amis du jardinier
    • – Les plantes amies du jardinier : des plantes au service des plantes pour ne pas se planter
    • – Les Fabacées, ces légumineuses méconnues
    • – Le potager d’un curieux (diversité et légumes insolites)
    • – Jardins au fil de la Vézère (des jardins d’Uzerche aux potagers de l’Amicale)
    • – Le sol, source de vie
    • – Prenez-en de la graine

    Outre les espèces et variétés de légumes et fruits (autour de 750 présentés chaque année), le public peut découvrir différents aspects du jardinage à travers des panneaux d’exposition sur les thèmes proposés, des conférences, des promenades commentées dans un potager ou sur les stands , des animations diverses..

    projets en direction des jeunes :

    • dans les lycées agricoles (films, conférences),
    • dans les écoles maternelles et élémentaires (aide à la création de jardins, fourniture de matériel, de graines et plants, animations d’ateliers de jardinage)
    • dans les centres de vacances (création de potagers, animations jardinage)

    D’autres projets s’adressent aux plus âgés :

    • séances d’animation jardinage en maison de retraite.
    • L’APM mobilise les savoirs-faire des adhérents pour l’élaboration de fiches techniques sur la culture des légumes les plus courants (voir rubrique “nos documents”)
    • Les expositions annuelles de l’amicale s’enrichissent d’intervenants extérieurs (conférenciers, diverses associations spécialisées, cuisiniers… ) autour de thèmes toujours renouvelés :
    • la pomme de terre dans tous ses états
    • carottes et belles ombelles
    • aromatiques, médicinales , condimentaires
  • Chélidoine / Kélidône, du théâtre à 707 mètres d’altitude

    Chélidoine / Kélidône, du théâtre à 707 mètres d’altitude

    À Saint-Angel, en Haute-Corrèze, il existe un lieu assez improbable : un véritable théâtre de campagne, une compagnie professionnelle, des créations, des rencontres, des stages et même un festival. La Kélidône rejoint aujourd’hui les partenaires de Citoyliens. L’occasion de découvrir une aventure culturelle corrézienne vieille de près de quarante ans.

    Il faut quitter un instant les grands axes et rejoindre Lestrade, sur la commune de Saint-Angel, près d’Ussel.

    Là, à 707 mètres d’altitude, se trouve le théâtre La Chélidoine : une salle d’environ 130 places aménagée dans une ancienne grange, au cœur de la Haute-Corrèze.

    Et derrière ce lieu se cache une histoire assez exceptionnelle.

    Presque quarante ans de théâtre en Haute-Corrèze

    L’aventure commence dans les années 1980 avec Sylvie Peyronnet et Claude Montagné.

    Après plusieurs expériences professionnelles dans le théâtre, ils créent en 1986 une compagnie, puis participent dès 1987 aux débuts du festival de la Luzège. Ils choisissent ensuite de s’implanter durablement en Corrèze, à Saint-Angel.

    À Lestrade, ils achètent des bâtiments et entreprennent de transformer une grange en véritable salle de spectacle. Le théâtre ouvre en 1997.

    Pendant plus de trente ans, La Chélidoine va créer et accueillir du théâtre professionnel en pleine campagne : spectacles, auteurs contemporains, classiques, lectures, théâtre pour la jeunesse, ateliers, interventions scolaires…

    À la fin de la première aventure de La Chélidoine en 2018, son bilan était déjà impressionnant : 61 créations, plus de 200 spectacles accueillis dans le théâtre, des milliers de spectateurs, des milliers d’heures de formation et plus de 250 projets amateurs accompagnés.

    Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là.

    La Kélidône, « fille de La Chélidoine »

    Sylvie Peyronnet et Claude Montagné ont créé une nouvelle structure : La Kélidône, qu’ils présentent eux-mêmes comme la « fille de La Chélidoine ».

    La compagnie poursuit le travail de création autour d’auteurs classiques et contemporains, avec une ligne assez claire : parler de notre époque, interroger le monde, permettre le débat, tout en proposant un théâtre accessible à tous.

    Son activité ne se limite d’ailleurs pas aux représentations données à Saint-Angel.

    La Kélidône crée des spectacles qui peuvent ensuite circuler en Corrèze, en Nouvelle-Aquitaine et ailleurs. Elle développe également des lectures à voix haute, des lectures-spectacles, des stages de pratique artistique et des collaborations autour du théâtre et de l’opéra.

    Parmi les spectacles actuellement proposés en diffusion figurent Les Fables en folie, Paroles de Femmes, Ma vie sur un plateau, De l’étincelle à la flamme et La Paix, librement inspirée d’Aristophane.

    Marius Vazeilles, une mémoire locale devenue théâtre

    La Kélidône a également mené un remarquable travail autour de Marius Vazeilles, grande figure de la Haute-Corrèze.

    Forestier, agronome, pépiniériste, archéologue et député, Vazeilles a profondément marqué le plateau de Millevaches au XXe siècle. Il s’est notamment attaché à améliorer les conditions de vie d’une paysannerie alors très pauvre, en réfléchissant ensemble agriculture, forêt, élevage et aménagement du paysage.

    Pour créer Ma vie sur un plateau, Sylvie Peyronnet et Claude Montagné ont travaillé sur les archives, les écrits et les témoignages, jusqu’à rencontrer les descendants de Marius Vazeilles. De cette enquête est née une forme théâtrale qui fait revivre à la fois un homme et tout un pan de l’histoire rurale nord-corrézienne.

    Un bel exemple de la capacité de La Kélidône à faire du territoire lui-même une matière de création.

    Aristophane et La Paix : 2 400 ans plus tard…

    Citoyliens avait justement annoncé cette année La Paix, une farce populaire adaptée d’Aristophane (annoncé dans Citoyliens).

    Voilà un auteur qui écrivait il y a près de 2 500 ans, en pleine guerre du Péloponnèse, et dont la question reste étrangement contemporaine : comment sortir de la guerre lorsque tout semble pousser à la poursuivre ?

    Ce choix résume assez bien l’esprit du lieu : le théâtre n’y est pas seulement envisagé comme divertissement. Il peut aussi devenir une manière drôle, sensible ou poétique de regarder notre époque.

    Le programme 2026 associait ainsi théâtre, musique, lectures-spectacles et stages, avec notamment des propositions autour de Jean Giono ou une Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix.

    Altitude 707 : un festival en pleine campagne

    Les 7, 8 et 9 août 2026, le théâtre accueillait également la quatrième édition du festival Altitude 707 — son nom est tout simplement celui de l’altitude du lieu.

    Son thème cette année : « Habiter ».

    Pendant trois jours, théâtre, cinéma, photographie, bande dessinée, rencontres, librairie et artisanat se sont croisés autour d’une même interrogation.

    Le festival associe aujourd’hui trois structures — La Kélidône, Bleue Falaise et La Contre-Pente — avec le soutien notamment de la commune de Saint-Angel et du Festival du cinéma de Brive.

    Et c’est probablement là que cette aventure devient particulièrement intéressante.

    Un théâtre professionnel… là où on ne l’attend pas forcément

    Nous parlons beaucoup dans Citoyliens de toutes ces initiatives corréziennes qui existent parfois depuis très longtemps mais restent étonnamment peu connues à quelques dizaines de kilomètres de chez elles.

    La Kélidône en est un magnifique exemple.

    Installer durablement une activité théâtrale professionnelle dans un village rural, y construire une salle, y accueillir des compagnies, y former enfants et adultes, faire venir des spectateurs, créer des œuvres et maintenir cette aventure pendant plusieurs décennies relève presque d’une petite utopie concrète.

    La Chélidoine revendiquait d’ailleurs depuis longtemps cette idée d’un théâtre populaire, exigeant sans être réservé à quelques initiés : aller chercher aussi celle ou celui qui ne pense pas spontanément que le théâtre est « pour lui ».

    À Saint-Angel, cela donne aujourd’hui une expérience culturelle singulière : un vrai lieu de création installé dans le paysage rural, et non une programmation culturelle simplement apportée ponctuellement depuis une grande ville.

    C’est aussi exactement le genre d’initiative que nous souhaitons rendre plus visible et relier aux autres acteurs du territoire.

    La Kélidône devient partenaire de Citoyliens

    Nous sommes donc particulièrement heureux d’accueillir aujourd’hui La Kélidône parmi les partenaires de Citoyliens.

    L’objectif est simple : mieux faire circuler ses spectacles, ses rendez-vous et son festival auprès des Corréziens… et réciproquement permettre au public qui fréquente La Chélidoine de découvrir les centaines d’autres initiatives associatives, culturelles, écologiques et solidaires présentes sur le territoire.

    Car l’une des richesses de la Corrèze est peut-être justement là : des lieux et des personnes capables de faire exister des aventures aussi ambitieuses très loin des métropoles.


    La Kélidône – Théâtre La Chélidoine
    https://lakelidone.com/
    2 Lestrade – 19200 Saint-Angel
    Réservations : 09 70 14 53 93
    compagnie@lakelidone.com

  • NOUVEAUTÉ Adhérents / Bénévoles Citoyliens : le coup de coeur du mois

    NOUVEAUTÉ Adhérents / Bénévoles Citoyliens : le coup de coeur du mois

    En Corrèze, et même rien que sur Citoyliens, il se passe beaucoup de choses : rencontres, conférences, ateliers, projections, fêtes associatives, chantiers, débats, initiatives écologiques ou solidaires…

    les indices de CHANGEMENT émergent autour de nous … dispersés dans les réseaux …

    Le problème, c’est qu’on peut facilement passer à côté d’un événement vraiment important. Un rendez-vous rare, inspirant, utile, parfois décisif… que l’on aurait aimé connaître à temps.

    C’est pourquoi nous lançons une nouveauté réservée aux adhérents et bénévoles de Citoyliens :

    Chaque mois, nous vous enverrons directement par email notre événement — ou nos événements — COUP DE CŒUR DU MOIS.

    Ce message sera envoyé séparément de l’infolettre générale.

    L’idée n’est pas de vous envoyer davantage d’informations. Au contraire : il s’agit de faire le tri pour vous et de vous signaler quelques rendez-vous que l’équipe Citoyliens estime particulièrement intéressants, porteurs de sens, conviviaux ou importants à vivre.

    Adhérer ou devenir bénévole, c’est donc aussi connaître “THE événement(s)” du mois et avoir la chance de pouvoir les vivre.

    Et cela commence dès cette semaine.

    Pourquoi adhérer ?

    Adhérer à Citoyliens, c’est soutenir concrètement une plateforme associative locale, indépendante, sans publicité, qui permet aux associations et porteurs d’initiatives de rendre leurs actions visibles auprès du public.

    C’est aussi rejoindre celles et ceux qui pensent qu’une meilleure circulation de l’information locale peut produire davantage de rencontres, d’entraide et d’action collective.

    Et si vous préférez donner un peu de temps ?

    Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de disponibilité ni de compétences particulières pour être utile.

    Le bénévolat peut être très simple : déposer quelques flyers ou cartes Citoyliens dans un café, une bibliothèque, un commerce, un tiers-lieu ou une association près de chez vous est déjà un vrai coup de main. Quelques minutes peuvent permettre à de nouvelles personnes de découvrir des dizaines d’initiatives locales.

    On peut aussi aider ponctuellement pour les rencontres publiques, la diffusion, les photos, les vidéos, l’informatique, la rédaction ou simplement nous donner un relais dans son village ou son quartier.

    Chaque petit geste compte lorsqu’il permet de créer une connexion qui n’existait pas encore.

    Merci à toutes celles et ceux qui font déjà vivre Citoyliens — par leur adhésion, leur temps, leurs relais ou simplement leur confiance.

    FOOTER infolettre adherents benevoles Citoyliens
  • Habitat léger : Désobéissance Fertile obtient le droit de rester sur ses terres [vidéo]

    Habitat léger : Désobéissance Fertile obtient le droit de rester sur ses terres [vidéo]

    À Marval, en Haute-Vienne, Jonathan Attias, Caroline Perez et les habitants du Croissant Fertile expérimentent depuis plusieurs années des formes d’habitat léger, écologique et réversible. Poursuivis devant le tribunal correctionnel de Limoges, ils avaient décidé de faire de leur procès un combat public pour le droit d’habiter autrement. La décision obtenue ne crée pas la jurisprudence écologique qu’ils espéraient. Mais elle leur permet de rester sur leurs terres.

    Leur démarche est volontairement publique et Citoyliens les suit depuis leur arrivée en Corrèze en 2019, et leur prise de contact avec notre plateforme d’info associative ((voir tous les articles).

    Désobéissance Fertile ne cherche pas simplement à construire quelques habitats légers à l’abri des regards. Le mouvement porte une question politique et juridique : comment permettre à des personnes de vivre sur un territoire en réduisant fortement leur empreinte sur les sols, alors que le droit de l’urbanisme reste principalement construit autour de l’habitat conventionnel ?

    Au Croissant Fertile, à Marval, plusieurs formes d’habitats légers, démontables ou réversibles ont ainsi été expérimentées.

    En 2024, la mairie de Marval a dressé un procès-verbal concernant certains de ces habitats. Après des auditions en gendarmerie, l’affaire a conduit les habitants devant le tribunal correctionnel de Limoges le 1er juillet 2026.

    Une stratégie assumée : aller devant la justice

    Jonathan Attias et Caroline Perez n’ont jamais caché leur démarche.

    Ils souhaitent au contraire provoquer un débat public et faire évoluer progressivement le cadre juridique applicable à ces nouvelles façons d’habiter.

    L’un des arguments développés lors du procès consistait à demander la reconnaissance d’un état de nécessité écologique : face aux dérèglements climatiques, à l’artificialisation des sols, aux difficultés d’accès au logement et à l’effondrement de la biodiversité, certaines formes d’habitat plus sobres devraient selon eux pouvoir bénéficier d’une reconnaissance juridique nouvelle.

    Sur ce point, ils n’ont pas obtenu la décision historique qu’ils espéraient.

    Jonathan Attias le dit lui-même dans la première vidéo :

    il n’y a pas, à ce stade, de nouvelle jurisprudence reconnaissant un état de nécessité écologique permettant de s’affranchir des règles d’urbanisme.

    Une amende… mais pas de remise en état

    La décision prend cependant une tournure très différente de celle qu’ils redoutaient.

    Selon le récit qu’en fait Désobéissance Fertile, une amende de 600 € est prononcée, mais le tribunal n’ordonne pas la remise en état du terrain.

    Les habitants peuvent donc continuer à y vivre.

    Jonathan Attias explique que la décision s’appuie notamment sur la protection de la vie privée et familiale, principe protégé par la Convention européenne des droits de l’homme.

    Il résume ainsi leur lecture du jugement :

    « En fait, on a le droit de vivre sur nos terres. »

    La formule est volontairement forte. Elle exprime l’interprétation politique et juridique que Désobéissance Fertile fait de cette décision ; elle ne signifie évidemment pas que toute installation d’un habitat sur n’importe quel terrain devient automatiquement autorisée en France.

    Une victoire, mais pas encore la jurisprudence recherchée

    C’est précisément ce qui rend leur réaction intéressante.

    Désobéissance Fertile ne présente pas le jugement comme une victoire juridique totale.

    Le mouvement espérait obtenir une décision susceptible d’être utilisée beaucoup plus largement pour reconnaître la nécessité écologique de certaines formes d’habitat.

    Ce n’est pas encore le cas.

    Mais pour Jonathan Attias, le fait qu’une juridiction puisse sanctionner l’infraction tout en refusant de contraindre les habitants à partir constitue malgré tout un signal important.

    C’est aussi une invitation adressée aux personnes confrontées à des situations comparables : connaître leurs droits, constituer leurs dossiers et utiliser les voies juridiques plutôt que considérer d’avance leur situation comme perdue.

    Une question qui dépasse largement quelques yourtes

    L’intérêt de cette affaire dépasse le Croissant Fertile.

    La France cherche simultanément à :

    • réduire l’artificialisation des sols ;
    • diminuer les consommations énergétiques ;
    • répondre à une crise persistante du logement ;
    • développer des modes de construction plus sobres ;
    • préserver les terres agricoles et les écosystèmes.

    Dans le même temps, les personnes qui expérimentent des habitats très légers ou réversibles rencontrent encore régulièrement des cadres administratifs conçus pour d’autres formes de construction.

    C’est cette contradiction que Désobéissance Fertile a choisi de rendre visible.

    Et de porter jusque devant les tribunaux.

    Témoignages vidéos de sortie de tribunal

    Dans les deux vidéos ci-dessous, Jonathan Attias revient directement sur le jugement, sur ses limites et sur les raisons pour lesquelles Désobéissance Fertile souhaite poursuivre son combat juridique.

    La première est une réaction à chaud et politique.

    La seconde précise davantage leur lecture juridique de la décision et notamment la question du respect de la vie privée et familiale.

    Citoyliens relaie ces vidéos — il ne se les approprie pas

    Ces vidéos sont publiées sur Citoyliens avec l’accord de Désobéissance Fertile.

    Pour permettre leur intégration sur notre plateforme publique et leur consultation par des personnes ne disposant pas de compte sur les réseaux sociaux, une copie a été placée sur YouTube en mode non répertorié.

    Elle n’a donc pas vocation à concurrencer leurs publications originales ni à capter leur audience.

    Si leur démarche vous intéresse, le bon endroit pour les suivre, commenter leurs publications, partager leur travail ou les soutenir reste leurs propres espaces :

    Instagram — @desobeissancefertile
    Facebook — @desobeissancefertile
    YouTube — @desobeissancefertile
    Site — desobeissancefertile.com

    Désobéissance Fertile met également à disposition sur ses propres espaces des informations sur le Croissant Fertile, l’habitat réversible, ses expérimentations, ses actions juridiques et les moyens de soutenir le mouvement.

    Citoyliens joue ici son rôle de relais local : permettre à une information d’intérêt général de circuler largement, y compris hors des réseaux sociaux, tout en renvoyant l’audience vers celles et ceux qui produisent l’information et portent l’action.

    Communiqué de presse de Desobeissance Fertile

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Le Croissant Fertile connaîtra son jugement mercredi 26 août

    Le délibéré du procès du Croissant Fertile sera rendu mercredi 26 août à 9 h au tribunal judiciaire de Limoges. Nous serons présents pour entendre la décision de justice.

    Aucune mobilisation particulière n’est organisée devant le tribunal ce jour-là. Mais, quelle que soit la décision rendue, une chose ne changera pas : nous resterons au Croissant Fertile et nous continuerons à vivre en habitat léger et réversible, à prendre soin de cette terre et à régénérer les sols et les écosystèmes qui nous entourent.

    Ce procès dépasse largement la question de quelques habitats installés sur un terrain en Haute-Vienne. Il pose une question devenue essentielle : face aux sécheresses, au manque d’eau, à l’effondrement de la biodiversité et à la destruction progressive de nos écosystèmes, comment voulons-nous habiter la Terre ?

    Nous avons fait le choix d’habitats sobres, sans artificialisation irréversible des sols, associés à des pratiques qui cherchent à restaurer l’eau, les sols et le vivant. Nous espérons que la justice et l’administration françaises sauront reconnaître que ces manières d’habiter ne constituent pas un problème à éliminer, mais font partie des réponses que notre époque exige.

    « Quelle que soit la décision rendue mercredi, nous resterons. Nous continuerons à habiter cette terre et à en prendre soin. Nous n’avons pas d’autre choix que de gagner, parce qu’au-delà de notre propre situation, ce que nous défendons est la possibilité pour des millions de personnes de vivre demain autrement, sans détruire les paysages et les écosystèmes de vie de leurs enfants et de leurs petits-enfants. »

    Notre combat ne consiste donc pas seulement à obtenir le droit de rester chez nous. Il consiste à faire évoluer le droit pour que l’habitat léger et réversible, lorsqu’il respecte et régénère les milieux où il s’installe, puisse devenir une possibilité réelle pour toutes celles et ceux qui souhaitent habiter autrement.

  • L’association Airelle racontée par son créateur Luc Duquenne

    L’association Airelle racontée par son créateur Luc Duquenne

    Airelle : 40 ans d’accompagnement des personnes et des initiatives

    Fondateur et aujourd’hui trésorier de l’association Airelle, Luc Duquenne revient dans cette interview sur quarante années d’engagement en faveur des personnes qui entreprennent, des associations et du développement des territoires ruraux. Une histoire profondément humaine, dans laquelle la création d’entreprise n’est jamais considérée comme une fin en soi.

    Airelle, association partenaire de Citoyliens, accompagne depuis 1985 les femmes et les hommes qui souhaitent créer, reprendre ou développer une activité. Implantée à Saint-Germain-les-Vergnes et présente dans différents points d’accueil corréziens, elle intervient au plus près des personnes et des territoires.

    Dans cet entretien, son fondateur Luc Duquenne raconte comment une initiative bénévole, née de quelques rencontres en Dordogne, est progressivement devenue un acteur reconnu de l’accompagnement à l’entrepreneuriat, de l’insertion et de l’économie sociale et solidaire.

    Aux origines d’Airelle : ne pas laisser les créateurs seuls

    À la fin des années 1970, Luc Duquenne quitte la région parisienne et s’installe en Dordogne. Il travaille alors comme conseiller en gestion d’entreprise.

    Il rencontre rapidement des personnes au chômage qui ont tenté de créer leur propre activité, mais qui se retrouvent seules face aux questions administratives, économiques et humaines que cette démarche soulève.

    Avec quelques amis, il décide d’organiser de premières permanences bénévoles afin de les aider à comprendre le fonctionnement d’une entreprise et à structurer leur projet.

    Ce qui ne devait être qu’une aide ponctuelle révèle rapidement un besoin beaucoup plus important. Une association est créée, une première salariée est recrutée, puis l’équipe s’agrandit.

    Airelle est née.

    L’initiative essaime ensuite vers la Charente, la Corrèze et le Limousin. À son apogée, l’ensemble des structures issues de cette dynamique comptera jusqu’à 45 salariés.

    « Nous accompagnons des personnes, pas seulement des projets »

    Cette phrase résume probablement le mieux la conception défendue par Luc Duquenne.

    Derrière une création d’activité se trouve toujours une personne, mais aussi parfois un couple, une famille, un parcours professionnel interrompu ou un projet complet de changement de vie.

    Pour Airelle, la création d’entreprise ne doit donc pas devenir une obligation ni un indicateur de réussite imposé à chaque personne accompagnée.

    Une personne peut renoncer à créer son entreprise tout en ayant progressé grâce à l’accompagnement. Elle peut retrouver un emploi, entrer en formation, réorienter son projet ou simplement acquérir une meilleure connaissance de ses compétences.

    Le résultat ne se mesure pas uniquement au nombre d’entreprises immatriculées.

    L’accompagnement permet également de reprendre confiance, de mieux se présenter, de rencontrer d’autres personnes et de retrouver une capacité à agir.

    Entreprendre et s’installer en milieu rural

    L’histoire d’Airelle est étroitement liée aux politiques d’accueil développées autrefois par la Région Limousin.

    Des personnes venant notamment de la région parisienne ou du nord de la France souhaitaient s’installer dans un territoire rural, attirées par un immobilier plus accessible et par une autre qualité de vie.

    Mais acheter une maison à la campagne ne suffisait pas à construire un projet de vie durable.

    Les nouveaux habitants devaient découvrir le territoire, comprendre son fonctionnement, développer une activité et créer des relations locales. Certains découvraient également que la vie rurale en hiver était très différente de celle qu’ils avaient imaginée pendant l’été.

    L’accompagnement devait donc prendre en compte à la fois le projet professionnel, l’installation personnelle et l’intégration dans le territoire.

    Cette approche demeure au cœur de l’identité d’Airelle : favoriser des activités capables de durer, mais aussi permettre aux personnes de trouver leur place dans leur nouvel environnement.

    Les associations, moteurs indispensables des territoires

    L’entretien dépasse largement la seule question de la création d’entreprise.

    Luc Duquenne rappelle que les associations constituent l’un des principaux moteurs de la vie locale :

    « Sans les associations, il ne se passe rien. »

    Alors que les entreprises commerciales et artisanales disposent de leurs chambres consulaires, les associations ont longtemps manqué d’un lieu équivalent vers lequel se tourner pour être accueillies, conseillées et accompagnées.

    Airelle a ainsi joué, de manière informelle, le rôle d’une « chambre des associations » et de l’économie sociale.

    Ce travail s’inscrit aujourd’hui dans le champ reconnu de l’économie sociale et solidaire. Airelle porte notamment en Corrèze l’incubateur Rhizome, destiné aux projets d’utilité sociale ou d’intérêt collectif.

    L’association est également labellisée Guid’Asso pour l’accompagnement spécialisé dans la construction de projets associatifs et relevant de l’ESS.

    Un territoire existe aussi par les rencontres

    Le développement local ne repose pas seulement sur des entreprises, des dispositifs ou des financements. Il dépend aussi de la capacité des habitants à se rencontrer, à échanger et à construire des projets ensemble.

    Luc Duquenne évoque le temps où les bals des villages permettaient aux habitants de se retrouver. Avec l’évolution des modes de vie, ces occasions se sont progressivement raréfiées.

    Or, parmi les premières attentes exprimées par les personnes accueillies par Airelle figurent le besoin d’être écoutées et l’envie de rencontrer d’autres personnes.

    C’est notamment de ce constat qu’est né Le Chaudron, la communauté des entrepreneurs et entrepreneuses proches d’Airelle. Il propose des temps de rencontre, de coopération et de partage d’expériences dans un esprit de solidarité et de bienveillance.

    Une ancienne ferme pour accueillir les initiatives

    Le choix d’installer Airelle dans une ancienne ferme à Saint-Germain-les-Vergnes n’est pas anodin.

    Pour Luc Duquenne, une association qui affirme travailler sur l’entrepreneuriat rural doit elle-même être présente dans le territoire rural.

    Le lieu offre un environnement calme et accessible, entouré de champs, où les personnes peuvent se garer, respirer et prendre le temps d’échanger.

    Cette implantation traduit une volonté ancienne d’Airelle. En Dordogne, l’association avait notamment occupé l’école d’un village d’environ 500 habitants. L’objectif a toujours été de rester proche des personnes et de ne pas concentrer tous les services dans les grandes villes.

    Les membres de l’équipe continuent également de se déplacer dans l’ensemble du département afin d’aller vers les porteurs de projets.

    Le projet d’une grange consacrée aux échanges et aux coopérations

    Airelle porte désormais un important projet autour de la restauration d’une grange située sur son site de Saint-Germain-les-Vergnes.

    L’objectif est à la fois de préserver un élément du patrimoine rural et de créer un lieu destiné aux rencontres, aux formations et aux projets collectifs.

    La grange pourrait accueillir :

    – des salles de réunion et de formation ;
    – des bureaux partagés ;
    – des ateliers partagés ;
    – des rencontres entre entrepreneurs, associations et habitants ;
    – des activités autour du four à pain existant ;
    – éventuellement un espace de présentation ou de vente de produits locaux.

    Airelle a déjà pu acquérir l’ensemble immobilier, mais doit maintenant réunir les financements nécessaires à la restauration et à l’aménagement de la grange.

    Au-delà du bâtiment, ce projet prolonge la vision défendue depuis les origines de l’association : offrir aux personnes un lieu pour être accueillies, écoutées et mises en relation.

    Quarante ans d’utilité territoriale en quête de reconnaissance

    Après quatre décennies d’activité, Airelle demeure confrontée à la fragilité des financements associatifs.

    L’association s’appuie sur plusieurs partenaires : Région, État, collectivités territoriales, services publics et communautés de communes. Cette diversité limite la dépendance envers un financeur unique.

    Pour Luc Duquenne, chaque participation, même modeste, représente aussi une reconnaissance de l’utilité de l’association.

    Mais la reconnaissance financière ne suffit pas. Airelle souhaite également être davantage associée aux réunions, aux réflexions et aux décisions institutionnelles qui concernent les sujets sur lesquels elle travaille quotidiennement.

    Les chambres consulaires sont naturellement invitées dans de nombreuses instances. Les associations spécialisées dans l’accompagnement, l’économie sociale et solidaire ou le développement rural le sont moins systématiquement.

    Pourtant, comme le souligne son fondateur, si Airelle est toujours présente après 40 ans, c’est qu’elle répond durablement à une réalité du territoire.

    Airelle, association partenaire de Citoyliens

    Airelle est une association partenaire de Citoyliens et utilise la plateforme associative pour relayer ses initiatives, ses rencontres, ses ateliers et ses actions en faveur des personnes qui entreprennent.

    Ce partenariat contribue à faire circuler localement une information utile, sans publicité, sans algorithme de captation et sans obligation de créer un compte pour la consulter.

    À travers le témoignage de Luc Duquenne se dessine une conception profondément humaine de l’entrepreneuriat : entreprendre ne consiste pas uniquement à créer une structure économique. C’est aussi trouver sa place, acquérir de l’autonomie, rejoindre un territoire et rencontrer les personnes avec lesquelles il devient possible d’agir.

    En savoir plus

    Site de l’association Airelle :
    https://airelle.org

    Retrouver les publications d’Airelle sur Citoyliens

    Adresse :
    155 route de Lagraulière
    19330 Saint-Germain-les-Vergnes

    Téléphone : 05 55 29 00 50
    Courriel : airelle@airelle.org