Le vendredi 28 février 2025, le café associatif Le Tsopelo a accueilli une conférence fascinante sur la génétique, les OGM et le clonage, présentée par Marie Dutreix, chercheur au CNRS et à l’Institut Curie. Une soirée riche en savoirs et en discussions sur l’avenir de la science et de la biotechnologie.
Comprendre la génétique : héritage et évolution
Marie Dutreix a commencé par rappeler les bases de la génétique, expliquant comment les caractères héréditaires se transmettent de génération en génération. Elle a présenté la distinction entre l’inné (le patrimoine génétique) et l’acquis (l’influence de l’environnement), avec un focus sur l’épigénétique, cette discipline qui démontre que notre mode de vie peut influencer l’expression de nos gènes.
L’évolution des espèces a également été abordée à travers des exemples concrets, tels que le cou de la girafe ou la sélection naturelle dans les cultures agricoles.
OGM : entre espoirs et controverses
Les organismes génétiquement modifiés (OGM) ont constitué une grande partie de la discussion. Si les OGM sont présentés comme une solution pour améliorer la productivité agricole, résister aux maladies ou produire des médicaments, ils suscitent de nombreuses questions éthiques et environnementales.
Marie Dutreix a détaillé les techniques de modification génétique, notamment les transferts de gènes entre espèces et l’utilisation de gènes de résistance aux pesticides, avec un focus sur l’impact des OGM sur la biodiversité et l’agriculture mondiale. Elle a également souligné les risques de la dissémination incontrôlée des gènes modifiés et les stratégies industrielles, comme la brevetabilité des semences, qui posent des problèmes économiques et sociaux.
Le clonage : réalité et science-fiction
En abordant le clonage, la conférencière a rappelé que cette technique existe déjà dans la nature (bactéries, bouturage des plantes, jumeaux monozygotes). Mais le clonage artificiel, rendu célèbre par la brebis Dolly, soulève des questions sur la santé des clones, leur espérance de vie et les enjeux éthiques d’une éventuelle application à l’humain.
La génétique au service de la médecine
Si la conférence a mis en avant les débats autour des OGM et du clonage, Marie Dutreix a également expliqué les aspects positifs de la génétique. En médecine, les recherches permettent désormais de diagnostiquer et de traiter certaines maladies génétiques, d’améliorer les thérapies ciblées contre le cancer ou encore d’avancer dans la médecine personnalisée.
Regarder la conférence en ligne
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Joie pour les opposants, sidération pour les défenseurs, le 27 février, le tribunal administratif de Toulouse a rendu son verdict : le chantier de l’autoroute A69, devant relier Toulouse à Castres, est illégal et doit être arrêté sans délai. C’est une première car aucune juridiction n’avait encore annulé à mi-chemin un projet d’infrastructure d’une telle envergure.
Après 14 recours en référé rejetés, les magistrats ont en définitive décidé de suivre les conclusions de la rapporteuse publique – Mona Rousseau – requérant une « annulation totale » de l’autorisation environnementale. Nonobstant, l’État va faire appel de cette décision.
Pour la petite histoire
Depuis plus de trente ans le projet d’autoroute Castres-Toulouse est un « serpent de mer » qui ressurgit régulièrement sur le terrain politique. En 1989, il était tout d’abord question d’élargir la RN 126.
Puis en 1990, changement de cap, l’État décide de construire une autoroute, ce sera l’A 69. Mais neuf ans plus tard, comme rien ne bouge, les élus, en majorité favorables au projet s’impatientent et manifestent pour faire accélérer le dossier.
Il faudra attendre 2006 pour que l’autoroute soit actée sous l’influence du groupe Pierre Fabre. Son PDG affirmait à l’antenne : « C‘est la seule réponse pour garantir la pérennité de l’entreprise Pierre Fabre à Castres ». C’est d’ailleurs en visitant les laboratoires Fabre en 2013 que François Hollande donnera l’impulsion décisive.
En 2018, Le Premier ministre Edouard Philippe prend un décret qui déclare le projet d’utilité publique ; le recours des opposants est perdu en Conseil d’État.
L’enquête publique qui se déroule du 28 novembre 2022 au 11 janvier 2023, montre une forte contribution avec une grosse majorité d’avis opposés.
Le 1er et 2 mars 2023, les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn attribuent des autorisations environnementales pour la réalisation de l’autoroute A69 comprenant des dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées et à leurs habitats. Le chantier débute, les 53 km sont concédés à la société Atosca.
Une longue bataille juridique s’ouvre le 19 juin : une coalition de 14 organisations dépose un recours sur le fond au tribunal administratif de Toulouse, contestant la validité de l’étude d’impact et l’argument selon lequel l’autoroute répondrait à « une raison impérative d’intérêt public majeur ».
En 2024, plusieurs référés suspensions se sont succédés sans aboutir.
Coup de théâtre, le 25 novembre, la rapporteuse publique — un magistrat dont l’avis est souvent suivi par le juge — a émis un avis défavorable sur la légalité des autorisations environnementales du projet. Au lieu de la suivre, les juges rouvrent l’instruction, permettant aux travaux de se poursuivre pendant que la justice enquête.
Malgré les nombreux recours en justice des opposants et actions sur le tracé, le concessionnaire aurait réalisé 300 millions de travaux (soit 65% du budget total du chantier) sur un budget prévisionnel de 450 millions d’euros.
Le 27 février 2025, c’est le recours principal, déposé le 19 juin 2023 qui a tranché, mettant un terme aux travaux.
Qu’est-ce qui a motivé le tribunal ?
Tout d’abord celui-ci rappelle que la dérogation en matière d’atteinte à l’environnement accordée par les préfets au projet de l’A69 n’est possible qu’à trois conditions : si le maintien des espèces protégées n’est pas menacé, s’il n’existe pas de solution alternative et si le projet répond à une raison impérative d’intérêt public majeur. Or, ce n’est pas le cas car les bénéfices économiques, sociaux et de sécurité publique du projet sont de portée limitée.
Par conséquent, le tribunal administratif déclare illégale l’autorisation environnementale : « Au vu des bénéfices très limités qu’auront ces projets pour le territoire et ses habitants, il n’est pas possible de déroger aux règles de protection de l’environnement et des espèces protégées ». Et données de l’INSEE à l’appui, le tribunal rejette ainsi l’argument du désenclavement : « Le territoire ne présente ni un décrochage démographique, en comparaison des autres bassins situés aux alentours de Toulouse, ni un décrochage économique ».
De plus le prix annoncé du péage ferait de l’A69 l’une des autoroutes les plus chères de France. « Le coût élevé du péage du projet A69 est de nature à en minorer significativement l’intérêt pour les usagers et les entreprises » selon le tribunal.
Encore trois ans de procédure ?
Le ministère des Transports a d’ores et déjà indiqué que l’Etat allait faire appel. Si la cour administrative d’appel rejette la demande de l’Etat, un ultime recours pourra être déposé devant le Conseil d’Etat.
Mais l’appel ne suspend pas la décision du tribunal administratif donc le chantier doit s’arrêter durant toute la procédure, sauf si l’Etat dépose un sursis à l’exécution du jugement. Ce qu’il a bien l’intention de faire. Si ce sursis est accordé, alors le chantier peut reprendre pendant l’examen sur le fond du dossier par la cour administrative d’appel de Toulouse. Dans quel délai ? « On ne le sait pas, la cour peut l’examiner quand elle le souhaite, dans quelques mois comme dans plusieurs années, voire jamais », indique l’avocat Arnaud Gossement.
Mais lorsque tous les recours seront épuisés, si l’arrêt du chantier est maintenu, que deviendront les kilomètres de route déjà terrassés, les terres agricoles dévastées, le paysage défiguré et les écosystèmes détruits ? Rappelons l’impact de ce projet en quelques chiffres : 820 personnes expulsées de leur terres et de leur maison, 366 hectares de terres agricoles détruites, 13 hectares de zones boisées, 200 arbres d’alignement centenaires abattus…
En délivrant une autorisation environnementale illégale, il semble que c’est l’État qui soit tenu pour responsable. C’est donc lui qui devra élaborer un plan pour démanteler les ouvrages et restaurer les espaces.
Un jugement qui fera date
En général, les grands projets d’infrastructure, une fois passé le cap de la déclaration d’utilité publique, arrivent habituellement à leur terme. Pour l’A69, le fait que le juge décide d’arrêter les travaux déjà réalisés à 70%, représente une victoire du droit environnemental ; du jamais vu dans la jurisprudence.
Malgré tout, on peut déplorer que le droit environnemental se soit construit après la procédure de déclaration d’utilité publique, permettant ainsi de commencer le chantier en bafouant ce droit. En jouant la politique du fait accompli, l’État prenait le risque que l’autorisation soit annulée.
Le dossier de l’A69 et la décision judiciaire historique nous incitent à envisager le droit de l’environnement dans le sens de la démocratie environnementale*.
A découvrir aussi ICI, un projet alternatif à celui de l’A69, projet innovant porté par le paysagiste et urbaniste, Karim Lahiani, accompagné par les opposants réunis au sein du collectif « La voie est libre ». Ce projet pionnier est basé sur une mobilité douce et interconnectée.
*La démocratie environnementale regroupe l’ensemble des processus permettant aux citoyen·ne·s, regroupé·es en associations ou non, d’accéder aux informations sur l’environnement, de participer à l’élaboration des décisions publiques impactant l’environnement et d’accéder à la justice pour défendre l’environnement.
Pour approfondir, voici un podcast de la série « Secrets d’Info » de France Inter dont le titre est « A69 : l’ombre de Pierre Fabre derrière l’autoroute » : cliquez ICI
Le débat sur l’antisionisme est au cœur de l’actualité. Il est souvent amalgamé à l’antisémitisme, notamment par des responsables politiques et certains médias. Mais que signifie réellement l’antisionisme ? Quels sont ses fondements historiques et comment s’est construite cette confusion avec l’antisémitisme ?
Pour répondre à ces questions, Béatrice Ores, co-autrice du livre “Antisionisme, une histoire juive” et porte-parole de l’Union des Juifs pour la Paix (UJFP), a animé une conférence organisée par le Mouvement de la Paix et plusieurs organisations partenaires.
📖 Une conférence pour comprendre
Béatrice Ores rappelle que l’antisionisme est une critique d’un projet politique, celui du sionisme, qui vise la création et le maintien d’un État juif en Palestine. Contrairement à l’antisémitisme, qui est un délit fondé sur la haine des Juifs en tant que personnes, l’antisionisme est un positionnement politique, souvent porté par des juifs eux-mêmes, et défendant une alternative fondée sur l’égalité des droits entre Palestiniens et Israéliens.
Dans son intervention, Béatrice Ores revient sur l’histoire de l’antisionisme juif à travers une anthologie de textes datant de 1885 à 2020. Ce travail met en lumière l’existence d’une opposition juive historique au sionisme, souvent ignorée du grand public.
🏛️ Histoire et enjeux actuels
L’amalgame entre antisionisme et antisémitisme n’est pas récent. Dès les années 1970, des intellectuels et responsables politiques ont cherché à criminaliser l’antisionisme, une démarche qui s’est accélérée avec les années 2000 et la montée de la critique internationale contre la politique israélienne. Aujourd’hui, ce débat atteint un point critique avec des propositions de lois visant à assimiler toute critique d’Israël à une forme d’antisémitisme.
Béatrice Ores explique que cette instrumentalisation a un double objectif :
Délégitimer toute critique d’Israël et de son régime politique
Faire taire les voix qui dénoncent les violations des droits humains des Palestiniens
Elle rappelle également que le sionisme lui-même a entretenu des relations ambivalentes avec l’antisémitisme. Des figures historiques comme Theodor Herzl voyaient en l’antisémitisme un moteur pour la création d’un État juif, tandis que des gouvernements, hier comme aujourd’hui, ont parfois instrumentalisé ces préjugés à des fins politiques.
🤔 Qu’est-ce qu’un antisionisme égalitaire ?
Loin des caricatures, Béatrice Ores défend un antisionisme égalitaire, qui ne remet pas en cause l’existence des populations juives en Israël/Palestine, mais qui s’oppose au modèle colonial et discriminatoire instauré par l’État d’Israël. Cet antisionisme repose sur des principes d’égalité, d’émancipation et d’antiracisme, en opposition avec certaines formes d’antisionisme qui peuvent être teintées d’antisémitisme.
📢 Un débat essentiel pour la liberté d’expression
Cette conférence a permis de donner des outils et des arguments pour déconstruire l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme. Alors que de nouvelles lois cherchent à criminaliser l’antisionisme, cette distinction est plus essentielle que jamais pour préserver la liberté d’expression et permettre un véritable débat sur l’avenir du peuple palestinien et des citoyens israéliens.
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Résumé de l’appel à pétitionner contre la porcherie industrielle de Liginiac (Corrèze)
L’Association A.D.C.H.C. s’oppose au projet de construction d’une porcherie industrielle à Liginiac, approuvé par le maire le 23 octobre 2024. Ce projet prévoit l’élevage de 1 284 porcs et l’épandage de 9 100 unités d’azote sur 217 hectares dans 5 communes environnantes.
Les principaux motifs d’opposition :
Pollution et nuisances
Odeurs pestilentielles dues à l’épandage massif de lisier.
Risque de pollution des cours d’eau et du lac de la Triouzoune par les nitrates.
Consommation excessive d’eau, problématique en période de sécheresse.
Impact sur la qualité de vie et le tourisme
Risque pour les labels Natura 2000 et Pavillon Bleu, essentiels à l’attractivité touristique.
Dévalorisation des biens immobiliers dans la région.
Augmentation du trafic de camions et de tracteurs, source de bruit et de danger sur les routes locales.
Conséquences sanitaires et écologiques
Utilisation d’antibiotiques, cuivre et zinc dans l’élevage, se retrouvant dans les sols et l’eau.
Risque de prolifération d’algues toxiques, comme observé en Bretagne.
Contribution au réchauffement climatique et à la pollution de l’air.
Opposition à l’élevage intensif
Ce modèle agricole est jugé économiquement fragile, dépendant des fluctuations des marchés.
84 % des Français seraient favorables à l’interdiction de l’élevage intensif.
L’association défend une agriculture locale, respectueuse de l’environnement et des consommateurs.
Actions proposées
Consultation publique du 17/02/2025 au 17/03/2025 : Le public peut exprimer son avis en mairie de Liginiac.
Participation par courrier ou mail auprès du préfet de la Corrèze avant le 17 mars 2025 pref-environnement@correze.gouv.fr ( mentionner dans l’objet du courriel Consultation du public sur le projet de Monsieur Jérôme SIRIEIX).
Mots d’ordre : ✔ Oui à une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. ❌ Non aux élevages industriels nuisibles à la santé, au tourisme et à la qualité de vie.
Les éléments qui suivent résument une pétition opposée à un projet agrivoltaïque (installation de panneaux solaires sur des terres agricoles) à Noailles (19600), au lieu-dit Le Coutinard.
Principaux arguments contre le projet :
Artificialisation des terres agricoles : 30 hectares de terres seraient détruits, menaçant la souveraineté alimentaire. L’auteur estime que les agriculteurs devraient se consacrer à la production alimentaire plutôt qu’à l’exploitation de panneaux solaires.
Impact paysager négatif : La présence de clôtures, blocs de béton, câbles et panneaux solaires nuirait au cadre naturel et au patrimoine architectural local.
Atteinte à la biodiversité : Le site est classé ZNIEFF de type 2, abritant une faune et une flore remarquables (orchidées, ancolies, abeilles, chevreuils, sangliers, etc.).
Alternative possible : L’auteur suggère d’installer des panneaux solaires sur les toitures existantes (hangars, habitations, etc.) au lieu d’occuper des terres agricoles et naturelles.
Surproduction d’électricité en France : L’article mentionne un excédent de production électrique en France (89 TWh en 2025), ce qui remet en question la nécessité de nouveaux projets photovoltaïques.
Conséquences économiques négatives :
Tourisme : La proximité avec des sentiers de randonnée et des gîtes pourrait affecter l’attractivité de la région.
Immobilier : Une dévaluation estimée à 40 % des biens immobiliers environnants.
Dépendance des agriculteurs aux entreprises privées : Le projet engagerait l’exploitant sur 30 à 40 ans avec des contrats potentiellement désavantageux et un risque de spéculation. De plus, des questions sont soulevées sur la gestion du démantèlement des infrastructures en fin de contrat.
L’auteur précise qu’il ne s’oppose pas aux panneaux solaires en général, mais à leur implantation sur des terres agricoles et naturelles.
📌 Conclusion : Cette pétition appelle à préserver le monde rural, agricole et naturel en refusant le projet agrivoltaïque de Noailles.
Voici un reportage suivi d’un débat qui a été diffusé dans le cadre de la journée de soutien au journal citoyen “La Trousse Corrézienne” à Tulle samedi 15 février – Salle Marie Laurent à Tulle (notre article) – La Trousse Corrézienne est une association mentionnée dans ce reportage et qui subit les chantages au financement. Nous relayons donc cette info en solidarité.
Témoignages, analyses et ripostes face au contrat d’engagement républicain et son monde
Pour Télé Millevaches, l’histoire commence en 2022 quand elle apprend qu’une aide financière majeure a failli lui échapper. C’est un fonds de soutien aux médias de proximité qui approche les 20 000 € et dont elle bénéficie depuis sa mise en place par le ministère de la Culture en 2016. « Nous avons dû contourner la préfecture de région pour le versement, apprend-elle d’une fonctionnaire, mais en 2023 ce sera plus difficile. »
Au-delà de la bizarrerie de l’opération, ce sont les motifs de la préfecture qui interrogent : qu’a-t-on fait de mal ? On découvre bientôt que plus d’une dizaine d’associations de Creuse et de Corrèze se voient refuser des subventions qu’elles obtenaient les années précédentes. Point commun : les préfectures opposent leur veto malgré les avis favorables des services de l’État qui instruisent les dossiers, notamment la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC).
Au-delà du Limousin, ce sont des associations du Tarn-et-Garonne, des Bouches-du-Rhône ou du Pas-de-Calais qui sont touchées. On croyait le sujet local, il est national. Refus de subventions, d’agrément ministériel, d’autorisation pour accueillir des services civiques : les vexations sont nombreuses pour les associations prises dans le collimateur des préfectures. Le journal Le Monde mentionne une « liste rouge » dans un article du 9 août 2023.
Selon l’Observatoire des libertés associatives, une chose est sûre : les attaques se multiplient en France depuis 2020 et particulièrement depuis 2022. Chercheurs, avocats, collectifs d’associations, tous s’accordent sur un point : la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, dite « loi séparatisme », constitue un point de rupture entre l’État et les associations. Depuis, l’ambiance est à la suspicion. Votée au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty, cette loi prétend lutter contre le séparatisme religieux. Mais elle vise aujourd’hui tous types d’associations.
Les libertés associatives sont menacées, avec les valeurs de la République en cache-nez pour couper l’herbe sous le pied de militants politiques réels ou fantasmés. Les associations sont-elles vouées à courber l’échine ? Peuvent-elles se défendre ? Témoignages, analyses et ripostes avec notamment :
MARION OGIER Avocate au barreau de Paris
THIERRY LE ROY Ancien membre du Conseil d’État et ancien préfet de la Dordogne
ÉRIC CORREIA Président de la communauté d’agglomération du Grand Guéret
LÉONORE MONCOND’HUY Maire de Poitiers
PABLO CORROYER Chercheur en science politique à l’université de Lille et membre de l’Observatoire des libertés associatives
JEAN-BAPTISTE JOBARD Du Collectif des associations citoyennes et co-fondateur de l’Observatoire des libertés associatives
MARIE GARMADI De l’institut Alinsky et membre de l’Observatoire des libertés associatives
Les préfectures de Creuse et de Corrèze ostracisent des associations en les privant de financements sur des critères politiques inavoués. C’est le premier diagnostic d’une étude réalisée entre 2023 et 2024 par Pablo Corroyer, chercheur en science politique de l’université de Lille.
Cette ostracisation est rendue possible par une réorganisation profonde de l’État, une mise sous tutelle de l’administration par le ministère de l’Intérieur que le chercheur détaille et dont la loi « séparatisme » et son contrat d’engagement républicain sont le dernier épisode. Pablo Corroyer qualifie ce mouvement de sécuritisation : une montée du prisme sécuritaire dans l’action publique au détriment des prismes sociaux, démocratiques ou culturels. Le phénomène n’est donc pas local, mais le plateau de Millevaches, jugé trop contestataire, serait particulièrement touché. Les motifs précis d’ostracisation pour chaque association ne sont pas établis.
Citoyliens relaie les infos très locales et liées aux thématiques d’intérêt général ; pourtant quelques fois nous dérogeons à cette règle parce que des causes de portée nationale ou internationale résonnent avec nos valeurs.
Ainsi, nous avons relayé des sujets comme l’affaire Julian Assange emblématique des enjeux de liberté de la presse, la lettre de Camille Etienne, ou encore le combat d’Hélène Grobois, dont l’engagement écologique et social illustre des dynamiques bien au-delà de l’échelle locale.
Cette fois-ci c’est un article sur l’intelligence artificielle et son utilisation au coeur de l’appareil d’état, avec pour but avoué d’optimiser l’efficacité de tout le système administratif (programme D.O.V.E. que le Président Trump a délégué au multi-milliardaire Elon Musk)
L’analyse que nous vous partageons a été publiée par Tech Policy Press, intitulée “Anatomy of an AI Coup”. Cet article décrit ce programme comme un potentiel premier coup d’État au bénéfice de l’IA.
Il nous semble que la liste des risques mis en lumière sont extrêmement inquiétants, en particulier parce qu’ils restent intrinsèquement liés à des intérêts privés.
Intro
« Sommes-nous témoins du premier coup d’État basé sur l’IA de l’Histoire? C’est ce que suggère le chercheur Eryk Salvaggio dans un texte clair et percutant qui décrit comment le DOGE dirigé par Elon Musk compte transformer profondément l’État américain via des algorithmes contrôlés par les élites de la Silicon Valley. Nous assistons peut-être à la naissance du “Léviathan algorithmique”.
Anatomie d’un coup d’État de l’IA
Le DOGE est en train de vider les agences fédérales de leur substance afin d’installer l’IA dans l’ensemble du gouvernement. La démocratie est en jeu, écrit Eryk Salvaggio, membre de Tech Policy Press. L’intelligence artificielle (IA) est une technologie qui permet de fabriquer des excuses. En l’absence de définitions claires ou d’outils d’évaluation, l’IA a néanmoins saisi l’imagination des politiciens et des gestionnaires du gouvernement, du monde universitaire et de l’industrie. Mais ce que l’IA sait le mieux produire, ce sont des justifications. Si vous voulez qu’une main-d’œuvre, une bureaucratie réglementaire ou une obligation de rendre des comptes disparaisse, il vous suffit de dire : “L’IA peut le faire”. Ensuite, la conversation passe de l’explication des raisons pour lesquelles ces choses devraient ou ne devraient pas disparaître à des questions sur la manière dont l’IA fonctionnerait à leur place. Nous sommes au milieu d’un coup d’État politique qui, s’il réussit, changera à jamais la nature du gouvernement américain. Ce coup d’État ne se déroule pas dans la rue. Il n’y a pas de loi martiale. Il se déroule bureau par bureau dans les agences fédérales et dans l’automatisation banale de la bureaucratie. Le raisonnement repose sur un mythe de la productivité selon lequel l’objectif de la bureaucratie est simplement ce qu’elle produit (services, informations, gouvernance) et peut être isolé du processus par lequel la démocratie parvient à ces fins : le débat, la délibération et le consensus. L’IA devient alors un outil pour remplacer la politique. L’administration Trump présente l’IA générative comme un remède au “gaspillage gouvernemental”. Cependant, ce qu’elle cherche à automatiser, ce n’est pas la paperasse, mais la prise de décision démocratique. Elon Musk et son département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) misent sur une illusion populaire mais fausse selon laquelle les technologies de prédiction des mots permettent de faire des déductions significatives sur le monde. Ils s’en servent pour contourner le contrôle du budget par le Congrès, qui est, selon la Constitution, l’allocation de ressources aux programmes gouvernementaux par le biais d’une politique représentative. Si parler d’un coup d’État de l’IA (AI coup) peut sembler conspirationniste ou paranoïaque, c’est pourtant banal. Contrairement aux affirmations de Musk et de ses acolytes sur le “risque existentiel”, qui envisagent que l’IA prenne le contrôle du monde par la force brute, un coup d’État de l’IA naît de décisions collectives sur la quantité de pouvoir que nous accordons aux machines. Il s’agit d’un délestage politique, qui consiste à confier le travail fastidieux consistant à remporter les débats politiques à la fausse autorité de l’analyse des machines. C’est une façon de déplacer la prise de décision collective au cœur de la politique représentative.
La distribution des rôles
Nous pouvons planter le décor en décrivant la distribution des rôles. Dans son emploi à temps partiel à la DOGE, Elon Musk joue le rôle principal. Son équipe vise à utiliser l’IA générative pour trouver des économies budgétaires, alors même qu’il éviscère la fonction publique. L’entité DOGE a déjà tenté de prendre le contrôle du système informatique du département du Trésor pour distribuer des fonds et a effectivement démantelé l’USAID. Musk espère mettre en place une “stratégie d’IA d’abord” (AI-first strategy) pour les agences gouvernementales, comme GSAi, “un chatbot d’IA générative personnalisé pour l’administration des services généraux des États-Unis”. Thomas Shedd, un ancien ingénieur de Tesla qui occupe aujourd’hui le poste de directeur des services de transformation technologique de l’administration des services généraux, est chargé de cette mission. Thomas Shedd a déclaré que “le gouvernement fédéral a besoin d’un référentiel de données centralisé” pour analyser les contrats gouvernementaux, malgré une légalité douteuse en matière de conservation des données et de protection de la vie privée. Il y a ensuite l’équipe de soutien. Il y a tout d’abord une équipe de petits joueurs qui servent d’agents de la DOGE. Ces ingénieurs, dont certains seraient âgés de 19 à 24 ans, sont arrivés dans diverses agences gouvernementales pour prendre le contrôle de systèmes informatiques sans même donner leur nom complet ni préciser leur objectif. Bien que le plus jeune d’entre eux vienne de terminer ses études secondaires, cette équipe a perturbé les réseaux des Centers for Disease Control et des Centers for Medicare and Medicaid Services, Musk refusant de discuter de l’utilisation des données par DOGE. Le 5 février, ils ont commencé à “extraire des données” sur les prestations des anciens combattants et les dossiers d’indemnisation des invalidités du ministère des anciens combattants. La liste est encore longue. Enfin, nous avons les supposés adultes. Dans le décret de Trump sur l’IA, le président demande que les systèmes d’IA soient exempts de préjugés idéologiques ou de programmes sociaux élaborés et que soient révoquées les directives qui font obstacle à l’innovation américaine en matière d’IA, un plan qui sera élaboré par le nouveau tsar de l’IA et des cryptomonnaies, le capital-risqueur David Sacks. M. Sacks sera rejoint dans ce rôle par l’architecte du projet 2025, Russell Vought, à la tête de l’Office of Management and Budget (OMB), et par l’ancien et l’actuel directeur de la technologie de l’administration Trump à la Maison-Blanche et candidat au poste de directeur de l’Office of Science and Technology Policy de la Maison-Blanche, Michael Kratsios.
Le plan
Au milieu du chaos qui règne à Washington, les entreprises de la Silicon Valley continueront à démontrer qu’elles sont la solution. Nous pouvons nous attendre à ce que l’industrie annonce une nouvelle capacité radicale pour l’IA dans un avenir proche. OpenAI pourrait à nouveau prétendre atteindre une intelligence de niveau doctoral (comme en septembre 2024 et à nouveau en janvier 2025), ou le DOGE pourrait lancer un nouveau chatbot formé à partir de données gouvernementales. Après des mois passés à ridiculiser la fonction publique pour son inaptitude et à dénoncer la politique de l’ombre des institutions de recherche universitaires, une nouvelle illusion sur la prédiction des mots émergera probablement de toute annonce de ce type. Dans cette histoire, les bénéficiaires du coup d’État de l’IA annonceront la solution parfaite aux échecs du gouvernement et à leur engagement décrié en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion (EDI) dans la science. La solution sera un “dépôt de données centralisé” relié à un chatbot et à une série de promesses.
Shedd a décrit un tel projet lors d’une réunion avec sa nouvelle équipe : « Parce qu’à mesure que nous réduisons la taille globale du gouvernement fédéral, comme vous le savez tous, il y a encore une tonne de programmes qui doivent exister, ce qui constitue une énorme opportunité pour la technologie et l’automatisation d’entrer en force, et c’est pourquoi vous êtes tous si essentiels et critiques pour cette prochaine phase… C’est le moment de construire parce que, comme je le disais, la demande de services techniques va monter en flèche. » Pour servir son objectif, toute IA générative déployée ici n’a pas besoin d’être capable de prendre des décisions ou même de faire preuve de nouvelles capacités. Elle doit simplement être considérée comme un concurrent plausible de la prise de décision humaine suffisamment longtemps pour déloger les décideurs humains existants dans la fonction publique, des travailleurs qui incarnent les valeurs et la mission de l’institution. Une fois remplacée, la connaissance humaine qui produit l’institution sera perdue. Une fois les employés licenciés, l’institution n’est plus elle-même. Trump et Musk peuvent l’adapter à n’importe quel objectif inscrit dans la requête (prompt) du chatbot, en dirigeant le type de résultats qu’il est autorisé à fournir à un utilisateur. Après cela, le système automatisé peut échouer, mais c’est une caractéristique, pas un bug (that is a feature, not a bug). Car si le système échoue, l’élite de la Silicon Valley qui l’a créé s’assurera une place dans un nouveau régime technique. Ce régime concentre le pouvoir entre les mains de ceux qui comprennent et contrôlent la maintenance, l’entretien et les mises à jour de ce système. Tout échec accélèrerait également les efforts visant à confier le travail à des sous-traitants privés. Le système ChatGPTGov d’OpenAI est un excellent exemple de système prêt à entrer en jeu. En confiant les décisions gouvernementales à des systèmes d’IA qu’ils savent pertinemment inadaptés, ces élites technologiques évitent un débat politique qu’ils perdraient probablement. Au lieu de cela, ils créent une crise informatique nationale qu’ils sont les seuls à pouvoir résoudre. Affaiblir l’opposition Alors que l’élite technologique intègre l’IA générative dans des institutions vidées de leur substance, l’administration poursuivra ses efforts pour éviscérer les institutions de recherche indépendantes. En 2023, Trump a fait campagne pour une “Université américaine”, une ressource en ligne présentant “des groupes d’étude, des mentors, des partenariats industriels et les dernières avancées en matière d’informatique”, qui “sera strictement apolitique, et il n’y aura pas de wokisme ou de djihadisme autorisé”. Trump a proposé que l’Université américaine soit financée en “taxant, en imposant des amendes et en poursuivant en justice les dotations excessives des universités privées”. Ajoutez à cela le système de mots-clés de l’administration Trump qui rejette les subventions de recherche même si elles sont tangentiellement axées sur la diversité et l’inclusion. Tout cela aura un impact sur la recherche scientifique et les finances des universités. À terme, cela créerait une crise par laquelle l’enseignement supérieur, dont les engagements en faveur de la diversité ont déjà été réduits à néant, pourrait mourir de faim. Un écosystème de recherche universitaire affaibli renforcerait le secteur privé en attirant les scientifiques dans leurs laboratoires, diminuant ainsi la supervision indépendante de la recherche.
Les listes de mots-clés signalant le rejet d’une demande de subvention par la National Science Foundation comprennent des termes liés au fait de débiaiser l’IA. Les experts savent depuis longtemps que les systèmes algorithmiques sont biaisés en faveur de la majorité parce qu’ils favorisent les échantillons statistiquement dominants. Cependant, les mots utilisés dans la recherche pour étudier et traiter les biais algorithmiques – y compris le mot “biais” – sont désormais des drapeaux rouges pour le financement. D’autres termes relatifs à l’étude des biais algorithmiques abondent, tels que l’étude des populations “sous-représentées” ou des biais “systémiques” dans les données d’entraînement. Tout cela fait partie de la promesse de Trump d’expurger les “idées radicales de gauche” sur l’IA. S’emparer du contrôle du Congrès sur les dépenses et les programmes gouvernementaux promulgués par la loi et les confier à un système automatisé serait le premier signe que le coup d’État de l’IA est terminé. Cela marquerait le passage d’une gouvernance démocratique à un automatisme technocratique, dans lequel les ingénieurs déterminent comment coopter le financement du Congrès pour atteindre les objectifs de l’exécutif. Le refus de partager la connaissance des résultats du système – en s’en remettant à une combinaison de préoccupations sécuritaires ou même commerciales et de mythes sur les réseaux neuronaux de type “boîte noire” – le mettrait à l’abri de tout examen réel de la part du Congrès. Le DOGE vise à remplacer la bureaucratie gouvernementale par une infrastructure technique. L’inversion et le démantèlement des dépendances intégrées dans l’infrastructure sont lents et difficiles, en particulier lorsque les efforts visant à étudier les biais systémiques sont interdits. Les ingrédients du “technofascisme” seront réunis.
Générer une crise
L’infrastructure défectueuse de ces agences et services gouvernementaux automatisés finira par produire un langage ou un code qui créera une crise nationale induite par l’IA. Comme aucun système d’IA n’est actuellement adapté à la tâche complexe de la gouvernance de l’État, l’échec est inévitable. Déployer ce système malgré tout est une décision humaine, et les humains devraient en être tenus pour responsables. Les concepteurs de l’IA nous ont répété à maintes reprises qu’elle représentait une menace comparable à celle de la bombe atomique. Langdon Winner a écrit un jour que les exigences infrastructurelles d’une nation dotée d’armes nucléaires “exigent qu’elle soit contrôlée par une chaîne de commandement centralisée, rigidement hiérarchisée et fermée à toutes les influences qui pourraient rendre son fonctionnement imprévisible”. Le système social interne de la bombe doit être autoritaire ; il n’y a pas d’autre solution. La bombe atomique représente un risque réel pour la vie humaine. Mais Winner met en garde contre le fait que la simple perception du risque d’une technologie peut inspirer une rigidité sociale autour de son utilisation, qui se répercute dans la société. Que se passe-t-il lorsque la “bombe atomique” est un système d’intelligence artificielle qui prétend automatiser les décisions au sein d’un gouvernement démocratique ? Les avertissements vagues et répétés de Sam Altman, d’Elon Musk et d’autres sur les dangers de l’intelligence artificielle générative ont amené le public à croire qu’une telle menace se profilait à l’horizon. Ils affirment que la combinaison de mots dans des arrangements convaincants conduira à notre anéantissement physique. Malheureusement, de nombreux législateurs croient en ce mythe. Des années de lobbying bipartisan par des groupes axés sur les “risques existentiels” de l’IA l’ont positionnée comme une menace pour la sécurité contrôlable uniquement par l’élite technique de la Silicon Valley. Cette élite est désormais prête à tirer profit de toute crise.
Étant donné que les systèmes automatisés ne peuvent pas garantir la sécurité du code, les scénarios probables incluent une violation de données au profit d’un adversaire. Dans la hâte de construire au détriment de la sécurité, les équipes pourraient déployer directement des logiciels et des plateformes écrits par l’IA. Le code généré pourrait, par exemple, mettre en œuvre des mesures de sécurité dépendant d’actifs externes ou compromis. Il peut s’agir du meilleur scénario d’échec. Parmi les autres possibilités, on peut citer une “hallucination” concernant des données sensibles ou essentielles qui pourrait avoir des effets en cascade par le biais de dépendances automatisées, avec des conséquences secondaires physiques et fatales. Comment les États-Unis pourraient-ils réagir ? L’émergence récente de DeepSeek – un large modèle de langage chinois, moins cher et plus efficace – fournit un manuel (playbook). Les hommes politiques des deux partis ont réagi à la révélation d’une IA plus abordable et moins dépendante en énergie en déclarant leur engagement envers les entreprises américaines d’IA et leur approche. Une crise offrirait une nouvelle occasion bipartisane de justifier de nouveaux investissements au nom d’une politique américaine axée sur l’IA.
La résistance algorithmique
Le coup d’État de l’IA n’est pas seulement né de l’union de Donald Trump et d’Elon Musk. Il est né de pratiques et de croyances désormais courantes chez les idéologues de la Silicon Valley, mais obscures pour la plupart des Américains. Cependant, la faiblesse de l’industrie technologique est qu’elle n’a jamais compris la complexité émotionnelle et sociale des êtres humains réels. Une grande partie de ce que je décris ci-dessus suppose un public passif, une bureaucratie complaisante et un Congrès qui ne fait rien. Cela suppose que le fait d’opérer dans une zone grise juridique est un moyen d’échapper au contrôle judiciaire. Cette tactique est bien connue dans la Silicon Valley, où l’innovation technique est de plus en plus rare, mais où l’évasion réglementaire est courante. La rapidité est essentielle à leur travail. Ils savent qu’ils ne peuvent pas créer un consensus public pour cet effort et doivent agir avant qu’il ne prenne forme. En avançant rapidement et en cassant les choses (move fast and break things), DOGE force un effondrement du système où les questions sans réponse sont résolues par des solutions technologiques. Déplacer la conversation vers la technique est une façon d’exclure les décideurs politiques et le public des décisions et de transférer ce pouvoir au code qu’ils écrivent. Le coup d’État de l’IA repose sur un cadrage d’efficacité gouvernementale. Cela crée un piège pour les représentants démocrates, où le fait de plaider pour le maintien des services publics et des fonctionnaires sera interprété comme un soutien au gaspillage de l’État. Mais c’est aussi une opportunité. L’IA atteint l’”efficacité” en supprimant des services. L’IA, comme le Big Data avant elle, peut utiliser la commodité et l’efficacité pour soutenir les revendications visant à étendre la surveillance numérique et à supprimer les processus démocratiques tout en diminuant la responsabilité. Ne tombez pas dans le piège. La participation démocratique et la politique représentative au sein du gouvernement ne sont pas du « gaspillage » (waste). Les arguments ne doivent pas non plus se concentrer sur les limites techniques de certains systèmes, car les élites technologiques ne cessent de revoir les attentes à la hausse en promettant sans cesse des améliorations exponentielles. L’argument doit être qu’aucun système informatisé ne doit remplacer la voix des électeurs. Ne demandez pas si l’on peut faire confiance à la machine. Demandez plutôt qui les contrôle.
Voici le communiqué que publie l’association AAPLX (Agir Autrement Pour La Xaintrie), sur son site internet : AAPLX.com
Bonjour à tous,
Le 31 décembre 2024, le Conseil d’État a mis un terme au pourvoi en cassation de la société Parc Eolien Corrèze 1, Eolfi Shell, en rejetant sa demande .
Cette décision met donc un point final à notre lutte contre ce projet destructeur d’implantation de machines gigantesques (au nombre de 20 au départ!) et contre lequel nous nous sommes mobilisés depuis plus de 12 ans ! au cours desquels nous n’avons pas ménagé nos efforts, et sans votre aide et votre participation ,nous n’aurions pas obtenu ce parcours SANS FAUTE!
depuis l’organisation et la participation en nombre aux réunions publiques,pour briser l’omerta
à la distribution de tracts dans les boites aux lettres ,
au porte à porte,
aux stands sur les foires et marchés,
au collage d’affiches,
à la signature des pétitions papier et en ligne,
à la création du collectif départemental contre l’éolien Corrèze,
aux rendez-vous avec les élus,
aux rencontres avec les associations de protection de l’environnement,
à la rédaction de communiqués de presse,
aux interviews radios,
à la participation massive à l’enquête publique,
à la rédaction du mémoire pour notre avocat en soutien à la décision préfectorale,
etc…
TOUT CELA FINALEMENT NOUS A DONNÉ RAISON!
Et c’est avec la même détermination qu’au premier jour de juin 2013 où nous nous sommes insurgés contre ce délire éolien que nous poursuivrons notre mission de préservation de nos lieux de vie par tous nos moyens.
À bientôt , en espérant vous retrouver pour célébrer cette victoire encourageante! Christine Guérin.
Un merci spécial à nos anciennes présidentes: Claudine Delmas, Marie Maugein et Geneviève Martignac
A voir aussi sur le site de l’association AAPLX
Si il semble que ce dossier éolien vient bien de se clore en Xaintrie, il reste encore deux auttres dossiers ouverts sur le site de l’association AAPLX :
L’historique complet en 81 étapes lié au projet de centralisation de la captation d’EAU POTABLE en Xaintrie – Cela se fait en parrallèle de l’association “Eaux Actes Citoyens” (partenaire de Citoyliens) et dont nous avons plusieurs fois parlé dans Citoyliens – à découvrir ici (cliquer)
L’historique de la suite de l’exploitation minière de l’URANIUM en Xaintrie : mines inondées, donc distillation continue dans les nappes d’une eau irradiée, puis prise de décision de déplacer ces minerais rebuts fallacieusement appelés “stériles” dans une seule mine … à suivreici (cliquez)
Un projet de la municipalité de Tulle visant à renommer plusieurs parkings de la ville suscite de vives réactions parmi les descendants de résistants et les associations mémorielles. L’initiative, qui concerne des lieux portant actuellement le nom de figures historiques de la Résistance et de la République, est perçue par certains comme une remise en question du devoir de mémoire.
Dans une lettre adressée au maire de Tulle et aux élus municipaux, plusieurs descendants de résistants expriment leur stupéfaction et leur opposition à cette décision. Ils soulignent l’importance symbolique des noms concernés et dénoncent une démarche qu’ils considèrent comme une tentative d’effacement de l’histoire locale.
Un compte rendu d’une réunion tenue le 27 janvier 2025 par des représentants associatifs et des citoyens engagés revient sur les arguments avancés par la municipalité ainsi que sur les réactions des participants. Il met en avant des réserves quant à la pertinence du changement de nom et souligne la nécessité d’une mobilisation pour préserver la mémoire des figures historiques concernées.
Dans un souci d’information, nous mettons à disposition ces documents, qui exposent les points de vue des parties prenantes sur cette question.
Lancée par Parrains et marraines des familles HARUTYUNYAN, SETTOUF ET SOUMAHORO
Garejin, Meri, Arkadi et Rada HARUTYUNYAN, Mohamed, Wahiba, Imad, Randa, Chifa et Ismaël SETTOUF, Mariam et Koro SOUMAHORO.
Ces familles sont parmi nous depuis plusieurs années en Pays de Tulle, avec l’intention sincère de s’y installer durablement. Cela se traduit notamment par la recherche d’emploi, l’apprentissage de la langue, le bénévolat au sein d’associations d’entraide, la scolarisation des enfants, l’engagement dans des activités sportives.
Les parents sont jeunes et souhaitent contribuer au bien commun, les enfants sont âgés de quelques mois à 12 ans, certains sont nés en France et d’autres ne parlent plus la langue de leur pays d’origine. Au moment où nous désespérons du vieillissement et du dépeuplement de nos territoires, elles et ils représentent une vraie chance.
Ces familles, qui ont souvent fui le danger dans leurs pays d’origine, aspirent à une intégration paisible et active, et elles respectent avec dignité les règles qui leurs sont appliquées. Malgré les difficultés, elles ont bâti petit à petit des équilibres, tissé des liens, attiré la sympathie de ceux et celles qui les fréquentent.
Pourtant, depuis quelques semaines, elles sont confrontées à des décisions brutales d’expulsion du territoire français et d’assignation à résidence, prises sans tenir compte de leurs parcours et qui risquent de les séparer ou de les soumettre à l’arbitraire.
Face à cette situation, nous, citoyen.nes de Tulle, nous nous sommes mobilisé·es pour les accompagner et les soutenir, veiller à ce que leurs droits, leur intégrité et leur humanité soient respecté·es.
Nous, parrains et marraines de ces personnes, sommes les premiers signataires de cette pétition
NOUS VOUS INVITONS A NOUS REJOINDRE POUR SOUTENIR LES FAMILLES