Le 16 OCTOBRE à 20h au cinéma le Paris à Souillac
“Fini de rire” de Jean-Baptiste Rivoire
En France, rire des puissants est devenu un sport à risque : en 30 ans, les humoristes ont été méthodiquement neutralisés, marginalisés, censurés, voire virés. Ce documentaire retrace la mécanique d’une mise au silence qui en dit long sur l’état réel de la liberté d’expression dans l’audiovisuel français.
Category: Débats
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ATTAC – projection-débat “Fini de rire”
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Appel national à MARCHES Climat PAIX Justice sociale
Samedi 26 septembre, marchons partout en France
pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale
📍 Lettre ouverte auprésident de la République
Monsieur le Président de la République,
Le 31 décembre 2022, vous demandiez dans vos vœux : « qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? ». La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt. Elle vient de brûler encore, plus fort qu’à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu’aux villages du Cher.
Qui aurait pu prédire que plus de 7 300 personnes mourraient de la canicule cet été, sans que rien ne s’arrête ?
Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d’abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ?
Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15 % et un tiers de leurs récoltes selon les productions ?
Qui aurait pu prédire que des millions d’animaux d’élevage mourraient de chaud en quelques jours, les poules d’abord, entassées sous des toits de tôle, et qu’il faudrait rouvrir les fosses d’enfouissement de 2003 ?
Qui aurait pu prédire que d’innombrables mammifères, oiseaux et insectes brûleraient vifs dans les incendies, sans qu’aucun décompte ne soit seulement tenté ?
Qui aurait pu prédire que les coupes dans les services publics laisseraient les enfants dans des écoles surchauffées, les pompiers sans moyens et les hôpitaux à découvert au moment précis où nous en avions le plus besoin ?
Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102 % de plus qu’il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l’accès aux ressources énergétiques et minières ?
Personne ne pouvait l’ignorer, parce que tout était écrit.
- Les compagnies pétrolières, elles, savaient dès 1971. Elles ont préféré payer pour qu’on en doute.
- Le GIEC (Groupe d’expertes et d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) avait prédit, depuis 1990.
- À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétitions et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d’alerter les dirigeant·es politiques. Ils et elles ont été ignoré·es.
Nous nous sommes mobilisé·es
Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat.
Un mouvement né des canicules de l’été
Après les canicules de cet été, le mouvement a été lancé, puis très vite rejoint par des citoyen·nes, des volontaires et des militant·es du climat et de l’environnement.
Huit rendez-vous à ne pas manquer
L’appel du 26 septembre s’inscrit dans un automne de mobilisation unitaire, contre les violences policières, pour l’écologie, le vivant, la paix et la justice sociale. Se mobiliser le 20 septembre contre le droit de tuer, c’est défendre la possibilité de manifester, comme se réunir devant le ministère de l’Économie le 15, de marcher le 26 et de converger le 3 octobre.
Cet appel est porté par un collectif de signataires, membres ou non d’organisations. Le site est édité par le Mouvement du 26 septembre, collectif de citoyens et citoyennes.
13
août
Grève nationale des sapeurs-pompiersToute la journée, à l’appel des neuf syndicats des services d’incendie et de secours. Conférence de presse devant le ministère de l’Intérieur, place Beauvau.
15
sept.
Pour exiger des moyens pour s’adapter et atténuer le changement climatiqueÀ Paris, de 19h30 à 21h devant le ministère de l’Économie, pour que la prochaine loi de finances marque une rupture et permette de faire réellement face à la crise climatique et ses conséquences sociales, sanitaires et environnementales. Pour que les canicules, incendies et sécheresses cessent d’abîmer nos corps de travailleurs·euses, d’élèves, de parents, de patient·es.
20 sept.
Contre le permis de tuer Partout en France, contre la présomption de légitime défense.
26 sept.
Pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale La marche nationale — objet de cet appel.
27‑29 sept.
Mobilisation nationale des sapeurs-pompiers Trois jours d’action et campement au Champ de Mars, à Paris, à l’appel de l’intersyndicale des sapeurs-pompiers professionnels et des personnels administratifs, techniques et spécialisés : pour leurs missions, leurs moyens, leur avenir, et pour la défense de la sécurité civile.
29 sept.
Grève de la fonction publique Journée de grève dans la fonction publique.
3 oct.
Convergence à Saint-Pierre-la-Garenne Devant le site de Syngenta, contre les pesticides et pour les vivant·es.
10‑11 oct.
Contre l’Omnibus pesticides Rassemblements bruyants et casserolades partout en France, contre la réforme européenne qui donnerait des approbations illimitées aux pesticides de synthèse, comme le glyphosate ou l’acétamipride.
Signez l’appel

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![Mentir en politique : notre rapport aux faits, aux images et à la démocratie [vidéo]](https://www.imagiw.fr/wp-content/uploads/2026/09/iov2wohxmv4.jpg)
Mentir en politique : notre rapport aux faits, aux images et à la démocratie [vidéo]
Le mensonge est aussi ancien que la politique. Mais que devient notre capacité à faire société lorsque les faits eux-mêmes ne constituent plus un terrain commun ?
C’est autour de cette question que Laurent Gervereau présentait son ouvrage Mentir en politique, lors d’une rencontre du cycle Histoires de passages, organisé chaque été depuis onze ans par Nuage Vert, dans les environs d’Argentat-sur-Dordogne.
Une présentation qui prolonge plusieurs décennies de recherches sur les images, les propagandes, les médias et leurs effets sur nos représentations du monde.
Le mensonge politique ne date pas d’hier
Platon, Machiavel, Jonathan Swift ou, plus récemment, Marc Bloch : la question du mensonge et de la propagande accompagne depuis longtemps la réflexion politique.
Pour ouvrir la rencontre, Laurent Gervereau présente notamment une édition française ancienne de L’Art du mensonge politique, publiée à Amsterdam en 1757.
Il montre également plusieurs objets historiques permettant de comprendre comment les signes et les images participent depuis longtemps à la construction du pouvoir, à la propagande ou, inversement, à la résistance politique.
L’une des pièces présentées reproduit ainsi le célèbre Profilo continuo de Mussolini, œuvre conçue en 1933 : un visage du dictateur visible sous tous les angles, symbole saisissant de cette volonté totalitaire d’occuper en permanence l’espace mental et visuel.
Une omniprésence qui, pour Laurent Gervereau, trouve de nouveaux équivalents dans notre époque médiatique, où certains personnages politiques apparaissent continuellement sur nos écrans et finissent par coloniser notre imaginaire.
▶️ À voir : Laurent Gervereau présente Mentir en politique, dans le cadre des Histoires de passages de Nuage Vert, capté par Citoyliens près d’Argentat-sur-Dordogne.
Travailler sur la propagande sans faire de propagande
Toute la difficulté consiste précisément à montrer ces documents sans reproduire le discours qu’ils portent.
Laurent Gervereau revient sur plusieurs travaux qu’il a menés au cours de sa carrière : la propagande sous Vichy, la guerre d’Algérie, l’histoire de l’immigration, l’affaire Dreyfus ou encore le système concentrationnaire nazi.
Son principe reste le même : travailler à partir des faits, des documents et de la recherche.
Face au négationnisme, aux instrumentalisations idéologiques ou aux affrontements de mémoires, il défend une méthode simple mais essentielle : lorsque l’on sait, on documente et on démontre ; lorsque l’on ne sait pas, on le dit.
Pour lui, c’est précisément ce travail historique et scientifique qui permet de regarder les sujets les plus difficiles sans les réduire à une guerre de récits.
Une vie à étudier les images
Cette réflexion sur le mensonge politique est aussi l’aboutissement d’un long parcours.
Entré en 1978 au Musée des Deux Guerres mondiales, devenu ensuite Musée d’Histoire contemporaine, Laurent Gervereau constate très tôt un paradoxe : les institutions conservent d’immenses collections de photographies, d’affiches et d’objets, mais les chercheurs les utilisent encore très peu comme véritables sources historiques.
Il développera progressivement une approche transdisciplinaire consacrée à l’ensemble de la production visuelle humaine.
Cette démarche donnera notamment naissance à des travaux sur le mensonge des images, les manipulations visuelles et, dès 2007, à une réflexion sur ce qu’il appelle la « guerre mondiale médiatique » : l’idée que la victoire politique ou militaire se joue aussi — et parfois surtout — dans la représentation médiatique des événements.
Un « livre forêt »
Mentir en politique rassemble 42 contributions dans un ouvrage de 534 pages.
Laurent Gervereau le décrit comme un « livre forêt » : un ouvrage dans lequel chacun peut circuler, entrer par une époque, un personnage ou une question particulière.
Le parcours commence dans les civilisations anciennes et conduit jusqu’au monde contemporain.
Il interroge les mensonges de dirigeants, les omissions, les stratégies politiques, la propagande, mais également des situations plus ambiguës : à quel moment une déclaration devient-elle véritablement un mensonge ? Quelle différence entre stratégie, dissimulation, incertitude et manipulation ?
L’objectif n’est donc pas simplement de dresser une galerie de dirigeants menteurs.
Il s’agit de réfléchir à une question beaucoup plus profonde : quelle place le mensonge occupe-t-il dans l’exercice même de la politique ?
Quand disparaît le langage commun des faits
La question devient particulièrement préoccupante lorsque le débat ne porte plus sur l’interprétation des faits, mais sur leur existence même.
Pour Laurent Gervereau, une société peut accueillir des convictions, des cultures et des modes de vie extrêmement différents.
Mais elle a besoin d’un minimum de langage commun.
Ce langage commun repose notamment sur l’acceptation des faits établis, de la recherche, et du caractère nécessairement évolutif de la connaissance scientifique.
Si cette base disparaît, sur quoi pouvons-nous encore discuter ensemble ?
Cette interrogation traverse toute la présentation et dépasse largement la seule histoire du mensonge politique.
Du planétaire au très local
La rencontre prend alors une dimension plus large.
Laurent Gervereau insiste sur la nécessité de replacer les questions politiques dans plusieurs niveaux simultanément : notre territoire immédiat, une région, un pays, un continent et, enfin, notre condition commune d’habitants d’une même planète.
Les dérèglements climatiques, la pollution de l’eau et de l’air ou l’effondrement de la biodiversité dépassent évidemment les frontières.
Mais cette conscience planétaire ne doit pas conduire à effacer le local.
Il défend au contraire l’importance du bassin de vie, de la connaissance du territoire dans lequel nous habitons et de la démocratie locale : connaître son histoire, sa faune, sa flore et conserver une capacité d’agir là où nous vivons.
Arrêter avec le business du Progrès
Lors des riches échanges avec le public qui ont duré après l’intervention, Laurent Gervereau a développé aussi sa critique de la notion de “Progrès” pour défendre partout et pour tout un “tri rétro-futuro” évolutif. Il s’agit d’un rapport différent au temps, à l’Histoire et à nos vies quotidiennes, refusant l’illusion d’”avancées” technologiques sans fin qui seraient le “Bien”.
Développée au XIXe siècle et justifiant par ailleurs les conquêtes coloniales, cette illusion du “Bonheur” individuel par la technique a montré en effet de façon terrible ses failles dans nos temps dystopiques des “retardeurs criminels”. Déjà Elisée Reclus avait forgé la notion de “régrès” en 1905.
Face à cela, avec l’esprit d’une philosophie de la relativité, le tri rétro-futuro évolutif part d’un principe simple : choisir (en évoluant) ce qu’on veut conserver, là où on veut revenir en arrière, ce qu’on veut changer par l’innovation.
Ainsi aujourd’hui l’IA et notre ubiquité constante privilégiant la vision indirecte par rapport à la vision directe (ce qu’il y a autour de nous) montrent l’urgence vitale –au sens propre– pour les humains d’une telle remise en question locale et planétaire.
Ne pas enfermer les individus
Autre idée développée au cours de la rencontre : refuser les assignations identitaires.
Laurent Gervereau préfère parler d’individuation : considérer chaque personne comme un être singulier, aux appartenances et influences multiples, capable d’évoluer.
Une manière, selon lui, de sortir progressivement de la logique des blocs qui s’opposent, des groupes qui s’enferment et des identités utilisées comme instruments de confrontation.
Car derrière le mensonge politique apparaît finalement une question encore plus vaste :
comment continuer à faire société dans un monde fragmenté, saturé d’images et d’informations, confronté à des défis qui exigent au contraire une capacité d’action collective ?
C’est probablement ce qui donne toute sa portée à Mentir en politique.
Plus qu’un ouvrage sur les manipulations des gouvernants, Laurent Gervereau le présente comme une réflexion sur la situation humaine, notre rapport aux faits et les conditions mêmes de notre vie en commun.
Ne pas enfermer les individus
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Revue de presse “feux de forêts” (article long)
Lettre hors série de Fabrice Midal
Lettre hors-série, à l’occasion des incendies qui frappent l’Europe
Frappé par la catastrophe qui s’abat sur l’Europe, j’ai décidé d’écrire ces quelques lignes à la place des trois soleils habituels – et d’abord comme une façon de dire à tous ceux qui sont dans la souffrance et l’angoisse que je suis de tout cœur avec eux.
Depuis plusieurs jours, les habitants de la Gironde (et de tous les endroits aujourd’hui touchés par les flammes) vivent avec les yeux tournés vers la forêt.
Les Canadair passent au-dessus des maisons.
Des communes sont évacuées les unes après les autres.
Des familles partent en laissant derrière elles leur maison sans savoir si elles la retrouveront.
Les pins explosent sous l’effet de la résine enflammée, des animaux traversent les routes dans la panique et, en de nombreux endroits, le ciel reste obscurci par la fumée en plein jour. Comme beaucoup d’entre vous, je me surprends à pleurer devant ces images.
Nous pleurons d’abord pour ces femmes, ces hommes, ces enfants brutalement arrachés à leur vie, pour leur désarroi, leur angoisse, pour les pompiers qui luttent sans relâche, pour les animaux pris au piège des flammes.Une part de nous-mêmes est atteinte
Mais il y a aussi une autre source de souffrance.
Une forêt qui brûle, c’est une part de nous-mêmes qui est atteinte. Une forêt n’est pas un simple décor. Elle est un lieu où nous faisons l’expérience d’une vie qui ne dépend pas de nous.
Les arbres étaient là avant notre naissance ; ils auraient dû nous survivre.
Leur présence silencieuse nous rappelait qu’il existe quelque chose de plus vaste que nos projets, nos urgences et nos écrans.
Lorsqu’une forêt disparaît, ce n’est pas seulement un paysage qui s’efface, c’est une certaine confiance dans la continuité du monde qui vacille.
C’est peut-être cela aussi qui nous bouleverse tant.
Une forêt n’est pas un objet parmi d’autres. Elle est l’une des formes les plus anciennes de la vie.
Elle nous précède, nous accueille, nous survivra peut-être. Ou du moins, nous le croyions.
La voir brûler, c’est voir vaciller cette évidence, et sentir que quelque chose de plus grand que nous est blessé.
Dans cette blessure, nous découvrons que notre cœur ne peut pas rester à distance.Quand la compassion surgit
Nous nous imaginons souvent séparés du monde vivant. Mais lorsque la forêt souffre, quelque chose souffre en nous parce que nous appartenons, elle et nous, à une même vie.
Voilà ce qu’est la compassion véritable. Elle n’a rien d’un effort moral, elle est une évidence. Elle est cette capacité profondément humaine d’être atteint par une souffrance qui n’est pas la nôtre et de découvrir, à travers nos larmes, que notre cœur est plus vaste que notre personne.
Nous croyons parfois que la compassion est un sentiment exceptionnel, réservé à quelques êtres particulièrement généreux. C’est l’inverse. Elle est ce qu’il y a de plus ordinaire en nous. Si ces incendies nous bouleversent, ce n’est pas seulement parce que nous sommes effrayés ou attristés, c’est parce qu’au plus profond de nous existe un élan irrépressible qui veut protéger la vie lorsqu’elle est menacée.
C’est pourquoi je crois que derrière nos larmes se cache un amour plus ancien que nos idées, plus profond que nos opinions.
La compassion ne consiste donc pas à ajouter un peu de bonté à notre existence. Elle est le moment où disparaît l’illusion que nous sommes des êtres séparés.
Elle nous rappelle que vivre, c’est toujours être exposé à ce qui arrive au monde.
Nous découvrons alors quelque chose d’essentiel : nous ne sommes pas seulement des êtres capables de penser ou de produire, nous sommes des êtres capables d’être atteints par ce qui arrive à plus grand que nous.
Nous passons une grande partie de notre existence à nous protéger, à nous refermer, à réduire le monde à nos préoccupations. Une forêt brûle, et tout cela vole en éclats.
Pendant un instant, nous cessons d’être le centre de notre propre histoire. Nous redevenons simplement des êtres humains.
De tout coeur – Fabrice Midal

Coup de gueule d’un forestier résistant
Tout d’abord, je voudrais apporter tout mon soutien sans réserve aux anonymes passés sous silence, qui œuvrent jour après jour au péril de leur vie, en combattant ces monstres de feux que nous avons collectivement engendrés et qui n’ont malheureusement guère la possibilité de s’exprimer !
Ce matin, la Dordogne, comme beaucoup d’autres départements je présume, se réveille sous un épais brouillard de cendres et de fumées, accompagné d’une odeur de mort, pour nous rappeler à toutes et tous, à travers ces méga feux pour certains hors de contrôle, qui ont déjà parcourus plus de 45 000 hectares à travers l’hexagone, notre responsabilité individuelle et/ou collective, concernant le changement ou le dérèglement climatique. Des phénomènes que certains ne manqueront pas de qualifier « d’exceptionnels », histoire de se déculpabiliser et de rester fidèle à l’adage selon lequel les responsables ne sont pas les coupables ! Des incendies qui brulent vifs des milliers, voire des millions d’êtres vivants parmi la faune et la flore et dont personnes ne dit mot, ce qui nous éclaire sur le regard sélectif que portent nos élites sur le vivant ! Des phénomènes climatiques qui vont, sans aucun doute possible, se banaliser pour devenir la norme, car en réalité ils ne sont rien d’autres que la réponse d’une nature meurtrie, face aux agressions et aux comportements irraisonnés et irresponsables que nous lui infligeons, pour mener à bien une politique ultra libérale qui nous est dictée par le seul profit à court terme. Une idéologie qui ne voit dans la nature qu’une ressource minière et qui considère nos forêts comme de simples usines à fabriquer du bois et nos arbres comme de vulgaires planches à billets, occultant de fait ses rôles environnementaux, sociaux et sociétaux. Ne perdons pas de vue que les Eaux et les forêts sont nos deux compagnes vie, sans elles que serions-nous ?
Les terres agricoles et les forêts, principales composantes de nos espaces naturels, sont les premières à faire les frais de nos mauvais choix politiques en termes d’aménagement du territoire et de gestion des espaces, car sous emprise des lobbies productivistes agricoles et forestiers, mais aussi des élus qui ont pris la compétence en matière d’urbanisme et d’aménagement !
• Que penser de ces coupes à blanc réalisées dans des peuplements feuillus. Sinon qu’elles sont faites pour alimenter en matière première une filière bois énergie, et qu’ensuite ces parcelles nues sont reboisées en monocultures résineuses ? Actuellement en Aquitaine plus de 80% des reboisements subventionnés, sont effectués en résineux et principalement en pins maritime ! A qui le système profite-t-il ?
• Que penser des services de l’Etat qui, dans certains départements comme la Dordogne, refusent catégoriquement d’abaisser le seuil d’autorisation des coupes de 4 à 1 hectare (notamment pour les peuplements feuillus) alors que cela permettrait de mieux les réglementer et donc de mieux les gérer ? Le rôle de l’Etat, dans une démocratie, n’est-il pas de protéger les plus faibles ?
• Que penser de cette volonté de construire en milieu naturel et notamment en forêt, au mépris des règles élémentaires de sécurité comme l’obligations de débroussaillement ou de la réglementation en matière de défrichement comme l’autorisation préalable obligatoire pour l’obtention des permis de construire ? Il ne suffit pas de les annoncer, encore faut-il les appliquer !
• Que penser des remembrements forestiers et des créations de réseaux DFCI, présentés comme une avancé sécuritaire, quand on sait qu’en forêts privées, ils servent principalement les intérêts de la filière, en regroupant les parcelles, en ouvrant les massifs et en permettant une meilleure accessibilité aux engins au plus profond des bois ?
Autant d’exemples parmi tant d’autres qui montrent la complexité du problème et cette envie de dérèglementer ou de détricoter les acquis afin de satisfaire aux demandes d’une minorité au service de l’intérêt privé et ce au détriment de l’intérêt général et du bien commun. Un lien de causalité selon lequel tout évènement a une origine et qui part du principe que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Une politique qui, à n’en pas douter, met gravement en péril l’humanité !


Podcast France Culture
Près de 98 000 hectares partis en fumée depuis le début de l’année, un niveau inédit : ce week-end, les flammes ont menacé la métropole bordelaise et près de 200 000 personnes ont été évacuées. Des incendies que le changement climatique rend toujours plus violents — et auxquels nos choix collectifs nous ont laissés désarmés : une forêt plantée par l’État, des villes gagnées sur les pins, et des politiques environnementales incapables de tenir la durée, quand tout ici se joue sur le temps long.
Pour en parler, Bérengère Bonte reçoit Philippe Grandcolas, écologue, directeur adjoint scientifique national pour l’écologie et l’environnement au CNRS, auteur de La biodiversité en 30 questions paru en mai à la Documentation française, et Christine Bouisset, géographe, professeure à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, spécialiste des questions environnementales, territoriales et de gestion des risques d’incendies.
Un dérèglement climatique qui aggrave tous les risques
Le dérèglement climatique transforme profondément le risque d’incendie en France. Philippe Grandcolas rappelle que si “90% des incendies sont causés par des humains incendiaires ou pyromanes”, cette réalité ne doit pas occulter le rôle du climat : “sans dérèglement climatique, il y aurait des risques de feux qui seraient infiniment moins forts”. Il détaille les effets physiologiques de la canicule sur la végétation : “la colonne d’eau dans le sol, présente sur plusieurs dizaines de centimètres de profondeur, disparaît” jusqu’à créer “des phénomènes de mortalité” des plantes dont le fonctionnement n’est plus “compatible” avec les températures. Il insiste particulièrement sur l’inflammabilité des pins, capables de “se mettre à flamber de la tête au pied en un temps extraordinairement court”.
Christine Bouisset pointe la responsabilité de l’établissement humain dans les incendies. Elle explique que l’urbanisation a été “extrêmement forte” entre “Bordeaux et le bassin d’Arcachon”, causant une “imbrication” entre les zones habitées et les forêts. Elle rappelle, par ailleurs, que les deux tiers des incendies sont causés par “des activités du quotidien” et dresse le constat que plus les populations sont installées à proximité des forêts, plus il y a de départ de feu.
Un recul des politiques climatiques depuis 20 ans
En écho à un extrait d’archive de 2007 où Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’écologie, présentait le Grenelle de l’environnement, Philippe Grandcolas dresse un constat amer : le ministère de la Transition écologique “n’est plus le deuxième ministère” et a été “rétrogradé très loin derrière”, ayant perdu certaines de ses compétences comme l’énergie. Il dénonce également des choix politiques récents contraires à la prévention, citant la loi d’urgence agricole qui va “contre les comités de bassin pour la gestion de l’eau”. Pour lui, une bonne gouvernance doit être “le compromis et la prévision”. Il appelle à gérer la production agricole et énergétique, ainsi que la question de l’habitat en “relation avec l’environnement”.
Pour Christine Bouisset, l’absence de planification révèle avant tout un manque de volonté : “Les grandes solutions sont connues. La question est celle de la volonté politique, mais aussi sociale, de les mettre en œuvre.” Elle constate qu’en période de catastrophe, notamment lors des incendies, des questions pourtant secondaires finissent par occulter les véritables enjeux de fond. Elle donne l’exemple des Canadair qui ne permettent pas d’agir directement sur notre rapport à l’environnement.
La forêt n’est pas que du bois
Incendies, sécheresses, dépérissements, coupes rases : une proposition de loi ouvre une voie salutaire pour sortir du productivisme forestier. Il faut la soutenir, mais aussi prolonger sa logique pour construire une véritable planification écosocialiste de la forêt et du bois.
La forêt française est un bien commun menacé.
Elle l’est par le dérèglement climatique, les sécheresses, les parasites, les tempêtes et des incendies qui gagnent désormais des territoires jusque-là relativement épargnés. Mais elle est aussi fragilisée par un modèle économique qui la réduit trop souvent à un stock de bois, une réserve de biomasse ou un actif financier dont il faudrait accélérer la rentabilité.
Nous lui demandons pourtant de stocker du carbone, de retenir l’eau, de protéger les sols, d’abriter la biodiversité et de fournir des matériaux durables, au moment même où le dérèglement climatique et certaines pratiques industrielles diminuent sa capacité à le faire.
L’été 2026 donne la mesure de l’urgence. Au 23 juillet, environ 46 000 hectares avaient déjà brûlé en France, davantage que durant toute l’année 2025. Près de 5 000 hectares ont été parcourus par les flammes dans les Pyrénées-Orientales, plus de 2 000 à Fontainebleau et 2 400 autour du bassin d’Arcachon, tandis que des dizaines de milliers de personnes étaient évacuées. Le risque ne se limite plus au pourtour méditerranéen : il gagne les montagnes et le bassin parisien.
Un incendie peut naître d’un mégot, d’un engin, de la foudre ou d’un acte criminel. Mais les températures extrêmes, la sécheresse de la végétation, la faiblesse de l’humidité et les vents transforment de plus en plus souvent l’étincelle en catastrophe territoriale.
Une proposition de loi qui rompt avec le productivisme forestier
C’est dans ce contexte qu’a été déposée la “proposition de loi portant modification de la politique forestière pour répondre aux enjeux d’adaptation des forêts au changement climatique.”
Ce texte va franchement dans le bon sens.
Il prévoit la création d’un fonds national d’adaptation des forêts au risque d’incendie. Celui-ci financerait les moyens terrestres et aériens, l’équipement des services d’incendie et de secours, mais aussi la prévention : pistes, points d’eau, coupures de combustible, sylvo-pastoralisme, adaptation des peuplements et formation. Face à des feux plus nombreux et plus intenses, il ne suffit pas d’intervenir une fois les flammes parties : il faut préparer les territoires toute l’année.
Le texte fixe aussi l’objectif de développer une sylviculture mélangée préservant la continuité du couvert sur 30 % des forêts en 2030 et 70 % en 2050. Les pratiques favorisant la diversité, le couvert continu et la restauration des peuplements pourraient être rémunérées.
(lire la suite sur le site d’origine)



Le 1er juillet, le Parlement a approuvé la loi de programmation militaire qui dote les armées d’un budget de 436 milliards d’euros pour la période 2024-2030, soit une rallonge de 36 milliards.
Alors que des incendies monstrueux font rage, dopés par la sécheresse et les canicules qu’attise le réchauffement climatique, la France ne peut compter que sur cinq pauvres Canadairs opérationnels, sur les douze qu’elle possède.
C’est une honte. De brasiers en brasiers, où sont l’anticipation, la préparation ? Quels sont ces gouvernements qui, de crise en crise, ne savent jamais rien prévoir, ne connaissent que l’improvisation, les coups de com et les effets d’annonce jamais suivis d’effets ?
Le budget total des SDIS – 6,2 milliards d’euros pour l’ensemble des Services départementaux d’incendie et de secours – est essentiellement supporté par des départements et des communes financièrement lessivés par le désengagement de l’Etat dans tous les domaines. Les effectifs de sapeurs pompiers stagnent, malgré la multiplication des missions héroïquement assumées par des troupes épuisées.
Quant à l’Office national des forêts, dont le rôle est essentiel pour préserver les espaces boisés dans un contexte de désordres climatiques et pour œuvrer à leur adaptation, ses effectifs ont connu une chute vertigineuse, de 12 500 agents au début des années 2000 à environ 8 000 aujourd’hui, avec un budget en forte tension. Au point que même la Cour des comptes s’en alarme : « Les moyens humains de l’établissement apparaissent désormais insuffisants pour répondre aux missions croissantes qui lui sont assignées. »
Le choix d’investir massivement dans la guerre et dans la mort plutôt que dans la préservation du vivant et dans l’adaptation au chaos climatique est irrationnel et criminel.
Renverser l’ordre des priorités est désormais une question de survie.
Entre les années 1990 et 2000 de nombreux chercheurs Américains et Canadiens, mais pas seulement puisque le CNRS et le GIEC ont prédit les grands incendies de forêt

liées au dérèglement climatique.Ils ont produit des analyses documentées sur l’évolution de ces catastrophes et comment la ralentir voire l’éviter.
Il y a presque 40 ans !
Ils ont alors remis leurs travaux aux politiques de tous pays.
On connaît la suite…
Mais quel gâchis, quelle irresponsabilité !
La flotte en France de Canadairs spécialisés c’est 12 avions en service. Qui ont 30 ans de moyenne d’âge. Une vétusté qui rend leur disponibilité incertaine.
“Sur les douze Canadair que la France possède, nous n’en avons que cinq disponibles, c’est juste scandaleux”, déplore sur franceinfo samedi 25 juillet Grégory Prats, commandant de bord Canadair et chef de noria (nom donné à un groupement de Canadair).
“L’industriel privé qui s’occupe de la maintenance n’arrive pas à suivre le rythme, les pièces détachées n’arrivent pas en temps et en heure” pour réparer les avions Canadair qui ne peuvent pas être actuellement utilisés par les sapeurs-pompiers.
« On a perdu 1 000 camions-citernes contre les feux de forêt en 16 ans »
Interview de Sébastien Delavoux, animateur du collectif CGT des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS).











https://petitions.bloomassociation.org/fr/loi-urgence-climatique


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Renommer les bourgs de Corrèze : action anti-pesticides
(voir article original ICI)
Dans la nuit de mardi à mercredi, des militants écologistes d’Extinction Rébellion Corrèze ont mené une action symbolique dans le secteur de Lubersac, en Corrèze. Leur objectif : dénoncer l’usage encore massif des pesticides de synthèse dans l’arboriculture limousine, en particulier chez certains pomiculteurs, ainsi que la proposition de loi dite « Duplomb ».
Plusieurs panneaux d’entrée de communes ont été détournés ou rebaptisés. Lubersac est ainsi devenu « Lubayersac », tandis qu’Arnac-Pompadour a été renommée « Monsantour ». Des affiches ont également été collées dans plusieurs communes, notamment à Lubersac, Juillac et Pompadour.
Par cette action, le collectif entend alerter sur les risques liés aux pesticides et rappeler que, malgré les engagements déjà pris par la filière, les efforts restent selon lui très insuffisants. Les pomiculteurs limousins avaient signé en 2017 une charte de bonnes pratiques visant à encadrer l’usage des produits phytosanitaires. Une avancée reconnue par certains militants, mais jugée très largement insuffisante face à l’ampleur des enjeux sanitaires et environnementaux.
« C’est toujours un pas de plus dans le bon sens, mais c’est une goutte d’eau dans un océan face à l’effort qu’il faudrait faire », estime l’un des militants interrogés.
Extinction Rébellion réclame une réduction beaucoup plus forte de l’usage des pesticides, voire leur interdiction, accompagnée d’un véritable soutien aux agriculteurs pour engager une transition vers d’autres pratiques agricoles.
Les militants dénoncent également la proposition de loi « Duplomb », qui cristallise de fortes inquiétudes dans les milieux écologistes. Selon eux, ce texte pourrait ouvrir la voie à un recul des protections environnementales, notamment en matière d’usage de certains pesticides issus de la pétrochimie. Ils regrettent aussi que le sujet n’ait pas fait l’objet d’un débat démocratique suffisant.
« On n’a pas demandé aux gens s’ils étaient d’accord pour que l’on réintroduise des pesticides. Nous demandons plutôt une aide aux agriculteurs pour réduire, voire éliminer, leur usage », explique un autre militant.
À travers cette action nocturne, Extinction Rébellion Corrèze souhaite donc remettre la question des pesticides au cœur du débat public local, dans un territoire où l’arboriculture occupe une place importante, mais où les inquiétudes sur la santé, l’eau, les sols et la biodiversité demeurent fortes.
La commune d’Arnac-Pompadour a été renommée “Monsantour” par Extinction Rébellion. – Extinction Rébellion Extinction Rébellion estime que les pomiculteurs limousins utilisent encore trop de pesticides malgré la charte de bonne conduite signée en 2017. – Extinction Rébellion Les militants écologistes d’Extinction Rébellion en Corrèze ont dénoncé, dans la nuit de mardi à mercredi, l’usage des pesticides en Limousin. – Extinction Rébellion Corrèze -

Ciné-débat Attac 46 – “Pilleurs de terre” de Fanny Paloma
Ce 19 JUIN à 20h au cinéma le Paris à Souillac
“Pilleurs de terre” : enquête de Fanny Paloma sur l’accaparement des terres par des filiales du groupe Bolloré au Cambdoge, au Cameroun et en France ; elle suit les communautés autochtones qui luttent contre cette domination, interrogeant notre rapport à la terre et à la mémoire.
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Avenir du cinéma de Souillac
La question de l’avenir du cinéma se pose … ainsi, à l’appel de citoyen.ne.s mobilisé.e.s pour sa sauvegarde, une réunion publique d’information transparente et de discution constructive sur le sujet est prévue ce 9 JUIN à 18h30 au cinéma “Le Paris”, à Souillac. Soulignons que l’échange se fera en toute neutralité non-partisane (au regard de l’annulation électorale et du futur scrutin qui en résultera).
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![Forets françaises, coupes rases et politique énergétique biomasse [conférence / vidéo]](https://www.imagiw.fr/wp-content/uploads/2026/06/4cuqrzyksb0.jpg)
Forets françaises, coupes rases et politique énergétique biomasse [conférence / vidéo]
Soirée projection-débat à Chenailler-Mascheix : après un film d’alerte sur les coupes rases, l’ancien secrétaire général de l’ONF Jacques Descargues a décrit le basculement de nos forêts vers la « biomasse-carburant ». Compte rendu.
On les voit s’ouvrir dans le paysage depuis quelques années, sur les hauteurs du haut Limousin puis, désormais, jusqu’autour de Chenailler-Mascheix : les coupes rases. Cette pratique, qui consiste à abattre la totalité des arbres d’une parcelle d’un seul coup, était au cœur de la soirée organisée localement, autour d’un film réalisé par le réseau de la forêt limousine et l’association Carduelis, avec le soutien de l’association Canopée. Devant une salle bien remplie, l’invité avait de quoi parler en connaissance de cause : Jacques Descargues (ancien maire de Beaulieu sur Dordogne) a dirigé l’Office national des forêts comme secrétaire général pendant près de vingt ans, avant de rejoindre les rangs des collectifs qui défendent aujourd’hui les forêts au pays basque en particulier.
Son constat tient en une phrase : la forêt change de statut. Longtemps exploitée pour le bois de construction, le papier ou le chauffage domestique, elle est désormais regardée comme un gisement de carbone à extraire pour remplacer le pétrole et le gaz. « Dans les arbres, il y a du carbone, donc il suffit de l’extraire », résume-t-il pour décrire la logique à l’œuvre — qu’il juge à la fois simpliste et lourde de conséquences.
Des chiffres qui interpellent
En France, rappelle Jacques Descargues, les coupes rases représentent 50 à 60 000 hectares par an, soit déjà environ un dixième de l’exploitation réelle des bois. Or chaque hectare rasé libère environ 80 tonnes de carbone ; et lorsqu’on dessouche et travaille le sol pour replanter, on en relâche le double, le carbone étant davantage stocké dans le sol que dans les arbres eux-mêmes. À cela s’ajoutent la destruction brutale de la biodiversité — y compris, déplore-t-il, en pleine période de nidification — l’érosion des sols sur les pentes et la dégradation des paysages.
Le tableau est d’autant plus préoccupant que la forêt est elle-même fragilisée. L’intervenant cite l’effondrement récent du « puits de carbone » forestier français et une mortalité des arbres en forte hausse : les forêts, pourtant parmi les écosystèmes les plus résilients de la planète, ne parviennent pas à s’adapter à la vitesse du réchauffement climatique. Certaines régions sont déjà passées en bilan carbone négatif — leurs forêts émettent davantage de CO₂ qu’elles n’en captent — alors même que la politique nationale compte sur elles pour atteindre la neutralité carbone.
Du chauffage… au kérosène
Pourquoi ces coupes, alors ? D’abord, observe Descargues, parce qu’il n’y a presque plus de bûcherons : faute de main-d’œuvre, on exploite à la machine, et ces engins « ne font pas dans la dentelle ». Ensuite parce que la demande explose. Au chauffage par granulés industriels s’ajoutent désormais des usages inédits : carburant pour l’aviation, éthanol pour la route, charbon de bois industriel pour la sidérurgie ou les revêtements routiers.
Le territoire est directement concerné. À Guéret, en Creuse, le projet d’usine de granulés Biosyl prévoit de produire 85 000 tonnes de pellets — au prix, redoutent ses opposants, d’un prélèvement massif de feuillus. Plus au sud, dans les Pyrénées-Atlantiques où l’ancien forestier s’est aussi engagé, plusieurs projets industriels s’additionnent : E-CHO et son usine BioTjet à Lacq (bio-kérosène, 2 milliards d’euros), le projet Nacre (éthanol produit à l’aide de champignons et de levures génétiquement modifiés) et un projet de biochar à Garlin. Au total, plusieurs centaines de milliers de tonnes de bois par an seraient nécessaires.
Une politique nationale assumée
Ce n’est pas un hasard de calendrier, souligne Jacques Descargues : la Programmation pluriannuelle de l’énergie et la Stratégie nationale bas-carbone font explicitement de la biomasse forestière un pilier de la substitution aux énergies fossiles. Juridiquement, la forêt y est traitée comme une énergie renouvelable — alors que, rappelle-t-il, replacer dans le sol le carbone d’un arbre coupé demande plusieurs décennies. Brûler du bois aujourd’hui pour « décarboner » à l’horizon 2050 relève donc, à ses yeux, d’une contradiction de fond.
D’où son appel, en conclusion : face à un rapport de force très déséquilibré au niveau local, la mobilisation doit aussi se construire à l’échelle nationale. Les collectifs préparent une grande manifestation à Paris à l’automne, dans l’espoir de faire émerger ces enjeux dans le débat public.
Une chose est sûre, prévient-il : « les coupes rases ne font que commencer. » Raison de plus, pour les habitants de notre territoire qui les voient s’ouvrir sous leurs fenêtres, de s’informer et de prendre part au débat.
Questions réponses, échanges avec le public
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Projet de loi “programmation militaire” et communiqué intersyndical
LETTRE OUVERTE CGT 19, FO Corrèze, FSU Corrèze, Solidaires Corrèze
Monsieur le Préfet de la Corrèze, Madame et Monsieur les Députés de la Corrèze, Messieurs les Sénateurs de la Corrèze,
Le projet de loi d’actualisation de la LPM 2024-2030 a été adopté le mardi 19 mai par l’Assemblée nationale. Le texte doit être examiné au Sénat début juin. S’il parvenait à être voté par le Parlement, la LPM initiale à 413,3 milliards d’euros, montant jamais égalé, augmenterait encore de 36 milliards d’euros et installerait un régime d’exception au gouvernement qui agirait, par décret, de manière profonde et injuste sur les droits des travailleurs, et au-delà sur l’ensemble de nos concitoyens, sans passer par le débat parlementaire. Cette perspective d’« état d’alerte de sécurité nationale » nous est insupportable. Il est, au contraire, urgent de garantir une transparence totale sur ces sujets sensibles.
Depuis la déclaration d’économie de guerre prononcée par le Président Macron, tout s’organise dans notre pays pour se mettre en capacité de produire plus d’armements. Augmenter les cadences de production, forcément au détriment de la qualité et des conditions de travail, pour fabriquer des munitions destinées à l’export ne peut que nous alerter. Le régime d’exception permettrait de déroger, non seulement à la séparation des pouvoirs, mais aussi aux règles sur le temps de travail, sur la sécurité au travail, sur l’environnement, …
La défense de notre pays, détenteur de l’arme de dissuasion nucléaire, ne nécessite pas d’acheter aux industriels plus d’armements. En revanche, les besoins sont bien réels et immédiats dans l’ensemble de nos services publics comme, entre autres :
- à l’hôpital public où la mobilisation actuelle au CH d’Ussel en est une preuve flagrante,
- dans l’éducation nationale qui voit arriver une certaine militarisation de la jeunesse avec, à titre d’exemple, la multiplication des « classes défense » dans les collèges de notre département mais aussi avec le service militaire volontaire et, plus récemment, les journées portes ouvertes en régiment d’infanterie.
Pour nos organisations, il est inacceptable qu’un tel projet de loi d’« état d’urgence » puisse voir le jour en réduisant les droits sociaux, environnementaux et en privant, de fait, de moyens importants pour la population. Les droits des travailleurs pour qui seuls comptent le pain, la paix et la liberté, ne sont pas une variable à sacrifier sur l’autel de l’économie de guerre.
Nous demandons au représentant de l’État que ce projet de loi soit immédiatement retiré par le gouvernement et aux parlementaires de notre département que ce projet de loi ne soit pas adopté.
Tulle, le 26 mai 2026

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Aubazine : une pétition contre un projet d’élevage intensif de 400 veaux
Un collectif d’habitants d’Aubazine a lancé une pétition pour s’opposer à un projet d’élevage intensif de veaux, prévu à proximité du lieu-dit Pauliac. Le bâtiment agricole envisagé — 1 477 m² — accueillerait quelque 400 veaux élevés en bâtiment fermé, sans accès extérieur, à environ 100 mètres de la première habitation. Les animaux, nés dans l’Union européenne, seraient acheminés par camions pour une phase d’engraissement de quatre mois avant transfert vers des abattoirs.
Le collectif pointe plusieurs sources d’inquiétude : nuisances olfactives et sonores pour les plus de trente habitations situées à moins de 500 mètres, augmentation du trafic poids lourds sur des voies communales passant notamment à proximité d’une école, risques pour une source alimentant un cours d’eau présente sur le terrain, et atteinte au patrimoine — le Cromlech du Puy de Pauliat, classé monument historique depuis 1889, se trouve à 350 mètres du site.
Les signataires demandent le refus du permis de construire actuellement en instruction, la réalisation d’une étude d’impact indépendante rendue publique, et l’organisation d’une réunion de concertation avec les riverains. Ils tiennent à distinguer leur démarche d’une opposition à l’agriculture en général : le texte affirme explicitement le soutien aux exploitations locales à taille humaine, respectueuses du territoire et du bien-être animal.
La demande de permis de construire est consultable sur le site de la commune d’Aubazine. Les informations relayées ici sont issues d’échanges avec la mairie et d’éléments disponibles à ce jour, susceptibles d’être précisées dans le cadre des procédures officielles.
👉 Signer la pétition sur OpenPetition
