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  • Parcours Entrepreneurial OS ELLES Tulle – Pépinière Initio 2026

    Parcours Entrepreneurial OS ELLES Tulle – Pépinière Initio 2026

    Après le succès de ses deux premières promotions, la Pépinière d’Entreprises Initio relance son parcours d’éclosion OS’ELLES. Mené en partenariat avec France Travail, Tulle agglo, le Conseil Départemental de la Corrèze, la Préfecture de la Corrèze et la Région Nouvelle-Aquitaine, ce dispositif sur mesure vient enrichir l’offre d’accompagnement à la création d’entreprise déjà présente sur le territoire.

    Sortir de l’isolement et accélérer son activité

    Pour de nombreuses créatrices, la phase de démarrage s’avère souvent délicate. OS’ELLES a été pensé pour apporter le coup de pouce décisif nécessaire au franchissement de ce cap. Le parcours s’adresse à une promotion fermée de 8 femmes :

    • Porteuses de projet (demandeuses d’emploi ou non) ayant validé la faisabilité de leur idée et cherchant à structurer la viabilité économique de leur future entreprise (étape de pré-lancement ou de lancement).
    • Jeunes entrepreneures immatriculées depuis moins de trois ans qui peinent à décoller et ont besoin d’un cadre structurant pour consolider leur activité.

    Au-delà de la méthode, les retours des participantes des éditions précédentes mettent en avant de véritables bénéfices humains et professionnels : gain de confiance en soi, clarification de l’offre commerciale, montée en compétences et découverte fine du tissu économique local. Pour les femmes nouvellement installées en Corrèze, le programme agit comme un formidable accélérateur d’intégration, tout en offrant à chacune un réseau de soutien précieux pour rompre l’isolement quotidien de la cheffe d’entreprise.

    Un accompagnement complet sur 8 mois

    Le programme s’articule autour d’un parcours d’éclosion collectif et individuel conçu pour lever les freins et passer à l’action :

    • Un suivi individuel : des séances de coaching personnalisées pour sécuriser le projet et valoriser les atouts de chaque participante.
    • Des ateliers thématiques : des modules axés sur le développement personnel et la démarche commerciale pour gagner en aisance et en efficacité sur le terrain.
    • Des Work Cafés et temps d’intelligence collective : des rencontres régulières d’idéation pour partager les problématiques du quotidien, débloquer des situations complexes et co-construire des solutions.
    • Une mise en réseau : des opportunités d’échange avec les acteurs économiques de la région pour bâtir un réseau solide et durable.

    Modalités pratiques et candidatures

    L’accompagnement se déroulera tous les lundis matin (hors périodes de vacances scolaires), du 12 octobre 2026 au 7 juin 2027, au sein de la Pépinière d’Entreprises Initio à Tulle. L’aventure débutera officiellement le lundi 12 octobre à 9h autour d’un petit-déjeuner de lancement.

    Les sélections s’appuient sur l’étude de la posture entrepreneuriale, la recherche de pérennité du modèle économique ainsi que la disponibilité et l’engagement actif des candidates dans la dynamique de groupe.

    Le dossier est à compléter en ligne via le formulaire dédié avant le dimanche 13 septembre 2026 à minuit.

    Renseignements : Ghislaine Brette — 05 55 20 87 00 / g.brette@initio-tulle.fr

  • NOUVEAUTÉ Adhérents / Bénévoles Citoyliens : le coup de coeur du mois

    NOUVEAUTÉ Adhérents / Bénévoles Citoyliens : le coup de coeur du mois

    En Corrèze, et même rien que sur Citoyliens, il se passe beaucoup de choses : rencontres, conférences, ateliers, projections, fêtes associatives, chantiers, débats, initiatives écologiques ou solidaires…

    les indices de CHANGEMENT émergent autour de nous … dispersés dans les réseaux …

    Le problème, c’est qu’on peut facilement passer à côté d’un événement vraiment important. Un rendez-vous rare, inspirant, utile, parfois décisif… que l’on aurait aimé connaître à temps.

    C’est pourquoi nous lançons une nouveauté réservée aux adhérents et bénévoles de Citoyliens :

    Chaque mois, nous vous enverrons directement par email notre événement — ou nos événements — COUP DE CŒUR DU MOIS.

    Ce message sera envoyé séparément de l’infolettre générale.

    L’idée n’est pas de vous envoyer davantage d’informations. Au contraire : il s’agit de faire le tri pour vous et de vous signaler quelques rendez-vous que l’équipe Citoyliens estime particulièrement intéressants, porteurs de sens, conviviaux ou importants à vivre.

    Adhérer ou devenir bénévole, c’est donc aussi connaître “THE événement(s)” du mois et avoir la chance de pouvoir les vivre.

    Et cela commence dès cette semaine.

    Pourquoi adhérer ?

    Adhérer à Citoyliens, c’est soutenir concrètement une plateforme associative locale, indépendante, sans publicité, qui permet aux associations et porteurs d’initiatives de rendre leurs actions visibles auprès du public.

    C’est aussi rejoindre celles et ceux qui pensent qu’une meilleure circulation de l’information locale peut produire davantage de rencontres, d’entraide et d’action collective.

    Et si vous préférez donner un peu de temps ?

    Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de disponibilité ni de compétences particulières pour être utile.

    Le bénévolat peut être très simple : déposer quelques flyers ou cartes Citoyliens dans un café, une bibliothèque, un commerce, un tiers-lieu ou une association près de chez vous est déjà un vrai coup de main. Quelques minutes peuvent permettre à de nouvelles personnes de découvrir des dizaines d’initiatives locales.

    On peut aussi aider ponctuellement pour les rencontres publiques, la diffusion, les photos, les vidéos, l’informatique, la rédaction ou simplement nous donner un relais dans son village ou son quartier.

    Chaque petit geste compte lorsqu’il permet de créer une connexion qui n’existait pas encore.

    Merci à toutes celles et ceux qui font déjà vivre Citoyliens — par leur adhésion, leur temps, leurs relais ou simplement leur confiance.

    FOOTER infolettre adherents benevoles Citoyliens
  • Habitat léger : Désobéissance Fertile obtient le droit de rester sur ses terres [vidéo]

    Habitat léger : Désobéissance Fertile obtient le droit de rester sur ses terres [vidéo]

    À Marval, en Haute-Vienne, Jonathan Attias, Caroline Perez et les habitants du Croissant Fertile expérimentent depuis plusieurs années des formes d’habitat léger, écologique et réversible. Poursuivis devant le tribunal correctionnel de Limoges, ils avaient décidé de faire de leur procès un combat public pour le droit d’habiter autrement. La décision obtenue ne crée pas la jurisprudence écologique qu’ils espéraient. Mais elle leur permet de rester sur leurs terres.

    Leur démarche est volontairement publique et Citoyliens les suit depuis leur arrivée en Corrèze en 2019, et leur prise de contact avec notre plateforme d’info associative ((voir tous les articles).

    Désobéissance Fertile ne cherche pas simplement à construire quelques habitats légers à l’abri des regards. Le mouvement porte une question politique et juridique : comment permettre à des personnes de vivre sur un territoire en réduisant fortement leur empreinte sur les sols, alors que le droit de l’urbanisme reste principalement construit autour de l’habitat conventionnel ?

    Au Croissant Fertile, à Marval, plusieurs formes d’habitats légers, démontables ou réversibles ont ainsi été expérimentées.

    En 2024, la mairie de Marval a dressé un procès-verbal concernant certains de ces habitats. Après des auditions en gendarmerie, l’affaire a conduit les habitants devant le tribunal correctionnel de Limoges le 1er juillet 2026.

    Une stratégie assumée : aller devant la justice

    Jonathan Attias et Caroline Perez n’ont jamais caché leur démarche.

    Ils souhaitent au contraire provoquer un débat public et faire évoluer progressivement le cadre juridique applicable à ces nouvelles façons d’habiter.

    L’un des arguments développés lors du procès consistait à demander la reconnaissance d’un état de nécessité écologique : face aux dérèglements climatiques, à l’artificialisation des sols, aux difficultés d’accès au logement et à l’effondrement de la biodiversité, certaines formes d’habitat plus sobres devraient selon eux pouvoir bénéficier d’une reconnaissance juridique nouvelle.

    Sur ce point, ils n’ont pas obtenu la décision historique qu’ils espéraient.

    Jonathan Attias le dit lui-même dans la première vidéo :

    il n’y a pas, à ce stade, de nouvelle jurisprudence reconnaissant un état de nécessité écologique permettant de s’affranchir des règles d’urbanisme.

    Une amende… mais pas de remise en état

    La décision prend cependant une tournure très différente de celle qu’ils redoutaient.

    Selon le récit qu’en fait Désobéissance Fertile, une amende de 600 € est prononcée, mais le tribunal n’ordonne pas la remise en état du terrain.

    Les habitants peuvent donc continuer à y vivre.

    Jonathan Attias explique que la décision s’appuie notamment sur la protection de la vie privée et familiale, principe protégé par la Convention européenne des droits de l’homme.

    Il résume ainsi leur lecture du jugement :

    « En fait, on a le droit de vivre sur nos terres. »

    La formule est volontairement forte. Elle exprime l’interprétation politique et juridique que Désobéissance Fertile fait de cette décision ; elle ne signifie évidemment pas que toute installation d’un habitat sur n’importe quel terrain devient automatiquement autorisée en France.

    Une victoire, mais pas encore la jurisprudence recherchée

    C’est précisément ce qui rend leur réaction intéressante.

    Désobéissance Fertile ne présente pas le jugement comme une victoire juridique totale.

    Le mouvement espérait obtenir une décision susceptible d’être utilisée beaucoup plus largement pour reconnaître la nécessité écologique de certaines formes d’habitat.

    Ce n’est pas encore le cas.

    Mais pour Jonathan Attias, le fait qu’une juridiction puisse sanctionner l’infraction tout en refusant de contraindre les habitants à partir constitue malgré tout un signal important.

    C’est aussi une invitation adressée aux personnes confrontées à des situations comparables : connaître leurs droits, constituer leurs dossiers et utiliser les voies juridiques plutôt que considérer d’avance leur situation comme perdue.

    Une question qui dépasse largement quelques yourtes

    L’intérêt de cette affaire dépasse le Croissant Fertile.

    La France cherche simultanément à :

    • réduire l’artificialisation des sols ;
    • diminuer les consommations énergétiques ;
    • répondre à une crise persistante du logement ;
    • développer des modes de construction plus sobres ;
    • préserver les terres agricoles et les écosystèmes.

    Dans le même temps, les personnes qui expérimentent des habitats très légers ou réversibles rencontrent encore régulièrement des cadres administratifs conçus pour d’autres formes de construction.

    C’est cette contradiction que Désobéissance Fertile a choisi de rendre visible.

    Et de porter jusque devant les tribunaux.

    Témoignages vidéos de sortie de tribunal

    Dans les deux vidéos ci-dessous, Jonathan Attias revient directement sur le jugement, sur ses limites et sur les raisons pour lesquelles Désobéissance Fertile souhaite poursuivre son combat juridique.

    La première est une réaction à chaud et politique.

    La seconde précise davantage leur lecture juridique de la décision et notamment la question du respect de la vie privée et familiale.

    Citoyliens relaie ces vidéos — il ne se les approprie pas

    Ces vidéos sont publiées sur Citoyliens avec l’accord de Désobéissance Fertile.

    Pour permettre leur intégration sur notre plateforme publique et leur consultation par des personnes ne disposant pas de compte sur les réseaux sociaux, une copie a été placée sur YouTube en mode non répertorié.

    Elle n’a donc pas vocation à concurrencer leurs publications originales ni à capter leur audience.

    Si leur démarche vous intéresse, le bon endroit pour les suivre, commenter leurs publications, partager leur travail ou les soutenir reste leurs propres espaces :

    Instagram — @desobeissancefertile
    Facebook — @desobeissancefertile
    YouTube — @desobeissancefertile
    Site — desobeissancefertile.com

    Désobéissance Fertile met également à disposition sur ses propres espaces des informations sur le Croissant Fertile, l’habitat réversible, ses expérimentations, ses actions juridiques et les moyens de soutenir le mouvement.

    Citoyliens joue ici son rôle de relais local : permettre à une information d’intérêt général de circuler largement, y compris hors des réseaux sociaux, tout en renvoyant l’audience vers celles et ceux qui produisent l’information et portent l’action.

    Communiqué de presse de Desobeissance Fertile

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Le Croissant Fertile connaîtra son jugement mercredi 26 août

    Le délibéré du procès du Croissant Fertile sera rendu mercredi 26 août à 9 h au tribunal judiciaire de Limoges. Nous serons présents pour entendre la décision de justice.

    Aucune mobilisation particulière n’est organisée devant le tribunal ce jour-là. Mais, quelle que soit la décision rendue, une chose ne changera pas : nous resterons au Croissant Fertile et nous continuerons à vivre en habitat léger et réversible, à prendre soin de cette terre et à régénérer les sols et les écosystèmes qui nous entourent.

    Ce procès dépasse largement la question de quelques habitats installés sur un terrain en Haute-Vienne. Il pose une question devenue essentielle : face aux sécheresses, au manque d’eau, à l’effondrement de la biodiversité et à la destruction progressive de nos écosystèmes, comment voulons-nous habiter la Terre ?

    Nous avons fait le choix d’habitats sobres, sans artificialisation irréversible des sols, associés à des pratiques qui cherchent à restaurer l’eau, les sols et le vivant. Nous espérons que la justice et l’administration françaises sauront reconnaître que ces manières d’habiter ne constituent pas un problème à éliminer, mais font partie des réponses que notre époque exige.

    « Quelle que soit la décision rendue mercredi, nous resterons. Nous continuerons à habiter cette terre et à en prendre soin. Nous n’avons pas d’autre choix que de gagner, parce qu’au-delà de notre propre situation, ce que nous défendons est la possibilité pour des millions de personnes de vivre demain autrement, sans détruire les paysages et les écosystèmes de vie de leurs enfants et de leurs petits-enfants. »

    Notre combat ne consiste donc pas seulement à obtenir le droit de rester chez nous. Il consiste à faire évoluer le droit pour que l’habitat léger et réversible, lorsqu’il respecte et régénère les milieux où il s’installe, puisse devenir une possibilité réelle pour toutes celles et ceux qui souhaitent habiter autrement.

  • L’association Airelle racontée par son créateur Luc Duquenne

    L’association Airelle racontée par son créateur Luc Duquenne

    Airelle : 40 ans d’accompagnement des personnes et des initiatives

    Fondateur et aujourd’hui trésorier de l’association Airelle, Luc Duquenne revient dans cette interview sur quarante années d’engagement en faveur des personnes qui entreprennent, des associations et du développement des territoires ruraux. Une histoire profondément humaine, dans laquelle la création d’entreprise n’est jamais considérée comme une fin en soi.

    Airelle, association partenaire de Citoyliens, accompagne depuis 1985 les femmes et les hommes qui souhaitent créer, reprendre ou développer une activité. Implantée à Saint-Germain-les-Vergnes et présente dans différents points d’accueil corréziens, elle intervient au plus près des personnes et des territoires.

    Dans cet entretien, son fondateur Luc Duquenne raconte comment une initiative bénévole, née de quelques rencontres en Dordogne, est progressivement devenue un acteur reconnu de l’accompagnement à l’entrepreneuriat, de l’insertion et de l’économie sociale et solidaire.

    Aux origines d’Airelle : ne pas laisser les créateurs seuls

    À la fin des années 1970, Luc Duquenne quitte la région parisienne et s’installe en Dordogne. Il travaille alors comme conseiller en gestion d’entreprise.

    Il rencontre rapidement des personnes au chômage qui ont tenté de créer leur propre activité, mais qui se retrouvent seules face aux questions administratives, économiques et humaines que cette démarche soulève.

    Avec quelques amis, il décide d’organiser de premières permanences bénévoles afin de les aider à comprendre le fonctionnement d’une entreprise et à structurer leur projet.

    Ce qui ne devait être qu’une aide ponctuelle révèle rapidement un besoin beaucoup plus important. Une association est créée, une première salariée est recrutée, puis l’équipe s’agrandit.

    Airelle est née.

    L’initiative essaime ensuite vers la Charente, la Corrèze et le Limousin. À son apogée, l’ensemble des structures issues de cette dynamique comptera jusqu’à 45 salariés.

    « Nous accompagnons des personnes, pas seulement des projets »

    Cette phrase résume probablement le mieux la conception défendue par Luc Duquenne.

    Derrière une création d’activité se trouve toujours une personne, mais aussi parfois un couple, une famille, un parcours professionnel interrompu ou un projet complet de changement de vie.

    Pour Airelle, la création d’entreprise ne doit donc pas devenir une obligation ni un indicateur de réussite imposé à chaque personne accompagnée.

    Une personne peut renoncer à créer son entreprise tout en ayant progressé grâce à l’accompagnement. Elle peut retrouver un emploi, entrer en formation, réorienter son projet ou simplement acquérir une meilleure connaissance de ses compétences.

    Le résultat ne se mesure pas uniquement au nombre d’entreprises immatriculées.

    L’accompagnement permet également de reprendre confiance, de mieux se présenter, de rencontrer d’autres personnes et de retrouver une capacité à agir.

    Entreprendre et s’installer en milieu rural

    L’histoire d’Airelle est étroitement liée aux politiques d’accueil développées autrefois par la Région Limousin.

    Des personnes venant notamment de la région parisienne ou du nord de la France souhaitaient s’installer dans un territoire rural, attirées par un immobilier plus accessible et par une autre qualité de vie.

    Mais acheter une maison à la campagne ne suffisait pas à construire un projet de vie durable.

    Les nouveaux habitants devaient découvrir le territoire, comprendre son fonctionnement, développer une activité et créer des relations locales. Certains découvraient également que la vie rurale en hiver était très différente de celle qu’ils avaient imaginée pendant l’été.

    L’accompagnement devait donc prendre en compte à la fois le projet professionnel, l’installation personnelle et l’intégration dans le territoire.

    Cette approche demeure au cœur de l’identité d’Airelle : favoriser des activités capables de durer, mais aussi permettre aux personnes de trouver leur place dans leur nouvel environnement.

    Les associations, moteurs indispensables des territoires

    L’entretien dépasse largement la seule question de la création d’entreprise.

    Luc Duquenne rappelle que les associations constituent l’un des principaux moteurs de la vie locale :

    « Sans les associations, il ne se passe rien. »

    Alors que les entreprises commerciales et artisanales disposent de leurs chambres consulaires, les associations ont longtemps manqué d’un lieu équivalent vers lequel se tourner pour être accueillies, conseillées et accompagnées.

    Airelle a ainsi joué, de manière informelle, le rôle d’une « chambre des associations » et de l’économie sociale.

    Ce travail s’inscrit aujourd’hui dans le champ reconnu de l’économie sociale et solidaire. Airelle porte notamment en Corrèze l’incubateur Rhizome, destiné aux projets d’utilité sociale ou d’intérêt collectif.

    L’association est également labellisée Guid’Asso pour l’accompagnement spécialisé dans la construction de projets associatifs et relevant de l’ESS.

    Un territoire existe aussi par les rencontres

    Le développement local ne repose pas seulement sur des entreprises, des dispositifs ou des financements. Il dépend aussi de la capacité des habitants à se rencontrer, à échanger et à construire des projets ensemble.

    Luc Duquenne évoque le temps où les bals des villages permettaient aux habitants de se retrouver. Avec l’évolution des modes de vie, ces occasions se sont progressivement raréfiées.

    Or, parmi les premières attentes exprimées par les personnes accueillies par Airelle figurent le besoin d’être écoutées et l’envie de rencontrer d’autres personnes.

    C’est notamment de ce constat qu’est né Le Chaudron, la communauté des entrepreneurs et entrepreneuses proches d’Airelle. Il propose des temps de rencontre, de coopération et de partage d’expériences dans un esprit de solidarité et de bienveillance.

    Une ancienne ferme pour accueillir les initiatives

    Le choix d’installer Airelle dans une ancienne ferme à Saint-Germain-les-Vergnes n’est pas anodin.

    Pour Luc Duquenne, une association qui affirme travailler sur l’entrepreneuriat rural doit elle-même être présente dans le territoire rural.

    Le lieu offre un environnement calme et accessible, entouré de champs, où les personnes peuvent se garer, respirer et prendre le temps d’échanger.

    Cette implantation traduit une volonté ancienne d’Airelle. En Dordogne, l’association avait notamment occupé l’école d’un village d’environ 500 habitants. L’objectif a toujours été de rester proche des personnes et de ne pas concentrer tous les services dans les grandes villes.

    Les membres de l’équipe continuent également de se déplacer dans l’ensemble du département afin d’aller vers les porteurs de projets.

    Le projet d’une grange consacrée aux échanges et aux coopérations

    Airelle porte désormais un important projet autour de la restauration d’une grange située sur son site de Saint-Germain-les-Vergnes.

    L’objectif est à la fois de préserver un élément du patrimoine rural et de créer un lieu destiné aux rencontres, aux formations et aux projets collectifs.

    La grange pourrait accueillir :

    – des salles de réunion et de formation ;
    – des bureaux partagés ;
    – des ateliers partagés ;
    – des rencontres entre entrepreneurs, associations et habitants ;
    – des activités autour du four à pain existant ;
    – éventuellement un espace de présentation ou de vente de produits locaux.

    Airelle a déjà pu acquérir l’ensemble immobilier, mais doit maintenant réunir les financements nécessaires à la restauration et à l’aménagement de la grange.

    Au-delà du bâtiment, ce projet prolonge la vision défendue depuis les origines de l’association : offrir aux personnes un lieu pour être accueillies, écoutées et mises en relation.

    Quarante ans d’utilité territoriale en quête de reconnaissance

    Après quatre décennies d’activité, Airelle demeure confrontée à la fragilité des financements associatifs.

    L’association s’appuie sur plusieurs partenaires : Région, État, collectivités territoriales, services publics et communautés de communes. Cette diversité limite la dépendance envers un financeur unique.

    Pour Luc Duquenne, chaque participation, même modeste, représente aussi une reconnaissance de l’utilité de l’association.

    Mais la reconnaissance financière ne suffit pas. Airelle souhaite également être davantage associée aux réunions, aux réflexions et aux décisions institutionnelles qui concernent les sujets sur lesquels elle travaille quotidiennement.

    Les chambres consulaires sont naturellement invitées dans de nombreuses instances. Les associations spécialisées dans l’accompagnement, l’économie sociale et solidaire ou le développement rural le sont moins systématiquement.

    Pourtant, comme le souligne son fondateur, si Airelle est toujours présente après 40 ans, c’est qu’elle répond durablement à une réalité du territoire.

    Airelle, association partenaire de Citoyliens

    Airelle est une association partenaire de Citoyliens et utilise la plateforme associative pour relayer ses initiatives, ses rencontres, ses ateliers et ses actions en faveur des personnes qui entreprennent.

    Ce partenariat contribue à faire circuler localement une information utile, sans publicité, sans algorithme de captation et sans obligation de créer un compte pour la consulter.

    À travers le témoignage de Luc Duquenne se dessine une conception profondément humaine de l’entrepreneuriat : entreprendre ne consiste pas uniquement à créer une structure économique. C’est aussi trouver sa place, acquérir de l’autonomie, rejoindre un territoire et rencontrer les personnes avec lesquelles il devient possible d’agir.

    En savoir plus

    Site de l’association Airelle :
    https://airelle.org

    Retrouver les publications d’Airelle sur Citoyliens

    Adresse :
    155 route de Lagraulière
    19330 Saint-Germain-les-Vergnes

    Téléphone : 05 55 29 00 50
    Courriel : airelle@airelle.org

  • 82 ans après la Libération, la présence politique du RN ravive une vieille question

    82 ans après la Libération, la présence politique du RN ravive une vieille question

    ( article original de E.D. sur Facebook )

    🔶 Michel Trésallet, fils de déporté et président du comité tulliste de l’ANACR, interpelle deux élus RN : « Vous insultez nos morts ! »

    ▪️L’ANACR de Tulle avait déjà refusé la présence du RN aux commémorations du 9 juin 1944.

    ▪️Elle cite parmi des figures des origines du Front national Pierre Bousquet, Jean Castrillo et Léon Gaultier, présentés comme anciens Waffen-SS.

    ▪️Elle rappelle aussi François Duprat, qu’elle associe à la diffusion du négationnisme en France.

    On peut changer un logo. On ne change pas les archives.

    🇫🇷🇪🇺🕊️ Il faut saluer avec respect, et même avec gratitude, la parole forte du président de l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (ANACR) de Tulle, qui, lors des commémorations du 82e anniversaire de la Libération de Tulle, a eu le courage de rappeler ce que certains voudraient parfois oublier.

    ▪️Le courage, car il en faut pour parler ainsi lorsque le débat public préfère trop souvent les accommodements, les silences et les amnésies commodes.

    ▪️Et il faut saluer plus largement celles et ceux de l’ANACR qui, depuis des décennies, portent cette mémoire. Leur engagement n’est pas seulement mémoriel : il consiste à transmettre les valeurs démocratiques, humanistes et antifascistes de la Résistance et à rappeler ce que leur abandon peut produire.

    🟥 À Tulle, cette parole n’a rien d’anodin.

    ▪️Car ici, l’Histoire n’est pas une abstraction. Elle est inscrite dans les rues, dans les noms, dans les pierres et dans les familles. Les 7 et 8 juin 1944, les Résistants attaquent Tulle et contraignent la garnison allemande à se replier. Le 9 juin, la division SS Das Reich reprend la ville. 99 hommes sont pendus aux balcons et aux réverbères de Tulle. 149 autres sont déportés. Le lendemain, la même division massacre les habitants d’Oradour-sur-Glane.

    🔥 Tulle est ainsi devenue l’une des villes martyres de la France occupée.

    ▪️Et quelques semaines seulement séparent ces journées de sang de celles de la Libération. Voilà ce que l’on commémore. Pas une photographie en noir et blanc. Pas une cérémonie protocolaire. Pas un moment où l’on dépose une gerbe avant de repartir vers les préoccupations ordinaires. On commémore une France qui, après quatre années d’occupation, de répression, de persécution et de collaboration, retrouva sa liberté grâce à celles et ceux qui avaient refusé de se résigner.

    ▪️Alors oui, nous devons continuer à nous étonner — et surtout à le dire — lorsque des représentants du Rassemblement national viennent aujourd’hui célébrer les valeurs de la Résistance et de la Libération. Non par procès d’intention. Mais parce que l’histoire politique de leur formation appartient, elle aussi, à notre mémoire nationale.

    📌 Le Front national a été créé le 5 octobre 1972, à l’initiative de plusieurs courants de l’extrême droite française, avec Ordre nouveau comme principale force à l’origine de sa création.

    ▪️Jean-Marie Le Pen en devient le président et incarne rapidement le nouveau parti sur la scène électorale. Parmi les premiers cadres figurent notamment Pierre Bousquet, ancien membre de la Waffen-SS française, et Léon Gaultier, lui aussi ancien Waffen-SS. François Duprat, figure de l’extrême droite radicale et ancien militant d’Ordre nouveau, joue également un rôle important dans la structuration du parti. Ce ne sont pas des insultes. Ce sont des faits historiques.

    👍 Alors oui, une formation politique peut évoluer.

    ▪️Ses dirigeants peuvent changer. Son électorat peut évoluer. Mais l’évolution d’un parti ne permet pas l’effacement de son histoire.

    ▪️Changer le nom du Front national en Rassemblement national ne change ni les archives, ni les filiations, ni les combats politiques qui ont marqué ses origines.

    ♦️ Et c’est précisément pourquoi les cérémonies de Tulle devraient imposer une forme de gravité.

    ▪️Car la Résistance n’est pas un mot magique que l’on peut prononcer pour se donner une légitimité républicaine. Elle ne se résume pas à des drapeaux, à une Marseillaise et à quelques gerbes déposées devant un monument.

    💪 La Résistance, c’est le refus.

    ▪️Le refus de l’occupation. Le refus de la collaboration. Le refus de l’antisémitisme d’État. Le refus du fascisme. Le refus de la dictature. Le refus de la déshumanisation. Et derrière ces mots, il y eut des femmes et des hommes qui savaient parfaitement ce qu’ils risquaient : l’arrestation, la torture, la déportation, les camps, la mort. Certains ne sont jamais revenus.

    [19/08/2026 08:33] Marie Claude Marlin Marie Claude Marlin: C’est pourquoi Jean Moulin n’est pas un symbole disponible pour toutes les récupérations. Lucie Aubrac n’est pas une icône que l’on convoque sans accepter ce qu’elle combattait. Les maquisards ne sont pas des silhouettes héroïques sorties des livres d’histoire : ils étaient des hommes et des femmes qui avaient choisi la liberté alors même que la liberté pouvait leur coûter la vie.

    🙏 À Tulle, les morts sont encore là.

    ▪️Dans les noms. Dans les familles. Dans les mémoires. Dans cette ville qui porte encore les traces de ce que fut la barbarie nazie et de ce que furent les crimes commis avec la complicité du régime de Pétain.

    ▪️Les morts ne peuvent plus répondre lorsque les vivants parlent à leur place. Mais les pierres, elles, demeurent. Et elles nous rappellent qu’une démocratie peut vaciller, qu’une République peut être vaincue, qu’un pays peut être livré à l’occupation, à la haine et à la persécution. Elles nous rappellent aussi qu’il existe toujours, dans les heures les plus sombres, des femmes et des hommes capables de dire non.

    ✅ C’est pour cela que la parole de l’ANACR mérite notre respect.

    ▪️Et que le courage de celles et ceux qui continuent de la porter mérite d’être salué. Ils ne défendent pas une mémoire partisane. Ils défendent une mémoire nationale. Ils ne cherchent pas à confisquer la Résistance. Ils refusent qu’on la vide de son sens. Car la mémoire de la Résistance appartient à la Nation tout entière. Mais précisément pour cette raison, elle ne peut être transformée en patrimoine électoral.

    📍 La République, la Résistance et la Libération ne sont pas des costumes que l’on revêt le temps d’une cérémonie.

    ▪️Et l’Histoire n’est pas une page blanche sur laquelle chacun pourrait réécrire ce qui l’arrange. À Tulle, comme à Oradour, les pierres ont une mémoire. Elles nous disent ce que la France a subi. Elles nous disent aussi ce que des Français ont refusé.

    ▪️Et elles nous demandent, aujourd’hui encore, ce que nous sommes prêts à défendre. Commémorer la Résistance, ce n’est donc pas seulement honorer ceux qui sont morts pour la liberté.

    👉 C’est avoir le courage de défendre, aujourd’hui, ce pour quoi ils sont morts.

    Voir aussi article de La Montagne – second article –

  • Brive Solidarité Famille Shtika suite entretien préfecture

    Brive Solidarité Famille Shtika suite entretien préfecture

    Suite à l’appel à manifester lancé par Brive Solidarité, ce sont 250 personnes qui étaient réunis devant la préfecture à Tulle hier.

    Corrèze Solidarité famille Shitka manifestation

    Communiqué de Brive Solidarité suite à la mobilisation pour la famille Shtika

    Le préfet a choisi de ne pas nous recevoir et son directeur de cabinet nous a opposé sans cesse le droit. Nous on sait que le droit des étrangers a sans cesse régressé en France et que l’administration fabrique en masse des sans-papiers.

    La famille Shtika est en danger en rentrant dans son pays.
    La famille Shtika est jeune et a 2 enfants qui vont à l’école.

    La famille Shtika, comme les 3 autres familles que le collectif Corrèze Solidarité accompagne, représente une force de travail dans 1 Corrèze vieillissante et en déclin démographique, où les patrons, les artisans, ne trouvent pas à recruter.

    Les enfants de ces familles sont nés ici ou ont grandis ici. Les arracher à leur école, leurs ami-es, leur quartier pour les envoyer dans un pays que leurs parents ont fui, c’est s’asseoir sur la notion d’humanité.

    Mais l’Etat refuse de prendre ces éléments en considération. C’est terrible !

    La mobilisation pour la famille Sithka continue.

    RV demain vendredi à 10h dans le local des syndicats du bâtiment des association dit “Turgot” à Tulle pour celles et ceux qui se sentent concerné-es et qui peuvent être là.

    Un article explicatif de la situation de la famille

    Article original (cliquez)

    À Tulle, la population se mobilise contre l’expulsion inhumaine d’une famille vers l’Albanie.

    C’est par un courrier remis lors d’une convocation au commissariat, la semaine dernière, que la famille Shtika – Xhuliana et Mario, les parents, et leurs enfants de 4 et 9 ans, Elia et Michael – a appris que quatre places d’avion avaient été réservées pour ce mercredi 19 août, afin de les expulser vers l’Albanie.

    Pourtant, la famille Shtika participe à la vie de Tulle depuis plusieurs années et s’investit dans plusieurs associations locales. Xhuliana et Mario, qui disposent de plusieurs formations, n’attendent qu’une autorisation de travail pour pouvoir s’intégrer davantage. Ils s’efforcent également d’assurer la meilleure éducation possible à leurs enfants, en les faisant participer à de nombreuses activités culturelles et sportives. Mickael et Elia, qui sont nés en France, ont quant à eux parfaitement trouvé leur place et sont appréciés de leurs camarades.

    La famille est en danger en cas de retour en Albanie et risquerait d’y être arrêté pour des raisons politiques et familiales, notamment après que Mario, le père, a créé un syndicat de travailleurs. Il a été agressé et menacé à plusieurs reprises pour cette raison. Pourtant, après plusieurs assignations à résidence et une OQTF, la famille est sommée, par une décision brutale de la préfecture, de repartir en Albanie, au mépris des risques qu’elle encourt et sans tenir compte de son histoire ni de la situation du pays.

    Cette situation est symptomatique du durcissement de la politique migratoire française, obsédée par les expulsions, au mépris d’un héritage historique de défense des droits et des libertés et de toute logique humaniste. Selon La Cimade, plusieurs personnes expulsées se retrouvent en danger dans leur pays d’origine, parfois menacées de mort ou de torture. Cette politique cynique font d’elles les victimes d’une politique du chiffre dictée par le gouvernement français.

    L’Albanie en est un exemple concret puisque la France a mis en place un système d’expulsions particulièrement systématique vis-à-vis de ses ressortissants. L’Albanie, qui a pour objectif d’intégrer l’Union européenne, a assuré une pleine collaboration à ces expulsions. Les Albanais représentent, selon La Cimade, « une manne pour l’État français, un moyen de faire du chiffre à moindre coût », au mépris, donc, de toute logique et des principes que devrait respecter un État de droit.

    Xhuliana a décidé de ne pas se laisser faire et d’interpeller le député de la Corrèze afin de faire pression sur la préfecture. La famille peut également compter sur une mobilisation spontanée et combative de la population corrézienne, notamment du collectif Corrèze Solidarités, créé l’année dernière pour défendre les exilés et soutenu par les partis de gauche, mais aussi par des citoyens de tous horizons : voisins, amis ou connaissances de la famille, ou tout simplement des personnes indignées par cette décision qu’elles jugent inhumaine.

    Ils se donnent rendez-vous ce mercredi 19 août, jour prévu de l’expulsion, devant la préfecture, à partir de 16h30.

    Comme quoi, la fable selon laquelle les surenchères migratoires et sécuritaires qui ont conduit à cette politique trouveraient leur légitimité dans une prétendue demande populaire est contredite par cette mobilisation, qui se veut large et déterminée pour s’y opposer.

    Soyons nombreux.

    Corrèze Solidarité famille Shitka Tulle préfecture
  • URGENT : Appel à mobilisation RESF ⚠️

    URGENT : Appel à mobilisation RESF ⚠️

    Communiqué reçu de RESF (Réseau éducation sans Frontière de Corrèze),

    Une des familles sous OQTF que nous accompagnons dans le collectif Corrèze Solidarité, la famille Shtika, est convoquée à l’aéroport de Paris mercredi 19 août (mois d’août : c’est top pour les expulsions) pour renvoi en Albanie.

    Ce couple avec 2 enfants, est pourtant en grave danger, dejà menacé et tabassé dans leur pays pour des raisons politiques et familiales.

    Ils savent qu’à leur arrivée là bas, ils seront arrêtés et que leurs enfants, surtout la petite fille, seront en danger.

    Une des personnes de la famille a déjà tentée de la kidnapper.
    Leur beau frère est un chef de la police locale corrompu et violent.

    Manifestation devant la préfecture
    mercredi 19 aout à 16h30

    Entretien au préfet demandé

    Nous sommes tou-tes terriblement inquiets pour Xhuliana et Mario et leurs enfants.

    Faites suivre à vos réseaux svp. 🖐️
    Merci pour votre solidarité. 🤝

    RESF Corrèze et Solidarité Corrèze manifestation
  • Un cercle d’hommes sur la Gaillarde : cinq ans de paroles posées

    Un cercle d’hommes sur la Gaillarde : cinq ans de paroles posées

    Depuis cinq ans, un jeudi par mois vers 18h30, une huitaine d’hommes s’assoient en cercle au nord de Brive. Un bâton passe de main en main. Celui qui le tient parle, les autres écoutent. Certaines séances ont un thème. Il y a peu de formalisme. C’est au contraire un espace de confiance, d’accueil et de bienveillance. Ces temps de parole libre s’enchaînent avec un repas partagé en fin de soirée.

    Né pendant les confinements

    Le cercle est né dans la période des confinements, à un moment où les occasions de se réunir avaient à peu près toutes disparu. Il s’est formé au sein d’un groupe Colibris de Corrèze — le mouvement lancé par Pierre Rabhi — qui pratiquait alors un jeûne pour la planète.

    Le principe était simple : jeûner ensemble, chacun chez soi, comme geste de sobriété et de solidarité. La pratique fait écho au « jeûne pour le climat » lancé en France en 2014 par un collectif d’organisations laïques et religieuses, qui invitait à jeûner le premier jour de chaque mois. Le jeudi soir, ceux qui le souhaitaient se retrouvaient pour rompre le jeûne. Ce moment de partage, d’abord informel, a pris une place croissante. Les échanges y étaient plus lents, plus attentifs, plus tournés vers ce que chacun vivait réellement que vers les opinions des uns et des autres.

    Le jeûne collectif a cessé. Le rendez-vous du jeudi est resté.

    Une intuition venue d’ailleurs

    L’initiateur du cercle est art-thérapeute. Il fréquentait depuis longtemps des ateliers de chant et de danse, et il y faisait un constat récurrent : il y était très souvent le seul homme. Non pas exclu, mais seul de son genre dans des espaces où l’on travaille la connaissance de soi, l’expression, l’émotion.

    C’est une des animatrices de ces ateliers qui lui a suggéré l’idée. Le besoin existe aussi du côté des hommes, lui a-t-elle dit en substance ; mais il serait sans doute plus juste de proposer quelque chose qui se fasse spécifiquement avec des hommes, et entre hommes.

    Le cercle s’est construit sur cette intuition. Non pas contre quelque chose, ni en réaction à quoi que ce soit : simplement en réponse à un manque identifié.

    Ce qui se passe dans le cercle

    Le fonctionnement tient en quelques règles, énoncées à chaque séance.

    Le bâton de parole. Un objet circule. Celui qui le tient a la parole ; les autres écoutent sans intervenir. Personne n’est coupé, personne n’est commenté, personne ne reçoit de conseil qu’il n’a pas demandé.

    Le temps est libre. Chacun parle aussi longtemps qu’il en a besoin — ou passe son tour.

    Parler en « je ». C’est le principe le plus exigeant, et il est directement emprunté à la communication non violente. On ne dit pas « on », « les gens », « c’est comme ça ». On dit « je ». Ce déplacement de langage fait basculer la nature de la soirée : on ne débat plus d’un sujet, on témoigne d’une expérience.

    Poser le mental. L’invitation est de parler depuis ce que l’on ressent plutôt que depuis ce que l’on pense de ce que l’on ressent. En pratique, cela demande de renoncer à la belle formule et à l’analyse.

    Confidentialité. Ce qui se dit dans le cercle ne sort pas du cercle. Sans cette règle, rien de ce qui précède ne fonctionne.

    Le groupe réunit environ une dizaine de personnes à chaque séance sur une cinquantaine qui l’ont pratiqué. Au bout de cinq ans, la plupart se connaissent, ce qui change la qualité de ce qui peut se dire : on n’a plus à se présenter, ni à décrire le contexte.

    Ce que les participants en retirent

    Les hommes qui viennent depuis longtemps évoquent trois choses, à peu près toujours les mêmes : une confiance en soi qui s’installe, une meilleure connaissance de leurs propres fonctionnements, et une forme d’humanité — la découverte que les autres traversent des choses très proches de ce qu’on croyait être seul à traverser.

    Il ne s’agit ni d’une thérapie de groupe, ni d’un groupe de parole encadré par un professionnel, ni d’un stage. Il n’y a pas de programme, pas d’objectif de développement personnel, pas de progression. Il y a un rendez-vous mensuel qui tient depuis cinq ans, ce qui, en matière d’engagement collectif, n’est pas rien.

    Quelques repères, pour qui veut creuser

    Les cercles d’hommes ne sont pas une invention récente, et le sujet mérite qu’on distingue les choses.

    Les cercles de parole eux-mêmes puisent dans les traditions autochtones d’Amérique du Nord, où le conseil et le bâton de parole servaient à la décision collective autant qu’au récit. La transmission vers l’Occident s’est faite notamment par la pratique dite du Council, formalisée par Jack Zimmerman et Virginia Coyle dans The Way of Council (peu diffusé en français). On y retrouve les principes du cercle briviste : parler avec le cœur, écouter avec le cœur, dire l’essentiel, garder pour soi ce qui a été confié.

    Marshall Rosenberg, avec la communication non violente, a donné le socle de langage : l’observation plutôt que le jugement, le « je » plutôt que l’impersonnel, le besoin plutôt que le reproche. Ses ouvrages sont largement disponibles en français.

    Guy Corneau, psychanalyste jungien québécois, a publié en 1989 Père manquant, fils manqué, devenu une référence pour beaucoup de cercles d’hommes francophones. Il y interroge le silence entre les pères et les fils, et la difficulté qui en découle à habiter l’intimité.

    Robert Bly, poète américain, est l’auteur du livre qui a lancé le « mouvement mythopoétique » masculin aux États-Unis : Iron John (1990), traduit au Seuil en 1992 sous le titre L’homme sauvage et l’enfant. Le livre part d’un conte des frères Grimm pour parler d’initiation et d’absence de mentors. C’est une lecture stimulante, mais il faut la situer : Bly est aussi lu, en France, comme une figure du masculinisme, et certaines de ses formulations sur les hommes « adoucis » ont mal vieilli.

    bell hooks, écrivaine et théoricienne féministe américaine, apporte un autre repère particulièrement éclairant avec La volonté de changer. Les hommes, la masculinité et l’amour, publié aux États-Unis en 2004 et traduit en français en 2021. Elle y montre comment la culture patriarcale, tout en accordant aux hommes une position dominante, leur apprend aussi à réprimer leur vulnérabilité, leurs émotions et leur besoin d’intimité. Elle invite ainsi à penser une transformation du masculin qui ne s’oppose pas au féminisme mais s’inscrit pleinement dans son projet : permettre aussi aux hommes de sortir des rôles qui les enferment et de retrouver une capacité à aimer, à exprimer et à partager leur vie intérieure.

    Précision : un cercle d’hommes n’est pas un groupe masculiniste. On n’y défend pas une cause, on n’y désigne pas d’adversaire, on est en harmonie avec le féminisme, en quête de comprendre et d’apaiser. On y parle de soi, à voix haute, devant d’autres qui écoutent. La non-mixité y est un outil de parole, pas un drapeau.

    Pierre Rabhi et les Colibris, enfin, pour la matrice locale : sobriété, petits groupes, changement à hauteur d’homme. Le cercle en garde l’échelle et la gratuité.

    Infos pratiques

    • Quand : le premier jeudi de chaque mois
    • Où : au nord de Brive-la-Gaillarde (lieu précis communiqué lors de la prise de contact)
    • Qui : des hommes, sans condition d’âge ni d’expérience
    • Combien : gratuit, apporter un mets et une boisson à partager
    • Comment : prendre contact au préalable avec …

    Henri, au 06 01 17 54 37

    Pour obtenir l’adresse du rendez-vous et avoir des précisions, passer un coup de fil.

    Essaimage, échanges …

    Le cercle est également ouvert à aller à la rencontre d’autres groupes autour de Brive et dans les environs, pour partager l’expérience acquise au cours de ces cinq années. À la demande de personnes intéressées, certains de ses membres peuvent se déplacer pour échanger, aider à poser un cadre et accompagner les premiers pas d’un nouveau cercle, qu’il s’agisse d’un cercle d’hommes, d’un cercle de femmes ou d’un cercle mixte. Il ne s’agit pas de reproduire un modèle à l’identique, mais de transmettre quelques repères et de soutenir celles et ceux qui souhaiteraient faire naître leur propre espace de parole.

    Partenariat

    Le cercle d’hommes de Brive est partenaire de Citoyliens

  • Agir Autrement pour la Xaintrie rejoint les associations partenaires de Citoyliens

    Agir Autrement pour la Xaintrie rejoint les associations partenaires de Citoyliens

    L’association Agir Autrement pour la Xaintrie – AAPLX devient partenaire de Citoyliens.fr. Elle utilise désormais la plateforme associative corrézienne pour publier et relayer ses informations, ses rendez-vous, ses campagnes et ses appels à mobilisation.

    Ce partenariat permet de mieux faire connaître une association engagée depuis plus de douze ans dans la défense de la Xaintrie, de ses paysages, de ses ressources naturelles, de son patrimoine et de ses habitants.

    Une association née en 2013 pour défendre la Xaintrie

    Agir Autrement pour la Xaintrie a été créée en juin 2013. Son siège social est établi à Goulles, dans le sud-est de la Corrèze.

    La naissance de l’association est étroitement liée à la découverte du projet de parc éolien industriel du Deyroux. Dès 2010, le promoteur Eolfi envisageait l’installation d’un important ensemble d’éoliennes sur les communes de Camps-Saint-Mathurin-Léobazel, Mercœur et Sexcles. Le démarchage des propriétaires fonciers avait commencé avant qu’une grande partie de la population ne mesure réellement l’ampleur du projet.

    En 2013, une réunion d’information organisée à Goulles réunit environ 200 personnes. La mobilisation qui suit conduit à la création d’AAPLX. À cette époque, le projet a compté jusqu’à vingt machines envisagées avant d’être ramené à dix éoliennes pouvant atteindre 200 mètres de hauteur.

    L’association ne se définit cependant pas par son opposition à un seul projet. Ses statuts lui donnent une mission plus large : protéger les espaces naturels, les paysages, les écosystèmes, le patrimoine local et les habitants de la Xaintrie, de la Corrèze et des départements limitrophes.

    AAPLX souhaite également informer la population, défendre les biens communs, prévenir la dégradation des ressources naturelles et soutenir des projets réellement durables, innovants et non destructeurs. L’association prévoit aussi de pouvoir agir en justice lorsque l’environnement, la santé publique, les paysages ou le patrimoine sont menacés. Elle est reconnue d’intérêt général.

    Le projet éolien du Deyroux : douze années de mobilisation

    Le combat contre le parc éolien du Deyroux constitue l’action la plus longue et la plus emblématique menée par AAPLX.

    Pendant plus de douze ans, ses membres ont étudié les dossiers, informé les habitants et rencontré les élus. Ils ont organisé ou participé à des réunions publiques, distribué des tracts dans les boîtes aux lettres, réalisé du porte-à-porte, tenu des stands sur les foires et les marchés, collé des affiches et fait circuler des pétitions.

    L’association a également produit des communiqués de presse, répondu à des interviews radiophoniques, mobilisé la population lors de l’enquête publique et travaillé avec d’autres associations de défense de l’environnement.

    Cette présence constante sur le terrain s’est accompagnée d’un important travail documentaire. Les membres d’AAPLX ont étudié les effets du projet sur les paysages, la biodiversité, les oiseaux, le cadre de vie et l’économie locale. Ils ont également interrogé les dimensions techniques et financières du dossier, notamment la hauteur des machines, les conditions de démantèlement et les données relatives au potentiel éolien du site.

    L’enquête publique menée au début de l’année 2019 s’est conclue par un avis défavorable. La commission d’enquête a notamment relevé la qualité et la précision des nombreuses contributions déposées par les opposants au projet. Elle a constaté que la population mobilisée avait sérieusement étudié le dossier et produit des éléments d’analyse méritant d’être pris en considération.

    Le 10 décembre 2020, la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites a également rendu un avis défavorable. Le 29 décembre 2020, la préfète de la Corrèze a refusé l’autorisation d’exploiter le parc éolien du Deyroux.

    Une victoire confirmée devant la justice

    Le refus préfectoral n’a pas immédiatement clos le dossier. En mars 2021, la société porteuse du projet, liée à Eolfi et Shell, a contesté la décision devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux.

    AAPLX a alors choisi de poursuivre son engagement sur le terrain juridique. En novembre 2021, l’association a déposé un mémoire en intervention volontaire afin de soutenir la décision de la préfecture. Elle a mandaté un cabinet d’avocats et participé à la préparation des arguments présentés devant la juridiction administrative.

    Le 28 novembre 2023, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté la requête du promoteur et confirmé le refus d’autorisation.

    Un dernier pourvoi a été déposé devant le Conseil d’État. Le 31 décembre 2024, celui-ci a rejeté la demande de la société Parc Éolien Corrèze 1. Cette décision a mis un terme définitif au projet.

    Cette victoire ne repose pas sur une action isolée, mais sur la continuité d’une mobilisation associant habitants, adhérents, élus, associations, contributeurs à l’enquête publique et défenseurs du territoire. AAPLX en a constitué l’un des points d’appui les plus constants, depuis les premières réunions de 2013 jusqu’à l’issue judiciaire de 2024.

    Informer, documenter et rendre les habitants acteurs

    L’une des caractéristiques d’AAPLX est de ne pas limiter son action à la protestation.

    L’association cherche à rendre accessibles des dossiers souvent très techniques. Elle rassemble des documents administratifs, suit les enquêtes publiques, consulte les décisions préfectorales et judiciaires, sollicite les collectivités et interpelle les responsables publics.

    Sa méthode repose sur plusieurs formes d’action complémentaires :

    • l’étude approfondie des projets et des documents officiels ;
    • l’information directe des habitants ;
    • l’organisation de réunions publiques et de formations ;
    • les pétitions et les contributions aux enquêtes publiques ;
    • les rencontres avec les élus et les administrations ;
    • le travail avec des scientifiques, des juristes et des associations spécialisées ;
    • la publication de communiqués et les relations avec la presse ;
    • le recours à la justice lorsque les autres moyens ne suffisent plus.

    AAPLX agit également au sein de collectifs. Elle a participé à la création d’un regroupement départemental d’associations mobilisées sur les projets éoliens en Corrèze. Avec plusieurs associations corréziennes, elle a par exemple interpellé les candidats aux élections législatives de 2022 sur la politique énergétique, la consultation des populations et la protection des territoires ruraux.

    L’eau potable : défendre une gestion locale et transparente

    L’action d’AAPLX concerne également la gestion de l’eau potable en Xaintrie Val’Dordogne.

    Face aux projets de réorganisation et de centralisation de l’alimentation en eau, l’association a demandé que les habitants puissent disposer des études et des documents utilisés par les décideurs. Elle a défendu l’organisation de réunions publiques permettant à chacun de comprendre les scénarios proposés et leurs conséquences.

    En janvier 2022, AAPLX et le Collectif Transition Locale du Pays d’Argentat ont notamment demandé à la communauté de communes la communication des études réalisées sur le schéma directeur de l’eau potable. Leur démarche revendiquait une participation citoyenne fondée sur l’accès aux informations, afin de construire un regard commun plutôt que de laisser s’installer l’incompréhension ou la division.

    Cette mobilisation a contribué à ouvrir publiquement le débat sur la préservation des ressources locales, leur interconnexion, les consommations, la qualité de l’eau et la manière dont les décisions sont prises.

    Le sujet a rencontré un écho important dans la population et dans la presse régionale, notamment lors d’une réunion publique organisée à Argentat en septembre 2022, consacrée au devenir de l’alimentation en eau du territoire.

    Mines d’uranium, radioactivité et radon

    La Xaintrie porte également les traces de l’ancienne exploitation de l’uranium. Plusieurs mines ont été exploitées dans le secteur de Saint-Privat, notamment à Auriac, Saint-Julien-aux-Bois et Darazac.

    AAPLX suit la situation de ces anciens sites et demande le nettoyage ainsi que la réhabilitation des zones polluées par des déchets radioactifs. Elle relaie des informations sur les conséquences possibles de ces anciennes activités minières pour les sols, les cours d’eau et la santé publique.

    L’association s’intéresse aussi à la présence du radon, un gaz radioactif naturel particulièrement surveillé dans certains territoires granitiques. Elle a obtenu auprès de l’Agence régionale de santé des données concernant plusieurs ressources en eau de la Xaintrie blanche.

    En octobre 2025, elle a organisé à Goulles une formation ouverte au public avec un ingénieur géologue et le soutien de la CRIIRAD, afin de mieux comprendre le radon, ses risques potentiels et les moyens de prévention. Cette initiative a fait l’objet d’un article dans le journal La Montagne.

    Une association présente dans la presse et le débat public

    Depuis sa création, AAPLX utilise la presse locale et régionale comme un moyen d’information et de mise en débat.

    Ses réunions publiques, ses prises de position, ses formations et ses mobilisations ont été relayées par différents médias. L’association a publié de nombreux communiqués, donné des interviews radiophoniques et participé à des dossiers consacrés à l’éolien, à l’eau potable, aux mines d’uranium et au radon.

    En 2018, La Trousse corrézienne avait consacré une longue rencontre à Marie Maugein et Christine Guérin, alors présidente et secrétaire de l’association. L’article retraçait la naissance d’AAPLX et décrivait les méthodes employées par les promoteurs avant que la population ne soit pleinement informée. Il exposait également la position de l’association : non pas le refus de toute transition énergétique, mais la contestation de projets industriels conduits sans véritable participation des habitants et sans prise en compte suffisante du territoire.

    Cette relation avec les médias fait partie intégrante de la méthode d’AAPLX : rendre visibles des dossiers qui pourraient rester réservés aux administrations, aux bureaux d’études et aux entreprises concernées. D’où son partenariat avec Citoyliens décidé ce 1er Aout 2026 !

    Une vigilance qui se poursuit

    La victoire définitive obtenue sur le projet du Deyroux ne marque pas la fin de l’action d’AAPLX.

    L’association continue de suivre les projets susceptibles d’affecter la Xaintrie et les territoires voisins. Elle soutient les habitants qui cherchent à s’informer et poursuit ses actions sur l’eau, la radioactivité, le radon, les paysages et la biodiversité.

    De nouveaux projets éoliens apparaissant dans le secteur, notamment autour de Saint-Julien-aux-Bois, l’association mobilise à nouveau son expérience : information des habitants, réunions publiques, diffusion de documents, pétitions et interpellation des élus et des autorités.

    Douze années de mobilisation ont montré qu’un groupe d’habitants organisé peut étudier des dossiers complexes, faire circuler l’information, participer aux procédures publiques et peser durablement sur les décisions qui concernent son territoire.

    AAPLX devient partenaire de Citoyliens

    En devenant partenaire de Citoyliens, Agir Autrement pour la Xaintrie dispose d’un espace supplémentaire pour partager ses informations avec les habitants de la Corrèze.

    L’association pourra utiliser la plateforme pour annoncer ses réunions, ses formations et ses mobilisations, publier ses communiqués, rendre compte de ses actions et orienter les lecteurs vers les dossiers plus complets disponibles sur son propre site.

    Ce partenariat s’inscrit dans la raison d’être de Citoyliens : proposer aux associations et aux collectifs locaux un canal de publication et d’affichage en commun, indépendant des grandes plateformes commerciales, sans publicité, sans captation des données personnelles et sans algorithme décidant à la place des lecteurs quelles informations méritent d’être vues.

    En rejoignant les associations partenaires de Citoyliens, AAPLX partage son expérience avec un réseau plus large d’acteurs engagés pour l’écologie, la solidarité, les droits, l’information indépendante et la participation citoyenne.

    Bienvenue à Agir Autrement pour la Xaintrie parmi les associations partenaires de Citoyliens.

    Pour aller plus loin

    Retrouvez les dossiers, les archives et les actualités de l’association sur aaplx.com.

    Découvrez toutes les publications d’AAPLX accessibles sur Citoyliens.fr.

  • Données climat à Brive depuis 2010 : basculement ?

    Données climat à Brive depuis 2010 : basculement ?

    Article rédigé à partir des relevés et observations de Dominique Gaudefroy, naturaliste et fondateur de l’association Le Jardin sauvage

    Deux images contradictoires de l’été 2026 à Brive : la promesse de fraîcheur et la réalité d’une chaleur record.

    Article pédagogique et critique – août 2026

    À Brive-la-Gaillarde, l’année 2026 accumule les températures exceptionnelles. À partir des relevés de la station météorologique de Brive-La Roche, Dominique Gaudefroy a étudié près de quarante années de mesures. Son constat est préoccupant : au-delà des variations d’une année à l’autre, le climat local semble être entré dans une période sensiblement plus chaude et plus sèche.

    Les habitants du bassin de Brive n’ont pas eu besoin de consulter un thermomètre pour comprendre que l’été 2026 sortait de l’ordinaire. Les journées à plus de 40 °C se sont multipliées, les sols se sont rapidement desséchés et les fumées des incendies de Gironde ont atteint le sud de la Corrèze.

    Mais un été particulièrement éprouvant suffit-il à démontrer que le climat change ? Pour répondre sérieusement, il faut dépasser les impressions et observer les données sur plusieurs décennies. C’est le travail entrepris par Dominique Gaudefroy à partir des relevés de la station de Brive-La Roche, dont les archives commencent en septembre 1987.

    Météo et climat : deux échelles différentes

    La météo décrit ce qui se passe pendant quelques heures, quelques jours ou une saison. Le climat correspond à l’ensemble des conditions météorologiques observées sur une longue période.

    Les climatologues utilisent généralement des périodes de trente ans pour calculer les « normales climatiques ». La période de référence utilisée ici est 1991-2020. Une journée à 43 °C constitue donc un événement météorologique. En revanche, l’accumulation d’années chaudes, l’augmentation durable des moyennes et la répétition des sécheresses renseignent sur une transformation du climat.

    Une année 2026 presque constamment au-dessus des normales

    D’après les relevés examinés par Dominique Gaudefroy, presque toutes les températures mensuelles enregistrées à Brive depuis le début de 2026 se situent au-dessus des normales 1991-2020. La seule exception relevée concerne la moyenne des températures minimales du mois de mars.

    Tableau mensuel 2026 de la station de Brive-La Roche, arrêté au début du mois d’août. Source : Infoclimat, reprise par Dominique Gaudefroy.

    Le printemps avait déjà donné le ton. À Brive, le mois d’avril aurait dépassé les normales d’environ 5,2 °C. Après un hiver très humide, la sécheresse s’est ainsi installée rapidement dès le printemps.

    Ce contraste est important : un hiver pluvieux n’empêche pas nécessairement une sécheresse quelques mois plus tard. Lorsque les températures sont très élevées, l’eau s’évapore plus rapidement, la végétation transpire davantage et les sols perdent leur humidité.

    43 °C en juin : un nouveau record à Brive

    La station de Brive-La Roche a enregistré 43 °C le 22 juin 2026. D’autres valeurs remarquables ont suivi : 42 °C les 23 et 24 juin, 40,4 °C les 10 et 12 juillet, puis 42,2 °C le 29 juillet.

    Ces chiffres correspondent aux températures maximales atteintes pendant certaines journées. Pour mesurer l’intensité générale d’un mois, il faut observer la moyenne de toutes les températures maximales quotidiennes, appelée TXM. En juillet 2026, cette moyenne aurait atteint 35,2 °C.

    Autrement dit, les après-midi du mois de juillet ont atteint en moyenne plus de 35 °C. Le précédent record mensuel était de 33,3 °C en août 2003. Le record aurait donc été dépassé de près de 2 °C sur la moyenne d’un mois entier : un écart beaucoup plus significatif qu’un pic isolé.

    Repères issus des relevés de Brive-La Roche

    IndicateurValeurLecture
    Température maximale journalière43 °C – 22 juin 2026Plus haute valeur citée dans les archives étudiées
    Deuxième valeur de 202642,2 °C – 29 juillet 2026Record de chaleur pour un mois de juillet à Brive
    Moyenne des maximales de juillet35,2 °CNouveau mois le plus chaud de la série
    Ancien record mensuel33,3 °C – août 2003Référence historique de la canicule de 2003
    Début des archives1er septembre 1987Environ quarante ans de recul

    Les années les plus chaudes se concentrent dans la période récente

    L’un des éléments les plus parlants apparaît dans le classement des années selon la moyenne de leurs températures maximales. Parmi les cinq années les plus chaudes relevées à Brive-La Roche, toutes se situent à partir de 2020 : 2022, 2025, 2020, 2023 et 2024.

    L’année 2026 apparaît provisoirement en tête de certains classements, mais elle n’est pas terminée. Ses résultats annuels doivent donc être considérés comme provisoires. Même sans retenir 2026, la concentration des années les plus chaudes dans la période récente constitue un signal particulièrement net.

    Près de 2 °C supplémentaires dans la moyenne locale

    Dominique Gaudefroy a recalculé une température moyenne annuelle à partir des moyennes minimales et maximales disponibles. Pour rendre la tendance plus visible, il a regroupé les années par périodes de cinq ans. Ce lissage atténue les variations ponctuelles liées à une année froide ou exceptionnellement chaude.

    Période ou groupe d’annéesMoyenne lissée indiquée
    1987-198912,62 °C
    Autour de 1990-199412,50 °C
    Autour de 1995-199912,82 °C
    Autour de 2000-200412,96 °C
    Autour de 2005-200912,70 °C
    Autour de 2010-201413,10 °C
    Autour de 2015-201913,86 °C
    Années les plus récentes14,70 °C

    Reconstitution simplifiée du tableau de Dominique Gaudefroy. Les groupes ne comportent pas tous exactement le même nombre d’années.

    La méthode mériterait d’être vérifiée et homogénéisée par un climatologue, notamment parce que certaines périodes ne comprennent pas exactement le même nombre d’années. Néanmoins, l’ordre de grandeur est clair : les températures moyennes locales récentes se situent environ 2 °C au-dessus de celles de la fin des années 1980.

    Peut-on parler d’un basculement climatique autour de 2010 ?

    Les données montrent des fluctuations importantes entre 1987 et le début des années 2010. Certaines années sont chaudes, d’autres plus fraîches, sans progression parfaitement régulière. À partir des années 2010, et plus nettement encore depuis 2018, les années très chaudes deviennent toutefois beaucoup plus fréquentes.

    Il ne s’agit pas d’un basculement survenu à une date précise, comme si le climat avait changé du jour au lendemain. Il est plus juste de parler d’une accélération visible du réchauffement local, devenue particulièrement manifeste au cours des quinze dernières années.

    Le climat reste variable. Des hivers froids, des journées de gel et des périodes pluvieuses continueront d’exister. Mais ils prennent place dans un environnement général plus chaud. Le réchauffement ne supprime pas les variations météorologiques : il déplace progressivement le niveau autour duquel elles se produisent.

    Après les pluies hivernales, un déficit rapide de précipitations

    Précipitations mensuelles à Brive-La Roche en 2026. Après les pluies hivernales, le déficit s’installe à partir de mars.

    Le graphique étudié par Dominique Gaudefroy montre qu’après les fortes pluies de l’hiver, les précipitations sont devenues largement déficitaires à partir de mars. Le déficit atteindrait environ 190 millimètres en cinq mois.

    Ce phénomène illustre une évolution plus complexe qu’une simple diminution annuelle des pluies : fortes précipitations concentrées pendant certaines périodes, longues séquences sèches, sols qui perdent rapidement leur humidité et augmentation simultanée des risques d’inondation et de sécheresse.

    Des paysages locaux soumis à des extrêmes successifs

    Crue de la Vézère en février 2026, en amont de Brive, vers Varetz. Photo : Dominique Gaudefroy.

    L’hiver 2026 a été particulièrement pluvieux. Quelques mois plus tard, la chaleur et le manque de pluie ont pourtant installé la sécheresse. Cette succession rapide d’excès d’eau puis de dessèchement rend l’adaptation des sols, des cultures et des milieux naturels beaucoup plus difficile.

    Quand les incendies lointains atteignent le bassin de Brive

    À Estivaux, le 26 juillet 2026, les fumées d’incendies situés à plus de 200 km masquent le soleil. Photo : Dominique Gaudefroy.

    Le 26 juillet 2026, à proximité d’Estivaux, le ciel est dépourvu de nuages, mais le soleil reste presque invisible. Les fumées provenant d’incendies de Gironde recouvrent la région d’un voile opaque. Dominique décrit une atmosphère cotonneuse, une odeur âcre et des difficultés respiratoires.

    Cette scène montre que les conséquences des incendies dépassent largement les secteurs directement touchés par les flammes. Les fumées peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres, dégrader la qualité de l’air et affecter la santé de populations éloignées.

    Une végétation locale de plus en plus vulnérable

    Prairies desséchées vers Labrousse, au sud-ouest de Brive, le 29 mai 2011. Photo : Dominique Gaudefroy.

    Pour un naturaliste, les effets du réchauffement se lisent aussi dans les paysages. Dès mai 2011, certaines prairies étaient presque entièrement desséchées après deux mois particulièrement chauds et un déficit de pluie de 66 % en mai.

    Traditionnellement, le mois de mai était pourtant l’une des périodes où les prairies atteignaient leur plus grande luxuriance. Ces sécheresses précoces fragilisent particulièrement les terrains sableux du Trias, au sud de Brive. Ces sols abritent des espèces végétales remarquables, mais retiennent peu l’eau.

    Lorsque les épisodes secs se répètent, les espèces les plus sensibles peuvent régresser ou disparaître. Elles sont progressivement remplacées par des végétaux mieux adaptés à la chaleur et au manque d’eau. Le changement climatique transforme ainsi silencieusement la composition des paysages et la biodiversité locale.

    Brive est-elle devenue aussi chaude que des villes méditerranéennes ?

    Station citéeMoyenne maximale du mois le plus chaud
    Brive-La Roche, juillet 202635,2 °C
    Montélimar35,3 °C
    Albi34,8 °C
    Malaga34,5 °C
    Toulouse34,2 °C
    Argentat34,1 °C
    Bordeaux33,1 °C
    Montpellier32,9 °C
    Nice31,2 °C
    Paris-Montsouris30,3 °C
    Amiens28,3 °C

    Sélection comparative proposée par Dominique Gaudefroy. Les stations et périodes d’archives ne sont pas directement équivalentes.

    Ces comparaisons doivent être maniées avec prudence. Les stations ne se trouvent pas toutes dans les mêmes conditions : altitude, distance à la mer, humidité, urbanisation, durée des archives et période du record varient fortement.

    Elles ne signifient donc pas que Brive possède désormais le même climat que Malaga ou la Méditerranée. Elles montrent en revanche qu’un mois d’été à Brive peut désormais atteindre ponctuellement des niveaux de chaleur autrefois associés à des régions beaucoup plus méridionales.

    S’adapter, mais sans renoncer à agir sur les causes

    Face à ces transformations, le mot « adaptation » revient constamment : isoler les logements, créer des espaces ombragés, végétaliser les villes, économiser l’eau ou installer des systèmes de rafraîchissement. Ces mesures deviennent indispensables.

    Dominique Gaudefroy en propose cependant une lecture critique : l’adaptation ne doit pas devenir un prétexte pour accepter sans discussion une dégradation continue de nos conditions de vie. Planter des arbres, désimperméabiliser les sols et restaurer les zones humides permet réellement de rafraîchir les espaces habités. Encore faut-il leur réserver de la place.

    Il pousse volontairement le raisonnement jusqu’à la satire : pourquoi ne pas planter des arbres au milieu des terrains de football ou de rugby et demander aux joueurs de les contourner ? Derrière l’humour se trouve une question politique sérieuse : quelles activités, quels usages du sol et quels intérêts économiques sommes-nous réellement prêts à modifier pour rendre nos territoires habitables ?

    L’effort ne peut pas reposer uniquement sur les particuliers, sommés d’acheter une climatisation, de mieux supporter la chaleur ou d’adapter leurs horaires. Il suppose des décisions collectives concernant l’aménagement, les transports, l’agriculture, l’énergie, la consommation des ressources et la protection de la végétation.

    Des chiffres locaux qui rendent le changement climatique concret

    Les relevés de Brive-La Roche ne permettent pas, à eux seuls, d’expliquer chaque canicule ni d’attribuer chaque sécheresse au changement climatique. Ils apportent cependant quelque chose d’essentiel : une mesure locale et concrète d’un phénomène souvent présenté à travers des moyennes mondiales.

    • une majorité de mois au-dessus des normales en 2026 ;
    • plusieurs journées dépassant 40 °C ;
    • un nouveau record mensuel très supérieur à celui de 2003 ;
    • une concentration des années les plus chaudes depuis 2020 ;
    • une hausse proche de 2 °C entre les premières et les dernières années de relevés ;
    • des sécheresses plus précoces et une végétation fragilisée.

    Les données recueillies par Dominique Gaudefroy ne décrivent donc pas seulement un été exceptionnel. Elles interrogent la transformation durable du bassin de Brive. La question n’est plus seulement de savoir si le climat local change. Elle consiste désormais à déterminer jusqu’où nous le laisserons changer, comment protéger les habitants et les milieux naturels, et quelles transformations collectives nous sommes prêts à engager.

    Sources et précautions de lecture

    Article rédigé à partir du travail publié par Dominique Gaudefroy le 2 août 2026 sur Correzitude.fr : « Le climat en question… Cette fois en Sud Corrèze et encore plus à Brive-la-Gaillarde ». Les tableaux et graphiques originaux proviennent principalement des données de la station Brive-La Roche consultées sur Infoclimat.

    Les chiffres de l’année 2026 sont provisoires, l’année n’étant pas terminée. Les comparaisons entre villes ont une valeur illustrative, mais ne constituent pas une comparaison climatologique homogène. La reconstitution des moyennes par périodes de cinq ans reprend le travail de Dominique et doit être lue comme une mise en évidence de tendance, non comme une expertise climatologique officielle.

    Source principale : https://www.correzitude.fr/26-CLIMAT-BRIVE.html

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