Le 12 juin 1944, dans le maquis corrézien, plusieurs dizaines de soldats allemands prisonniers furent exécutés près de Meymac. Cet épisode, longtemps tabou, reste une page complexe de l’histoire locale et nationale.
Le livre Meymac, les ombres du bois d’Encaux, coécrit par le journaliste Pierre Vignaud et l’historien Hervé Dupuy, revient en détail sur cet événement :
les circonstances de l’exécution,
la mémoire des résistants,
les archives manquantes ou inaccessibles,
les témoignages de ceux qui ont vécu ou transmis ces faits.
Dans cette conférence organisée par les Compagnons de la Mémoire Vivante, les auteurs expliquent leur démarche, entre enquête journalistique et recherche historique, et replacent l’affaire dans le contexte de la brutalité de la guerre en Corrèze, des affrontements entre les maquisards résistants et la Wehrmacht, la division Das Reich, les massacres de Tulle, Oradour sur Glane …
Un échange riche, éclairé également par l’intervention de l’historien Paul Estrade, qui souligne l’importance de comprendre cette mémoire dans toutes ses dimensions : résistance, répression, silence, transmission.
🎥 Notre association Citoyliens est heureuse de mettre en ligne l’enregistrement de cette soirée afin de partager largement cette réflexion.
👉 RéalisationCitoyliens :
Caméra et son : Gwen
Montage : Anne R.
Seconde partie de la conférence “MEYMAC, les ombres du bois d’Encaux” – échanges avec le public
La rencontre s’est poursuivie avec un second temps d’échanges, disponible dans une seconde vidéo. Dans cette suite, la parole est donnée à d’autres intervenants, notamment des représentants de l’ANACR, qui apportent leur témoignage et leur analyse sur la mémoire résistante et les archives.
Cette seconde partie permet de mesurer la richesse et la complexité du débat autour du bois d’Encaux : entre mémoire locale, silence, récits de presse, et la nécessité de préserver une transmission fidèle et respectueuse de l’histoire.
Jean Horgues-Débat démonte le mythe de la virilité – Une conférence gesticulée en deux actes
Par Citoyliens
À quoi tient le fait “d’être un homme” ? Est-ce un destin biologique, un rôle social ou un piège culturel ? C’est à ces questions brûlantes que répond Jean Horgues-Débat dans sa conférence gesticulée en deux parties intitulée “Délivrons-nous du Mâââle“
🎤 Une parole incarnée et militante À la croisée du théâtre, de l’analyse politique et de l’éducation populaire, cette conférence n’a rien d’un cours magistral. Elle prend racine dans l’expérience personnelle de Jean, dans ses doutes, ses colères, ses contradictions. Militant de longue date, il se met à nu avec une grande sincérité pour nous parler des pressions qui façonnent (et déforment) les hommes.
👦 Des petits garçons formatés pour “avoir des couilles” Dans la première partie, il revient sur l’enfance, les injonctions viriles, l’apprentissage du genre, les stéréotypes qui enferment et les malentendus autour du sexe, du genre, de l’identité et de la sexualité. C’est un panorama éclairant, nourri par des apports théoriques solides (Simone de Beauvoir, Butler, Connell…) et des séquences théâtrales percutantes.
⚔️ Des modèles virils qui tuent La seconde partie explore quatre idéaux masculins qui façonnent encore notre monde : l’amant performant, le guerrier courageux, le winner impitoyable et l’homme-roc inébranlable. Jean démonte ces mythes avec humour et gravité, et en montre les conséquences concrètes : violences, frustrations, burn-out, inégalités persistantes…
🌱 Des alternatives politiques et intimes Mais surtout, il ouvre des voies : vers des masculinités plurielles, vers la désobéissance viriliste, vers une société du soin, de la coopération, de la tendresse. Il appelle à dépasser la binarité, à repenser les rôles dès l’enfance, à modifier nos institutions, notre langage, nos représentations.
🔥 Une claque salutaire et une invitation à agir Cette conférence “Délivrons-nous du Male” est un outil puissant de sensibilisation, de remise en question et de transformation. Elle fait rire, réfléchir, secoue et apaise. Elle donne envie de lutter, d’aimer, de pleurer… bref, d’être humain.
📺 Vidéos à voir absolument, à partager sans modération
En Corrèze, entre le 7 et le 11 août 2025, va se tenir le camp CHATONS 2025, au battement d’aile, Lauconie 19150 Cornil (entre Tulle et Brive). C’est un moment de convivialité qui rassemble pendant quelques jours les membres du collectif d’hébergeurs internet français nommé C.H.A.T.O.N.S. (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires).
Ce collectif vise à rassembler des structures proposant des services en ligne libres, éthiques et décentralisés afin de permettre aux utilisateur⋅ices de trouver rapidement des alternatives respectueuses de leurs données et de leur vie privée aux services proposés par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). CHATONS est un collectif initié par l’association Framasoft en 2016 suite au succès de sa campagne Dégooglisons Internet.
Ce moment est ouvert à tous et sans nécessité de maîtriser les techniques du web. Inscription ici, via ce formulaire. Le contenu de ce Camp CHATONS est élaboré par les participant⋅es, sur le principe des BarCamp (autogestion). Possibilités d’hébergement : dortoirs, chambres, yourtes, espace camping et véhicules aménagés. (voir ici).
Qu’est ce que l’hébergement internet alternatif : voir Chatons.org
Vous pouvez retrouver les CR des éditions précédentes : 2021, 2022, 2023 et 2024.
Je n’achète pas américain Je n’achète plus chez Cdiscount, ni dans le groupe les 3 Suisses
Je n’achète plus à la Fnac
Coûte que coûte je vais résilier mon abonnement Orange
Vaille que vaille je vais fermer mon compte LCL Anciennement Crédit Lyonnais Escroquerie relaxée pour un Jean-Claude Qui s’appelle toujours Trichet
Je n’achète pas quand c’est suremballé Je n’achète pas quand c’est le contenant qui donne sa valeur au contenu
Je n’achète pas quand c’est gratuit Je n’y vais pas quand c’est loin Je n’achète pas quand ça vient de loin Alors qu’il y en a ici À cela et à ce qui suit je fais parfois des exceptions mais Je n’achète pas la première fois Je n’achète pas la seconde fois Et à la fin souvent je n’achète pas Ou alors c’est un livre, et chez un vrai libraire
Quand on me demande comment faire avec la décroissance alors qu’avec la croissance on n’y arrive déjà pas je réponds que justement Justement c’est là le sujet Faire avec ce qu’on a et non avec ce qu’on n’a pas Faire avec ce qu’on a et qui est déjà largement amplement surabondamment indécemment suffisant
Je réponds QU’IL NE S’AGIT PAS de partager la part du gâteau qui avec la croissance sera de plus en plus gros sauf que par malheur la croissance il en manque juste (mais toujours) un petit peu parce que la croissance ce n’est pas du gâteau et qu’il faudrait se retrousser les gencives une bonne fois pour toutes pour aller la chercher avec les dents
Mais de vivre sur cette terre En harmonie avec ce qui la fait, ceux qui la font
Je n’achète pas ces dictionnaires où sont écrasés aux côtés des laids comme embusqués les mots beaux comme : Emporte-pièce
Je n’achète pas à crédit Dans les cartes de crédit je troue des confettis Dans les cartes de fidélité je troue des confettis Gros comme des jetons Avec un emporte-pièce Et avec les confettis je fais la fête à l’économie de marché Les distributeurs automatiques n’emportent pas mes pièces Je ne leur achète pas la première fois Je ne leur achète pas la seconde fois Et si finalement je le fais Je paie avec mes confettis Gros comme des jetons
Je ne confie jamais mon argent à un banquier Parce que nos intérêts Ne sont PAS les mêmes Je ne confie jamais mon argent à un sommier Parce que parfois c’est un registre Où l’instruction met ses pièces
Je n’achète pas quand le vendeur pris en faute me dit que « de toute façon les autres font pareil »
Aux conditions générales, je suspends discrètement mes propres clauses Suspensives
À tout cela et à ce qui suit Je le rappelle je fais parfois des exceptions mais Je n’achète pas la première fois Je n’achète pas la seconde fois Et à la fin souvent je n’achète pas Ou alors c’est un livre, et chez un vrai libraire
Je ne pratique plus le hold-up depuis que j’ai compris Que de toute façon l’argent Retourne toujours à la banque
Je ne vole pratiquement plus Je ne vole jamais dans un avion d’Air France Je ne vole jamais en avion pour si peu de temps Pour si peu de bon temps Volé aux esclaves du coin Par des esclaves venus de loin
Je n’achète pas si le service clients est un robot téléphonique
Je n’achète pas s’il y a un bon de réduction pour le prochain produit acheté
Pour savoir tout ça j’ai dû pas mal acheter Ça a fait plein de croissance Et la croissance n’a rien fait de bien
Depuis que je n’achète pas chaque jour quelqu’un d’autre rajoute quelques « je n’achète pas » à la liste des « je n’achète pas », ça fait beaucoup de « je n’achète pas » avec plein de gens
Qui n’achètent pas quand l’offre spéciale se termine justement ce soir Qui n’achètent pas de produits à piles Qui n’achètent pas du Seb, du Tefal, du Total
Qui n’achètent pas tous ces appareils ménagers électriques qu’on met dans la cuisine, et surtout pas de grille-pain pour remplacer celui qu’ils auront jetés quand ils sauront qu’un grille-pain consomme chaque seconde autant de watts que quatre champions cyclistes en plein sprint
Qui n’achètent pas quand la livraison est offerte Qui ne s’abonnent plus à rien En tout cas qui essaient Ils essaient et comme moi ils ont du mal Souvent ils ne peuvent pas PARFOIS ils peuvent
Ils n’achètent pas la première fois Pas la deuxième fois Et cætera Ce PARFOIS changera le monde C’est déjà commencé Un autre monde est en marche
Une 54ᵉ trousse corrézienne avec, une fois encore, une couverture pleine de couleurs appétissantes… Ce numéro est le second composé depuis l’annonce, en hiver 2024, de la suspension des subventions de la DRAC. Mais pourquoi cet arrêt de subvention ? Voici les termes officiels : “fragilité du modèle de diversification des ressources et impossibilité de développer un modèle économique soutenable dans la durée”.
Pourtant, La Trousse n’a jamais cessé de répondre aux critères d’attribution de cette subvention, destinée à soutenir des titres de presse locale… D’autant plus que l’État subventionne aujourd’hui 374 titres de presse à hauteur de 22,7 millions d’euros via le ministère de la Culture – notamment des organes déjà propriétés de milliardaires… (voir aussi cet article en ligne concernant l’arrêt de la subvention “fond de développement de la vie associative”)
Heureusement, un contrepoids existe : des réabonnements en nombre et une centaine de personnes présentes lors de la fête de soutien solidaire organisée en février 2025. (participez vous aussi si vous ne l’avez pas encore fait, c’est extrêmement important !)
Enfin, si vous souhaitez prendre la mesure du travail collectif derrière chaque numéro, vous trouverez en page 2 la liste de toutes les personnes qui interviennent dans la fabrication du journal !
Survol du contenu de ce numéro 54 de la Trousse
La trousse c’est bien sûr du beau du frais du local mais encore une fois de plus, la liste des sujets abordés dresse un tableau assez complet des réalités de notre département :
EAU: deux projets pour l’avenir et le sauvetage de la Charente de la rivière Charente, extrêmement sollicité pour des besoins agricoles, soit le détournement des sources de la Dordogne par canalisation forcée soit une approche naturelle… à déguster au calme avec un verre à la main…
Solidarité : très digne récit de réalités résistantes de 39-45 à hauteur d’enfants, de 10 familles complètes …
L’inattendu discours de commémoration du 8 mai 1945 par un maire de Corrèze : les massacres méconnus de la même date en Algérie française et leurs dizaines de milliers de morts …
BOIS : retour la politique du fait accompli (ratée) pour transformer l’hyper-scierie en mega-scierie…
Est-ce que le JARDIN potager municipal d’Argentat sur Dordogne… durable ou Green-washing de projets plus “bétonneurs”… ?
Solidarité (encore) : témoignage on m’a dit merci à l’intérieur d’une cantine solidaire organisée par La Calade à Uzerche, association artistique et social
Agrivoltalisme : compte-rendu sur la fin d’un ciné débat sur l’agrivotaisme s’articulant aux 180 projets envisagés pour la Corrèze face auxquels des associations locales forgent des réponses …
Quand sa maison se retrouve entourée 2 dizaines d’hectares de panneaux photovoltaïques…
Heure de coupure de l’éclairage public à Argentat-sur-Dordogne
Association Conscienta, une pépite associative locale d’accueil et de réinsertion d’anciens condamnés…
Destin des logement urbains vétustes et hors-normes : et si une stratégie coopérative de propriété et d’architecture solidaire était la solution ?
Charte de gestion la ressource BOIS : analyse et réaction d’une personne qui sait quelle est le peu de portée juridique d’une charte …
L’équipe de la Trousse analyse les motifs invoqués pour la suspension de leur subvention …
Gaza : le mouvement Soumoud, le convoi de résistance populaire au Maghreb …
Affichage de héros iconique américains en milieu scolaire français…
Sucre contre sang : équation des collectes publiques de sang ?
Le collectif Postindustrial Animism signe un fanzine percutant de 8 pages, « Alerte sur les forêts », qui dénonce les impacts destructeurs de la transition énergétique industrielle sur les forêts vivantes. À travers dessins, typographies expressives et messages synthétiques, le fanzine montre comment les politiques actuelles sacrifient les écosystèmes au nom de la production « verte », en masquant les logiques extractivistes derrière les panneaux solaires, éoliennes ou usines de biomasse.
Pensé comme un outil de sensibilisation et de mobilisation, le fanzine relie notre destin à celui des forêts, et appelle à rejoindre les luttes locales et collectives pour leur défense. Il mentionne de nombreux réseaux actifs tels que SOS Forêts France, le RAF, Canopée, ou encore Les Soulèvements de la Terre.
Fruit d’une démarche graphique radicale et artisanale, « Alerte sur les forêts » prolonge le travail du collectif, qui conçoit des microéditions, ateliers et visuels militants autour des enjeux écologiques contemporains.
Dans cette vidéo-conférence d’une grande richesse humaine, Gérard Mondière, professeur émérite et témoin direct, nous plonge dans l’incroyable trajectoire de Georges Guingouin, premier maquisard de France, figure majeure de la Résistance, et pourtant si longtemps marginalisé, sali, oublié.
Instituteur laïc et communiste, Guingouin entre en clandestinité dès 1941, dans un contexte où le PCF est interdit. Il fonde dans les forêts limousines l’un des plus grands maquis de France, organisant sabotages, parachutages, libérations, et actions militaires à la tête de 8 000 à 14 000 résistants. Sa cible ? L’armée allemande, la milice, la police de Vichy… mais aussi parfois la direction de son propre parti, le PCF clandestin, qui le considère comme un “fou vivant dans les bois”. Pour avoir refusé des ordres inconsidérés – comme libérer Limoges deux jours après le Débarquement, ce qui aurait causé un massacre comme à Tulle –, il est condamné en interne. On envoie même un tueur pour l’éliminer. Il survit, mais tout sera fait pour qu’il paie son insubordination.
Et pourtant, ses faits d’armes sont salués par Eisenhower, et Charles de Gaulle le fait Compagnon de la Libération, le qualifiant de “l’une des plus belles figures de la Résistance”. Guingouin retarde la division SS Das Reich — celle responsable du massacre d’Oradour-sur-Glane —, permettant aux Alliés de progresser vers la Libération.
Après-guerre, il devient maire de Limoges, mais dès 1952, il est exclu du Parti communiste. En 1954, victime de calomnies et accusé à tort de crimes crapuleux, il est emprisonné et passé à tabac, laissé pour mort à la prison de Brive. Il mettra deux mois à se rétablir. Quinze ans plus tard, défendu par Me Henri Leclerc, célèbre avocat pénaliste (un des fondateurs de la Ligue des droits de l’homme contemporaine), qui jouera un rôle important dans sa réhabilitation morale et judiciaire.
Guingouin, injustement accusé de crimes de droit commun au début des années 1950 (notamment dans l’affaire dite des “crimes de Chamberet”), sera finalement innocenté en 1966 par un non-lieu, quinze ans après les faits. La justice l’innocente, mais le mal est fait.
Guingouin finira sa vie comme il l’avait commencée : instituteur, discret et fidèle à ses idéaux. Il meurt en 2005 à Troyes, sans avoir jamais plié. Ce récit poignant, presque romanesque, met en lumière les tensions brutales entre l’éthique révolutionnaire et les logiques de pouvoir. Il résonne aujourd’hui comme un appel à la mémoire et à la justice.
Gérard Monédiaire évoque son livre ainsi que le documentaire de 2h dont il a été co-créateur pour la télévision. Cette conférence est un témoignage rare, salutaire, porté par les Compagnons de la mémoire vivante et les comités ANACRE de Haute-Corrèze.
Le vendredi 28 février 2025, le café associatif Le Tsopelo a accueilli une conférence fascinante sur la génétique, les OGM et le clonage, présentée par Marie Dutreix, chercheur au CNRS et à l’Institut Curie. Une soirée riche en savoirs et en discussions sur l’avenir de la science et de la biotechnologie.
Comprendre la génétique : héritage et évolution
Marie Dutreix a commencé par rappeler les bases de la génétique, expliquant comment les caractères héréditaires se transmettent de génération en génération. Elle a présenté la distinction entre l’inné (le patrimoine génétique) et l’acquis (l’influence de l’environnement), avec un focus sur l’épigénétique, cette discipline qui démontre que notre mode de vie peut influencer l’expression de nos gènes.
L’évolution des espèces a également été abordée à travers des exemples concrets, tels que le cou de la girafe ou la sélection naturelle dans les cultures agricoles.
OGM : entre espoirs et controverses
Les organismes génétiquement modifiés (OGM) ont constitué une grande partie de la discussion. Si les OGM sont présentés comme une solution pour améliorer la productivité agricole, résister aux maladies ou produire des médicaments, ils suscitent de nombreuses questions éthiques et environnementales.
Marie Dutreix a détaillé les techniques de modification génétique, notamment les transferts de gènes entre espèces et l’utilisation de gènes de résistance aux pesticides, avec un focus sur l’impact des OGM sur la biodiversité et l’agriculture mondiale. Elle a également souligné les risques de la dissémination incontrôlée des gènes modifiés et les stratégies industrielles, comme la brevetabilité des semences, qui posent des problèmes économiques et sociaux.
Le clonage : réalité et science-fiction
En abordant le clonage, la conférencière a rappelé que cette technique existe déjà dans la nature (bactéries, bouturage des plantes, jumeaux monozygotes). Mais le clonage artificiel, rendu célèbre par la brebis Dolly, soulève des questions sur la santé des clones, leur espérance de vie et les enjeux éthiques d’une éventuelle application à l’humain.
La génétique au service de la médecine
Si la conférence a mis en avant les débats autour des OGM et du clonage, Marie Dutreix a également expliqué les aspects positifs de la génétique. En médecine, les recherches permettent désormais de diagnostiquer et de traiter certaines maladies génétiques, d’améliorer les thérapies ciblées contre le cancer ou encore d’avancer dans la médecine personnalisée.
Regarder la conférence en ligne
Si vous avez manqué cette conférence passionnante, vous pouvez la revoir en intégralité sur notre chaîne YouTube :
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Joie pour les opposants, sidération pour les défenseurs, le 27 février, le tribunal administratif de Toulouse a rendu son verdict : le chantier de l’autoroute A69, devant relier Toulouse à Castres, est illégal et doit être arrêté sans délai. C’est une première car aucune juridiction n’avait encore annulé à mi-chemin un projet d’infrastructure d’une telle envergure.
Après 14 recours en référé rejetés, les magistrats ont en définitive décidé de suivre les conclusions de la rapporteuse publique – Mona Rousseau – requérant une « annulation totale » de l’autorisation environnementale. Nonobstant, l’État va faire appel de cette décision.
Pour la petite histoire
Depuis plus de trente ans le projet d’autoroute Castres-Toulouse est un « serpent de mer » qui ressurgit régulièrement sur le terrain politique. En 1989, il était tout d’abord question d’élargir la RN 126.
Puis en 1990, changement de cap, l’État décide de construire une autoroute, ce sera l’A 69. Mais neuf ans plus tard, comme rien ne bouge, les élus, en majorité favorables au projet s’impatientent et manifestent pour faire accélérer le dossier.
Il faudra attendre 2006 pour que l’autoroute soit actée sous l’influence du groupe Pierre Fabre. Son PDG affirmait à l’antenne : « C‘est la seule réponse pour garantir la pérennité de l’entreprise Pierre Fabre à Castres ». C’est d’ailleurs en visitant les laboratoires Fabre en 2013 que François Hollande donnera l’impulsion décisive.
En 2018, Le Premier ministre Edouard Philippe prend un décret qui déclare le projet d’utilité publique ; le recours des opposants est perdu en Conseil d’État.
L’enquête publique qui se déroule du 28 novembre 2022 au 11 janvier 2023, montre une forte contribution avec une grosse majorité d’avis opposés.
Le 1er et 2 mars 2023, les préfets de la Haute-Garonne et du Tarn attribuent des autorisations environnementales pour la réalisation de l’autoroute A69 comprenant des dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées et à leurs habitats. Le chantier débute, les 53 km sont concédés à la société Atosca.
Une longue bataille juridique s’ouvre le 19 juin : une coalition de 14 organisations dépose un recours sur le fond au tribunal administratif de Toulouse, contestant la validité de l’étude d’impact et l’argument selon lequel l’autoroute répondrait à « une raison impérative d’intérêt public majeur ».
En 2024, plusieurs référés suspensions se sont succédés sans aboutir.
Coup de théâtre, le 25 novembre, la rapporteuse publique — un magistrat dont l’avis est souvent suivi par le juge — a émis un avis défavorable sur la légalité des autorisations environnementales du projet. Au lieu de la suivre, les juges rouvrent l’instruction, permettant aux travaux de se poursuivre pendant que la justice enquête.
Malgré les nombreux recours en justice des opposants et actions sur le tracé, le concessionnaire aurait réalisé 300 millions de travaux (soit 65% du budget total du chantier) sur un budget prévisionnel de 450 millions d’euros.
Le 27 février 2025, c’est le recours principal, déposé le 19 juin 2023 qui a tranché, mettant un terme aux travaux.
Qu’est-ce qui a motivé le tribunal ?
Tout d’abord celui-ci rappelle que la dérogation en matière d’atteinte à l’environnement accordée par les préfets au projet de l’A69 n’est possible qu’à trois conditions : si le maintien des espèces protégées n’est pas menacé, s’il n’existe pas de solution alternative et si le projet répond à une raison impérative d’intérêt public majeur. Or, ce n’est pas le cas car les bénéfices économiques, sociaux et de sécurité publique du projet sont de portée limitée.
Par conséquent, le tribunal administratif déclare illégale l’autorisation environnementale : « Au vu des bénéfices très limités qu’auront ces projets pour le territoire et ses habitants, il n’est pas possible de déroger aux règles de protection de l’environnement et des espèces protégées ». Et données de l’INSEE à l’appui, le tribunal rejette ainsi l’argument du désenclavement : « Le territoire ne présente ni un décrochage démographique, en comparaison des autres bassins situés aux alentours de Toulouse, ni un décrochage économique ».
De plus le prix annoncé du péage ferait de l’A69 l’une des autoroutes les plus chères de France. « Le coût élevé du péage du projet A69 est de nature à en minorer significativement l’intérêt pour les usagers et les entreprises » selon le tribunal.
Encore trois ans de procédure ?
Le ministère des Transports a d’ores et déjà indiqué que l’Etat allait faire appel. Si la cour administrative d’appel rejette la demande de l’Etat, un ultime recours pourra être déposé devant le Conseil d’Etat.
Mais l’appel ne suspend pas la décision du tribunal administratif donc le chantier doit s’arrêter durant toute la procédure, sauf si l’Etat dépose un sursis à l’exécution du jugement. Ce qu’il a bien l’intention de faire. Si ce sursis est accordé, alors le chantier peut reprendre pendant l’examen sur le fond du dossier par la cour administrative d’appel de Toulouse. Dans quel délai ? « On ne le sait pas, la cour peut l’examiner quand elle le souhaite, dans quelques mois comme dans plusieurs années, voire jamais », indique l’avocat Arnaud Gossement.
Mais lorsque tous les recours seront épuisés, si l’arrêt du chantier est maintenu, que deviendront les kilomètres de route déjà terrassés, les terres agricoles dévastées, le paysage défiguré et les écosystèmes détruits ? Rappelons l’impact de ce projet en quelques chiffres : 820 personnes expulsées de leur terres et de leur maison, 366 hectares de terres agricoles détruites, 13 hectares de zones boisées, 200 arbres d’alignement centenaires abattus…
En délivrant une autorisation environnementale illégale, il semble que c’est l’État qui soit tenu pour responsable. C’est donc lui qui devra élaborer un plan pour démanteler les ouvrages et restaurer les espaces.
Un jugement qui fera date
En général, les grands projets d’infrastructure, une fois passé le cap de la déclaration d’utilité publique, arrivent habituellement à leur terme. Pour l’A69, le fait que le juge décide d’arrêter les travaux déjà réalisés à 70%, représente une victoire du droit environnemental ; du jamais vu dans la jurisprudence.
Malgré tout, on peut déplorer que le droit environnemental se soit construit après la procédure de déclaration d’utilité publique, permettant ainsi de commencer le chantier en bafouant ce droit. En jouant la politique du fait accompli, l’État prenait le risque que l’autorisation soit annulée.
Le dossier de l’A69 et la décision judiciaire historique nous incitent à envisager le droit de l’environnement dans le sens de la démocratie environnementale*.
A découvrir aussi ICI, un projet alternatif à celui de l’A69, projet innovant porté par le paysagiste et urbaniste, Karim Lahiani, accompagné par les opposants réunis au sein du collectif « La voie est libre ». Ce projet pionnier est basé sur une mobilité douce et interconnectée.
*La démocratie environnementale regroupe l’ensemble des processus permettant aux citoyen·ne·s, regroupé·es en associations ou non, d’accéder aux informations sur l’environnement, de participer à l’élaboration des décisions publiques impactant l’environnement et d’accéder à la justice pour défendre l’environnement.
Pour approfondir, voici un podcast de la série « Secrets d’Info » de France Inter dont le titre est « A69 : l’ombre de Pierre Fabre derrière l’autoroute » : cliquez ICI
La forêt est bien plus qu’un simple paysage de verdure. Elle est un lieu de mémoire, de vie, de travail, mais aussi un enjeu environnemental majeur. Rémy Gerbaud, passionné de sylviculture et acteur engagé, nous propose une conférence théâtralisée immersive, entre histoire, récit personnel et réflexion sur la gestion forestière.
Une Expérience Unique pour Comprendre la Forêt
Dans un format dynamique et vivant, Rémy Gerbaud nous emmène au cœur du plateau de Millevaches, territoire évolutif marqué par les choix humains. Entre souvenirs d’enfance, anecdotes locales et explications documentées, il nous fait découvrir les transformations de la forêt au fil des siècles.
📌 Au programme :
L’histoire du reboisement et ses conséquences.
La notion de malforestation et ses enjeux.
L’exploitation des ressources forestières et son impact.
L’évolution de la gestion forestière en France.
L’importance de la biodiversité et des espaces naturels.
Une Voix Engagée pour Nos Forêts
Si la forêt a toujours été un espace vital pour les hommes, elle est aussi menacée par une gestion parfois déconnectée de ses réalités écologiques. Rémy Gerbaud dénonce avec justesse l’industrialisation excessive de la sylviculture et invite à une prise de conscience collective.
🎭 Cette conférence-théâtre est à la fois une leçon d’histoire, un plaidoyer et un spectacle vivant, qui s’adresse à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre la forêt et ses défis.
Regardez la Version Courte 🎬
La captation vidéo de cette conférence gesticulée est disponible en version courte sur notre chaîne YouTube. Vous pouvez y accéder ici :
La version longue, pour les adhérents, partenaires, bénévoles de Citoyliens
👉 Pour visionner la version complète de cette conférence “ma petite histoire de la forêt” et soutenir nos actions, devenez adhérent et accédez à l’intégralité de la conférence