Category: Documentation

  • On peu cogner, chef ?

    On peu cogner, chef ?

    Moi, Président, grâce à l’action résolue des forces de l’ordre, je ferai tomber les masques.

    – Ça veut dire quoi, chef, on peut cogner ?

    Ça veut dire qu’en tant que dépositaire assermenté de la force publique, tu dois agir de façon proportionnée pour que les masques tombent. Masque de livreur ou autre subalterne, tu cognes. Masque mis à l’envers comme une casquette, tu cognes. Masque avec support pour Gopro, tu cognes. Masque d’allocataire, tu cognes. Masque où tu sens qu’en dessous ça fomente, ou même simplement cogite, tu cognes. Masque bonnet et bretelle de soutard, la salope, tu cognes. Masque porté d’une façon provocante, ou au contraire trop humble, ou inconsciente du danger imminent que représente le maintient de sa propre sécurité, tu cognes.

    De temps en temps oins ta matraque avec du gel hydroalcoolique et insère-la dans un anus pour protéger les muqueuses de l’individu dans le cadre strict du maintient de l’ordre, puis remets-toi à ta tâche qui consiste à faire tomber les masques.

    Masque qui t’empêche de comprendre les explications de l’individu, tu cognes.

    Masque avec de grosses lèvres peintes qui semblent t’aspirer vers elles, tu cognes.

    Masque aux relents d’huile essentielle de ravintsara, tu cognes.

    Masque en non tissé issu de plastique recyclé, conçu par un collectif, fabriqué localement base 35 heures, distribué en circuit court au juste prix, lavable à 60 ° et donc réutilisable, non mais je rêve, tu cognes.

    Oins, cogite, allocataire, subalterne, relents, dépositaire, fomente, muqueuses, immunisé, s’il y a des mots que tu ne comprends pas, et un masque, tu cognes.

    Masque que le type dessous pourrait bien se foutre de ta gueule, tu cognes.

    Masque qui ne ferait pas partie de cette liste, c’est suspect, tu cognes.

    De façon suffisamment proportionnée pour que les corps s’affaissent et que tombent les masques car que deviendrait sinon le droit pour chacun d’être pleinement reconnu par les caméras qui assurent sa protection ?

    Ainsi je suis, Moi, Président, et toi tu cognes.

    (Texte extrait de Moi, Président, de Bernard Deglet, éditions gros textes https://grostextes.fr/publication/moi-president/

  • 📰 LES MÉDIAS LOCAUX DE CORRÈZE ET ALENTOURS : mise à jour !

    📰 LES MÉDIAS LOCAUX DE CORRÈZE ET ALENTOURS : mise à jour !

    Hello, bonjour à toutes et tous 👋

    Nous venons de mettre à jour notre page consacrée aux médias locaux, indépendants, associatifs, alternatifs ou citoyens de Corrèze et des alentours :

    👉 https://citoyliens.fr/medias-locaux-correze-et-alentours/

    Et le plus amusant, c’est que nous en avons encore découvert un nouveau pas plus tard qu’hier 😄

    Comme quoi, même lorsqu’on croit avoir fait le tour du paysage médiatique local… il reste toujours quelques pépites bien cachées.

    🔎 Petites questions pour les curieux :

    • Combien de ces médias sont membres du Syndicat de la Presse Pas Pareille ?
    • Combien sont référencés ou membres du portail national Basta! ?
    • Et surtout… combien en connaissiez-vous déjà ?

    🏆 Petit concours totalement officieux :
    qui connaissait tous les médias présents sur cette page ?

    Si quelqu’un peut honnêtement répondre « moi ! », qu’iel nous contacte : iel gagnera au minimum nos félicitations les plus sincères, et probablement quelques minutes de discussion passionnée sur l’information locale 😄

    📣 Et bien sûr, cette page a vocation à évoluer.

    Si vous connaissez un journal, une radio, une web-TV, un média associatif, indépendant ou citoyen qui devrait y figurer et que nous aurions oublié…

    👉 dénoncez-le-nous immédiatement ! 😁

    Plus sérieusement : envoyez-nous son nom et son lien. L’objectif est justement de mieux faire connaître toute cette richesse médiatique locale, souvent bien plus vaste qu’on ne l’imagine.

    🌱 Parce qu’une information locale diverse, indépendante et accessible est aussi une richesse du territoire.

  • Un fond documentaire Nuage Vert : 2000 affiches politiques [vidéo]

    Un fond documentaire Nuage Vert : 2000 affiches politiques [vidéo]

    Que racontent les affiches politiques de notre histoire ? Et que peuvent-elles encore nous apprendre à l’heure où la bataille des images et des récits s’est largement déplacée vers Internet et les réseaux sociaux ?

    À travers une sélection de pièces rares conservées par l’association d’Argentat Nuage Vert, Laurent Gervereau propose un voyage dans plusieurs siècles d’histoire politique française.

    Un fonds de plus de 2 000 affiches

    Nuage Vert a constitué au fil du temps un fonds de plus de 2 000 affiches, provenant principalement de dons, mais aussi d’acquisitions rendues possibles par un patient travail de recherche.

    Une première campagne de numérisation a permis de traiter environ 200 affiches.

    Le travail ne consiste pas seulement à les photographier. Chaque document est mesuré, son état de conservation est évalué, puis il est décrit et indexé avec des mots-clés permettant d’effectuer des recherches par thème. Le contexte historique de chaque affiche est également documenté.

    L’objectif est double : préserver des pièces parfois fragiles et rendre progressivement ce patrimoine accessible à la recherche, à la transmission et à de futurs projets d’exposition.

    De l’affiche-texte à la propagande par l’image

    Laurent Gervereau rappelle que les premières affiches politiques sont d’abord des textes.

    Sous l’Ancien Régime, les décisions sont affichées sous forme de « placards ». Une grande partie de la population ne sachant pas lire, elles sont aussi proclamées publiquement par des crieurs.

    Avec le développement de l’imprimerie puis de la lithographie, l’affiche change progressivement de nature.

    La Première Guerre mondiale constitue un tournant majeur : l’image devient un puissant instrument de mobilisation et de propagande.

    Les partis politiques reprendront ensuite ces procédés. L’entre-deux-guerres, la Seconde Guerre mondiale, la Guerre froide, Mai 68 ou encore les campagnes présidentielles françaises donnent naissance à des formes graphiques très différentes.

    Mai 68 : quand une rupture politique devient aussi une rupture graphique

    Les affiches sérigraphiées de Mai 68 constituent l’un des exemples les plus frappants présentés dans la vidéo.

    Produites collectivement dans les écoles d’art, souvent anonymes, elles utilisent une technique rapide permettant de fabriquer des images simples, immédiatement compréhensibles et reproductibles.

    Pour Laurent Gervereau, Mai 68 est ainsi l’un de ces rares moments où un événement historique et une nouvelle forme visuelle apparaissent simultanément.

    Quand la publicité entre en politique

    À partir des années 1960 et 1970, une autre évolution apparaît : les techniques publicitaires entrent directement dans les campagnes électorales.

    Photographie, télévision, mise en scène du candidat, slogans, recours aux agences de communication : l’affiche politique devient progressivement un élément d’une stratégie médiatique beaucoup plus large.

    Laurent Gervereau revient notamment sur les campagnes de De Gaulle, Giscard d’Estaing, François Mitterrand ou Jacques Chirac.

    L’affiche raconte alors autant l’évolution politique du pays que celle de nos manières de communiquer.

    Aujourd’hui, la bataille des images a changé de terrain

    L’affiche politique existe toujours, mais elle n’occupe plus la position centrale qu’elle avait autrefois dans l’espace public.

    La communication politique circule désormais massivement sur Internet et dans les réseaux sociaux, dans ce que Laurent Gervereau décrit comme une véritable « guerre mondiale médiatique ».

    Regarder les anciennes affiches ne relève donc pas seulement de la nostalgie ou de la conservation patrimoniale.

    Cela permet de comprendre comment une image est construite, à qui elle s’adresse, quel récit elle cherche à imposer et dans quel contexte elle apparaît.

    Retrouver des repères

    C’est peut-être là que se trouve l’enjeu principal de cette démarche.

    Face au flot continu d’informations et d’images auquel nous sommes aujourd’hui confrontés, Laurent Gervereau insiste sur la nécessité de retrouver de la profondeur historique.

    Non pas pour prétendre que l’histoire empêcherait de répéter les erreurs du passé, mais parce qu’elle fournit des repères pour juger, comprendre et analyser le présent.

    Il distingue également le travail historique des affrontements de mémoires : rechercher les faits, contextualiser les documents, comparer les sources et accepter que la connaissance évolue au fil des découvertes.

    Conserver ces affiches, les documenter et les montrer devient alors bien davantage qu’un travail patrimonial.

    C’est aussi un travail citoyen.

    Le livre “VISITEZ L’HISTOIRE” sort en septembre 2026 et sera disponible le 3 octobre pour le festival CAUVALDOR dans le Lot où Nuage Vert prête une expo sur les affiches politiques.

    Conférence le 19 novembre à Saint-Céré en clôture du festival CAUVALDOR

    Le livre accompagnera de janvier à juin 2027 la grande expo à Nuage Vert (sur tout le rez-de-chaussée) : VISITEZ L’HISTOIRE à travers les affiches politiques en France depuis le XVIIIe siècle

  • NOUVEAUTÉ Adhérents / Bénévoles Citoyliens : le coup de coeur du mois

    NOUVEAUTÉ Adhérents / Bénévoles Citoyliens : le coup de coeur du mois

    En Corrèze, et même rien que sur Citoyliens, il se passe beaucoup de choses : rencontres, conférences, ateliers, projections, fêtes associatives, chantiers, débats, initiatives écologiques ou solidaires…

    les indices de CHANGEMENT émergent autour de nous … dispersés dans les réseaux …

    Le problème, c’est qu’on peut facilement passer à côté d’un événement vraiment important. Un rendez-vous rare, inspirant, utile, parfois décisif… que l’on aurait aimé connaître à temps.

    C’est pourquoi nous lançons une nouveauté réservée aux adhérents et bénévoles de Citoyliens :

    Chaque mois, nous vous enverrons directement par email notre événement — ou nos événements — COUP DE CŒUR DU MOIS.

    Ce message sera envoyé séparément de l’infolettre générale.

    L’idée n’est pas de vous envoyer davantage d’informations. Au contraire : il s’agit de faire le tri pour vous et de vous signaler quelques rendez-vous que l’équipe Citoyliens estime particulièrement intéressants, porteurs de sens, conviviaux ou importants à vivre.

    Adhérer ou devenir bénévole, c’est donc aussi connaître “THE événement(s)” du mois et avoir la chance de pouvoir les vivre.

    Et cela commence dès cette semaine.

    Pourquoi adhérer ?

    Adhérer à Citoyliens, c’est soutenir concrètement une plateforme associative locale, indépendante, sans publicité, qui permet aux associations et porteurs d’initiatives de rendre leurs actions visibles auprès du public.

    C’est aussi rejoindre celles et ceux qui pensent qu’une meilleure circulation de l’information locale peut produire davantage de rencontres, d’entraide et d’action collective.

    Et si vous préférez donner un peu de temps ?

    Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de disponibilité ni de compétences particulières pour être utile.

    Le bénévolat peut être très simple : déposer quelques flyers ou cartes Citoyliens dans un café, une bibliothèque, un commerce, un tiers-lieu ou une association près de chez vous est déjà un vrai coup de main. Quelques minutes peuvent permettre à de nouvelles personnes de découvrir des dizaines d’initiatives locales.

    On peut aussi aider ponctuellement pour les rencontres publiques, la diffusion, les photos, les vidéos, l’informatique, la rédaction ou simplement nous donner un relais dans son village ou son quartier.

    Chaque petit geste compte lorsqu’il permet de créer une connexion qui n’existait pas encore.

    Merci à toutes celles et ceux qui font déjà vivre Citoyliens — par leur adhésion, leur temps, leurs relais ou simplement leur confiance.

    FOOTER infolettre adherents benevoles Citoyliens
  • 82 ans après la Libération, la présence politique du RN ravive une vieille question

    82 ans après la Libération, la présence politique du RN ravive une vieille question

    ( article original de E.D. sur Facebook )

    🔶 Michel Trésallet, fils de déporté et président du comité tulliste de l’ANACR, interpelle deux élus RN : « Vous insultez nos morts ! »

    ▪️L’ANACR de Tulle avait déjà refusé la présence du RN aux commémorations du 9 juin 1944.

    ▪️Elle cite parmi des figures des origines du Front national Pierre Bousquet, Jean Castrillo et Léon Gaultier, présentés comme anciens Waffen-SS.

    ▪️Elle rappelle aussi François Duprat, qu’elle associe à la diffusion du négationnisme en France.

    On peut changer un logo. On ne change pas les archives.

    🇫🇷🇪🇺🕊️ Il faut saluer avec respect, et même avec gratitude, la parole forte du président de l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (ANACR) de Tulle, qui, lors des commémorations du 82e anniversaire de la Libération de Tulle, a eu le courage de rappeler ce que certains voudraient parfois oublier.

    ▪️Le courage, car il en faut pour parler ainsi lorsque le débat public préfère trop souvent les accommodements, les silences et les amnésies commodes.

    ▪️Et il faut saluer plus largement celles et ceux de l’ANACR qui, depuis des décennies, portent cette mémoire. Leur engagement n’est pas seulement mémoriel : il consiste à transmettre les valeurs démocratiques, humanistes et antifascistes de la Résistance et à rappeler ce que leur abandon peut produire.

    🟥 À Tulle, cette parole n’a rien d’anodin.

    ▪️Car ici, l’Histoire n’est pas une abstraction. Elle est inscrite dans les rues, dans les noms, dans les pierres et dans les familles. Les 7 et 8 juin 1944, les Résistants attaquent Tulle et contraignent la garnison allemande à se replier. Le 9 juin, la division SS Das Reich reprend la ville. 99 hommes sont pendus aux balcons et aux réverbères de Tulle. 149 autres sont déportés. Le lendemain, la même division massacre les habitants d’Oradour-sur-Glane.

    🔥 Tulle est ainsi devenue l’une des villes martyres de la France occupée.

    ▪️Et quelques semaines seulement séparent ces journées de sang de celles de la Libération. Voilà ce que l’on commémore. Pas une photographie en noir et blanc. Pas une cérémonie protocolaire. Pas un moment où l’on dépose une gerbe avant de repartir vers les préoccupations ordinaires. On commémore une France qui, après quatre années d’occupation, de répression, de persécution et de collaboration, retrouva sa liberté grâce à celles et ceux qui avaient refusé de se résigner.

    ▪️Alors oui, nous devons continuer à nous étonner — et surtout à le dire — lorsque des représentants du Rassemblement national viennent aujourd’hui célébrer les valeurs de la Résistance et de la Libération. Non par procès d’intention. Mais parce que l’histoire politique de leur formation appartient, elle aussi, à notre mémoire nationale.

    📌 Le Front national a été créé le 5 octobre 1972, à l’initiative de plusieurs courants de l’extrême droite française, avec Ordre nouveau comme principale force à l’origine de sa création.

    ▪️Jean-Marie Le Pen en devient le président et incarne rapidement le nouveau parti sur la scène électorale. Parmi les premiers cadres figurent notamment Pierre Bousquet, ancien membre de la Waffen-SS française, et Léon Gaultier, lui aussi ancien Waffen-SS. François Duprat, figure de l’extrême droite radicale et ancien militant d’Ordre nouveau, joue également un rôle important dans la structuration du parti. Ce ne sont pas des insultes. Ce sont des faits historiques.

    👍 Alors oui, une formation politique peut évoluer.

    ▪️Ses dirigeants peuvent changer. Son électorat peut évoluer. Mais l’évolution d’un parti ne permet pas l’effacement de son histoire.

    ▪️Changer le nom du Front national en Rassemblement national ne change ni les archives, ni les filiations, ni les combats politiques qui ont marqué ses origines.

    ♦️ Et c’est précisément pourquoi les cérémonies de Tulle devraient imposer une forme de gravité.

    ▪️Car la Résistance n’est pas un mot magique que l’on peut prononcer pour se donner une légitimité républicaine. Elle ne se résume pas à des drapeaux, à une Marseillaise et à quelques gerbes déposées devant un monument.

    💪 La Résistance, c’est le refus.

    ▪️Le refus de l’occupation. Le refus de la collaboration. Le refus de l’antisémitisme d’État. Le refus du fascisme. Le refus de la dictature. Le refus de la déshumanisation. Et derrière ces mots, il y eut des femmes et des hommes qui savaient parfaitement ce qu’ils risquaient : l’arrestation, la torture, la déportation, les camps, la mort. Certains ne sont jamais revenus.

    [19/08/2026 08:33] Marie Claude Marlin Marie Claude Marlin: C’est pourquoi Jean Moulin n’est pas un symbole disponible pour toutes les récupérations. Lucie Aubrac n’est pas une icône que l’on convoque sans accepter ce qu’elle combattait. Les maquisards ne sont pas des silhouettes héroïques sorties des livres d’histoire : ils étaient des hommes et des femmes qui avaient choisi la liberté alors même que la liberté pouvait leur coûter la vie.

    🙏 À Tulle, les morts sont encore là.

    ▪️Dans les noms. Dans les familles. Dans les mémoires. Dans cette ville qui porte encore les traces de ce que fut la barbarie nazie et de ce que furent les crimes commis avec la complicité du régime de Pétain.

    ▪️Les morts ne peuvent plus répondre lorsque les vivants parlent à leur place. Mais les pierres, elles, demeurent. Et elles nous rappellent qu’une démocratie peut vaciller, qu’une République peut être vaincue, qu’un pays peut être livré à l’occupation, à la haine et à la persécution. Elles nous rappellent aussi qu’il existe toujours, dans les heures les plus sombres, des femmes et des hommes capables de dire non.

    ✅ C’est pour cela que la parole de l’ANACR mérite notre respect.

    ▪️Et que le courage de celles et ceux qui continuent de la porter mérite d’être salué. Ils ne défendent pas une mémoire partisane. Ils défendent une mémoire nationale. Ils ne cherchent pas à confisquer la Résistance. Ils refusent qu’on la vide de son sens. Car la mémoire de la Résistance appartient à la Nation tout entière. Mais précisément pour cette raison, elle ne peut être transformée en patrimoine électoral.

    📍 La République, la Résistance et la Libération ne sont pas des costumes que l’on revêt le temps d’une cérémonie.

    ▪️Et l’Histoire n’est pas une page blanche sur laquelle chacun pourrait réécrire ce qui l’arrange. À Tulle, comme à Oradour, les pierres ont une mémoire. Elles nous disent ce que la France a subi. Elles nous disent aussi ce que des Français ont refusé.

    ▪️Et elles nous demandent, aujourd’hui encore, ce que nous sommes prêts à défendre. Commémorer la Résistance, ce n’est donc pas seulement honorer ceux qui sont morts pour la liberté.

    👉 C’est avoir le courage de défendre, aujourd’hui, ce pour quoi ils sont morts.

    Voir aussi article de La Montagne – second article –

  • Argentat sur Dordogne, fait divers historique de 1848 [vidéo]

    Argentat sur Dordogne, fait divers historique de 1848 [vidéo]

    Une conférence de l’historien Marc Taverdet

    Le 26 mars 1848, il s’est passé quelque chose à Argentat. Une journée d’élection, une foule en liesse, un ancien maire porté en triomphe… et, à la nuit tombante, deux morts. C’est cette journée presque effacée que l’historien Marc Taverdet a fait revivre lors d’une conférence donnée à Argentat, sous un titre qui dit tout d’une méthode : « Découvrir le passé d’Argentat en fouillant les archives ».

    Agrégé et docteur en histoire contemporaine (Université Paris 1 Panthéon‑Sorbonne), professeur au lycée Edmond‑Perrier de Tulle, Marc Taverdet est un spécialiste du « long XIXe siècle » corrézien — celui qui court de la Révolution à l’entre‑deux‑guerres — et de la lente entrée des campagnes dans la vie politique. Il prépare un ouvrage consacré au Limousin sous le Second Empire et signera un article dans le livre qui paraîtra cet été à l’occasion du Festival Histoire de Passage (17, 18 et 19 juin).

    Une enquête « au ras du sol »

    Plutôt qu’un survol, Marc Taverdet choisit la loupe : un seul jour, un seul lieu, et une plongée dans le détail. C’est la démarche de la microhistoire, « au ras du sol », au ras des rues et des existences ordinaires. L’enjeu n’est pas tant de savoir ce que pensaient les habitants — on ne le saura jamais vraiment — que de retrouver ce avec quoi ils pensaient : leurs cadres mentaux, leurs représentations, leurs imaginaires sociaux.

    Au milieu du XIXe siècle, Argentat est une petite ville dynamique de plus de 3 500 habitants, à son apogée démographique, chef‑lieu de l’un des vingt‑neuf cantons d’un département presque entièrement rural. C’est aussi une Corrèze de la migration saisonnière — maçons, marchands, chaudronniers partis travailler ailleurs une partie de l’année — et une société profondément marquée par la précarité.

    Le 26 mars 1848 : une fête qui tourne au drame

    Nous sommes aux tout premiers jours de la Seconde République. Le suffrage universel — masculin — vient d’être proclamé (5 mars). Ce 26 mars, les citoyens d’Argentat sont appelés à élire les officiers de la garde nationale, cette milice citoyenne héritée de la Révolution. Mais dans les esprits, les enjeux se confondent : élire des officiers, n’est‑ce pas aussi, déjà, choisir ses édiles ?

    L’ancien maire, Claire‑Antoine Lestourgie, vient d’être révoqué par les commissaires du gouvernement. Une rumeur enfle, les esprits s’échauffent. En milieu d’après‑midi, une foule de plusieurs centaines de personnes — hommes, femmes, enfants, gens de la ville et des campagnes — vient le chercher. On le hisse sur un fauteuil, on le porte en triomphe à travers la ville avec le médecin et le capitaine fraîchement élu commandant de la garde nationale. On crie « Vive la République ! », on chante la Marseillaise, on ceint l’ancien maire de l’écharpe tricolore, on défile devant l’arbre de la liberté et le long de la Dordogne.

    C’est alors qu’une pièce de canon, amenée pour ponctuer la fête, est trop chargée. Elle éclate. Deux jeunes gens y laissent la vie — un maçon de vingt‑neuf ans et un adolescent de treize ans — et plusieurs personnes sont blessées. L’enquête judiciaire qui s’ensuit est précisément ce qui nous a légué les traces de cette journée.

    L’archive, « écume » d’un État qui resserre son emprise

    C’est là le cœur de la conférence. Si nous connaissons cet épisode, c’est parce qu’il a déclenché une procédure : rapports de gendarmerie, procès‑verbaux d’audition, correspondances de préfet. Comme l’écrit la grande historienne Arlette Farge, « l’archive naît du désordre ». Elle est l’écume qui surnage à la surface, le signe d’un État du XIXe siècle qui resserre partout son contrôle.

    Mais l’archive est aussi, dit Marc Taverdet, une rencontre, un face‑à‑face « exaltant » : elle ouvre une fenêtre sur un monde englouti, dévoile des existences ordinaires dont il ne reste, le plus souvent, aucune autre trace. Il faut pourtant la lire avec prudence — savoir, par exemple, que les rumeurs attribuées aux femmes « bavardes » en disent plus long sur les préjugés de l’époque que sur les faits.

    Le charisme du notable : « rendre service »

    Pourquoi cet attachement si fort à un maire pourtant destitué ? Pour le comprendre, Marc Taverdet replace la scène dans une société de l’incertitude : espérance de vie de quarante ans à la naissance, vulnérabilité alimentaire, économique, écologique. La pauvreté y est moins un état qu’un risque qui menace la majorité.

    Dans ce monde sans État providence, le notable joue un rôle attendu : la bienfaisance, « le penchant à rendre service ». Lestourgie, médecin, soignait gratuitement les indigents et légua une somme à l’hospice. Cette posture se transmet de génération en génération et fonde un véritable capital symbolique. Le maire du milieu du XIXe siècle est d’abord celui qui protège — y compris face aux incursions de l’État, notamment lors des émeutes fiscales, particulièrement vives en Corrèze, terre attachée aux franchises de l’ancienne vicomté de Turenne.

    Couleurs, cloches et arbres de la liberté

    La conférence se clôt sur la dimension sensible du politique d’autrefois : le paysage sonore saturé de la manifestation (cloches, vivats, coup de canon), la symbolique des arbres de la liberté plantés dans toutes les communes, et le langage des couleurs. À Argentat, les partisans de Lestourgie devinrent les « ventres noirs », leurs adversaires les « ventres blancs » — un clin d’œil à Robespierre qui rappelle combien la Révolution française est restée, tout au long du siècle, l’horizon de référence.

    Au fond, conclut l’historien, ce 26 mars 1848 montre une manifestation politique encore en train de s’inventer — illégale, non reconnue, mais déjà porteuse des formes que nous connaissons. Et il nous offre, surtout, une expérience de décentrement : le reflet d’un monde social que nous avons perdu, et que les archives, patiemment, laissent affleurer.

    Les diapositives de la conférence de Mr Marc Taverdet

    Conférence enregistrée à Argentat‑sur‑Dordogne (Corrèze).

  • Avantage de l’écriture à la main vs écriture au clavier …

    Avantage de l’écriture à la main vs écriture au clavier …

    Article original (cliquez)

    Écrire à la main transforme le cerveau — taper, non.

    La neuroscientifique norvégienne Audrey van der Meer (NTNU, Trondheim) a publié en 2024 dans Frontiers in Psychology une étude décisive : « Handwriting but not typewriting leads to widespread brain connectivity » (frontiersin.org).

    Protocole : 36 étudiants, bonnet EEG à 256 capteurs. Ils devaient soit écrire un mot au stylet, soit le taper au clavier, pendant 5 secondes.

    Résultats : l’écriture manuscrite active simultanément mémoire, intégration sensorielle et encodage — tout le cortex se synchronise. La frappe, elle, éteint presque tout : même mot, même cerveau, deux événements neurologiques radicalement différents.

    Pourquoi ? Chaque lettre manuscrite est un problème spatial unique (micro-mouvements, coordination œil-main). Taper répète le même geste mécanique, sans rien à intégrer. Van der Meer alerte : les enfants apprenant sur tablette peinent à distinguer des lettres comme b et d, faute d’expérience corporelle.

    Confirmation antérieure : l’étude classique de Mueller & Oppenheimer (2014), « The Pen Is Mightier Than the Keyboard » (Psychological Science, brucehayes.org), sur 327 étudiants, montrait déjà que les notes manuscrites — plus courtes mais reformulées — produisent une compréhension bien supérieure aux notes tapées quasi verbatim.

    En résumé : taper capture plus de mots mais court-circuite le traitement cognitif. L’écriture manuscrite force le cerveau à choisir, synthétiser, encoder. La route lente reste la plus efficace pour apprendre.

  • Livre “manifeste pour la forêt” Jean Claude Nouard

    Livre “manifeste pour la forêt” Jean Claude Nouard

    Ancien forestier devenu lanceur d’alerte, Jean-Claude Nouard publie « Manifeste pour la forêt », aux Éditions La Plage. Entre analyse technique et cri du cœur, il dénonce la transformation du massif forestier.

    Pendant des années le Périgordin Jean-Claude Nouard a arpenté les sentiers forestiers, observant la transformation des pratiques. Avec « Manifeste pour la forêt », il entend dénoncer ce qu’il estime être des dérives de cette gestion.

    « Malforestation et surexploitation »

    Pour lui, les forêts ne sont plus traitées comme des écosystèmes vivants, mais comme de simples gisements de ressources. Si bien que la biodiversité recule au profit de la productivité. Jean-Claude Nouard propose donc un changement de paradigme à travers son ouvrage.

    Cet engagement n’est pas nouveau et s’est déjà concrétisé à travers la co-fondation de l’association SOS forêt Dordogne, qui lutte contre ce que Nouard nomme la « malforestation et la surexploitation des peuplements de feuillus. »

    « Manifeste pour la forêt » de Jean-Claude Nouard, préfacé par les microbiologistes Lydia et Claude Bourguignon, postface du militant Thomas Brail. Éditions La Plage – 248 pages – 14,95 €.

  • Compte-rendu du procès des accusés de sabotage d’antennes 5G en Limousin

    Compte-rendu du procès des accusés de sabotage d’antennes 5G en Limousin

    Un procès du déferlement numérique

    Les 19 et 20 mars 2026 à Limoges, deux personnes étaient convoquées devant la justice, à la suite d’une enquête de plusieurs mois menée « avec les moyens de l’antiterrorisme » et d’un contrôle judiciaire de près de cinq ans, pour répondre d’accusations de « dégradations de biens par des moyens dangereux pour les personnes » et d’« association de malfaiteurs ». Les faits incriminés étaient des sabotages par incendie (véhicules et antennes-relais) réalisés en opposition au déploiement du compteur Linky et de la 5G, en février 2020 et janvier 2021. Les personnes convoquées risquaient 10 ans de prison et des centaines de milliers d’euros d’amendes. Le comité de soutien et les inculpé·es ont fait de ce procès une tribune contre le numérique, qui a réuni plusieurs centaines de personnes.

    Préambule : une grande tournée de soutien qui a touché des centaines de personnes

    Depuis l’interpellation en 2021, le comité de soutien a évolué de la défense de camarades vers la critique des technologies imposées. Il s’est beaucoup activé ces derniers mois avec une quinzaine d’actions de solidarité dans diverses villes et villages, des Pyrénées Orientales à Amiens et de Bordeaux à Grenoble.

    Ces événements ont pris des formes diverses suivant les capacités des groupes locaux organisateurs. Deux réseaux ont favorisé l’organisation : les groupes critiques des technologies imposées (Écran Total, Stop Micro, Stop 5G…) et les chorales révolutionnaires. En fonction des lieux, des groupes très divers ont pu s’associer à ces soirées : OCL, FA, CNT, Union Étudiante, Amnesty International, comités anti répression, groupes antimilitaristes (CRAAM) ou écologistes de terrain…

    La forme de ces évènements a pu aller d’une simple rencontre-débat avec une douzaine de personnes à des événements regroupant plus de 200 personnes. Plusieurs cantines solidaires se sont mobilisées. Des projections de films : Woman at war, If a tree falls et des animations musicales très diversifiées ont rameuté du monde.

    Tout cela a permis de faire connaître cette affaire, rassembler des fonds pour aider à financer la défense, informer et échanger sur les technologies imposées ainsi que sur les moyens utilisés pour la répression. Cela a remonté le moral des accusé·es et favorisé la mobilisation du 18 au 21 mars.

    Mobilisation pendant le procès

    Environ 200 personnes ont participé à ces journées. La salle d’audience, de capacité limitée, n’a pas permis que toutes assistent à un moment du procès. Les places debout étaient préemptées par les forces de police, en effectifs croissants la seconde journée.

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  • Lokas : Framasoft transcrit vos réunions, sans vendre vos données

    Lokas : Framasoft transcrit vos réunions, sans vendre vos données

    Vous faites partie d’une association ? votre main se souvient des heures de travail qu’un compte rendu de réunion demande ? vous ou un membre de votre association êtes au moins un petit peu utilisateur d’un ordinateur portable ou d’un ordiphone ? Il existe des solutions de captation audio portées par des plateformes peu ou non éthiques… mais le bon génie Frama a quelque chose à nous dire…

    Framasoft, l’association française qui œuvre depuis 20 ans pour un numérique éthique, vient de sortir Lokas : une application mobile (Android et iOS) qui enregistre et transcrit automatiquement vos réunions. Le principe est d’une simplicité désarmante : posez votre téléphone au centre de la table, lancez l’enregistrement, appuyez sur « Stop » à la fin — le fichier audio est alors envoyé sur les serveurs de Framasoft où un logiciel libre se charge de la transcription, puis tout est automatiquement supprimé après traitement.

    Ce qui distingue Lokas de ses concurrents commerciaux, c’est la confidentialité. Contrairement à certaines applications qui utilisent les données de leurs utilisateurs pour enrichir les modèles d’IA des géants du numérique, vos données sont traitées uniquement pour la transcription, puis effacées. Aucune exploitation commerciale, aucune revente.

    Cerise sur le gâteau : Lokas produit des statistiques de temps de parole par participant — l’idée de départ étant de pouvoir objectiver facilement que les hommes monopolisent statistiquement la parole dans une réunion mixte (oui l’outil sait reconnaitre les intervenants par leur timbre de voix et réattribue chaque parole à son intervenant …). Un outil politique autant que pratique.

    Attention cependant : Lokas est pour l’instant une preuve de concept, pas une application finalisée. De nombreuses fonctionnalités ne sont pas encore disponibles, et si une somme suffisante n’est pas réunie, les serveurs de transcription pourraient fermer. Si l’outil vous semble utile, un don à Framasoft (défiscalisable à 66 %) contribue directement à son avenir.

    → Télécharger Lokas : Android · iOS

    → En savoir plus : lokas.app · Article de lancement sur le Framablog