Dans le cadre des 10èmes Histoires de Passage, précisément dans le cadre de la porte d’entrée du musée imaginaire dans le jardin public de Saint Martial Entraygues, nous vous proposons une plongée au cœur du maraîchage biologique en Corrèze à travers les témoignages de Louis Thiollet et Pierre Fourdinier, deux agriculteurs passionnés qui partagent leur quotidien, leurs défis, et leurs réussites.
Louis Thiollet, installé à Neuville, au Marquisat, nous parle de son parcours atypique, de sa transition vers le maraîchage à temps plein, et de son engagement en faveur de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Il évoque ses méthodes culturales, inspirées du maraîchage sur sol vivant, et son travail acharné pour développer une petite exploitation en constante évolution. Louis revient également sur les difficultés administratives rencontrées lors de l’installation, ainsi que sur ses projets d’avenir, notamment la création d’un GAEC pour pérenniser son activité.
Pierre Fourdinier, installé sur les hauteurs d’Albussac, partage son expérience d’agriculteur en zone montagneuse. Il explique comment il a su adapter ses pratiques pour répondre aux exigences de la production hivernale, grâce à l’utilisation de serres froides et de techniques d’irrigation avancées. Pierre aborde également la question des subventions, un sujet crucial pour de nombreux agriculteurs, et explique comment il a réussi à obtenir des aides substantielles pour soutenir son projet. Il met en lumière les compromis nécessaires entre éthique et performance économique, notamment à travers l’utilisation de semences hybrides (F1) pour garantir une production suffisante tout en respectant la biodiversité.
Cette vidéo est une source d’informations pour tous ceux qui s’intéressent à l’agriculture biologique, aux circuits courts, et à la préservation des écosystèmes locaux.
Durant trois jours, les Enforestés de Tulle ont accueilli 8 stagiaires d’une grande société informatique, venus participer à une formation de découverte des forêts anciennes.
Un programme varié, présentant de nombreux aspects de la vie de la forêt leur a été proposé : approche sensorielle, importance des sols vivants, repérage d’essences forestières, fonctionnement et importance de la libre évolution, découverte de la futaie à couvert continu, la forêt naturelle réservoir de vies, le principe de l’indice de biodiversité…
Ce stage a été précédé de quelques travaux d’aménagement et de mise en accessibilité de plusieurs de nos parcelles, choisies soigneusement pour illustrer le propos des 7 intervenants ; dans l’ordre d’apparition : Aurore, Christophe, Ludovic, Bernard, Sylvain, Vincent, Julien.
Mercredi 29 mai Vincent Fidon technicien au Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) est venu expliquer les bases de la gestion des forêts à couvert continu aux stagiaires de la formation organisée par l’association Les Enforestés, en collaboration avec le CFPPA de Meymac.
Comme indiqué sur le site du CNPF : “l’objectif de la sylviculture à couvert continu est de produire du bois d’œuvre de bonne qualité, avec des arbres de bonne vitalité sans faire de coupe rase.
Au fil du temps, après plusieurs coupes jardinatoires, le peuplement évoluera vers une structure plus ou moins irrégulière par la présence d’arbres de différents diamètres, hauteurs et essences ce qui permettra d’assurer un renouvellement aussi continu que possible de la forêt.
C’est une gestion aux multiples atouts pour une production de qualité : amélioration d’un potentiel existant, investissement limité, étalement des revenus : coupes légères et fréquentes, risques limités, préservation du capital
«sol», amélioration de la diversité de peuplements fermés, fixation du carbone, stabilité du paysage forestier”.
La visite s’est déroulée dans le site classé de l’étang de Ruffaud dans un propriété constituée d’une zone éclaircie il y a une dizaine d’années, et d’une zone qui a été marquée il y a quelques mois, en attente d’exploitation forestière, ainsi que d’un versant en pente forte qui donne sur la Montane, inexploitable d’un point de vue sylvicole.
L’exposé a apporté des connaissances très variées dans le domaine de la sylviculture pour la description et le marquage des bois d’avenir à favoriser et de ceux que l’on choisit d’enlever pour favoriser la croissance des arbres conservés.
La description et l’analyse des peuplements, ainsi que les coûts et techniques de récolte des bois ont pu être précisés en réponse aux nombreuses questions posées par les participants.
Bernard
Danslaclairière…avecunrayondesoleil.
Inventaires naturalistes et Indice de Biodiversité Potentielle
Jeudi 30 mai c’était au tour de Julien Barataud naturaliste, paysan herboriste de Mélilotus à Chanteix, d’encadrer la formation sur le thème de la biodiversité en forêt.
La forêt de Nouillane acquise par l’association Les Enforestés en début d’année a servi de Forêt-École pour cette visite.
Quoi de plus parlant que de rendre visite aux habitants de la forêt : écouter les chants d’oiseaux et les identifier, parler des chauves-souris qui les remplacent à la tombée de la nuit, de leurs exigences et de la performance de leur sonar pour chasser de multiples insectes. Illustrer la variété des centaines d’espèces de papillons, découvrir les larves en soulevant de vielles écorces, suivre les limaces noires et guetter la grenouille rousse dans les nombreux petits ruisseaux qui recoupent les sols moussus.
Lavieduhaut…
Pour les professionnels moins spécialisés l’Indice de Biodiversité Potentielle (IBP) est un diagnostic basé sur l’évaluation rapide de 10 caractéristiques (ou facteurs clés) influençant la capacité des peuplements forestiers à accueillir des espèces (animales, végétales et fongiques).
…enbas!
D’abord, 7 facteurs dépendants des modalités de gestion mises en œuvre :
Le nombre d’essences autochtones ;
La structure verticale (stratification) de la végétation ;
Les gros bois morts sur pied et au sol (D > 37,5cm) ;
Les très gros bois vivant (D > 67,5 cm) ;
Les arbres porteurs de dendromicrohabitats (1) ;
Les milieux ouverts.
Mais également, 3 facteurs de contexte :
L’ancienneté de l’état boisé ;
Les milieux aquatiques ;
Les milieux rocheux.
Après une présentation rapide de la méthode par Bernard Jenny, forestier, chacun des huit participants a choisi l’un des facteurs à déterminer en parcourant le peuplement. Ces observations permettent, grâce à une fiche de relevé et des seuils prédéfinis, d’attribuer un score de 0, 1, 2 ou 5 pour chaque facteur . L’addition de ces scores donne l’IBP et permet de situer le peuplement dans un gradient de faible à forte capacité d’accueil.
L’IBP de la forêt de Nouillane a été estimé entre 32 et 36, ce qui justifie le choix de la conserver en évolution naturelle pour optimiser sa biodiversité.
Bernard
unarbremortremarquableetpleindevie
parfois,onsesentpetit devant unetellegrandeur…
Le stage a été bien apprécié dans l’ensemble… et voici ce que nous écrit Denis, stagiaire et nouvel adhérent :
« Je tenais une fois de plus à vous remercier ainsi que tous les membres de l’association pour la formation “Découverte des forêts anciennes en Corrèze”.
Je savais déjà bien sûr que nous devions au maximum préserver nos forêts mais vous nous avez fait prendre conscience de manière bien plus tangible des enjeux liés à la préservation des forêts anciennes.
Dans le train à l’aller, je lisais mon journal et mon livre. Au retour, je n’ai fait que regarder l’extérieur, les forêts, les prés, le paysage.
Le train circule un peu trop vite pour que j’ai le temps de calculer l’indice de biodiversité potentielle de chaque parcelle, mais la formation donne beaucoup à réfléchir et je n’aurais pas pu me concentrer sur mon livre.
Nul doute que tous les participants vont devenir des ambassadeurs des messages que vous nous avez fait passer dans le cadre de ce stage.
J’ai déjà commencé ce matin à jouer mon petit rôle en répondant à des commentaires sur Instagram sur une vidéo à propos d’IKEA diffusée sur Arte je crois.
Nous mesurons désormais beaucoup mieux les tenants et aboutissants de l’importance de la sylviculture continue pour réduire les effets du réchauffement climatique, pour la préservation de la biodiversité, pour la conservation d’un sol de qualité, etc.
Je suis sûr aussi que chacun des participants va continuer à s’informer sur les sujets pour enrichir ses connaissances et pouvoir mieux communiquer avec les autres sur l’importance de la sauvegarde des forêts anciennes.
Remerciez bien tous les membres de l’association qui ont participé de près ou de loin à la réussite de ce stage. »
Zen, économique et durable, c’est LE bon plan de l’été pour se déplacer à petits prix et profiter de sorties ou visites près de chez soi ! Ce service est proposé par le département Corrèze et la région nouvelle Aquitaine.
Prix du billet : de 0,4 à 2,4 euro le trajet simple, 4,2€ l’aller retour – carte de 10 trajets à moins de 20 euros etc … (voir le PDF en fin d’article)
Des arrêts situés à environ 1,5 km max ou à 15 min à pied du site à visiter ou de l’activité à pratiquer
Des lignes aux horaires adaptés pour un aller-retour dans la journée
Treignac : lac et cité médiévale,
Soudaine-Lavinadière : site archéologique templier,
Chamberet : Arboretum, Maison de l’Arbre, activités sport nature,
Uzerche : cité médiévale et temple du street-art,
Pompadour : cité du cheval
Collonges-la-rouge, village joyau historique tout en grès rouge
Chasses aux trésor Terra Aventura
Consultez le catalogue complet des destinations en fin d’article …
Cars régionaux :
Ligne 221 : Brive – Uzerche Ligne 239 : Brive – Objat – Lubersac Ligne 272 : Tulle – Seilhac – Uzerche – Limoges Ligne 272 : Tulle – Seilhac – Uzerche – Limoges
Nous avons reçu l’annonce suivante en provenance de Chenailler-Mascheix
Animation de Mai à Septembre à Chenailler-Mascheix
Tous les lundis, de 18h à 22h, l’équipe de Vendredi Frites organise un bar associatif en plein air au lieu dit Le Soustre à Chenailler-Mascheix afin de créer un espace de vie sociale hors de lieux de consommation habituels !
Rencontre conviviale
Bière locale
Frites maison
Vente de légumes locaux
L’adhésion à l’association est obligatoire pour pouvoir consommer, elle est à prix libre.
Des événements sont organisés régulièrement en plus du bar habituel.
Ce premier week-end de Juin 2024, dans le cadre de Rendez-vous aux jardins, venez découvrir ou redécouvrir gratuitement Les Jardins de L’Imaginaire ainsi que l’exposition dans la serre de peintures et de sculptures de Nelly et Giovanni CAROSI.
Bracelet obligatoire pour accéder aux Jardins, à retirer à la billetterie de 10h00 à 17h30.
Le dimanche de 14h00 à 17h30, Terre d’utopie et la Compagnie Adéquate vous invitent à explorer les sentiers des Jardins à travers un parcours sonore, sensoriel et dansé.
“Balade” est une proposition artistique tout public et gratuite. Départ toutes les 30 minutes.
Réservation conseillée au 05 53 50 13 80 (places limitées).
Voici une visite vidéo du bambou festival 🎥. Tout d’abord mille excuses à ceux qui ne s’y verront pas (un certain nombre de stands ne souhaitaient pas être filmés, ou n’étaient pas disponibles pour être interviewés, et la météo a fait des siennes, ce qui n’a pas aidé …) ☔.
Le reportage vidéo fait par Citoyliens
Voici donc en vidéo, la galerie de portraits d’une partie des soixante intervenants, musiciens, groupes, conférencier, artisans, associations, animateurs qui ont fait rayonner ces deux après-midi festives et citoyennes.
Plusieurs centaines de visiteurs ont visité les espaces de stands et d’ateliers répartis sur la place du Général Delmas, dans la Halle Michel Tardy 📍.
Organisé les samedi 30 et le dimanche 31 mars 2024, le Bamboo Festival est une initiative lancée par des jeunes habitants d’Argentat rassemblés autour du restaurant le drôle de Zèbre. L’accès était à prix libre, comme les spectacles et animations, avec beaucoup de gratuité 🎟️🎉.
La Mairie d’Argentat a mis à disposition deux grands barnums qui ont permis d’abriter les stands des lourdes giboulées de cette fin Mars ☔🎪.
Des stands nombreux et très variés
La vidéo vous montrera que les prestations scéniques ont été le cœur palpitant de ces deux journées mais que des activités plus calmes aussi été très appréciées. Une vingtaine de stands variés (atelier jeux enfants, débat sur l’information locale, atelier de réflexologie, atelier d’expérience sensorielle et jeux de peindre, sculpture sur bois, illustration, maquillage, friperie, expo-photo …) 🎭🎨🧘.
Le Bamboo qui a donné son nom au festival, est la matière première qui a été utilisée comme base pour la décoration ; décliné sous toutes ses formes, en arches, et lampions, en cadres, en pendentifs … un grand nombre d’heures de travail pour des petites mains habiles et inspirées … autres matières qui ont été à l’honneur : le bois (sculptures, jeux pour enfants, bijoux …), le métal (coutellerie, bijoux …) 🎋🖼️.
De formidables scènes ouvertes
Une large palette de style de musiques a été déployée pendant les deux après-midi : du folk, à l’électronique en passant par la chanson, l’accordéon, l’orgue, la dance, les reprises sous tous les modes, tout cela dans de très bonnes conditions techniques de sonorisation 🎶.
La Flibuste a organisé le tenue de la conférence gesticulée “moi français juif arabe, comment j’ai démissionné du sionisme …” qui a été très suivie, dans la Halle Tardy, pleine !
Proposition d’espace de rencontre et de création de lien sur une des petites places historiques du vieux quartier d’Argentat 🏛️. Les voisins habitants du quartier ont pu se connecter à l’organisation et les photos et cartes postales du quartier ont fourni la matière à une exposition présentée pendant le festival 📷🖼️.
Bilan de cette organisation amicale et spontanée …
Le Bamboo Festival a été pensé comme un temps fort humain, et dès le lancement du projet, une énergie généreuse et authentique a porté le travail de la trentaine de personnes réunies autour des initiateurs. Tous issus des alentours d’Argentat-sur-Dordogne.
Cette première édition du Bamboo Festival a été un franc succès 🎉. Le public et les participants sont unanimes. Un travail formidable de plusieurs semaines a été nécessaire pour que tout se passe bien : décoration 🎨, planification, interaction avec les services techniques de la mairie, rencontres avec les habitants, montage de chapiteaux, gestion des espaces et des scènes, sono et lumière, sécurité, alimentation, et buvette 🍹.
Malgré une grande fatigue pour certains organisateurs, le résultat a été impeccable, marqué par des rencontres enrichissantes, des sourires 😊, des offres de qualité, et donc beaucoup de bonheur et de souvenirs mémorables 🌟.
C’est incroyable de penser que cela fait maintenant un demi-siècle que René Dumont est devenu le tout premier candidat écologiste à se présenter à une élection présidentielle dans le monde entier. Se déplaçant à vélo, établissant son quartier général de campagne sur une péniche, et même en montrant à la télévision un simple verre d’eau comme un symbole des futurs conflits pour cette ressource rare, il a abordé des questions qui sont aujourd’hui cruciales et vitales pour nous tous, même s’il n’a obtenu que 1,32% des votes.
NUAGE VERT (nuage-vert.com) à Argentat-sur-Dordogne est le site du tout premier mur peint dédié à René Dumont (créé en 2019 par Chantal Montellier avec l’école supérieure d’art de Dunkerque). Nuage Vert soutient les activités de la Fondation René Dumont tout en rappelant également le souvenir et le rôle de Charlotte Paquet-Dumont.
Le premier tour de l’élection présidentielle de 1974 a eu lieu le 5 mai, et NUAGE VERT, avec la Fondation René Dumont et le CALAB-André Louis, vous invite à un événement exceptionnel dans ses locaux (où des pièces originales de 1974 sont exposées) avec la présence de Marc Dufumier :
le samedi 4 mai 2024 à 11h MARC DUFUMIER PARLE DE RENÉ DUMONT (événement dans l’agenda) à : NUAGE VERT, jardin public d’Argentat-sur-Dordogne
(Et Laurent Gervereau évoque Charlotte Paquet-Dumont, rencontrée en octobre 1968, avec qui René Dumont vivra et collaborera à partir de 1982 jusqu’à sa disparition en 2001).
C’est une occasion exceptionnelle à ne pas manquer avec le président de la Fondation René Dumont, qui l’a connu personnellement et lui a succédé à la tête de la grande école d’agronomie devenue aujourd’hui AgroParisTech.
Laurent Gervereau a fondé le Musée du Vivant et le CIRE à AgroParisTech et a organisé, avec Charlotte Paquet-Dumont (présidente d’honneur de la Fondation), la donation des archives et objets personnels de René Dumont depuis le Québec.
Vous pourrez également admirer le mur peint de Chantal Montellier (avec l’aide de Camille Barbet et Paul Bellenge). Voir la photo à la fin de cet article.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Les archives et la bibliothèque de René Dumont sont conservées et mises en valeur au CIRE et au Musée du Vivant – AgroParisTech.
L’exposition de référence, gratuite, créée par la Fondation René Dumont en collaboration avec la Ligue de l’Enseignement, le Musée du Vivant-AgroParisTech et Nuage Vert :
Work in progress à Coulaures avec la spectaculaire sculpture en osier d’Olivier Ton !
Quand on a autant d’or dans les mains c’est qu’il y en a d’abord dans le cœur…
Tout le monde a hâte de voir la bouille des enfants découvrant leur nouvelle mascotte à la rentrée des vacances … un poisson digne d’une séquence de Miazaki !
Matériaux durables, cultivés en Corrèze, sculpture écologique … éducative ?
Le 29 janvier, nous avions publié dans Citoyliens un article sur une initiative de lycéens : distribuer la lettre de Camille Etienne “Chère Génération d’avant” dans les boîtes aux lettres des habitants de Brive. Plusieurs personnes nous ont contacté afin de les aider …
Camille Etienne a sans doute reçu des réponses … mais en voici une rédigée par un ou une Corrézienne, que nous remercions ; nous l’avons transmise au groupe de lycéens ;
AVANT l’orage
Chère Camille,
Mon âge déjà avancé (j’aurai 103 ans en 2050) m’autorise peut-être cette familiarité qui se justifie surtout de ce qui nous rapproche. Votre lettre est d’une lucidité implacable et justifiée. Et vous comprenez en même temps que ce n’est pas un problème de génération. En 1800, déjà, Alexander Humboldt démontrait le lien entre le défrichage pour les grandes cultures coloniales et le changement climatique local et malgré sa célébrité jusqu’à sa mort, le développement associé du capitalisme industriel et de la spécialisation scientifique l’a plongé dans l’oubli.
Mais cela n’exonère pas notre propre génération qui a mis beaucoup de temps à prendre la mesure de la réalité qui maintenant est évidente, même pour ceux qui continuent à la nier (puisqu’ils dépensent des fortunes en études truquées et en lobbying. Ce n’est pas faute d’avoir milité, et il y avait du travail (ma génération est venue à la politique par la guerre d’Algérie , puis par celle du Vietnam). Mais même les plus lucides ont continué longtemps à combattre, avec de très bonnes raisons, avec les références de la génération d’avant (la gauche, le marxisme, l’espérance révolutionnaire). Et en prenant les premiers écologistes pour de doux rêveurs ou pire pour des gens qui refusaient de voir les “vraies questions”. Il faut dire aussi que la pensée politique dans le monde écologique va de l’extrême droite (la Nature et la Gymnastique au pas dans les forêts profondes)à l’extrême gauche (par exemple Françoise d’Eaubonne, “militante féministe, libertaire et écologiste).
Mais depuis les années 80, une fois de plus le capitalisme a fait preuve de sa capacité de se transformer en restant le même (la croissance comme condition de son existence) la mondialisation avec la destruction des classe ouvrières des pays industrialisés et la diffusion massive de l’informatique ont profondément changé les rapports sociaux en permettant à ce qu’on appelle “l’ultralibéralisme”, c’est à dire la destruction des règles qui limitaient le tout pouvoir des plus riches dans les “démocraties”. Vous imaginez bien que ce paragraphe exige une élucidation sérieuse.
Pour l’instant je ne peux que reprendre le mot d’ordre : l’exploitation-destruction de la Terre, l’exploitation des travailleurs, l’exploitation des femmes sont la MÊME exploitation.
Je vois bien que vous avez compris que parler d’un problème de “génération” est une formule de communicant ou de journaliste qui une fois de plus détourne de la vraie question. Même quelqu’un d’aussi “modéré” politiquement que Bruno Latour, parlait peu avant sa mort de la nécessité de connaître “nos ennemis”.
Parce que la question est dans son essence politique. Rassurez-vous je ne vais pas vous proposer ou vous vendre(!) le programme d’un parti ou d’un groupuscule. Mais je suis très profondément convaincu que la SEULE chance de changement est que votre génération renouvelle DE FOND EN COMBLE, la question politique, en se servant autant que possible de notre expérience positive ET négative. Parce que les choix (c’est la définition du politique) qui sont à faire ne se feront qu’avec la création d’espaces appelés à se rejoindre, ESPACES DÉMOCRATIQUES capables de combattre les choix de “nos ennemis”. Cela existe déjà chez des paysans, chez ceux qui combattent les déforestations ici ou ailleurs, à Notre-Dame des Landes etc..
Nous devons remettre en question toutes nos certitudes, de la place de la “Science” à l’histoire de notre civilisation, du faux-semblant sciemment trompeur de ce qu’ils osent nommer démocratie aux fondements de leur morale (la solidarité contre la compétition), de l’économie comme déesse à la philosophe de la maîtrise.
Vous avez raison, nous nous connaissons mal. Il faut que je demande à mon fils comment faire avec le Qrcode qui est sur votre lettre et j’ai tellement à apprendre que je sais que je serai toujours “incompétent”, mais pouvant apporter quelques pierres à l’édifice commun.