Category: Ecologie

Relevant de la thématique Ecologie

  • Non à l’agrivoltaïsme ! [vidéo humour]

    Non à l’agrivoltaïsme ! [vidéo humour]

    l’Association APNE-ALLEYRAT19 a été crée en juin 2024 pour lutter contre un projet agrivoltaïque de 50ha sur la commune de Alleyrat.

    Si vous voulez savoir ce qu’est l’agrivoltaïsme, comment les promoteurs envahissent nos campagnes détruisent notre environnement sous couvert d’écologie, nous vous invitons à suivre les aventures décalées et humoristiques de Sherkan et Timon.

    Voici le 1er épisode :

    Voir notre page Facebook

  • TUTO SPÉCIAL CHOUETTE

    TUTO SPÉCIAL CHOUETTE

    Comment réaliser et installer un nichoir à chouette chez soi 

    L’association Autour du Sauvage vous donne tous leurs conseils

    Il y a peu, nos amis les chouettes finissaient clouées à nos granges, elles étaient signe de mauvaise récolte pour les paysans et annonçaient la mort ( rien que ça). Un véritable comble lorsqu’on sait qu’elles les débarrassaient de tous les rongeurs à plusieurs kilomètres à la ronde ( qui eux étaient particulièrement destructeurs pour leurs cultures). Mais bref, ce temps est révolu (tant mieux !) Néanmoins les chouettes restent en mauvaise posture : elles n’ont plus assez de lieux de reproduction. Évidemment, lorsqu’on coupe les vieux arbres creux, qu’on ferme les granges et les clochers et qu’on utilise en masse du raticide, ça ne les aide pas. 

    Il existe une solution toute simple pour leur donner un coup de pouce : installer un nichoir à chouette ! Ça tombe bien, vous n’aurez pas à chercher sur internet les plans, on a testé pour vous et installé 3 nichoirs avec des caméras. L’un dans un arbre, un deuxième dans une grange et un dernier dans un clocher.

    Figurez vous qu’ils ont été adoptés ! D’ailleurs pour les curieux, nous avons publié tout le suivi des nichées sur notre Youtube, Facebook et Instagram ( “Autour du Sauvage”) à retrouver via ce lien:https://linktr.ee/autourdusauvage

    Alors on a décidé de partager toutes nos recherches et conseils avec vous ! Nos plans sont disponibles en PDF juste ici : https://tr.ee/QU2upT

    Et on vous invite à aller regarder notre vidéo Youtube qui détaille TOUT ( promis ça vaut le coup d’aller la voir, elle est même pas si longue)

    Les nichoirs sont adaptés aux hulottes et effraies, il faut les installer dans l’endroit choisi le plus vite possible en automne afin qu’elles les repèrent et les utilisent au printemps suivant.

    Alors je m’adresse à vous qui lisez cet article, vous connaissez très certainement quelqu’un qui a soit un arbre, soit une grange ou encore un hangar. BINGO ! Alors peu importe à qui vous pensez : je compte sur vous pour lui envoyer les plans et la vidéo !! PARTAGEZ pour que la collaboration chouette/humain prenne de plus en plus d’ampleur. Merci et bonne journée !

    Elleiah L’équipe Autour du Sauvage

  • Un fond documentaire Nuage Vert : 2000 affiches politiques [vidéo]

    Un fond documentaire Nuage Vert : 2000 affiches politiques [vidéo]

    Que racontent les affiches politiques de notre histoire ? Et que peuvent-elles encore nous apprendre à l’heure où la bataille des images et des récits s’est largement déplacée vers Internet et les réseaux sociaux ?

    À travers une sélection de pièces rares conservées par l’association d’Argentat Nuage Vert, Laurent Gervereau propose un voyage dans plusieurs siècles d’histoire politique française.

    Un fonds de plus de 2 000 affiches

    Nuage Vert a constitué au fil du temps un fonds de plus de 2 000 affiches, provenant principalement de dons, mais aussi d’acquisitions rendues possibles par un patient travail de recherche.

    Une première campagne de numérisation a permis de traiter environ 200 affiches.

    Le travail ne consiste pas seulement à les photographier. Chaque document est mesuré, son état de conservation est évalué, puis il est décrit et indexé avec des mots-clés permettant d’effectuer des recherches par thème. Le contexte historique de chaque affiche est également documenté.

    L’objectif est double : préserver des pièces parfois fragiles et rendre progressivement ce patrimoine accessible à la recherche, à la transmission et à de futurs projets d’exposition.

    De l’affiche-texte à la propagande par l’image

    Laurent Gervereau rappelle que les premières affiches politiques sont d’abord des textes.

    Sous l’Ancien Régime, les décisions sont affichées sous forme de « placards ». Une grande partie de la population ne sachant pas lire, elles sont aussi proclamées publiquement par des crieurs.

    Avec le développement de l’imprimerie puis de la lithographie, l’affiche change progressivement de nature.

    La Première Guerre mondiale constitue un tournant majeur : l’image devient un puissant instrument de mobilisation et de propagande.

    Les partis politiques reprendront ensuite ces procédés. L’entre-deux-guerres, la Seconde Guerre mondiale, la Guerre froide, Mai 68 ou encore les campagnes présidentielles françaises donnent naissance à des formes graphiques très différentes.

    Mai 68 : quand une rupture politique devient aussi une rupture graphique

    Les affiches sérigraphiées de Mai 68 constituent l’un des exemples les plus frappants présentés dans la vidéo.

    Produites collectivement dans les écoles d’art, souvent anonymes, elles utilisent une technique rapide permettant de fabriquer des images simples, immédiatement compréhensibles et reproductibles.

    Pour Laurent Gervereau, Mai 68 est ainsi l’un de ces rares moments où un événement historique et une nouvelle forme visuelle apparaissent simultanément.

    Quand la publicité entre en politique

    À partir des années 1960 et 1970, une autre évolution apparaît : les techniques publicitaires entrent directement dans les campagnes électorales.

    Photographie, télévision, mise en scène du candidat, slogans, recours aux agences de communication : l’affiche politique devient progressivement un élément d’une stratégie médiatique beaucoup plus large.

    Laurent Gervereau revient notamment sur les campagnes de De Gaulle, Giscard d’Estaing, François Mitterrand ou Jacques Chirac.

    L’affiche raconte alors autant l’évolution politique du pays que celle de nos manières de communiquer.

    Aujourd’hui, la bataille des images a changé de terrain

    L’affiche politique existe toujours, mais elle n’occupe plus la position centrale qu’elle avait autrefois dans l’espace public.

    La communication politique circule désormais massivement sur Internet et dans les réseaux sociaux, dans ce que Laurent Gervereau décrit comme une véritable « guerre mondiale médiatique ».

    Regarder les anciennes affiches ne relève donc pas seulement de la nostalgie ou de la conservation patrimoniale.

    Cela permet de comprendre comment une image est construite, à qui elle s’adresse, quel récit elle cherche à imposer et dans quel contexte elle apparaît.

    Retrouver des repères

    C’est peut-être là que se trouve l’enjeu principal de cette démarche.

    Face au flot continu d’informations et d’images auquel nous sommes aujourd’hui confrontés, Laurent Gervereau insiste sur la nécessité de retrouver de la profondeur historique.

    Non pas pour prétendre que l’histoire empêcherait de répéter les erreurs du passé, mais parce qu’elle fournit des repères pour juger, comprendre et analyser le présent.

    Il distingue également le travail historique des affrontements de mémoires : rechercher les faits, contextualiser les documents, comparer les sources et accepter que la connaissance évolue au fil des découvertes.

    Conserver ces affiches, les documenter et les montrer devient alors bien davantage qu’un travail patrimonial.

    C’est aussi un travail citoyen.

    Le livre “VISITEZ L’HISTOIRE” sort en septembre 2026 et sera disponible le 3 octobre pour le festival CAUVALDOR dans le Lot où Nuage Vert prête une expo sur les affiches politiques.

    Conférence le 19 novembre à Saint-Céré en clôture du festival CAUVALDOR

    Le livre accompagnera de janvier à juin 2027 la grande expo à Nuage Vert (sur tout le rez-de-chaussée) : VISITEZ L’HISTOIRE à travers les affiches politiques en France depuis le XVIIIe siècle

  • Faire renaître une forêt primaire en Europe : un projet sur 700 ans [vidéo]

    Faire renaître une forêt primaire en Europe : un projet sur 700 ans [vidéo]

    Et si l’un des grands projets écologiques de notre époque consistait simplement… à laisser une forêt redevenir une forêt ?

    Cet été, au Battement d’Ailes à Cornil, Citoyliens a rencontré Soline Bouveau et Damien Saraceni, co-délégués généraux de l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire.

    Le projet qu’ils portent se compte dans une unité de temps inhabituelle : plusieurs siècles.

    L’objectif est de permettre à une forêt déjà existante de poursuivre librement son évolution suffisamment longtemps pour retrouver progressivement les caractéristiques écologiques et biologiques d’une forêt primaire.

    Sept siècles… et commencer maintenant

    Nos forêts européennes ont pour l’immense majorité été exploitées, transformées, découpées ou aménagées par les activités humaines.

    L’association propose donc d’expérimenter le chemin inverse : laisser sur une très grande surface les processus naturels reprendre leur place.

    L’ambition évoquée est de l’ordre de 70 000 hectares. Une échelle suffisamment importante pour permettre le retour d’un écosystème forestier complet, avec ses continuités écologiques, ses différentes espèces et, à terme, les grands animaux indispensables à son équilibre.

    Mais sept siècles ne signifient évidemment pas qu’il faudrait attendre.

    Le projet commence aujourd’hui.

    Par la connaissance, la sensibilisation, la recherche scientifique, mais surtout par la construction patiente d’un dialogue avec les habitants, associations, citoyens, collectivités et institutions des territoires concernés.

    Ni forêt vierge, ni nature sous cloche

    L’un des points importants de l’entretien est précisément de sortir d’une opposition simpliste entre présence humaine et nature sauvage.

    Une forêt primaire n’est pas nécessairement une forêt dont l’être humain serait exclu.

    La question devient plutôt : comment habiter à proximité d’un espace dans lequel nous acceptons de ne plus tout exploiter, contrôler et rentabiliser ?

    Cela ouvre des réflexions sur l’agriculture, la sylviculture, le tourisme, la recherche scientifique, les usages locaux, mais aussi sur nos imaginaires et notre rapport au vivant.

    Biodiversité, eau, climat

    Laisser évoluer une forêt sur une grande surface et sur le temps long permettrait de recréer des chaînes écologiques beaucoup plus complètes et de favoriser une biodiversité aujourd’hui fortement menacée.

    La forêt joue également un rôle majeur dans les cycles de l’eau, la préservation des milieux humides, les sols ou encore la captation du carbone.

    Mais Damien Saraceni et Soline Bouveau vont plus loin : derrière la question écologique apparaît celle de notre relation au vivant.

    Pendant des générations, nous avons appris à regarder la forêt principalement comme une ressource économique.

    Le projet propose d’explorer une autre possibilité.

    Retrouver aussi une mémoire

    Loups, ours, bisons, grands arbres multiséculaires…

    L’Europe occidentale a elle aussi connu de vastes forêts anciennes et toute une faune dont nous avons aujourd’hui presque perdu la mémoire.

    Cette disparition physique s’accompagne d’un effacement culturel : quand les paysages changent, nos références et nos imaginaires changent avec eux.

    Faire renaître une forêt primaire devient alors aussi un travail de transmission et de mémoire.

    Une expérimentation démocratique

    L’un des aspects les plus intéressants du projet est peut-être celui-ci : personne ne peut décider seul d’un projet destiné à durer sept siècles.

    L’association revendique donc une démarche de coconstruction entre salariés, bénévoles, adhérents, scientifiques et acteurs des territoires.

    Elle compte aujourd’hui plusieurs milliers d’adhérents et cherche autant à construire une forêt qu’à inventer les conditions sociales permettant à un tel projet d’exister dans la durée.

    Une exploration écologique, mais aussi humaine et démocratique.

    Et une question finalement très simple nous est posée :

    sommes-nous prêts à faire une place au vivant qui ne soit pas seulement celle que nous décidons de lui laisser ?

    ▶️ Voir notre interview de Soline Bouveau et Damien Saraceni.

    Association Francis Hallé pour la forêt primaire — rencontre réalisée au Battement d’Ailes, à Cornil, en Corrèze.

  • 17ème Foire bio de Meyssac

    17ème Foire bio de Meyssac

    Déjà notre 17ème Foire bio de Meyssac. Qu’il vente ou qu’il pleuve, les exposant(e)s et le public sont toujours présent(e)s.

    Vous trouverez comme d’habitude plein de produits biologiques et artisanaux venus de nos exposant(e)s proches ou locaux.

    Cette année nous vous avons concocté des animations qui méritent le détour, mais psssttt… je n’en dirai pas plus. Venez découvrir cette nouvelle mouture et préparez vous pour participer au concours de chapeaux végétaux

    On vous attend nombreu(x)ses. À DIMANCHE 13 septembre

    Programme 17èmé Foire Bio de Meyssac
  • Enquête Publique Pompage Dordogne – Consultation Eau AAPLX Xaintrie

    Enquête Publique Pompage Dordogne – Consultation Eau AAPLX Xaintrie

    À l’heure où la préservation des ressources en eau et des milieux aquatiques devient un enjeu prioritaire, une demande d’autorisation de pompage dans la rivière Dordogne à des fins d’irrigation agricole suscite une vive inquiétude sur le territoire. Face à ce projet qui interroge l’équilibre écologique local, l’association Agir Autrement Pour La Xaintrie (AAPLX) lance un appel à la vigilance et invite chacun à se saisir de la consultation publique en cours pour faire entendre sa voix.

    Irrigation agricole et gestion des ressources en eau

    Au centre des préoccupations se trouve une demande d’autorisation portant sur le pompage de l’eau de la rivière Dordogne à des fins d’irrigation agricole. Alors que la pression sur les milieux aquatiques et la ressource hydrique s’accentue, ce projet suscite de vives inquiétudes quant à son impact sur la biodiversité, les débits des cours d’eau et l’équilibre écologique local.

    L’association AAPLX invite la population à s’informer dans le cadre de l’enquête et de la consultation publique actuellement menée par la préfecture de la Dordogne. Cette procédure légale permet à chaque citoyen de prendre connaissance de l’ensemble du dossier technique et de déposer ses observations officielles.

    Comment s’informer et participer avant la date limite ?

    Les habitants et usagers du territoire souhaitant exprimer leur avis ou consulter les éléments transmis par l’État sont invités à intervenir rapidement :

    Pour soutenir la démarche portée par l’association, une pétition en ligne a également été mise à disposition par l’AAPLX sur le lien https://c.org/YbsSt8YtPg.

    Signer la pétition

    Implantée au 4, lieu-dit Lacan à Goulles (19430), l’association Agir Autrement Pour La Xaintrie œuvre pour la protection du cadre de vie, des paysages et de l’environnement naturel régional.

  • Habitat léger : Désobéissance Fertile obtient le droit de rester sur ses terres [vidéo]

    Habitat léger : Désobéissance Fertile obtient le droit de rester sur ses terres [vidéo]

    À Marval, en Haute-Vienne, Jonathan Attias, Caroline Perez et les habitants du Croissant Fertile expérimentent depuis plusieurs années des formes d’habitat léger, écologique et réversible. Poursuivis devant le tribunal correctionnel de Limoges, ils avaient décidé de faire de leur procès un combat public pour le droit d’habiter autrement. La décision obtenue ne crée pas la jurisprudence écologique qu’ils espéraient. Mais elle leur permet de rester sur leurs terres.

    Leur démarche est volontairement publique et Citoyliens les suit depuis leur arrivée en Corrèze en 2019, et leur prise de contact avec notre plateforme d’info associative ((voir tous les articles).

    Désobéissance Fertile ne cherche pas simplement à construire quelques habitats légers à l’abri des regards. Le mouvement porte une question politique et juridique : comment permettre à des personnes de vivre sur un territoire en réduisant fortement leur empreinte sur les sols, alors que le droit de l’urbanisme reste principalement construit autour de l’habitat conventionnel ?

    Au Croissant Fertile, à Marval, plusieurs formes d’habitats légers, démontables ou réversibles ont ainsi été expérimentées.

    En 2024, la mairie de Marval a dressé un procès-verbal concernant certains de ces habitats. Après des auditions en gendarmerie, l’affaire a conduit les habitants devant le tribunal correctionnel de Limoges le 1er juillet 2026.

    Une stratégie assumée : aller devant la justice

    Jonathan Attias et Caroline Perez n’ont jamais caché leur démarche.

    Ils souhaitent au contraire provoquer un débat public et faire évoluer progressivement le cadre juridique applicable à ces nouvelles façons d’habiter.

    L’un des arguments développés lors du procès consistait à demander la reconnaissance d’un état de nécessité écologique : face aux dérèglements climatiques, à l’artificialisation des sols, aux difficultés d’accès au logement et à l’effondrement de la biodiversité, certaines formes d’habitat plus sobres devraient selon eux pouvoir bénéficier d’une reconnaissance juridique nouvelle.

    Sur ce point, ils n’ont pas obtenu la décision historique qu’ils espéraient.

    Jonathan Attias le dit lui-même dans la première vidéo :

    il n’y a pas, à ce stade, de nouvelle jurisprudence reconnaissant un état de nécessité écologique permettant de s’affranchir des règles d’urbanisme.

    Une amende… mais pas de remise en état

    La décision prend cependant une tournure très différente de celle qu’ils redoutaient.

    Selon le récit qu’en fait Désobéissance Fertile, une amende de 600 € est prononcée, mais le tribunal n’ordonne pas la remise en état du terrain.

    Les habitants peuvent donc continuer à y vivre.

    Jonathan Attias explique que la décision s’appuie notamment sur la protection de la vie privée et familiale, principe protégé par la Convention européenne des droits de l’homme.

    Il résume ainsi leur lecture du jugement :

    « En fait, on a le droit de vivre sur nos terres. »

    La formule est volontairement forte. Elle exprime l’interprétation politique et juridique que Désobéissance Fertile fait de cette décision ; elle ne signifie évidemment pas que toute installation d’un habitat sur n’importe quel terrain devient automatiquement autorisée en France.

    Une victoire, mais pas encore la jurisprudence recherchée

    C’est précisément ce qui rend leur réaction intéressante.

    Désobéissance Fertile ne présente pas le jugement comme une victoire juridique totale.

    Le mouvement espérait obtenir une décision susceptible d’être utilisée beaucoup plus largement pour reconnaître la nécessité écologique de certaines formes d’habitat.

    Ce n’est pas encore le cas.

    Mais pour Jonathan Attias, le fait qu’une juridiction puisse sanctionner l’infraction tout en refusant de contraindre les habitants à partir constitue malgré tout un signal important.

    C’est aussi une invitation adressée aux personnes confrontées à des situations comparables : connaître leurs droits, constituer leurs dossiers et utiliser les voies juridiques plutôt que considérer d’avance leur situation comme perdue.

    Une question qui dépasse largement quelques yourtes

    L’intérêt de cette affaire dépasse le Croissant Fertile.

    La France cherche simultanément à :

    • réduire l’artificialisation des sols ;
    • diminuer les consommations énergétiques ;
    • répondre à une crise persistante du logement ;
    • développer des modes de construction plus sobres ;
    • préserver les terres agricoles et les écosystèmes.

    Dans le même temps, les personnes qui expérimentent des habitats très légers ou réversibles rencontrent encore régulièrement des cadres administratifs conçus pour d’autres formes de construction.

    C’est cette contradiction que Désobéissance Fertile a choisi de rendre visible.

    Et de porter jusque devant les tribunaux.

    Témoignages vidéos de sortie de tribunal

    Dans les deux vidéos ci-dessous, Jonathan Attias revient directement sur le jugement, sur ses limites et sur les raisons pour lesquelles Désobéissance Fertile souhaite poursuivre son combat juridique.

    La première est une réaction à chaud et politique.

    La seconde précise davantage leur lecture juridique de la décision et notamment la question du respect de la vie privée et familiale.

    Citoyliens relaie ces vidéos — il ne se les approprie pas

    Ces vidéos sont publiées sur Citoyliens avec l’accord de Désobéissance Fertile.

    Pour permettre leur intégration sur notre plateforme publique et leur consultation par des personnes ne disposant pas de compte sur les réseaux sociaux, une copie a été placée sur YouTube en mode non répertorié.

    Elle n’a donc pas vocation à concurrencer leurs publications originales ni à capter leur audience.

    Si leur démarche vous intéresse, le bon endroit pour les suivre, commenter leurs publications, partager leur travail ou les soutenir reste leurs propres espaces :

    Instagram — @desobeissancefertile
    Facebook — @desobeissancefertile
    YouTube — @desobeissancefertile
    Site — desobeissancefertile.com

    Désobéissance Fertile met également à disposition sur ses propres espaces des informations sur le Croissant Fertile, l’habitat réversible, ses expérimentations, ses actions juridiques et les moyens de soutenir le mouvement.

    Citoyliens joue ici son rôle de relais local : permettre à une information d’intérêt général de circuler largement, y compris hors des réseaux sociaux, tout en renvoyant l’audience vers celles et ceux qui produisent l’information et portent l’action.

    Communiqué de presse de Desobeissance Fertile

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Le Croissant Fertile connaîtra son jugement mercredi 26 août

    Le délibéré du procès du Croissant Fertile sera rendu mercredi 26 août à 9 h au tribunal judiciaire de Limoges. Nous serons présents pour entendre la décision de justice.

    Aucune mobilisation particulière n’est organisée devant le tribunal ce jour-là. Mais, quelle que soit la décision rendue, une chose ne changera pas : nous resterons au Croissant Fertile et nous continuerons à vivre en habitat léger et réversible, à prendre soin de cette terre et à régénérer les sols et les écosystèmes qui nous entourent.

    Ce procès dépasse largement la question de quelques habitats installés sur un terrain en Haute-Vienne. Il pose une question devenue essentielle : face aux sécheresses, au manque d’eau, à l’effondrement de la biodiversité et à la destruction progressive de nos écosystèmes, comment voulons-nous habiter la Terre ?

    Nous avons fait le choix d’habitats sobres, sans artificialisation irréversible des sols, associés à des pratiques qui cherchent à restaurer l’eau, les sols et le vivant. Nous espérons que la justice et l’administration françaises sauront reconnaître que ces manières d’habiter ne constituent pas un problème à éliminer, mais font partie des réponses que notre époque exige.

    « Quelle que soit la décision rendue mercredi, nous resterons. Nous continuerons à habiter cette terre et à en prendre soin. Nous n’avons pas d’autre choix que de gagner, parce qu’au-delà de notre propre situation, ce que nous défendons est la possibilité pour des millions de personnes de vivre demain autrement, sans détruire les paysages et les écosystèmes de vie de leurs enfants et de leurs petits-enfants. »

    Notre combat ne consiste donc pas seulement à obtenir le droit de rester chez nous. Il consiste à faire évoluer le droit pour que l’habitat léger et réversible, lorsqu’il respecte et régénère les milieux où il s’installe, puisse devenir une possibilité réelle pour toutes celles et ceux qui souhaitent habiter autrement.

  • Agir Autrement pour la Xaintrie rejoint les associations partenaires de Citoyliens

    Agir Autrement pour la Xaintrie rejoint les associations partenaires de Citoyliens

    L’association Agir Autrement pour la Xaintrie – AAPLX devient partenaire de Citoyliens.fr. Elle utilise désormais la plateforme associative corrézienne pour publier et relayer ses informations, ses rendez-vous, ses campagnes et ses appels à mobilisation.

    Ce partenariat permet de mieux faire connaître une association engagée depuis plus de douze ans dans la défense de la Xaintrie, de ses paysages, de ses ressources naturelles, de son patrimoine et de ses habitants.

    Une association née en 2013 pour défendre la Xaintrie

    Agir Autrement pour la Xaintrie a été créée en juin 2013. Son siège social est établi à Goulles, dans le sud-est de la Corrèze.

    La naissance de l’association est étroitement liée à la découverte du projet de parc éolien industriel du Deyroux. Dès 2010, le promoteur Eolfi envisageait l’installation d’un important ensemble d’éoliennes sur les communes de Camps-Saint-Mathurin-Léobazel, Mercœur et Sexcles. Le démarchage des propriétaires fonciers avait commencé avant qu’une grande partie de la population ne mesure réellement l’ampleur du projet.

    En 2013, une réunion d’information organisée à Goulles réunit environ 200 personnes. La mobilisation qui suit conduit à la création d’AAPLX. À cette époque, le projet a compté jusqu’à vingt machines envisagées avant d’être ramené à dix éoliennes pouvant atteindre 200 mètres de hauteur.

    L’association ne se définit cependant pas par son opposition à un seul projet. Ses statuts lui donnent une mission plus large : protéger les espaces naturels, les paysages, les écosystèmes, le patrimoine local et les habitants de la Xaintrie, de la Corrèze et des départements limitrophes.

    AAPLX souhaite également informer la population, défendre les biens communs, prévenir la dégradation des ressources naturelles et soutenir des projets réellement durables, innovants et non destructeurs. L’association prévoit aussi de pouvoir agir en justice lorsque l’environnement, la santé publique, les paysages ou le patrimoine sont menacés. Elle est reconnue d’intérêt général.

    Le projet éolien du Deyroux : douze années de mobilisation

    Le combat contre le parc éolien du Deyroux constitue l’action la plus longue et la plus emblématique menée par AAPLX.

    Pendant plus de douze ans, ses membres ont étudié les dossiers, informé les habitants et rencontré les élus. Ils ont organisé ou participé à des réunions publiques, distribué des tracts dans les boîtes aux lettres, réalisé du porte-à-porte, tenu des stands sur les foires et les marchés, collé des affiches et fait circuler des pétitions.

    L’association a également produit des communiqués de presse, répondu à des interviews radiophoniques, mobilisé la population lors de l’enquête publique et travaillé avec d’autres associations de défense de l’environnement.

    Cette présence constante sur le terrain s’est accompagnée d’un important travail documentaire. Les membres d’AAPLX ont étudié les effets du projet sur les paysages, la biodiversité, les oiseaux, le cadre de vie et l’économie locale. Ils ont également interrogé les dimensions techniques et financières du dossier, notamment la hauteur des machines, les conditions de démantèlement et les données relatives au potentiel éolien du site.

    L’enquête publique menée au début de l’année 2019 s’est conclue par un avis défavorable. La commission d’enquête a notamment relevé la qualité et la précision des nombreuses contributions déposées par les opposants au projet. Elle a constaté que la population mobilisée avait sérieusement étudié le dossier et produit des éléments d’analyse méritant d’être pris en considération.

    Le 10 décembre 2020, la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites a également rendu un avis défavorable. Le 29 décembre 2020, la préfète de la Corrèze a refusé l’autorisation d’exploiter le parc éolien du Deyroux.

    Une victoire confirmée devant la justice

    Le refus préfectoral n’a pas immédiatement clos le dossier. En mars 2021, la société porteuse du projet, liée à Eolfi et Shell, a contesté la décision devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux.

    AAPLX a alors choisi de poursuivre son engagement sur le terrain juridique. En novembre 2021, l’association a déposé un mémoire en intervention volontaire afin de soutenir la décision de la préfecture. Elle a mandaté un cabinet d’avocats et participé à la préparation des arguments présentés devant la juridiction administrative.

    Le 28 novembre 2023, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté la requête du promoteur et confirmé le refus d’autorisation.

    Un dernier pourvoi a été déposé devant le Conseil d’État. Le 31 décembre 2024, celui-ci a rejeté la demande de la société Parc Éolien Corrèze 1. Cette décision a mis un terme définitif au projet.

    Cette victoire ne repose pas sur une action isolée, mais sur la continuité d’une mobilisation associant habitants, adhérents, élus, associations, contributeurs à l’enquête publique et défenseurs du territoire. AAPLX en a constitué l’un des points d’appui les plus constants, depuis les premières réunions de 2013 jusqu’à l’issue judiciaire de 2024.

    Informer, documenter et rendre les habitants acteurs

    L’une des caractéristiques d’AAPLX est de ne pas limiter son action à la protestation.

    L’association cherche à rendre accessibles des dossiers souvent très techniques. Elle rassemble des documents administratifs, suit les enquêtes publiques, consulte les décisions préfectorales et judiciaires, sollicite les collectivités et interpelle les responsables publics.

    Sa méthode repose sur plusieurs formes d’action complémentaires :

    • l’étude approfondie des projets et des documents officiels ;
    • l’information directe des habitants ;
    • l’organisation de réunions publiques et de formations ;
    • les pétitions et les contributions aux enquêtes publiques ;
    • les rencontres avec les élus et les administrations ;
    • le travail avec des scientifiques, des juristes et des associations spécialisées ;
    • la publication de communiqués et les relations avec la presse ;
    • le recours à la justice lorsque les autres moyens ne suffisent plus.

    AAPLX agit également au sein de collectifs. Elle a participé à la création d’un regroupement départemental d’associations mobilisées sur les projets éoliens en Corrèze. Avec plusieurs associations corréziennes, elle a par exemple interpellé les candidats aux élections législatives de 2022 sur la politique énergétique, la consultation des populations et la protection des territoires ruraux.

    L’eau potable : défendre une gestion locale et transparente

    L’action d’AAPLX concerne également la gestion de l’eau potable en Xaintrie Val’Dordogne.

    Face aux projets de réorganisation et de centralisation de l’alimentation en eau, l’association a demandé que les habitants puissent disposer des études et des documents utilisés par les décideurs. Elle a défendu l’organisation de réunions publiques permettant à chacun de comprendre les scénarios proposés et leurs conséquences.

    En janvier 2022, AAPLX et le Collectif Transition Locale du Pays d’Argentat ont notamment demandé à la communauté de communes la communication des études réalisées sur le schéma directeur de l’eau potable. Leur démarche revendiquait une participation citoyenne fondée sur l’accès aux informations, afin de construire un regard commun plutôt que de laisser s’installer l’incompréhension ou la division.

    Cette mobilisation a contribué à ouvrir publiquement le débat sur la préservation des ressources locales, leur interconnexion, les consommations, la qualité de l’eau et la manière dont les décisions sont prises.

    Le sujet a rencontré un écho important dans la population et dans la presse régionale, notamment lors d’une réunion publique organisée à Argentat en septembre 2022, consacrée au devenir de l’alimentation en eau du territoire.

    Mines d’uranium, radioactivité et radon

    La Xaintrie porte également les traces de l’ancienne exploitation de l’uranium. Plusieurs mines ont été exploitées dans le secteur de Saint-Privat, notamment à Auriac, Saint-Julien-aux-Bois et Darazac.

    AAPLX suit la situation de ces anciens sites et demande le nettoyage ainsi que la réhabilitation des zones polluées par des déchets radioactifs. Elle relaie des informations sur les conséquences possibles de ces anciennes activités minières pour les sols, les cours d’eau et la santé publique.

    L’association s’intéresse aussi à la présence du radon, un gaz radioactif naturel particulièrement surveillé dans certains territoires granitiques. Elle a obtenu auprès de l’Agence régionale de santé des données concernant plusieurs ressources en eau de la Xaintrie blanche.

    En octobre 2025, elle a organisé à Goulles une formation ouverte au public avec un ingénieur géologue et le soutien de la CRIIRAD, afin de mieux comprendre le radon, ses risques potentiels et les moyens de prévention. Cette initiative a fait l’objet d’un article dans le journal La Montagne.

    Une association présente dans la presse et le débat public

    Depuis sa création, AAPLX utilise la presse locale et régionale comme un moyen d’information et de mise en débat.

    Ses réunions publiques, ses prises de position, ses formations et ses mobilisations ont été relayées par différents médias. L’association a publié de nombreux communiqués, donné des interviews radiophoniques et participé à des dossiers consacrés à l’éolien, à l’eau potable, aux mines d’uranium et au radon.

    En 2018, La Trousse corrézienne avait consacré une longue rencontre à Marie Maugein et Christine Guérin, alors présidente et secrétaire de l’association. L’article retraçait la naissance d’AAPLX et décrivait les méthodes employées par les promoteurs avant que la population ne soit pleinement informée. Il exposait également la position de l’association : non pas le refus de toute transition énergétique, mais la contestation de projets industriels conduits sans véritable participation des habitants et sans prise en compte suffisante du territoire.

    Cette relation avec les médias fait partie intégrante de la méthode d’AAPLX : rendre visibles des dossiers qui pourraient rester réservés aux administrations, aux bureaux d’études et aux entreprises concernées. D’où son partenariat avec Citoyliens décidé ce 1er Aout 2026 !

    Une vigilance qui se poursuit

    La victoire définitive obtenue sur le projet du Deyroux ne marque pas la fin de l’action d’AAPLX.

    L’association continue de suivre les projets susceptibles d’affecter la Xaintrie et les territoires voisins. Elle soutient les habitants qui cherchent à s’informer et poursuit ses actions sur l’eau, la radioactivité, le radon, les paysages et la biodiversité.

    De nouveaux projets éoliens apparaissant dans le secteur, notamment autour de Saint-Julien-aux-Bois, l’association mobilise à nouveau son expérience : information des habitants, réunions publiques, diffusion de documents, pétitions et interpellation des élus et des autorités.

    Douze années de mobilisation ont montré qu’un groupe d’habitants organisé peut étudier des dossiers complexes, faire circuler l’information, participer aux procédures publiques et peser durablement sur les décisions qui concernent son territoire.

    AAPLX devient partenaire de Citoyliens

    En devenant partenaire de Citoyliens, Agir Autrement pour la Xaintrie dispose d’un espace supplémentaire pour partager ses informations avec les habitants de la Corrèze.

    L’association pourra utiliser la plateforme pour annoncer ses réunions, ses formations et ses mobilisations, publier ses communiqués, rendre compte de ses actions et orienter les lecteurs vers les dossiers plus complets disponibles sur son propre site.

    Ce partenariat s’inscrit dans la raison d’être de Citoyliens : proposer aux associations et aux collectifs locaux un canal de publication et d’affichage en commun, indépendant des grandes plateformes commerciales, sans publicité, sans captation des données personnelles et sans algorithme décidant à la place des lecteurs quelles informations méritent d’être vues.

    En rejoignant les associations partenaires de Citoyliens, AAPLX partage son expérience avec un réseau plus large d’acteurs engagés pour l’écologie, la solidarité, les droits, l’information indépendante et la participation citoyenne.

    Bienvenue à Agir Autrement pour la Xaintrie parmi les associations partenaires de Citoyliens.

    Pour aller plus loin

    Retrouvez les dossiers, les archives et les actualités de l’association sur aaplx.com.

    Découvrez toutes les publications d’AAPLX accessibles sur Citoyliens.fr.

  • Données climat à Brive depuis 2010 : basculement ?

    Données climat à Brive depuis 2010 : basculement ?

    Article rédigé à partir des relevés et observations de Dominique Gaudefroy, naturaliste et fondateur de l’association Le Jardin sauvage

    Deux images contradictoires de l’été 2026 à Brive : la promesse de fraîcheur et la réalité d’une chaleur record.

    Article pédagogique et critique – août 2026

    À Brive-la-Gaillarde, l’année 2026 accumule les températures exceptionnelles. À partir des relevés de la station météorologique de Brive-La Roche, Dominique Gaudefroy a étudié près de quarante années de mesures. Son constat est préoccupant : au-delà des variations d’une année à l’autre, le climat local semble être entré dans une période sensiblement plus chaude et plus sèche.

    Les habitants du bassin de Brive n’ont pas eu besoin de consulter un thermomètre pour comprendre que l’été 2026 sortait de l’ordinaire. Les journées à plus de 40 °C se sont multipliées, les sols se sont rapidement desséchés et les fumées des incendies de Gironde ont atteint le sud de la Corrèze.

    Mais un été particulièrement éprouvant suffit-il à démontrer que le climat change ? Pour répondre sérieusement, il faut dépasser les impressions et observer les données sur plusieurs décennies. C’est le travail entrepris par Dominique Gaudefroy à partir des relevés de la station de Brive-La Roche, dont les archives commencent en septembre 1987.

    Météo et climat : deux échelles différentes

    La météo décrit ce qui se passe pendant quelques heures, quelques jours ou une saison. Le climat correspond à l’ensemble des conditions météorologiques observées sur une longue période.

    Les climatologues utilisent généralement des périodes de trente ans pour calculer les « normales climatiques ». La période de référence utilisée ici est 1991-2020. Une journée à 43 °C constitue donc un événement météorologique. En revanche, l’accumulation d’années chaudes, l’augmentation durable des moyennes et la répétition des sécheresses renseignent sur une transformation du climat.

    Une année 2026 presque constamment au-dessus des normales

    D’après les relevés examinés par Dominique Gaudefroy, presque toutes les températures mensuelles enregistrées à Brive depuis le début de 2026 se situent au-dessus des normales 1991-2020. La seule exception relevée concerne la moyenne des températures minimales du mois de mars.

    Tableau mensuel 2026 de la station de Brive-La Roche, arrêté au début du mois d’août. Source : Infoclimat, reprise par Dominique Gaudefroy.

    Le printemps avait déjà donné le ton. À Brive, le mois d’avril aurait dépassé les normales d’environ 5,2 °C. Après un hiver très humide, la sécheresse s’est ainsi installée rapidement dès le printemps.

    Ce contraste est important : un hiver pluvieux n’empêche pas nécessairement une sécheresse quelques mois plus tard. Lorsque les températures sont très élevées, l’eau s’évapore plus rapidement, la végétation transpire davantage et les sols perdent leur humidité.

    43 °C en juin : un nouveau record à Brive

    La station de Brive-La Roche a enregistré 43 °C le 22 juin 2026. D’autres valeurs remarquables ont suivi : 42 °C les 23 et 24 juin, 40,4 °C les 10 et 12 juillet, puis 42,2 °C le 29 juillet.

    Ces chiffres correspondent aux températures maximales atteintes pendant certaines journées. Pour mesurer l’intensité générale d’un mois, il faut observer la moyenne de toutes les températures maximales quotidiennes, appelée TXM. En juillet 2026, cette moyenne aurait atteint 35,2 °C.

    Autrement dit, les après-midi du mois de juillet ont atteint en moyenne plus de 35 °C. Le précédent record mensuel était de 33,3 °C en août 2003. Le record aurait donc été dépassé de près de 2 °C sur la moyenne d’un mois entier : un écart beaucoup plus significatif qu’un pic isolé.

    Repères issus des relevés de Brive-La Roche

    IndicateurValeurLecture
    Température maximale journalière43 °C – 22 juin 2026Plus haute valeur citée dans les archives étudiées
    Deuxième valeur de 202642,2 °C – 29 juillet 2026Record de chaleur pour un mois de juillet à Brive
    Moyenne des maximales de juillet35,2 °CNouveau mois le plus chaud de la série
    Ancien record mensuel33,3 °C – août 2003Référence historique de la canicule de 2003
    Début des archives1er septembre 1987Environ quarante ans de recul

    Les années les plus chaudes se concentrent dans la période récente

    L’un des éléments les plus parlants apparaît dans le classement des années selon la moyenne de leurs températures maximales. Parmi les cinq années les plus chaudes relevées à Brive-La Roche, toutes se situent à partir de 2020 : 2022, 2025, 2020, 2023 et 2024.

    L’année 2026 apparaît provisoirement en tête de certains classements, mais elle n’est pas terminée. Ses résultats annuels doivent donc être considérés comme provisoires. Même sans retenir 2026, la concentration des années les plus chaudes dans la période récente constitue un signal particulièrement net.

    Près de 2 °C supplémentaires dans la moyenne locale

    Dominique Gaudefroy a recalculé une température moyenne annuelle à partir des moyennes minimales et maximales disponibles. Pour rendre la tendance plus visible, il a regroupé les années par périodes de cinq ans. Ce lissage atténue les variations ponctuelles liées à une année froide ou exceptionnellement chaude.

    Période ou groupe d’annéesMoyenne lissée indiquée
    1987-198912,62 °C
    Autour de 1990-199412,50 °C
    Autour de 1995-199912,82 °C
    Autour de 2000-200412,96 °C
    Autour de 2005-200912,70 °C
    Autour de 2010-201413,10 °C
    Autour de 2015-201913,86 °C
    Années les plus récentes14,70 °C

    Reconstitution simplifiée du tableau de Dominique Gaudefroy. Les groupes ne comportent pas tous exactement le même nombre d’années.

    La méthode mériterait d’être vérifiée et homogénéisée par un climatologue, notamment parce que certaines périodes ne comprennent pas exactement le même nombre d’années. Néanmoins, l’ordre de grandeur est clair : les températures moyennes locales récentes se situent environ 2 °C au-dessus de celles de la fin des années 1980.

    Peut-on parler d’un basculement climatique autour de 2010 ?

    Les données montrent des fluctuations importantes entre 1987 et le début des années 2010. Certaines années sont chaudes, d’autres plus fraîches, sans progression parfaitement régulière. À partir des années 2010, et plus nettement encore depuis 2018, les années très chaudes deviennent toutefois beaucoup plus fréquentes.

    Il ne s’agit pas d’un basculement survenu à une date précise, comme si le climat avait changé du jour au lendemain. Il est plus juste de parler d’une accélération visible du réchauffement local, devenue particulièrement manifeste au cours des quinze dernières années.

    Le climat reste variable. Des hivers froids, des journées de gel et des périodes pluvieuses continueront d’exister. Mais ils prennent place dans un environnement général plus chaud. Le réchauffement ne supprime pas les variations météorologiques : il déplace progressivement le niveau autour duquel elles se produisent.

    Après les pluies hivernales, un déficit rapide de précipitations

    Précipitations mensuelles à Brive-La Roche en 2026. Après les pluies hivernales, le déficit s’installe à partir de mars.

    Le graphique étudié par Dominique Gaudefroy montre qu’après les fortes pluies de l’hiver, les précipitations sont devenues largement déficitaires à partir de mars. Le déficit atteindrait environ 190 millimètres en cinq mois.

    Ce phénomène illustre une évolution plus complexe qu’une simple diminution annuelle des pluies : fortes précipitations concentrées pendant certaines périodes, longues séquences sèches, sols qui perdent rapidement leur humidité et augmentation simultanée des risques d’inondation et de sécheresse.

    Des paysages locaux soumis à des extrêmes successifs

    Crue de la Vézère en février 2026, en amont de Brive, vers Varetz. Photo : Dominique Gaudefroy.

    L’hiver 2026 a été particulièrement pluvieux. Quelques mois plus tard, la chaleur et le manque de pluie ont pourtant installé la sécheresse. Cette succession rapide d’excès d’eau puis de dessèchement rend l’adaptation des sols, des cultures et des milieux naturels beaucoup plus difficile.

    Quand les incendies lointains atteignent le bassin de Brive

    À Estivaux, le 26 juillet 2026, les fumées d’incendies situés à plus de 200 km masquent le soleil. Photo : Dominique Gaudefroy.

    Le 26 juillet 2026, à proximité d’Estivaux, le ciel est dépourvu de nuages, mais le soleil reste presque invisible. Les fumées provenant d’incendies de Gironde recouvrent la région d’un voile opaque. Dominique décrit une atmosphère cotonneuse, une odeur âcre et des difficultés respiratoires.

    Cette scène montre que les conséquences des incendies dépassent largement les secteurs directement touchés par les flammes. Les fumées peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres, dégrader la qualité de l’air et affecter la santé de populations éloignées.

    Une végétation locale de plus en plus vulnérable

    Prairies desséchées vers Labrousse, au sud-ouest de Brive, le 29 mai 2011. Photo : Dominique Gaudefroy.

    Pour un naturaliste, les effets du réchauffement se lisent aussi dans les paysages. Dès mai 2011, certaines prairies étaient presque entièrement desséchées après deux mois particulièrement chauds et un déficit de pluie de 66 % en mai.

    Traditionnellement, le mois de mai était pourtant l’une des périodes où les prairies atteignaient leur plus grande luxuriance. Ces sécheresses précoces fragilisent particulièrement les terrains sableux du Trias, au sud de Brive. Ces sols abritent des espèces végétales remarquables, mais retiennent peu l’eau.

    Lorsque les épisodes secs se répètent, les espèces les plus sensibles peuvent régresser ou disparaître. Elles sont progressivement remplacées par des végétaux mieux adaptés à la chaleur et au manque d’eau. Le changement climatique transforme ainsi silencieusement la composition des paysages et la biodiversité locale.

    Brive est-elle devenue aussi chaude que des villes méditerranéennes ?

    Station citéeMoyenne maximale du mois le plus chaud
    Brive-La Roche, juillet 202635,2 °C
    Montélimar35,3 °C
    Albi34,8 °C
    Malaga34,5 °C
    Toulouse34,2 °C
    Argentat34,1 °C
    Bordeaux33,1 °C
    Montpellier32,9 °C
    Nice31,2 °C
    Paris-Montsouris30,3 °C
    Amiens28,3 °C

    Sélection comparative proposée par Dominique Gaudefroy. Les stations et périodes d’archives ne sont pas directement équivalentes.

    Ces comparaisons doivent être maniées avec prudence. Les stations ne se trouvent pas toutes dans les mêmes conditions : altitude, distance à la mer, humidité, urbanisation, durée des archives et période du record varient fortement.

    Elles ne signifient donc pas que Brive possède désormais le même climat que Malaga ou la Méditerranée. Elles montrent en revanche qu’un mois d’été à Brive peut désormais atteindre ponctuellement des niveaux de chaleur autrefois associés à des régions beaucoup plus méridionales.

    S’adapter, mais sans renoncer à agir sur les causes

    Face à ces transformations, le mot « adaptation » revient constamment : isoler les logements, créer des espaces ombragés, végétaliser les villes, économiser l’eau ou installer des systèmes de rafraîchissement. Ces mesures deviennent indispensables.

    Dominique Gaudefroy en propose cependant une lecture critique : l’adaptation ne doit pas devenir un prétexte pour accepter sans discussion une dégradation continue de nos conditions de vie. Planter des arbres, désimperméabiliser les sols et restaurer les zones humides permet réellement de rafraîchir les espaces habités. Encore faut-il leur réserver de la place.

    Il pousse volontairement le raisonnement jusqu’à la satire : pourquoi ne pas planter des arbres au milieu des terrains de football ou de rugby et demander aux joueurs de les contourner ? Derrière l’humour se trouve une question politique sérieuse : quelles activités, quels usages du sol et quels intérêts économiques sommes-nous réellement prêts à modifier pour rendre nos territoires habitables ?

    L’effort ne peut pas reposer uniquement sur les particuliers, sommés d’acheter une climatisation, de mieux supporter la chaleur ou d’adapter leurs horaires. Il suppose des décisions collectives concernant l’aménagement, les transports, l’agriculture, l’énergie, la consommation des ressources et la protection de la végétation.

    Des chiffres locaux qui rendent le changement climatique concret

    Les relevés de Brive-La Roche ne permettent pas, à eux seuls, d’expliquer chaque canicule ni d’attribuer chaque sécheresse au changement climatique. Ils apportent cependant quelque chose d’essentiel : une mesure locale et concrète d’un phénomène souvent présenté à travers des moyennes mondiales.

    • une majorité de mois au-dessus des normales en 2026 ;
    • plusieurs journées dépassant 40 °C ;
    • un nouveau record mensuel très supérieur à celui de 2003 ;
    • une concentration des années les plus chaudes depuis 2020 ;
    • une hausse proche de 2 °C entre les premières et les dernières années de relevés ;
    • des sécheresses plus précoces et une végétation fragilisée.

    Les données recueillies par Dominique Gaudefroy ne décrivent donc pas seulement un été exceptionnel. Elles interrogent la transformation durable du bassin de Brive. La question n’est plus seulement de savoir si le climat local change. Elle consiste désormais à déterminer jusqu’où nous le laisserons changer, comment protéger les habitants et les milieux naturels, et quelles transformations collectives nous sommes prêts à engager.

    Sources et précautions de lecture

    Article rédigé à partir du travail publié par Dominique Gaudefroy le 2 août 2026 sur Correzitude.fr : « Le climat en question… Cette fois en Sud Corrèze et encore plus à Brive-la-Gaillarde ». Les tableaux et graphiques originaux proviennent principalement des données de la station Brive-La Roche consultées sur Infoclimat.

    Les chiffres de l’année 2026 sont provisoires, l’année n’étant pas terminée. Les comparaisons entre villes ont une valeur illustrative, mais ne constituent pas une comparaison climatologique homogène. La reconstitution des moyennes par périodes de cinq ans reprend le travail de Dominique et doit être lue comme une mise en évidence de tendance, non comme une expertise climatologique officielle.

    Source principale : https://www.correzitude.fr/26-CLIMAT-BRIVE.html

    Voir toutes les publications liées à Dominique Gaudefroy sur Citoyliens (cliquez)

  • Pétition anti-éolienne St Julien aux Bois – XVD

    Pétition anti-éolienne St Julien aux Bois – XVD

    Information reçue de l’association AAPX (Agir Autrement pour la Xaintrie) ce 31 juillet 2026 : appel à pétition contre le projet d’éoliennes en Xaintrie à St Julien aux bois

    Au Préfet de Corrèze:

    Un projet de parc industriel d’éoliennes, initié par la société NEOEN Brookfield, est actuellement à l’étude sur la commune de St Julien aux Bois dans le département de la Corrèze.
    D’ores et déjà, Saint Julien aux Bois et les communes mitoyennes se sont prononcées CONTRE l’implantation de ces gigantesques machines industrielles, car elles ont compris que les nuisances des éoliennes ne s’arrêtent pas aux limites d’une commune !

    La population, soucieuse de son avenir et de son bien être, chérissant son patrimoine architectural rare et œuvrant pour sa mise en valeur par une économie ouverte, entre autres, sur un tourisme de nature en bonne harmonie avec l’agriculture, n’est pas disposée à laisser détruire ses efforts.

    La Xaintrie a d’autres ambitions que de se laisser dénaturer par la laideur envahissante de sites industriels et leur cortège de nuisances qui seraient visibles à de très grandes distances depuis des sites remarquables: Les fermes médiévales , Les jardins Sothys,  Le lac Feyt,  Les tours de Merle,    Les tours de Carbonnières 
    Huit sites magnifiques sont inscrits au titre des paysages.
    La Vallée de la Dordogne est classée: Réserve de biosphère UNESCO (la plus vaste de         l’hexagone), 
    Zone Spéciale de Conservation (ZSC) «    habitats-faune-Flore    ».
    Les Gorges de la Maronne sont  classées Réserve Naturelle Régionale.
    Un inventaire de zones naturelles d’intérêt écologique floristique et faunistique ZNIEFF a été initié en 1982  par le Ministère de l’environnement.

    Le site Natura 2000 a été classé pour la préservation et la conservation de 16 espèces d’oiseaux d’intérêt communautaire, c’est-à-dire qu’elles sont protégées au niveau européen. 
    Parmi l’avifaune et les espèces protégées, on répertorie entre autres des rapaces tel le Milan Royal, des strigiformes  dont la Chevêche d’Europe, des chiroptères, etc…
    Les éoliennes formeraient ici un piège mortel pour les oiseaux et détruiraient leur habitat.
        
    Dans les secteurs convoités par les promoteurs se trouvent les sentiers de randonnées (6) et de grandes randonnées (1 GR)  , ainsi que  le site historique du  terrain Tramon lieu de parachutage de Saint-Julien-aux-Bois (opération Cadillac du 14 juillet 1944 notre photo montage).
    Les habitants que nous sommes ne décolèrent pas devant les affirmations fallacieuses des promoteurs, leurs manières de colonisateurs, leur stratégie d’accaparement du bien commun,  leurs pratiques intrusives dans le fonctionnement des communes et leur mépris des lieux de mémoire.

    Pour toutes ses raisons, nous demandons au Préfet de ne pas accorder de permis de construire ni d’autorisation d’exploitation à des promoteurs industriels (pour la plupart étrangers) dont les projets n’ont rien d’environnemental mais visent à des opérations financières au détriment l’ensemble de notre vie locale (humaine et animale). 

    Nous exigeons que les projets en cours et à venir soient définitivement abandonnés  dans les plus brefs délais.

    asso.aaplx@gmail.com.   https://aaplx.com/    

    Signer la pétition XVD

    L’association AAPLX nous invite à partager largement cet appel à pétition en ligne contre le projet d’éoliennes de St Julien aux bois