Tribune animée par Barbara Métais-Chastanier avec Valérie Rey-Robert
Cinq ans après #MeToo, on peut s’interroger sur la prégnance que continuent à avoir dans notre société les violences sexistes et sexuelles et sur l’impunité dont elles bénéficient. La révolution – tant attendue dans le sillage de la libération de la parole dont témoignait ce mouvement – se fait attendre et ce sont, encore aujourd’hui, trop souvent les femmes qui continuent à s’intéresser à ces questions. Pourtant, et c’est ce que démontre Valérie Rey-Robert, militante féministe et autrice notamment de Une culture du viol à la française : du “troussage de domestique” à “la liberté d’importuner”(Libertalia, 2019) et de Sexisme : une affaire d’hommes (Libertalia, 2020), ce changement ne pourra avoir lieu sans que tous et toutes y prennent part et sans la transformation radicale de ce qu’être un homme veut dire. En écho avecL’Institut Ophélie d’Olivier Sacomano et Nathalie Garaud, programmé les 14 et 15 mars à L’Empreinte, cette seconde tribune du cycle “contre-récit, contre-discours et contre-conduite” sera l’occasion d’explorer des modèles de masculinité, de sexualité et de culture alternatifs à ceux du modèle dominant encore engoncé dans la perpétuation des stéréotypes de genre, de l’idéologie hétéropatriarcale et de ce qu’elle fait à nos corps, à nos amours comme à nos vies.
voir l’événement du lundi 14 novembre au théatre de Brive à 18h30
Valérie Rey-Robert est une militante féministe et essayiste. Elle combat les violences sexuelles depuis près de vingt ans et anime le blog Crêpe Georgette. Elle est l’autrice de Téléréalité : La Fabrique du sexisme (Hachette, 2022), Dix questions sur le féminisme(Libertalia, 2021), Le Sexisme, une affaire d’hommes (Libertalia, 2020) et Une culture du viol à la française : du “troussage de domestique” à “la liberté d’importuner”(Libertalia, 2019).
La Xaintrie est le secteur géographique de la rive gauche de la Dordogne ; elle est délimitée par 3 profondes vallées, celle de la Dordogne, de la Maronne et de la Cère. Peu peuplée, c’est un milieu naturel exceptionnel pour sa faune et sa flore ; elle est classée site Natura 2000 et réserve mondiale de Biosphère par l’Unesco. Les approvisionnements en eau des communes sont déficitaires, l’eau manque lors des pics de chaleur d’été.
La communauté de commune veut s’orienter vers une solution centralisée avec un seul point de captage pour toutes les communes et une unique entreprise opérateur. Toute l’eau devrait être pompée dans la Dordogne, filtrée et relevée par énergie électrique vers les communes en surplomb. Ce scénario abandonne tous les captages historiquement pratiqués au contraire à proximité et au dessus des communes.
Cet ensemble d’aspects contraires à la logique est pointé et dénoncé par les contributeurs d’une enquète citoyenne, par des associations et par un document édité par 13 communes de la communauté. Vous les trouverez ci-dessous.
La réunion de la Com-com du 9 décembre 2021 qui devait permettre d’adopter ce projet n’a pas pu se tenir parce que la salle a été envahie par 200 manifestants. (Téléchargez l’article de La Montagne ici)
Il semble qu’une séquence de confrontation brutale entre une approche raisonnée d’une ressource collective précieuse et de la politique autoritariste s’amorce. Vous n’êtes pas sur Netflix ou dans un film du genre “Erin Brocovitch” ou “Fair Game”. Cela se passe chez nous en Corrèze, à trente minutes de Tulle et de Brive.
Ouverture d’une enquête citoyenne
Une enquête citoyenne sur le schéma directeur de l’alimentation en eau potable de Xaintrie a été ouverte pendant plusieurs semaines :
Notez que ce sont les habitants de Xaintrie qui l’ont organisée en l’absence de passerelle avec la population.
Les contributions sont exemplaires, méthodiques et éclairantes. Il ressort notamment que cette région n’a jamais manqué d’eau dans toute son histoire. demande que à ce que la valeur d’intérêt général de la ressource “eau” soit bien prise en compte, et que sa gestion se fasse de façon exemplairement démocratique.
Nous vous présentons une contribution qui synthétise assez bien tous les angles abordés par cette enquête :
Je m’associe à l’ensemble des contributions de la présente enquête citoyenne :
garder la compétence eau, bien public à gérer par les communes
faire l’inventaire des ressources potentielles non exploitées, demander une étude par un hydrogéologue sur le secteur du Puy du Bassin
renforcer les captages existants, les remettre en état si besoin plutôt que de financer des stations de reminéralisation inutiles, aménager des interconnexions pour les communes déficitaires
une seule source d’approvisionnement est dangereuse en cas d’incident grave
les projets présentés sont très coûteux et entraîneront un coût de fonctionnement exorbitant contraire à la réduction de la facture énergétique et favorisant des difficultés économiques
notre eau est de très bonne qualité, naturellement filtrée alors que la chloration et autres procédés physico-chimiques altéreront son goût et seront nuisibles à la santé et aux nappes phréatiques
que nos réseaux d’alimentation créés par nos anciens, peu onéreux en fonctionnement, perdurent dans le temps !
Nous complétons en relevant deux derniers angles apportés par des contributeurs =
Un contributeur analyse les raisons de la fermeture de captage fait par l’ARS ; il s’interroge sur la pollution qui sert de justification à cette fermeture du fait de présence logique de pesticide en période de canicule, mais n’obtient pas de réponse.
Mise en relief d’un ensemble de causes simples et réversibles au manque d’eau (drainage des zones humides et des parcelles agricoles, arrachage des haies, plantation d’arbres résineux en bordure de cours d’eau …)
Essayez de prendre le temps de lire les contributions de l’enquète citoyenne. Elles sont passionnantes :
Trois points sont mis particulièrement en avant dans la contribution de C. Guérin, vice-présidente de l’association AAPLX :
La démarche d’ensemble consiste à à solutionner une situation tout en occultant totalement l’analyse de ses causes !!
alimenter à partir d’un seul captage concentre tous les risques (variation des coûts, risques de pollution, panne, etc …) sur trente communes d’un coup
L’aspect “non pédagogique” de l’ensemble de la démarche est souligné par la majorité des contributeurs : une solution magique va tomber du ciel, et aucun citoyen, aucun agriculteur n’aura à prendre conscience de quoi que ce soit ni devenir participant éclairé à la résolution d’un défi qui est posé à l’échelle de la planète !
La fédération locale d’association qu’est Corrèze Environnement présente une riche contribution à l’enquète citoyenne. C’est une critique sur la méthodologie de départ, sur les biais d’analyse, et la qualité démocratique de la gestion. La voici :
Le document des communes opposantes au projet de captage unique
Sur les 30 communes de la communauté, 14 mairies sont opposées à ce projet. Elles présentent leurs arguments à travers un court et édifiant document. Voici ses points forts :
questionnement sur le coût de plus de 600000 euros d’étude alors que celle-ci ne répond pas aux axes de son cahier des charges (étudier les ressources complémentaires = elles prennent la direction opposée en ignorant ces pistes). (et pas de réponse à leur demande sur ce point)
présentation de scénarios de diversification des sources de captage faites dans d’autres endroits en France avec leurs résultats
nombreux risques liés à un captage unique, dont la dépendance du prix de l’eau au prix de l’électricité
propositions de solutions de diversification et de renforcement des captages actuels
Biais important de l’approche de la méthode de captage centralisé
N’oublions pas de souligner un biais pointé par l’enquète citoyenne : la centralisation du captage de l’eau pourrait aboutir à l’abandon de la surveillance de toutes les pollutions sur les points de captages qui maillent actuellement le territoire de façon uniforme !!!
Réunion citoyenne de restitution de l’enquête publique lundi 19 septembre
Vous l’avez compris, des enjeux durables et profonds sont liés à cette question de la gestion de l’eau.
Une réunion citoyenne est organisée lundi 19 septembre à Argentat. Venez y assister.
Réunion publique : Comm-com, préfecture, ARS, CD19 le lundi 26 Septembre à la salle des confluences à Argentat
Le 26 septembre à Argentat se tiendra la réunion publique de présentation officielle du projet de gestion de l’eau potable en Xaintrie-Val de Dordogne.
Comme vous avez pu le suivre sur Citoyliens.fr dans nos articles successifs, le collectif citoyen qui s’est spontanément formé face à l’annonce de la mairie d’Objat quant au projet d’abattre les platanes et de transformer une place centenaire en parking est toujours actif.
Une réunion publique a très stratégiquement été organisée au pied levé par la mairie … pendant la seule semaine où ils étaient absents, avec force présence d’institutionnels.
Le dialogue avec la mairie est au point mort. Le collectif n’a toujours pas eu la possibilité d’accéder au dossier technique comme la loi sur l’accès aux documents administratifs devrait leur en donner le droit.
En 2019, j’ai lancé le projet que j’ai appelé ” OikosLibre “. Oikos est un mot grec et se prononce oy-kosse. avec le ‘oy’ de ‘Cowboy’ prononcé en français. Un Oikos est un groupe de personnes qui travaillant ensemble. Une “écorégion” est formée par plusieurs Oikoi et j’ai rédigé une proposition sur la manière de faire fonctionner une économie locale sans dépendre des euros.
Le vendredi 12 novembre, la première réunion aura lieu à côté du ‘Silo’ à Argentat de 19.00-21.00. Veuillez nous faire savoir si vous venez car les places sont limitées. ristrilin@oikoslibre.org ou 0555 282601
J’essaie de me mettre à la place d’un citoyen, d’un fonctionnaire ou d’un ministre bien intentionné. Ils liront mon texte avec des sentiments mitigés. Ils peuvent dire qu’il n’y a pas besoin d’une alternative et que c’est un signe de méfiance. Après tout, tout va dans le bon sens et nous devons nous en sortir ensemble.
Il y a trente ans, j’ai remarqué pour la première fois un problème assez fondamental de gestion descendante, effectuée par des personnes qui ne connaissent pas le contenu et ne voient pas l’ensemble du tableau. Tout est compartimenté et personne n’est capable d’une réelle innovation. J’estime qu’il est de mon devoir de faire au moins une proposition.
En dehors de la crise de Corona, tout ne va pas bien pour l’humanité. Il y a un manque de sens et tout devient de plus en plus virtuel et individualiste. Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse. Nous sommes de plus en plus en mauvaise santé, tant sur le plan mental que physique. Nous vivons dans une société du jetable et presque tout ce que nous faisons est polluant d’une manière ou d’une autre. Mon plan consiste à aborder tous ces problèmes également.
Pour moi, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est la “coronapas”. Le gouvernement montre maintenant très clairement comment le jeu est joué. Une politique est en cours d’élaboration. Sans débat ni arguments scientifiques. Aux Pays-Bas, seules 10 personnes déterminent quelle est la vérité et ce qu’il faut faire. Des milliers de médecins et de scientifiques sont ignorés et rejetés comme anti-vax.
Je regarde loin devant et, comme j’ai fait cela toute ma vie, je commence à reconnaître des tendances. Extrapoler les tendances permettent de voir l’avenir. La vitesse, cependant, n’est pas facile à prévoir. Elle va probablement lentement dans cette direction et ce n’est que lorsque vous connaissez l’objectif final que vous pouvez voir des similitudes dans des événements apparemment aléatoires.
Il n’est plus possible de parler aux gens de manière objective. L’opinion de nombreuses personnes se fonde uniquement sur les informations fournies par la télévision et les journaux. J’ai arrêté d’expliquer ce que je pense pour la simple raison qu’une bonne justification de mon histoire prend des heures et qu’ensuite les gens pensent que je suis fou. Si je donne une brève explication, alors je suis un théoricien de la conspiration. Il n’y a pas de réponse substantielle à mon histoire. En outre, il existe une formation de groupe, qui s’apparente à une religion covidiste. Avec des rituels et des écritures sacrées. Les hérétiques sont raillés et exclus.
Avec mon texte, je veux donc surtout parler d’une solution. Quelque chose de concret et de réalisable. Je présente cela dans le contexte d’un éventuel agenda mondial. Ce programme n’est pas une théorie. L’histoire est entièrement développée et l’on suppose qu’elle sera acceptée, car il n’y a pas d’alternative.
En lisant les commentaires, j’y ai vu tellement d’interventions basées sur la peur et le dénigrement que j’ai reagi avec, moi aussi, un commentaire…j’ tellement rouler avec mon triporteur.
Le bon côté : j’ai l’impression que mon avis est partagé par de nombreuses personnes car il y a eu de nombreux
Le mauvais côté : des réponses qui reprennent l’argument premier de la non sécurité pour les enfants alors que j’ai déjà dit que cet argument me semblait infondé (si une personne a une information de source fiable me montrant que je me trompe, je suis toute ouïe !). Pseudo – conclusion : peu importe que ton argumentaire soit développé ou pas, sur facebook (mais pas que), les commentateurs dictés par la peur et les émotions y restent insensibles. Ce n’est pas un débat mais un dialogue de sourd.
je n’ai pas osé dire que dans la majorité des cas, le problème ce n’est pas le vélo cargo mais le comportement des automobilistes… Pour provoquer j’ose faire le parallèle : c’est comme dire que la minijupe est dangereuse quand tu te balades en ville le soir alors que le problème c’est le comportement des agresseurs. le développement des zones à
km/h est nécessaire en ville car cela réduit la fréquence et la gravité des accidents.
Et vous ? Qu’en pensez-vous ?
Prêt.e à passer au vélo cargo ou autre mode de transport doux ?
Réunion publique de présentation du diagnostic des platanes du champs de foire et du projet d’aménagement le jeudi 30 septembre 2021 à 20h30, salles des congrès. A objat. Pass sanitaire obligatoire.
(un test salivaire permet d’avoir son pass sanitaire)
Communiqué du collectif :
Une réunion exceptionnelle des conseillers municipaux au sujet de l’aménagement du foirail et donc de l’abattage des platanes s’est tenue à l’initiative du maire mardi dernier, 21 septembre 2021. Pour résumer le diagnostic communiqué, seuls 8 platanes seraient viables dont 3 ou 4 pourraient être conservés, à condition que la maîtrise d’ouvrage du projet puisse mettre en oeuvre des périmètres de sécurité suffisant autour de chaque arbre afin de ne pas détériorer les racines (environ 4 mètres).
Le cabinet aurait préconisé une sécurisation rapide du foirail d’où l’arrêté du maire en date de mercredi interdisant tout accès au foirail. Comme ont pu le constater les objatois, le foirail est donc ceinturé de barrières de sécurité depuis mercredi matin.
Nous regrettons une nouvelle fois que le maire, contrairement à l’engagement pris lors de la réunion avec le collectif le 27 mai, ne nous ait pas communiqué les conclusions du diagnostic, pas plus d’ailleurs qu’à ses conseillers municipaux qui n’ont eu droit qu’à un powerpoint pré-digéré (et peut-être orienté?). Le manque de transparence et les décisions univoques sont toujours à l’ordre du jour. La concertation ne fait pas partie de la culture de cette équipe municipale.
Le 31 août 2021, par lettre recommandée (voir page Facebook), nous avions demandé la tenue d’une réunion publique, avec présentation par le cabinet Riboulet, du rapport d’expertise réalisé sur le foirail. Nous avions proposé de nous tenir à disposition pour l’organisation de cette réunion notamment pour le choix de la communication aux citoyens et de la date retenue. Nous constatons une fois de plus que cette réunion est annoncée pour le jeudi 30 septembre à 20h30, toujours sans concertation.
Cette réunion est très proche, dans une semaine, c’est trop peu pour informer la population et communiquer suffisamment. Nous demandons donc, par mail ce jour, à M. le maire:
fournir une copie du rapport d’expertise,
assurer la présentation PAR le cabinet d’expertise du rapport concernant les Platanes du Foirail.
reporter la date de cette réunion pour en permettre une meilleure information et organisation. Nous vous engageons donc à participer à cette réunion, à mobiliser vos voisins, votre famille. Nous devons prendre la parole. Nombre de nos concitoyens souhaitent être consultés, donner leur avis et faire des propositions pour ce projet.
Seule la présence du cabinet Riboulet pour expliquer et éclaircir tous les points en suspens, peut garantir la juste analyse et compréhension de cette expertise, base indiscutable du futur projet.
Lors de cette réunion, le maire doit également présenter « son projet » pour le foirail.
C’est une opportunité à saisir pour continuer à discuter, à agir et faire consensus dans l’intérêt général.
Il montrait deux choses = une thèse historique bancale et son DÉMONTAGE méthodique point par point via les commentaires des lecteurs.
Une personne estime que cela relaie des thèses complotistes.
Est-il pris en compte que rien de cette nature ne peux nous être reproché en 4 ans de publications ? pourquoi prendrions-nous le risque de casser ou salir ce travail de centaines d’articles, de publications d’événements, de promotion d’initiatives liées à l’intérêt général ?
Merci de nous accorder votre indulgence. Notre intention était de montrer la puissance de l’usage des commentaires et sa capacité à rétablir la vérité. Une sorte de démonstration de débat citoyen concrète et assez exemplaire dans un contexte où cela est de plus en plus nécessaire.
Nous vous présentons toutes nos excuses si l’article vous a choqué.
Merci de continuer à nous accorder votre confiance et conserver vos abonnements infolettre et autres …
Voici le témoignage de Valérie qui tient LE SILO à Argentat, épicerie bio en vrac et café librairie. Il nous a semblé important de l’interviewer et de faire connaître la situation des commerçants face à la succession d’événements médicaux et règlementaires qu’ils traversent depuis un an et demi, jusqu’au Pass-sanitaire en août 2021.
Le résumé qu’elle fait de sa situation est simple. Les cafés restaurants et petits commerces n’ont que deux choix = c’est fermer ou accepter le Pass sanitaire, car leur trésorerie est maintenant à zéro.
Au cours de l’interview, elle fait référence au groupe “LES-Pendus” sur Facebook : mouvement APOLITIQUE. Réunis derrière une seule et même cause Le ras le bol général des COMMERÇANTS, RESTAURATEURS, ARTISANS, INDÉPENDANTS – 28000 abonnés )
Une équipe de chercheur du CNRS, a répondu favorablement à la demande de traitement des données issues de la plateforme du « Vrai débat ». Cet outil de démocratie participative a permis de constituer un document d’intelligence collective de premier ordre, qui se démarque du simple sondage d’opinion.
Nous identifions quatre grands blocs de revendication :
les personnes qui interviennent dans le Vrai Débat veulent une transformation profonde du système politique ;
ils demandent le renforcement du service public ;
ils portent une forte demande de justice sociale et fiscale
ils ont une vision très nette de l’urgence des questions écologiques et climatiques.
Il faut noter une série d’autres thèmes qui, sans avoir le même caractère central que ces quatre blocs, dessinent des aspirations sociétales progressistes qui complètent le tableau : importance du système d’éducation, volonté de faire progresser l’égalité hommes-femmes, lutte contre les violences sexuelles, lutte contre la répression, droit à mourir dans la dignité. Les propositions qui vont dans le sens du refus de l’immigration, du refus de l’Europe (frexit), du repli sur soi, du retour à l’ordre moral existent mais sont très minoritaires : contrairement à ce qui est trop souvent affirmé pour dénigrer le mouvement des Gilets jaunes, les participant.e.s au Vrai débat ne sont, dans leur très grande majorité, ni xénophobes, ni antieuropéens, ni homophobes.
1- Transformation profonde du système politique.
Trois points émergent clairement :
Demande de la création d’un Référendum d’initiative citoyenne (RIC)
Prise en compte du vote blanc et nul,
Volonté d’avoir des élus irréprochables et sans privilèges
On ne ressent pas de refus du système représentatif en tant que tel, en revanche on trouve toute une série de propositions de réformes visant à remettre les citoyens au coeur du système politique. Par ailleurs, on relève une suspicion très forte de corruption et d’avantages indus qu’il faudrait supprimer. La question du contrôle des lobbies est présente et s’inscrit dans la même logique.
2- Renforcement du service public :
Plusieurs propositions insistent sur la nécessité d’arrêter son démantèlement, de renforcer les équipements qui font partie des biens communs perçus comme menacés. La demande d’un service public efficace et proche des citoyens est récurrente. La demande de proximité et d’égalité d’accès s’exprime pour la santé (hôpitaux, maisons médicales, médecins), pour les infrastructures de transport (lignes ferroviaires et gares, autres transports en commun). Beaucoup de propositions demandent des nationalisations ou des « re-nationalisations » pour les autoroutes, les aéroports, le rail, les barrages hydrauliques, les mutuelles, les assurances, les secteurs de l’énergie, les compagnies de eaux et celles de récolte des déchets.
3- Demande de justice sociale et fiscale
Le titre (et la typographie) d’une des propositions résume l’attitude consensuelle sur la justice fiscale et la colère contre ceux qui fraudent : « Les gros payent GROS et les petits payent PETIT – lutter contre l’évasion fiscale ». Il y a une forte demande d’équité (proportionnalité, progressivité) et de sanctions envers les fraudeurs. La lutte contre l’évasion et la fraude fiscale, le retour de l’ISF sont présentés comme des revendications de justice mais aussi comme des moyens de financer les mesures proposées. Elle va de pair avec la revendication sur le CICE, dont est parfois demandée la suppression mais plus souvent encore la vérification d’effectivité : si ça ne sert pas à créer des emplois il faut récupérer les sommes avancées.
La question des revenus est clairement avancée sur la base de la revendication de justice sociale : indexation des salaires, des pensions et des retraites sur l’inflation, augmentation du SMIC, des retraites, des minima sociaux et de l’Allocation adulte handicapé (AAH), revalorisation des salaires pour les employés des EHPAD, les enseignants, les ATSEM, les personnels des hôpitaux, etc.
4- Des revendications écologiques très présentes
Contrairement à l’opposition rebattue entre « fin du mois » et « fin du monde », on observe une aspiration forte à la préservation de l’environnement, souvent conçu comme un bien commun de toute l’humanité. Interdiction de l’emploi du glyphosate ; soutien à l’agriculture bio ; sanction pour les entreprises pollueuses ; circuits courts ; interdiction des emballages non recyclables ou non biodégradables ; stopper le projet minier « Montagne d’or » en Guyane (une des rares propositions qui concerne les DOM).
Ces revendications récurrentes et significatives sont porteuses, dans les domaines concernés, d’une vision renouvelée de la société et du fonctionnement politique. Elles sont réalistes, au sens où elles s’accompagnent d’un souci constant de faire apparaître les possibilités de leur financement (voir notamment §3, justice fiscale). Elles indiquent des sentiments essentiellement constructifs : la colère qui s’exprime lorsque sont évoqués privilèges, injustices et fraudes sert ici à penser des solutions de transformation. (source médiapart)”
” Je ne pensais pas prendre FERME ” – livre de témoignages et analyse
Marie-France Carruezco. Retraitée à Montpellier, commence à suivre les audiences où comparaissent des Gilets jaunes. Elle assiste à 130 procès, entre avril 2019 et septembre 2020 ! Et commence à travailler avec la Ligue des droits de l’Homme (LDH) pour documenter ce qui s’y passe. Sa motivation première : ne pas laisser les prévenus isolés – quels que soient les faits qui leur sont reprochés – face à la machine policière et judiciaire à qui la ministre de la Justice enjoint « la plus grande fermeté ». Marie-France « est ainsi devenue une témoin exceptionnelle de la répression judiciaire du mouvement. Avec d’autres, elle a depuis monté le collectif Taramada pour venir en aide aux blessé·e·s », rappellent les auteurs. Voici un extrait de leur livre Je ne pensais pas prendre du ferme – Des Gilets jaunes face à la violence judiciaire, publié avec l’amicale autorisation des éditions du Bout de la Ville.
Les données amassées au fil des audiences dans ton « fameux » tableau Excel sont exceptionnelles en France : elles rendent compte de manière exhaustive de ce qui s’est passé dans un tribunal depuis deux ans. On repère des périodes plus ou moins répressives dans le prononcé des peines : une première période de novembre 2018 à janvier 2019 ; puis un durcissement en janvier 2019 jusqu’au printemps, quand le mouvement commence à décroître.
Marie-France Carruezco : Les trois premiers qui passent au tribunal le 21 décembre 2018 – pas pour des faits de manif – prennent des peines avec sursis. Jusqu’en janvier, il n’y a que du sursis. À partir de fin janvier 2019, et surtout en février et mars, les peines de prison ferme tombent de manière impressionnante. Et c’est très violent jusqu’en avril-mai. Ensuite, les procès se sont « calmés » sur les envois en prison. Le très gros, c’est janvier-avril. Il y en a eu encore après, mais sur des dossiers plus lourds, avec des instructions, des preuves, etc.
Coup d’éclat sécuritaire en Limousin à l’approche des élections Communiqué du syndicat SUD éducation Limousin du 16 juin 2021 Ce mardi 15 juin, sous prétexte d’une enquête judiciaire pour deux incendies, l’un en février 2020 sur des voitures ENEDIS et l’autre en janvier 2021 sur une antenne relai non loin d’une base militaire à Les Cars, une opération policière de grande envergure a eu lieu en Limousin. 6 personnes ont été interpellées à 6h du matin. Une dizaine d’autres perquisitions ont été menées dans la journée, certaines chez des militant.e.s syndicaux et syndicales, avec des saisies de matériels informatiques. Le grand jeu était de sortie : route barrée, SDAT (sous direction anti-terroriste) de Paris, gilets par balles, armes, cagoules, lieutenants en cybercriminalité, pas moins de 6 policiers pour parvenir aux fouilles d’une maison… Le choix des personnes n’a pas l’air orienté par des preuves concrètes, mais plutôt par la volonté d’intimider et de ficher massivement des personnes perçues comme ayant des opinions politiques trop à gauche. Les interrogatoires ne sont pas menés tant sur les faits reprochés que sur des activités aussi diverses qu’une participation à une chorale militante, des participations à des manifestations, des lectures web et livres ou des fréquentations amicales. Ce climat répressif qui s’accompagne d’une grande communication médiatique sur “l’ultra gauche” s’accommode très bien avec le discours omniprésent d’incitation a la haine (chroniqueurs, chroniqueuses, politicien.nes ont pignon sur rue sur les plateaux télé et peuvent propager leur discours de haine sans se sentir inquiété.e.s) et masque mal la réalité d’une enquête creuse qui n’est pas sans rappeler l’affaire TARNAC.
Et la présomption d’innoncence ?
Dans le cadre d’une procédure liée au terrorisme, les prévenus ont été gardés en garde à vue 4 jours (!). Malgré la présomption d’innocence, les noms des prévenus ont été divulgués par les médias locaux. En enfin, l’institutrice de Gentioux a été suspendue par l’inspection académique.