Débats, films Intervenant : Office International de l’Eau Apéro – grillades « tiré du sac »
14 H 30
Projection des extraits de films
Projection des extraits de films sur l’aspect environnemental, sur la place occupée par les multinationales, sur les barrages construits par les castors de Baptiste Morizot, maîtrise de l’eau…
Conférence
Nous aurons la chance d’accueillir le directeur adjoint de l’O.I.Eau (Office Internationale de l’Eau) association qui met en relation des spécialistes sur l’eau, des scientifiques et des associations, très impliqués et présents dans 19 pays dont plusieurs sur le continent africain.
Le sujet : La gestion de l’eau dans le massif central
17h
A G : rapport moral, financier, projets 2025, élections du collège. Adhésions
Au cours de l’année, la Comcom a reporté toute décision sur une usine de captage et de traitement de l’eau de la Dordogne à janvier 2026, en attendant le transfert de compétences et les élections municipales. Le projet revoit les interconnexions entre communes, avec de nouvelles stations de pompage et réservoirs, et des recherches d’eau. Ce projet, examiné par le cabinet Dejante, doit être finalisé en mai 2025. Parallèlement, le SIEPB, gérant désormais «l’entente » après l’incorporation de nouvelles communes, avance rapidement dans la construction d’un tuyau pour alimenter le plateau en eau depuis le Longour. Le coût du projet, estimé entre 7 et 11 millions d’euros, a vu les travaux commencer après le vote des subventions. L’association Eaux Actes a tenté d’attirer l’attention des élus, des médias, avec un entretien diffusé sur BramFM, et a signé un partenariat avec Citoyliens. Elle a également interrogé les maires sur leurs intentions.
18h
apéro-grillades, ‘tiré du sac’. Apportez vos victuailles, barbecue à disposition.
Voici notre reportage sur la soirée « Kafés femmes en politique » organisée par Amandine Dewaele, conseillère régionale EELVde Corrèze.
Nous sommes dans la librairie-café Bonny and Read, au coeur d’Argentat-sur-Dordogne ; une trentaine de femmes, quelques hommes ; la décoration est cosy, dédiée à la lecture et se prête donc très bien à ce café « femmes en politique ».
Avant cette soirée, il y en a eu 10 autres d’organisées, principalement dans des cafés ou lieux associatifs (voir l’affiche à la fin) / (dans le calendrier Citoyliens).
La déléguée préfectorale au droit des femmes est présente. Quatre femmes élues. Le Maire d’Argentat, des femmes artistes, un journaliste de Bram FM, Fred de Citoyliens … Parmi les femmes, toutes les générations sont également représentées, ce qui est déjà une première petite réussite. Il faut dire qu’Argentat-sur-Dordogne se place en tête des bourgs de Corrèze en terme de nombre d’installation de jeunes.
Le décor est cosy, chaleureux, sans micros ni logos. A coté de Amandine Dewaele, il y a Sophie Mignard, adjointe à la culture d’Argentat, et Nathalie Galewski, autre élue municipale. Les hommes ont pour consigne de ne pas participer, à moins d’être sollicités à le faire.
La soirée sera divisée en 4 parties ; quizz, les freins à la présence des femmes en politique, témoignages d’élues, esquisse de solutions …
1 – Quizz « histoire du droit des femmes »
Question 1 : Combien d’années après le suffrage masculin les femmes ont-elles obtenu le droit de vote en France ? ➡️ Environ 30 ans, 60 ans ou 100 ans ?
Question 2 : Qui a écrit la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, en 1791 ? ➡️ Madame de Sévigné ? Charlotte Corday ? Olympe de Gouges ?
Question 3 : Comment s’appelaient les femmes britanniques qui se battaient pour le droit de vote au début du XXᵉ siècle ? ➡️ Les précieuses ridicules ? Les exigences ? Les suffragettes ?
Question 4 : Quel est le premier pays au monde à accorder le droit de vote aux femmes ? ➡️ L’Inde ? L’Allemagne ? La Nouvelle-Zélande ?
Question 5 : De quel gouvernement Irène Joliot-Curie fut-elle ministre ? ➡️ Léon Blum ? De Gaulle ? En recueil en 1948 ?
Question 6 : Quel est le pourcentage de femmes maires en France aujourd’hui (2025) ? ➡️ 20 % ? 40 % ? 51 % ?
( voir les réponses dans le doc PDF joint )
2 – Les freins
Lors de cette soirée, les participantes ont livré, avec franchise et nuance, une série de constats très concrets sur ce qui freine, décourage ou détourne les femmes de l’engagement politique, même au niveau local. Voici une synthèse structurée de ces obstacles.
1. Le manque de légitimité intériorisé
2. La peur de la confrontation et des violences symboliques
3. Le surinvestissement invisible et la charge mentale
4. Le fonctionnement antidémocratique des intercommunalités
5. La violence institutionnelle et l’impunité
6. Le poids du capital culturel et des inégalités d’origine
7. La précarisation des métiers féminins et la disqualification économique
8. La fatigue pédagogique et l’exaspération militante
( détails dans la version complète )
3 – Témoignages d’élues
(voir l’article complet en PDF)
4 – Pistes de solutions …
La dernière partie du Kafé est dédiée aux solutions.
Des mandats plus courts, dans une société où le travail devient précaire, il devient irréaliste de prendre des engagements sur cinq ans ou plus (or c’est l’inverse qui se prépare avec une loi qui va allonger le mandat municipal à 7 ans …)
Une meilleure indemnisation, surtout pour les femmes, souvent en double journée.
De la démocratie participative : il n’y a pas que les femmes qui soient exclus de la vie politique, ce sont tous les citoyen.ne.s.
Établir et respecter des règles démocratiques dans les pratiques (transmission et respect des ordres du jour, égalité des temps de parole, transparence des comptes rendus … )
Créer un réseau d’entraide entre femmes élues, pour briser l’isolement.
Former, informer, dès l’école, pour lutter contre les stéréotypes de genre.
Et surtout : ne pas attendre que les hommes ouvrent les portes. Entrer par les fenêtres.
5 – Bilan
La réunion a duré quatre heures, preuve qu’elle fut appréciée et bien conduite ; l’intuition et l’authenticité qui en ont été à l’origine semblent avoir payé. Le rythme d’échange ne s’est jamais essoufflé même quand la quinzaine de derniers participant.e.s se sont séparé.e.s.
Le pari de solliciter des femmes par les cotés « douloureux » de leur vécu social s’est révélé juste. La soirée a confirmé la réalité, la gravité et la profondeur des ressentis communs. Le champ politique, même à l’échelle de petites communes est sans doute l’espace dans lequel les violences symboliques et verbales s’exercent le plus. Même si des contre exemples ont été mentionnés, ces violences, ces pressions, ces effets d’intimidation et d’oppression sont principalement exercés par des hommes. Ce cycle de onze Kfés femmes a été une initiative constructive, adaptée, favorisant les rencontres et les possibles, le lien local – le taux de satisfaction est unanimement fort.
A Argentat-sur-Dordogne et alentours, très concrètement, il se pourrait que de nouveaux noms de femmes apparraissent sur les listes de candidat.e.s pour le prochain rendez-vous électoral.
Une 54ᵉ trousse corrézienne avec, une fois encore, une couverture pleine de couleurs appétissantes… Ce numéro est le second composé depuis l’annonce, en hiver 2024, de la suspension des subventions de la DRAC. Mais pourquoi cet arrêt de subvention ? Voici les termes officiels : “fragilité du modèle de diversification des ressources et impossibilité de développer un modèle économique soutenable dans la durée”.
Pourtant, La Trousse n’a jamais cessé de répondre aux critères d’attribution de cette subvention, destinée à soutenir des titres de presse locale… D’autant plus que l’État subventionne aujourd’hui 374 titres de presse à hauteur de 22,7 millions d’euros via le ministère de la Culture – notamment des organes déjà propriétés de milliardaires… (voir aussi cet article en ligne concernant l’arrêt de la subvention “fond de développement de la vie associative”)
Heureusement, un contrepoids existe : des réabonnements en nombre et une centaine de personnes présentes lors de la fête de soutien solidaire organisée en février 2025. (participez vous aussi si vous ne l’avez pas encore fait, c’est extrêmement important !)
Enfin, si vous souhaitez prendre la mesure du travail collectif derrière chaque numéro, vous trouverez en page 2 la liste de toutes les personnes qui interviennent dans la fabrication du journal !
Survol du contenu de ce numéro 54 de la Trousse
La trousse c’est bien sûr du beau du frais du local mais encore une fois de plus, la liste des sujets abordés dresse un tableau assez complet des réalités de notre département :
EAU: deux projets pour l’avenir et le sauvetage de la Charente de la rivière Charente, extrêmement sollicité pour des besoins agricoles, soit le détournement des sources de la Dordogne par canalisation forcée soit une approche naturelle… à déguster au calme avec un verre à la main…
Solidarité : très digne récit de réalités résistantes de 39-45 à hauteur d’enfants, de 10 familles complètes …
L’inattendu discours de commémoration du 8 mai 1945 par un maire de Corrèze : les massacres méconnus de la même date en Algérie française et leurs dizaines de milliers de morts …
BOIS : retour la politique du fait accompli (ratée) pour transformer l’hyper-scierie en mega-scierie…
Est-ce que le JARDIN potager municipal d’Argentat sur Dordogne… durable ou Green-washing de projets plus “bétonneurs”… ?
Solidarité (encore) : témoignage on m’a dit merci à l’intérieur d’une cantine solidaire organisée par La Calade à Uzerche, association artistique et social
Agrivoltalisme : compte-rendu sur la fin d’un ciné débat sur l’agrivotaisme s’articulant aux 180 projets envisagés pour la Corrèze face auxquels des associations locales forgent des réponses …
Quand sa maison se retrouve entourée 2 dizaines d’hectares de panneaux photovoltaïques…
Heure de coupure de l’éclairage public à Argentat-sur-Dordogne
Association Conscienta, une pépite associative locale d’accueil et de réinsertion d’anciens condamnés…
Destin des logement urbains vétustes et hors-normes : et si une stratégie coopérative de propriété et d’architecture solidaire était la solution ?
Charte de gestion la ressource BOIS : analyse et réaction d’une personne qui sait quelle est le peu de portée juridique d’une charte …
L’équipe de la Trousse analyse les motifs invoqués pour la suspension de leur subvention …
Gaza : le mouvement Soumoud, le convoi de résistance populaire au Maghreb …
Affichage de héros iconique américains en milieu scolaire français…
Sucre contre sang : équation des collectes publiques de sang ?
CitoyLiens a eu le plaisir de capturer une nouvelle conférence passionnante de Georges André Bertrand, docteur en lettres, historien d’art, écrivain et photographe, distingué par l’UNESCO pour son travail sur le rapprochement des cultures. Cette conférence, organisée en partenariat avec Les Compagnons de la Mémoire Vivante et Mattéo Resco, s’est tenue le 14 juin 2025 et explore un pan méconnu de notre patrimoine : l’influence de l’art et de la culture musulmane dans l’art roman et gothique français.
Une plongée dans l’histoire méconnue des échanges culturels
Georges André Bertrand nous emmène dans un voyage à travers les siècles, révélant comment les échanges entre les mondes musulman et chrétien ont marqué durablement l’architecture, les motifs décoratifs et même les symboles religieux en France. Contrairement aux récits simplistes opposant ces deux civilisations, il met en lumière une histoire de contacts, d’emprunts et de métissages :
La présence arabo-berbère dans le sud de la France pendant plus de 200 ans.
Les traces architecturales (arcs outrepassés, motifs géométriques, écriture arabe) dans les églises romanes.
Les influences andalouses et orientales dans l’art des troubadours ou les techniques artisanales.
Des exemples saisissants
Parmi les révélations fascinantes :
Des lettres arabes ornant un Christ en croix dans une église de l’Allier.
Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres, dont les 113 crochets correspondent étrangement au nombre de sourates du Coran.
Les prothèses médiévales conçues à Cordoue, identiques à celles utilisées aujourd’hui dans les zones de conflit.
Le lien pour la vidéo des questions-réponses du public est accessible dans le texte accompagnant la vidéo.
Pourquoi regarder cette conférence ?
Cette intervention éclaire d’un jour nouveau notre patrimoine, rappelant que les cultures se nourrissent toujours de dialogues, même dans des contextes de rivalités. Un antidote précieux aux idées reçues sur un “choc des civilisations”.
🔍 À voir aussi sur CitoyLiens : la précédente conférence de Georges André Bertrand sur l’histoire de la bande de Gaza, disponible sur notre plateforme.
🎥 Captation : Gwen (caméra) / Montage : Anne R. 📅 Date : 14 juin 2025 📍 Lieu : En partenariat avec Les Compagnons de la Mémoire Vivante et Mattéo Rezco.
Rejoignez-nous pour explorer ces héritages cachés et partagez vos impressions en commentaire !
LE CAC APPELLE A UNE MOBILISATION DES ASSOCIATIONS POUR LE 1ER JUILLET
Émission spéciale sur BRAM FM mardi 1er juillet à 20h00
Le Collectif des Associations Citoyennes avec ses réseaux et partenaires, appelle à une mobilisation nationale le 1er juillet 2025, date anniversaire de la loi 1901 sur les libertés associatives. Cette journée s’inscrit dans le mouvement
“Vers des soulèvements associatifs”,
pour dénoncer à la fois les coupes budgétaires sans précédent fragilisant nos associations, nos emplois, et les services essentiels que nous rendons à la société, ainsi que leur mise au pas en limitant leurs actions et interpellations.
Face aux choix politiques du Projet de Loi de Finances 2025, et aux décisions de certaines collectivités qui amplifient ces coupes (comme en Pays de la Loire), notre tissu associatif se voit asphyxié. Il en va de la vitalité de notre démocratie, de la solidarité, de la culture, de l’éducation populaire, de l’écologie, des médias citoyens… de la liberté d’expression elle-même.
Le 1er juillet est une première étape pour faire entendre nos voix et provoquer un sursaut démocratique.
Les radios associatives soutiennent pleinement cette mobilisation. Elles communiquent sur ces actions et peuvent aussi faire connaitre les initiatives locales prises par toutes les personnes et associations qui ne veulent pas voir disparaitre les libertés associatives et le tissu associatif.
Collectif des Associations Citoyennes et les réseaux membres et partenaires
Nous recevons les infos de Corréziens partis pour rejoindre le convoi mondial “Soumoud” parti de Tunisie et en route pour GAZA:
« Alors c’est là qu’on a besoin de vous et de toute urgence, comme je vous l’avais dit précédemment j’ai rallié avec mon mari la marche mondiale pour Gaza qui devait partir le 13 au petit matin du Caire où nous sommes actuellement, et ce avec 52 délégations donc des milliers de personnes sauf que depuis deux jours les autorités égyptiennes interdisent l’entrée à certains ressortissants, maghrébins et autres et les expulsent illico.
Depuis deux jours ils font le tours des hôtels et demandent les passeports des étrangers, fouillent leur sac et leur téléphone….
Je vous joins deux communiqués reçus
SVP faites quelque chose mais faites vite des innocents meurent par centaines »
En m’aidant à sensibiliser le plus de monde possible pour nous rendre à la frontière de Gaza pour former une immense chaîne mondiale et forcer l’aide humanitaire à rentrer dans Gaza…
Lors d’une remise de médaille par François Hollande, j’avais dit que tant que je serais debout: je m’insurgerais contre toute forme d’injustice. Nos grands parents ont dit qu’ils ne savaient pas, nos parents étaient trop jeunes…
Nous nous savons et nous ne faisons rien, nous ne pouvons pas continuer à être témoin(e)s voire complices de telles atrocités…
Au nom de « la VIE » levons nous🤞🤞🤞
Nous nous trouvons bien seuls et avons besoin de votre aide…
En 2025, la laïcité continue d’occuper une place centrale dans le débat public français. C’est autour de ce principe que se cristallisent des tensions sociales, politiques et culturelles. Le sénateur des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias, en a récemment livré une lecture à la fois historique, critique et engagée, lors d’une conférence organisée par l’association Cap à Gauche lors de son 20ème anniversaire ce samedi 7 juin 2025 à la salle polyvalente d’Uzerche. Retour sur les fondements, les contradictions et les enjeux actuels d’un pilier de la République.
La loi de 1905 : un acte fondateur toujours vivant
La loi du 9 décembre 1905, qui consacre la séparation des Églises et de l’État, est souvent considérée comme l’un des grands textes fondateurs de la République moderne. Elle est l’œuvre de personnalités majeures comme Aristide Briand, Jean Jaurès et Georges Clemenceau. Ces trois figures politiques, bien que représentant des courants distincts (socialisme, radicalisme, libéralisme), partageaient un même idéal de progrès, de justice et d’émancipation. Leur combat s’inscrivait dans la dynamique des grandes lois républicaines précédentes : lois Ferry sur l’école gratuite, laïque et obligatoire, liberté de la presse (1881), liberté d’association (1901).
La loi de 1905 n’est pas née ex nihilo. Elle fait suite à d’autres tentatives historiques de séparation, notamment sous la Révolution française (1794) et par la Commune de Paris (1871), cette dernière allant jusqu’à instaurer le droit de vote des femmes et une première forme de laïcité politique. Ces moments ont contribué à forger un idéal républicain de neutralité de l’État face aux cultes, avec pour but d’assurer à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire.
Laïcité et humanisme : le débat fondateur entre Jaurès et Guesde
Le débat entre Jean Jaurès et Jules Guesde sur la priorité entre laïcité et lutte des classes est emblématique des tensions internes au camp progressiste. Guesde défendait une primauté du combat économique et social, tandis que Jaurès soutenait que l’émancipation des consciences – par l’éducation, la culture, et la laïcité – devait précéder tout projet socialiste. Pour Jaurès, il ne pouvait y avoir de République véritable sans humanisme, et donc sans laïcité.
Cette position reste d’une étonnante actualité à l’heure où certaines forces politiques tentent de redéfinir la laïcité à des fins identitaires.
Une application inégale et des tensions persistantes
La loi de 1905 ne s’applique pas partout de manière uniforme. Dans les territoires d’outre-mer, notamment, l’État continue de salarier les ministres des cultes, un héritage colonial qui trahit une vision utilitaire de la religion comme instrument de domination – comme le soulignait déjà Napoléon Bonaparte. Ce dernier, opportuniste, se serait successivement converti au catholicisme, à l’islam, puis au catholicisme ultramontain pour légitimer ses conquêtes impériales, illustrant bien l’usage politique de la religion.
Autre inégalité marquante : la situation des cultes face à la loi de 1905. Si les protestants et les juifs s’y sont rapidement adaptés, les catholiques, eux, ont longtemps résisté. Ce refus initial a donné lieu à la création d’associations diocésaines, en 1924, qui permettent aux évêques de continuer à administrer les biens ecclésiastiques, en contradiction avec l’esprit de la loi. Ce traitement différencié a créé une forme d’inégalité entre religions dans la pratique.
École publique vs école privée : une guerre asymétrique
L’école est un terrain privilégié de laïcité, mais aussi un champ de bataille inégal. Aujourd’hui, l’enseignement privé catholique scolarise environ 2 millions d’élèves, emploie 32 000 enseignants, et bénéficie de financements publics massifs, y compris pour des établissements très sélectifs. À Paris, le prestigieux collège Stanislas génère par exemple 2 millions d’euros de bénéfices annuels, tout en étant subventionné par l’État.
Cette situation pose la question d’une concurrence déloyale avec l’école publique, en particulier dans les zones difficiles, où le service public peine à recruter et à maintenir ses enseignants. Le privé, de son côté, se concentre dans les centres-villes et les zones socialement favorisées, délaissant les territoires ruraux ou défavorisés.
Comme le rappelait Jaurès, “il n’y a pas de laïcité sans politique sociale”. Or, la fragmentation du territoire scolaire révèle une République à géométrie variable, où les ghettos de riches (Neuilly, 7 % de logements sociaux) côtoient les ghettos de pauvres (Bagneux, 70 %), créant des fractures éducatives, sociales et culturelles profondes.
Laïcité et dérives idéologiques : une instrumentalisation croissante
Dans le contexte politique actuel, une partie de la droite radicale tente de réinterpréter la laïcité comme un outil d’exclusion, notamment vis-à-vis de l’islam. Des figures politiques comme Gérard Darmanin ou Bruno Retailleau ont pu assimiler le port du voile à une incompatibilité avec les valeurs républicaines, voire appeler à “faire tomber le voile”, selon des formulations très éloignées de l’esprit de neutralité de la loi de 1905.
Or, comme le rappelle le sénateur Ouzoulias, l’histoire du port du voile est avant tout chrétienne : dans les campagnes françaises, jusque dans les années 1950, les femmes portaient des foulards comme marqueur de pudeur et de soumission. L’usage du voile a été théorisé dès l’Antiquité, notamment par Clément d’Alexandrie, et n’est donc en rien un marqueur religieux exclusivement musulman.
Cette récupération politique de la laïcité pour stigmatiser une religion est un contresens historique et juridique. La laïcité ne consiste pas à interdire les signes religieux dans l’espace public, mais à garantir que l’État ne privilégie ni ne discrimine aucun culte.
Des espaces pour la liberté de culte, dans un cadre républicain
Enfin, il est bon de rappeler que la laïcité n’est pas l’hostilité à la religion. Elle garantit à chacun le droit de pratiquer sa foi, y compris dans les institutions publiques, dans le respect de la neutralité de l’État. C’est pourquoi la République organise la présence d’aumôniers dans les hôpitaux, les prisons et l’armée.
Toutefois, certaines pratiques symboliques posent question : comme la célébration systématique de la fin de promotion des élèves gendarmes à la cathédrale de Tulle. Ce type d’événement, dans un cadre public, pourrait être perçu comme une entorse à la stricte neutralité de l’État.
La laïcité : une singularité française, un principe universel à défendre
La France est le seul pays au monde où la laïcité est inscrite aussi profondément dans la Constitution et dans l’organisation de l’État. Cette singularité est à la fois une richesse et une responsabilité. À l’heure où certains pays, comme les États-Unis sous Donald Trump, reconnaissent officiellement des comités de défense de la liberté religieuse qui placent le discours religieux au-dessus de toute critique rationnelle, la vigilance s’impose.
En 2025, alors que la société évolue et que de nouvelles lois d’émancipation sont débattues – comme la loi sur la fin de vie – la laïcité reste un cap, un principe à la fois juridique, politique et moral, qui suppose une exigence permanente de justice, de neutralité et de cohérence.
Voici la liste des 11 dates des cafés rencontre “Femmes en politique” – organisée en prévision des élections municipales de 2026. “Des femmes sur les listes de Corrèze : pourquoi pas vous ?”.
A chaque fois la rencontre se fait avec une élue locale et la conseillère régionale “Europe Ecologie Les Vert” Amandine Dewaele.
Nous avons reçu le communiqué ci-après, annonçant la création du RRAL, le …
Réseau des Résistances et Alternatives Lotoises.
Le réseau RRAL est né des suites de la réunion de Prayssac destinée à décrire le saccage du Lot, le 4 octobre 2024, le RRAL est un réseau constitué d’associations et de collectifs complètement autonomes ayant pour objectif commun de s’opposer aux projets destructeurs en cours dans le département et de chercher à construire des futurs désirables.
Chaque groupe constituant le RRAL conserve son autonomie, son approche et ses modes d’action. L’Appel de Montfaucon, présenté ci-dessous, est l’acte de naissance symbolique de ce groupe.
Première assemblée constituante du Gadel est le 15 mars à Cahors – Longue vie au RRAL !
L’appel de Montfaucon
Le 4 octobre 2024, lors d’une réunion d’information à Prayssac, des associations et collectifs lotois ont dressé le triste tableau des projets délétères en cours dans le département. Cette soirée fut l’occasion pour les 200 personnes présentes de prendre conscience de l’étendue du désastre en cours et à venir.
Pour beaucoup d’entre nous, le département du Lot semblait encore un territoire relativement préservé de ce type de projets, mais il n’en est rien : champs de panneaux solaires en zones naturelles, agricoles et forestières, jusque dans le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy où 7000 arbres pourraient être abattus et des dolmens disparaître ; méthaniseurs et leur plan d’épandage aussi inefficaces que polluants ou coûteux ; déforestation massive en Bouriane et dans le Ségala ; tourisme de masse et de luxe inadapté aux enjeux environnementaux du territoire; agrandissement des carrières au détriment des riverains et des rivières, gestion catastrophique des ordures ménagères avec la mise en place de la Tarification Incitative, etc. Et que dire des projets éoliens dans le Ségala ?
Aux sites existants se rajouteraient 20 zones qualifiées de « zones à potentiel éolien » sans se préoccuper de la faiblesse du vent, de la présence de zones humides, de sources à préserver (Tolerme), de la biodiversité et encore moins de la proximité des habitations. Bref, le Lot change de peau, une vilaine surprise à chaque pas.
Celles et ceux présents ce soir-là ont remarqué les similitudes de tous ces projets : saccage environnemental, projets occultés, population ignorée, argent public dilapidé, intérêt privé primant sur l’intérêt général , greenwashing systématique (projets ripolinés en vert), etc… La diagonale du vide devient celle du profit pour ces quelques multinationales ou multimillionnaires.
Alors que ce sombre constat aurait pu paralyser les participants, il impulsa au contraire une envie collective de se revoir, de s’organiser et de faire face. Tel fut l’objet d’une deuxième rencontre début décembre à Montfaucon, qui vit la création du Réseau des Résistances et Alternatives Lotoises. Celui-ci, composé d’associations, de collectifs autonomes, et de citoyens inquiets s’est donné pour buts de s’opposer plus activement encore aux projets écocides, d’informer la population pour qu’elle s’implique dans la politique locale et décide collectivement des choix concernant sa vie quotidienne, son environnement et la gestion des communs: le Vivant, l’Eau, l’Air, la Terre et son sous-sol.
Constatant que le modèle de production imposé actuellement détruit la qualité des communs nécessaires à la vie, ici comme ailleurs; que les décisions politiciennes tant nationales que locales nous enchaînent toujours plus à des choix irresponsables et ne tiennent pas compte des réels besoins de la population;
Nous Invitons les habitants et les habitantes à se réapproprier leurs conditions de vie pour ne plus dépendre de ce modèle mortifère;
Nous appelons celles et ceux qui partagent ce constat à rejoindre nos associations et collectifs pour s’opposer aux projets destructeurs en cours et décider ensemble comment vivre ici et maintenant pour un futur désirable.
Signé : le Réseau des Résistances et Alternatives Lotoises
Signataires de l’appel de Monfaucon
Assemblée Citoyenne Émancipée
Assemblée Citoyenne Figeacoise
Association Pour la Préservation des Sites Menacés en Bouriane
Association Vent du Haut Ségala
Collectif L’Appel de la forêt
Collectif Citoyens Lotois
Collectif Écran Total Occitanie
Collectif des habitants de Montcuq, Bouloc, Lauzerte et des environs
Collectif Trie, paie et tais-toi
La Libraithèque : le droit à la paresse
Tolerme Nature
Vigilance OGM 46
Si l’existence du RRal vous intéresse, et si vous souhaitez renforcer sa jeune dynamique, vous pouvez diffuser ce mail et L’Appel de Montfaucon, ou rejoindre un collectif local qui fait partie du réseau ; vous pouvez aussi contacter le réseau à l’adresse reseau-rral@riseup.net
Laurent Gervereau, bien connu sur nos réseaux par le biais de ses diverses actions au sein de Nuage Vert *, est également connu sous le pseudonyme de Mister Local-Global.
A partir de son texte T.Time , il a réalisé T TIME, un film composé des 17 chapitres de ce plaidoyer pour la planète véritable « coup de gueule » d’un lanceur d’alerte en colère. Ce projet s’inscrit dans une démarche artistique et militante visant à alerter sur l’autodestruction humaine et à replacer T, symbolisant Terra (la Terre), au centre des priorités.
Écoutons Mister Local-Global :« T », TERRA, la Terre, notre planète commune unique. Alors que de différents continents s’agitent des « retardeurs criminels » occupés de guerres matérielles, commerciales, médiatiques, il faut s’occuper de l’essentiel, notre environnement commun, ici et partout. Cela veut dire agir autrement pour notre directement visible, ce qui nous entoure, et peser sur l’objectif central collectif : le devenir de notre biosphère et donc les agissements humains. Un film atypique. Un film pratique. Un film pour se secouer. T TIME !
À travers ce film, Laurent Gervereau, Nuage Vert, Citoyliens ainsi que le dessinateur Gérard Segard, unissent leurs efforts pour sensibiliser les citoyens à l’urgence écologique et culturelle, en mettant en avant une approche locale et globale du changement. “T TIME” est un vidéogramme qui encourage une réflexion profonde sur notre relation à la Terre et sur les actions nécessaires pour préserver notre environnement commun.
La priorité : « T », TERRA, notre planète commune unique, la Terre
Si tu ne te montres pas, tu INEXIST : se montrer ? / se cacher ?
J’aime ici où je vis, j’aime mon pays, j’aime mon continent, j’aime ma planète
Humains migrateurs : nous parlons tous les langages de la culturodiversité et les changeons
Tri rétrofuturo évolutif : face au business du « Progrès », choisir quoi garder ou rétablir, quoi refuser, où innover
Ne pas attendre les catastrophes successives, partir de l’essentiel : T ATTITUDE
Diversité, goûts, croyances, mais Langage Commun Scientifique/Common Scientific Language
Deux horreurs, le KONTROL et le KAOS : construisons une philosophie de la relativité
ADEFINIES, ADEFINIS, oui nous avons des identités imbriquées, des attachements cumulés
Tu dépends de ton environnement : se penser NATURUMAN, ici et ensemble (UNI-DIV)
Un fédéralisme planétaire avec une police et une justice planétaires : avons-nous d’autres solutions non auto-destructrices ?
C’est quoi la T ATTITUDE ?
Arrêter les retardeurs criminels des guerres matérielles, commerciales, médiatiques
Se fédérer à travers un GIEP sur les pollutions, un label PLURI pour les médias ou EDUCRITIC pour l’éducation
Arrêter les conneries suicidaires, être concret, pratique : un Pacte Commun Evolutif – Evolving Common Pact
Je suis seul, je prends date et je parle avant de disparaître : XCHANGE
S’entretuer ? Détruire notre biosphère ? Notre seule solution pour nous les humains : SOLIDARITE TERRESTRE (T) – TERRA (T) SOLIDARITY !
* Nuage Vert, situé dans le jardin public d’Argentat-sur-Dordogne, est un espace dédié à la biodiversité et à la culturodiversité. Depuis sa création en 2017, il favorise des rencontres et des créations comme T TIME, qui invitent à réfléchir sur notre rapport au vivant et sur les actions concrètes à entreprendre pour protéger notre planète.