


























































Catégorie d’articles / infos liées aux associations partenaires de Citoyliens.
Cette rubrique est ouverte et évolutive.
En nous informant d’ajouts et de corrections à faire, vous rendez autant service à ces partenaires qu’aux visiteurs cherchant des infos à travers cette démarche participative.
![Non à l’agrivoltaïsme ! [vidéo humour]](https://www.imagiw.fr/wp-content/uploads/2026/09/Design-sans-titre2.png)
l’Association APNE-ALLEYRAT19 a été crée en juin 2024 pour lutter contre un projet agrivoltaïque de 50ha sur la commune de Alleyrat.
Si vous voulez savoir ce qu’est l’agrivoltaïsme, comment les promoteurs envahissent nos campagnes détruisent notre environnement sous couvert d’écologie, nous vous invitons à suivre les aventures décalées et humoristiques de Sherkan et Timon.
Voici le 1er épisode :
Voir notre page Facebook
![Un fond documentaire Nuage Vert : 2000 affiches politiques [vidéo]](https://www.imagiw.fr/wp-content/uploads/2026/09/AFFICHES-ANCIENNES.jpg)
Que racontent les affiches politiques de notre histoire ? Et que peuvent-elles encore nous apprendre à l’heure où la bataille des images et des récits s’est largement déplacée vers Internet et les réseaux sociaux ?
À travers une sélection de pièces rares conservées par l’association d’Argentat Nuage Vert, Laurent Gervereau propose un voyage dans plusieurs siècles d’histoire politique française.
Nuage Vert a constitué au fil du temps un fonds de plus de 2 000 affiches, provenant principalement de dons, mais aussi d’acquisitions rendues possibles par un patient travail de recherche.
Une première campagne de numérisation a permis de traiter environ 200 affiches.
Le travail ne consiste pas seulement à les photographier. Chaque document est mesuré, son état de conservation est évalué, puis il est décrit et indexé avec des mots-clés permettant d’effectuer des recherches par thème. Le contexte historique de chaque affiche est également documenté.
L’objectif est double : préserver des pièces parfois fragiles et rendre progressivement ce patrimoine accessible à la recherche, à la transmission et à de futurs projets d’exposition.
Laurent Gervereau rappelle que les premières affiches politiques sont d’abord des textes.
Sous l’Ancien Régime, les décisions sont affichées sous forme de « placards ». Une grande partie de la population ne sachant pas lire, elles sont aussi proclamées publiquement par des crieurs.
Avec le développement de l’imprimerie puis de la lithographie, l’affiche change progressivement de nature.
La Première Guerre mondiale constitue un tournant majeur : l’image devient un puissant instrument de mobilisation et de propagande.
Les partis politiques reprendront ensuite ces procédés. L’entre-deux-guerres, la Seconde Guerre mondiale, la Guerre froide, Mai 68 ou encore les campagnes présidentielles françaises donnent naissance à des formes graphiques très différentes.
Les affiches sérigraphiées de Mai 68 constituent l’un des exemples les plus frappants présentés dans la vidéo.
Produites collectivement dans les écoles d’art, souvent anonymes, elles utilisent une technique rapide permettant de fabriquer des images simples, immédiatement compréhensibles et reproductibles.
Pour Laurent Gervereau, Mai 68 est ainsi l’un de ces rares moments où un événement historique et une nouvelle forme visuelle apparaissent simultanément.
À partir des années 1960 et 1970, une autre évolution apparaît : les techniques publicitaires entrent directement dans les campagnes électorales.
Photographie, télévision, mise en scène du candidat, slogans, recours aux agences de communication : l’affiche politique devient progressivement un élément d’une stratégie médiatique beaucoup plus large.
Laurent Gervereau revient notamment sur les campagnes de De Gaulle, Giscard d’Estaing, François Mitterrand ou Jacques Chirac.
L’affiche raconte alors autant l’évolution politique du pays que celle de nos manières de communiquer.
L’affiche politique existe toujours, mais elle n’occupe plus la position centrale qu’elle avait autrefois dans l’espace public.
La communication politique circule désormais massivement sur Internet et dans les réseaux sociaux, dans ce que Laurent Gervereau décrit comme une véritable « guerre mondiale médiatique ».
Regarder les anciennes affiches ne relève donc pas seulement de la nostalgie ou de la conservation patrimoniale.
Cela permet de comprendre comment une image est construite, à qui elle s’adresse, quel récit elle cherche à imposer et dans quel contexte elle apparaît.
C’est peut-être là que se trouve l’enjeu principal de cette démarche.
Face au flot continu d’informations et d’images auquel nous sommes aujourd’hui confrontés, Laurent Gervereau insiste sur la nécessité de retrouver de la profondeur historique.
Non pas pour prétendre que l’histoire empêcherait de répéter les erreurs du passé, mais parce qu’elle fournit des repères pour juger, comprendre et analyser le présent.
Il distingue également le travail historique des affrontements de mémoires : rechercher les faits, contextualiser les documents, comparer les sources et accepter que la connaissance évolue au fil des découvertes.
Conserver ces affiches, les documenter et les montrer devient alors bien davantage qu’un travail patrimonial.
C’est aussi un travail citoyen.
Le livre “VISITEZ L’HISTOIRE” sort en septembre 2026 et sera disponible le 3 octobre pour le festival CAUVALDOR dans le Lot où Nuage Vert prête une expo sur les affiches politiques.
Conférence le 19 novembre à Saint-Céré en clôture du festival CAUVALDOR

Le livre accompagnera de janvier à juin 2027 la grande expo à Nuage Vert (sur tout le rez-de-chaussée) : VISITEZ L’HISTOIRE à travers les affiches politiques en France depuis le XVIIIe siècle
![Mentir en politique : notre rapport aux faits, aux images et à la démocratie [vidéo]](https://www.imagiw.fr/wp-content/uploads/2026/09/iov2wohxmv4.jpg)
Le mensonge est aussi ancien que la politique. Mais que devient notre capacité à faire société lorsque les faits eux-mêmes ne constituent plus un terrain commun ?
C’est autour de cette question que Laurent Gervereau présentait son ouvrage Mentir en politique, lors d’une rencontre du cycle Histoires de passages, organisé chaque été depuis onze ans par Nuage Vert, dans les environs d’Argentat-sur-Dordogne.
Une présentation qui prolonge plusieurs décennies de recherches sur les images, les propagandes, les médias et leurs effets sur nos représentations du monde.
Platon, Machiavel, Jonathan Swift ou, plus récemment, Marc Bloch : la question du mensonge et de la propagande accompagne depuis longtemps la réflexion politique.
Pour ouvrir la rencontre, Laurent Gervereau présente notamment une édition française ancienne de L’Art du mensonge politique, publiée à Amsterdam en 1757.
Il montre également plusieurs objets historiques permettant de comprendre comment les signes et les images participent depuis longtemps à la construction du pouvoir, à la propagande ou, inversement, à la résistance politique.
L’une des pièces présentées reproduit ainsi le célèbre Profilo continuo de Mussolini, œuvre conçue en 1933 : un visage du dictateur visible sous tous les angles, symbole saisissant de cette volonté totalitaire d’occuper en permanence l’espace mental et visuel.
Une omniprésence qui, pour Laurent Gervereau, trouve de nouveaux équivalents dans notre époque médiatique, où certains personnages politiques apparaissent continuellement sur nos écrans et finissent par coloniser notre imaginaire.
▶️ À voir : Laurent Gervereau présente Mentir en politique, dans le cadre des Histoires de passages de Nuage Vert, capté par Citoyliens près d’Argentat-sur-Dordogne.
Toute la difficulté consiste précisément à montrer ces documents sans reproduire le discours qu’ils portent.
Laurent Gervereau revient sur plusieurs travaux qu’il a menés au cours de sa carrière : la propagande sous Vichy, la guerre d’Algérie, l’histoire de l’immigration, l’affaire Dreyfus ou encore le système concentrationnaire nazi.
Son principe reste le même : travailler à partir des faits, des documents et de la recherche.
Face au négationnisme, aux instrumentalisations idéologiques ou aux affrontements de mémoires, il défend une méthode simple mais essentielle : lorsque l’on sait, on documente et on démontre ; lorsque l’on ne sait pas, on le dit.
Pour lui, c’est précisément ce travail historique et scientifique qui permet de regarder les sujets les plus difficiles sans les réduire à une guerre de récits.
Cette réflexion sur le mensonge politique est aussi l’aboutissement d’un long parcours.
Entré en 1978 au Musée des Deux Guerres mondiales, devenu ensuite Musée d’Histoire contemporaine, Laurent Gervereau constate très tôt un paradoxe : les institutions conservent d’immenses collections de photographies, d’affiches et d’objets, mais les chercheurs les utilisent encore très peu comme véritables sources historiques.
Il développera progressivement une approche transdisciplinaire consacrée à l’ensemble de la production visuelle humaine.
Cette démarche donnera notamment naissance à des travaux sur le mensonge des images, les manipulations visuelles et, dès 2007, à une réflexion sur ce qu’il appelle la « guerre mondiale médiatique » : l’idée que la victoire politique ou militaire se joue aussi — et parfois surtout — dans la représentation médiatique des événements.
Mentir en politique rassemble 42 contributions dans un ouvrage de 534 pages.
Laurent Gervereau le décrit comme un « livre forêt » : un ouvrage dans lequel chacun peut circuler, entrer par une époque, un personnage ou une question particulière.
Le parcours commence dans les civilisations anciennes et conduit jusqu’au monde contemporain.
Il interroge les mensonges de dirigeants, les omissions, les stratégies politiques, la propagande, mais également des situations plus ambiguës : à quel moment une déclaration devient-elle véritablement un mensonge ? Quelle différence entre stratégie, dissimulation, incertitude et manipulation ?
L’objectif n’est donc pas simplement de dresser une galerie de dirigeants menteurs.
Il s’agit de réfléchir à une question beaucoup plus profonde : quelle place le mensonge occupe-t-il dans l’exercice même de la politique ?
La question devient particulièrement préoccupante lorsque le débat ne porte plus sur l’interprétation des faits, mais sur leur existence même.
Pour Laurent Gervereau, une société peut accueillir des convictions, des cultures et des modes de vie extrêmement différents.
Mais elle a besoin d’un minimum de langage commun.
Ce langage commun repose notamment sur l’acceptation des faits établis, de la recherche, et du caractère nécessairement évolutif de la connaissance scientifique.
Si cette base disparaît, sur quoi pouvons-nous encore discuter ensemble ?
Cette interrogation traverse toute la présentation et dépasse largement la seule histoire du mensonge politique.
La rencontre prend alors une dimension plus large.
Laurent Gervereau insiste sur la nécessité de replacer les questions politiques dans plusieurs niveaux simultanément : notre territoire immédiat, une région, un pays, un continent et, enfin, notre condition commune d’habitants d’une même planète.
Les dérèglements climatiques, la pollution de l’eau et de l’air ou l’effondrement de la biodiversité dépassent évidemment les frontières.
Mais cette conscience planétaire ne doit pas conduire à effacer le local.
Il défend au contraire l’importance du bassin de vie, de la connaissance du territoire dans lequel nous habitons et de la démocratie locale : connaître son histoire, sa faune, sa flore et conserver une capacité d’agir là où nous vivons.
Lors des riches échanges avec le public qui ont duré après l’intervention, Laurent Gervereau a développé aussi sa critique de la notion de “Progrès” pour défendre partout et pour tout un “tri rétro-futuro” évolutif. Il s’agit d’un rapport différent au temps, à l’Histoire et à nos vies quotidiennes, refusant l’illusion d’”avancées” technologiques sans fin qui seraient le “Bien”.
Développée au XIXe siècle et justifiant par ailleurs les conquêtes coloniales, cette illusion du “Bonheur” individuel par la technique a montré en effet de façon terrible ses failles dans nos temps dystopiques des “retardeurs criminels”. Déjà Elisée Reclus avait forgé la notion de “régrès” en 1905.
Face à cela, avec l’esprit d’une philosophie de la relativité, le tri rétro-futuro évolutif part d’un principe simple : choisir (en évoluant) ce qu’on veut conserver, là où on veut revenir en arrière, ce qu’on veut changer par l’innovation.
Ainsi aujourd’hui l’IA et notre ubiquité constante privilégiant la vision indirecte par rapport à la vision directe (ce qu’il y a autour de nous) montrent l’urgence vitale –au sens propre– pour les humains d’une telle remise en question locale et planétaire.
Autre idée développée au cours de la rencontre : refuser les assignations identitaires.
Laurent Gervereau préfère parler d’individuation : considérer chaque personne comme un être singulier, aux appartenances et influences multiples, capable d’évoluer.
Une manière, selon lui, de sortir progressivement de la logique des blocs qui s’opposent, des groupes qui s’enferment et des identités utilisées comme instruments de confrontation.
Car derrière le mensonge politique apparaît finalement une question encore plus vaste :
comment continuer à faire société dans un monde fragmenté, saturé d’images et d’informations, confronté à des défis qui exigent au contraire une capacité d’action collective ?
C’est probablement ce qui donne toute sa portée à Mentir en politique.
Plus qu’un ouvrage sur les manipulations des gouvernants, Laurent Gervereau le présente comme une réflexion sur la situation humaine, notre rapport aux faits et les conditions mêmes de notre vie en commun.
Ne pas enfermer les individus

Terre de Liens s’appuie sur une dynamique associative et citoyenne qui permet d’acquérir des terres agricoles, d’installer une nouvelle génération paysanne sur des fermes en agriculture biologique.
L’association territoriale du Limousin existe depuis 2011. Elle s’appuie sur les bénévoles du groupe local de Corrèze pour mettre en œuvre sur ce territoire les objectifs du mouvement national : préserver les terres agricoles, aider des paysan·nes à s’installer, les cédant·es à transmettre, les propriétaires à favoriser des installations agricoles, mobiliser les citoyen·nes, impliquer les pouvoirs publics.
Les bénévoles se réunissent régulièrement pour organiser leurs actions de terrain : accueil et accompagnement de candidat·es à l’installation et de propriétaires souhaitant orienter leur foncier vers l’agroécologie, sensibilisation du grand public (tenue de stands, organisation de conférences, débats projection de films, etc.), monter des projets d’acquisition de fermes par la foncière ou la fondation Terre de Liens, suivre et soutenir les paysans installés sur des fermes acquises par Terre de Liens, agir en réseau avec les acteurs du territoire.
Pour permettre aux habitant·es de Corrèze de mieux connaître l’association et d’échanger, les bénévoles de Terre de Liens Limousin tiennent régulièrement des stands en Corrèze et dans tout le Limousin.
Les prochains sont prévus le 13 septembre, l’un à la Foire Bio de Meyssac, l’autre au forum des associations de Brive-la-Gaillarde. N’hésitez pas à venir à notre rencontre !


À Saint-Angel, en Haute-Corrèze, il existe un lieu assez improbable : un véritable théâtre de campagne, une compagnie professionnelle, des créations, des rencontres, des stages et même un festival. La Kélidône rejoint aujourd’hui les partenaires de Citoyliens. L’occasion de découvrir une aventure culturelle corrézienne vieille de près de quarante ans.
Il faut quitter un instant les grands axes et rejoindre Lestrade, sur la commune de Saint-Angel, près d’Ussel.
Là, à 707 mètres d’altitude, se trouve le théâtre La Chélidoine : une salle d’environ 130 places aménagée dans une ancienne grange, au cœur de la Haute-Corrèze.
Et derrière ce lieu se cache une histoire assez exceptionnelle.
L’aventure commence dans les années 1980 avec Sylvie Peyronnet et Claude Montagné.
Après plusieurs expériences professionnelles dans le théâtre, ils créent en 1986 une compagnie, puis participent dès 1987 aux débuts du festival de la Luzège. Ils choisissent ensuite de s’implanter durablement en Corrèze, à Saint-Angel.
À Lestrade, ils achètent des bâtiments et entreprennent de transformer une grange en véritable salle de spectacle. Le théâtre ouvre en 1997.

Pendant plus de trente ans, La Chélidoine va créer et accueillir du théâtre professionnel en pleine campagne : spectacles, auteurs contemporains, classiques, lectures, théâtre pour la jeunesse, ateliers, interventions scolaires…
À la fin de la première aventure de La Chélidoine en 2018, son bilan était déjà impressionnant : 61 créations, plus de 200 spectacles accueillis dans le théâtre, des milliers de spectateurs, des milliers d’heures de formation et plus de 250 projets amateurs accompagnés.
Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là.
Sylvie Peyronnet et Claude Montagné ont créé une nouvelle structure : La Kélidône, qu’ils présentent eux-mêmes comme la « fille de La Chélidoine ».
La compagnie poursuit le travail de création autour d’auteurs classiques et contemporains, avec une ligne assez claire : parler de notre époque, interroger le monde, permettre le débat, tout en proposant un théâtre accessible à tous.
Son activité ne se limite d’ailleurs pas aux représentations données à Saint-Angel.
La Kélidône crée des spectacles qui peuvent ensuite circuler en Corrèze, en Nouvelle-Aquitaine et ailleurs. Elle développe également des lectures à voix haute, des lectures-spectacles, des stages de pratique artistique et des collaborations autour du théâtre et de l’opéra.
Parmi les spectacles actuellement proposés en diffusion figurent Les Fables en folie, Paroles de Femmes, Ma vie sur un plateau, De l’étincelle à la flamme et La Paix, librement inspirée d’Aristophane.

La Kélidône a également mené un remarquable travail autour de Marius Vazeilles, grande figure de la Haute-Corrèze.
Forestier, agronome, pépiniériste, archéologue et député, Vazeilles a profondément marqué le plateau de Millevaches au XXe siècle. Il s’est notamment attaché à améliorer les conditions de vie d’une paysannerie alors très pauvre, en réfléchissant ensemble agriculture, forêt, élevage et aménagement du paysage.
Pour créer Ma vie sur un plateau, Sylvie Peyronnet et Claude Montagné ont travaillé sur les archives, les écrits et les témoignages, jusqu’à rencontrer les descendants de Marius Vazeilles. De cette enquête est née une forme théâtrale qui fait revivre à la fois un homme et tout un pan de l’histoire rurale nord-corrézienne.
Un bel exemple de la capacité de La Kélidône à faire du territoire lui-même une matière de création.
Citoyliens avait justement annoncé cette année La Paix, une farce populaire adaptée d’Aristophane (annoncé dans Citoyliens).
Voilà un auteur qui écrivait il y a près de 2 500 ans, en pleine guerre du Péloponnèse, et dont la question reste étrangement contemporaine : comment sortir de la guerre lorsque tout semble pousser à la poursuivre ?

Ce choix résume assez bien l’esprit du lieu : le théâtre n’y est pas seulement envisagé comme divertissement. Il peut aussi devenir une manière drôle, sensible ou poétique de regarder notre époque.
Le programme 2026 associait ainsi théâtre, musique, lectures-spectacles et stages, avec notamment des propositions autour de Jean Giono ou une Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix.
Les 7, 8 et 9 août 2026, le théâtre accueillait également la quatrième édition du festival Altitude 707 — son nom est tout simplement celui de l’altitude du lieu.
Son thème cette année : « Habiter ».
Pendant trois jours, théâtre, cinéma, photographie, bande dessinée, rencontres, librairie et artisanat se sont croisés autour d’une même interrogation.
Le festival associe aujourd’hui trois structures — La Kélidône, Bleue Falaise et La Contre-Pente — avec le soutien notamment de la commune de Saint-Angel et du Festival du cinéma de Brive.
Et c’est probablement là que cette aventure devient particulièrement intéressante.
Nous parlons beaucoup dans Citoyliens de toutes ces initiatives corréziennes qui existent parfois depuis très longtemps mais restent étonnamment peu connues à quelques dizaines de kilomètres de chez elles.
La Kélidône en est un magnifique exemple.
Installer durablement une activité théâtrale professionnelle dans un village rural, y construire une salle, y accueillir des compagnies, y former enfants et adultes, faire venir des spectateurs, créer des œuvres et maintenir cette aventure pendant plusieurs décennies relève presque d’une petite utopie concrète.

La Chélidoine revendiquait d’ailleurs depuis longtemps cette idée d’un théâtre populaire, exigeant sans être réservé à quelques initiés : aller chercher aussi celle ou celui qui ne pense pas spontanément que le théâtre est « pour lui ».
À Saint-Angel, cela donne aujourd’hui une expérience culturelle singulière : un vrai lieu de création installé dans le paysage rural, et non une programmation culturelle simplement apportée ponctuellement depuis une grande ville.
C’est aussi exactement le genre d’initiative que nous souhaitons rendre plus visible et relier aux autres acteurs du territoire.
Nous sommes donc particulièrement heureux d’accueillir aujourd’hui La Kélidône parmi les partenaires de Citoyliens.
L’objectif est simple : mieux faire circuler ses spectacles, ses rendez-vous et son festival auprès des Corréziens… et réciproquement permettre au public qui fréquente La Chélidoine de découvrir les centaines d’autres initiatives associatives, culturelles, écologiques et solidaires présentes sur le territoire.
Car l’une des richesses de la Corrèze est peut-être justement là : des lieux et des personnes capables de faire exister des aventures aussi ambitieuses très loin des métropoles.
La Kélidône – Théâtre La Chélidoine
https://lakelidone.com/
2 Lestrade – 19200 Saint-Angel
Réservations : 09 70 14 53 93
compagnie@lakelidone.com

Fondateur et aujourd’hui trésorier de l’association Airelle, Luc Duquenne revient dans cette interview sur quarante années d’engagement en faveur des personnes qui entreprennent, des associations et du développement des territoires ruraux. Une histoire profondément humaine, dans laquelle la création d’entreprise n’est jamais considérée comme une fin en soi.
Airelle, association partenaire de Citoyliens, accompagne depuis 1985 les femmes et les hommes qui souhaitent créer, reprendre ou développer une activité. Implantée à Saint-Germain-les-Vergnes et présente dans différents points d’accueil corréziens, elle intervient au plus près des personnes et des territoires.
Dans cet entretien, son fondateur Luc Duquenne raconte comment une initiative bénévole, née de quelques rencontres en Dordogne, est progressivement devenue un acteur reconnu de l’accompagnement à l’entrepreneuriat, de l’insertion et de l’économie sociale et solidaire.
À la fin des années 1970, Luc Duquenne quitte la région parisienne et s’installe en Dordogne. Il travaille alors comme conseiller en gestion d’entreprise.
Il rencontre rapidement des personnes au chômage qui ont tenté de créer leur propre activité, mais qui se retrouvent seules face aux questions administratives, économiques et humaines que cette démarche soulève.
Avec quelques amis, il décide d’organiser de premières permanences bénévoles afin de les aider à comprendre le fonctionnement d’une entreprise et à structurer leur projet.
Ce qui ne devait être qu’une aide ponctuelle révèle rapidement un besoin beaucoup plus important. Une association est créée, une première salariée est recrutée, puis l’équipe s’agrandit.
Airelle est née.
L’initiative essaime ensuite vers la Charente, la Corrèze et le Limousin. À son apogée, l’ensemble des structures issues de cette dynamique comptera jusqu’à 45 salariés.
Cette phrase résume probablement le mieux la conception défendue par Luc Duquenne.
Derrière une création d’activité se trouve toujours une personne, mais aussi parfois un couple, une famille, un parcours professionnel interrompu ou un projet complet de changement de vie.
Pour Airelle, la création d’entreprise ne doit donc pas devenir une obligation ni un indicateur de réussite imposé à chaque personne accompagnée.
Une personne peut renoncer à créer son entreprise tout en ayant progressé grâce à l’accompagnement. Elle peut retrouver un emploi, entrer en formation, réorienter son projet ou simplement acquérir une meilleure connaissance de ses compétences.
Le résultat ne se mesure pas uniquement au nombre d’entreprises immatriculées.
L’accompagnement permet également de reprendre confiance, de mieux se présenter, de rencontrer d’autres personnes et de retrouver une capacité à agir.
L’histoire d’Airelle est étroitement liée aux politiques d’accueil développées autrefois par la Région Limousin.
Des personnes venant notamment de la région parisienne ou du nord de la France souhaitaient s’installer dans un territoire rural, attirées par un immobilier plus accessible et par une autre qualité de vie.
Mais acheter une maison à la campagne ne suffisait pas à construire un projet de vie durable.
Les nouveaux habitants devaient découvrir le territoire, comprendre son fonctionnement, développer une activité et créer des relations locales. Certains découvraient également que la vie rurale en hiver était très différente de celle qu’ils avaient imaginée pendant l’été.
L’accompagnement devait donc prendre en compte à la fois le projet professionnel, l’installation personnelle et l’intégration dans le territoire.
Cette approche demeure au cœur de l’identité d’Airelle : favoriser des activités capables de durer, mais aussi permettre aux personnes de trouver leur place dans leur nouvel environnement.
L’entretien dépasse largement la seule question de la création d’entreprise.
Luc Duquenne rappelle que les associations constituent l’un des principaux moteurs de la vie locale :
« Sans les associations, il ne se passe rien. »
Alors que les entreprises commerciales et artisanales disposent de leurs chambres consulaires, les associations ont longtemps manqué d’un lieu équivalent vers lequel se tourner pour être accueillies, conseillées et accompagnées.
Airelle a ainsi joué, de manière informelle, le rôle d’une « chambre des associations » et de l’économie sociale.
Ce travail s’inscrit aujourd’hui dans le champ reconnu de l’économie sociale et solidaire. Airelle porte notamment en Corrèze l’incubateur Rhizome, destiné aux projets d’utilité sociale ou d’intérêt collectif.
L’association est également labellisée Guid’Asso pour l’accompagnement spécialisé dans la construction de projets associatifs et relevant de l’ESS.
Le développement local ne repose pas seulement sur des entreprises, des dispositifs ou des financements. Il dépend aussi de la capacité des habitants à se rencontrer, à échanger et à construire des projets ensemble.
Luc Duquenne évoque le temps où les bals des villages permettaient aux habitants de se retrouver. Avec l’évolution des modes de vie, ces occasions se sont progressivement raréfiées.
Or, parmi les premières attentes exprimées par les personnes accueillies par Airelle figurent le besoin d’être écoutées et l’envie de rencontrer d’autres personnes.
C’est notamment de ce constat qu’est né Le Chaudron, la communauté des entrepreneurs et entrepreneuses proches d’Airelle. Il propose des temps de rencontre, de coopération et de partage d’expériences dans un esprit de solidarité et de bienveillance.
Le choix d’installer Airelle dans une ancienne ferme à Saint-Germain-les-Vergnes n’est pas anodin.
Pour Luc Duquenne, une association qui affirme travailler sur l’entrepreneuriat rural doit elle-même être présente dans le territoire rural.
Le lieu offre un environnement calme et accessible, entouré de champs, où les personnes peuvent se garer, respirer et prendre le temps d’échanger.
Cette implantation traduit une volonté ancienne d’Airelle. En Dordogne, l’association avait notamment occupé l’école d’un village d’environ 500 habitants. L’objectif a toujours été de rester proche des personnes et de ne pas concentrer tous les services dans les grandes villes.
Les membres de l’équipe continuent également de se déplacer dans l’ensemble du département afin d’aller vers les porteurs de projets.
Airelle porte désormais un important projet autour de la restauration d’une grange située sur son site de Saint-Germain-les-Vergnes.
L’objectif est à la fois de préserver un élément du patrimoine rural et de créer un lieu destiné aux rencontres, aux formations et aux projets collectifs.
La grange pourrait accueillir :
– des salles de réunion et de formation ;
– des bureaux partagés ;
– des ateliers partagés ;
– des rencontres entre entrepreneurs, associations et habitants ;
– des activités autour du four à pain existant ;
– éventuellement un espace de présentation ou de vente de produits locaux.
Airelle a déjà pu acquérir l’ensemble immobilier, mais doit maintenant réunir les financements nécessaires à la restauration et à l’aménagement de la grange.
Au-delà du bâtiment, ce projet prolonge la vision défendue depuis les origines de l’association : offrir aux personnes un lieu pour être accueillies, écoutées et mises en relation.
Après quatre décennies d’activité, Airelle demeure confrontée à la fragilité des financements associatifs.
L’association s’appuie sur plusieurs partenaires : Région, État, collectivités territoriales, services publics et communautés de communes. Cette diversité limite la dépendance envers un financeur unique.
Pour Luc Duquenne, chaque participation, même modeste, représente aussi une reconnaissance de l’utilité de l’association.
Mais la reconnaissance financière ne suffit pas. Airelle souhaite également être davantage associée aux réunions, aux réflexions et aux décisions institutionnelles qui concernent les sujets sur lesquels elle travaille quotidiennement.
Les chambres consulaires sont naturellement invitées dans de nombreuses instances. Les associations spécialisées dans l’accompagnement, l’économie sociale et solidaire ou le développement rural le sont moins systématiquement.
Pourtant, comme le souligne son fondateur, si Airelle est toujours présente après 40 ans, c’est qu’elle répond durablement à une réalité du territoire.
Airelle est une association partenaire de Citoyliens et utilise la plateforme associative pour relayer ses initiatives, ses rencontres, ses ateliers et ses actions en faveur des personnes qui entreprennent.
Ce partenariat contribue à faire circuler localement une information utile, sans publicité, sans algorithme de captation et sans obligation de créer un compte pour la consulter.
À travers le témoignage de Luc Duquenne se dessine une conception profondément humaine de l’entrepreneuriat : entreprendre ne consiste pas uniquement à créer une structure économique. C’est aussi trouver sa place, acquérir de l’autonomie, rejoindre un territoire et rencontrer les personnes avec lesquelles il devient possible d’agir.
Site de l’association Airelle :
https://airelle.org
Retrouver les publications d’Airelle sur Citoyliens
Adresse :
155 route de Lagraulière
19330 Saint-Germain-les-Vergnes
Téléphone : 05 55 29 00 50
Courriel : airelle@airelle.org

L’association Agir Autrement pour la Xaintrie – AAPLX devient partenaire de Citoyliens.fr. Elle utilise désormais la plateforme associative corrézienne pour publier et relayer ses informations, ses rendez-vous, ses campagnes et ses appels à mobilisation.
Ce partenariat permet de mieux faire connaître une association engagée depuis plus de douze ans dans la défense de la Xaintrie, de ses paysages, de ses ressources naturelles, de son patrimoine et de ses habitants.
Agir Autrement pour la Xaintrie a été créée en juin 2013. Son siège social est établi à Goulles, dans le sud-est de la Corrèze.
La naissance de l’association est étroitement liée à la découverte du projet de parc éolien industriel du Deyroux. Dès 2010, le promoteur Eolfi envisageait l’installation d’un important ensemble d’éoliennes sur les communes de Camps-Saint-Mathurin-Léobazel, Mercœur et Sexcles. Le démarchage des propriétaires fonciers avait commencé avant qu’une grande partie de la population ne mesure réellement l’ampleur du projet.
En 2013, une réunion d’information organisée à Goulles réunit environ 200 personnes. La mobilisation qui suit conduit à la création d’AAPLX. À cette époque, le projet a compté jusqu’à vingt machines envisagées avant d’être ramené à dix éoliennes pouvant atteindre 200 mètres de hauteur.
L’association ne se définit cependant pas par son opposition à un seul projet. Ses statuts lui donnent une mission plus large : protéger les espaces naturels, les paysages, les écosystèmes, le patrimoine local et les habitants de la Xaintrie, de la Corrèze et des départements limitrophes.
AAPLX souhaite également informer la population, défendre les biens communs, prévenir la dégradation des ressources naturelles et soutenir des projets réellement durables, innovants et non destructeurs. L’association prévoit aussi de pouvoir agir en justice lorsque l’environnement, la santé publique, les paysages ou le patrimoine sont menacés. Elle est reconnue d’intérêt général.
Le combat contre le parc éolien du Deyroux constitue l’action la plus longue et la plus emblématique menée par AAPLX.
Pendant plus de douze ans, ses membres ont étudié les dossiers, informé les habitants et rencontré les élus. Ils ont organisé ou participé à des réunions publiques, distribué des tracts dans les boîtes aux lettres, réalisé du porte-à-porte, tenu des stands sur les foires et les marchés, collé des affiches et fait circuler des pétitions.
L’association a également produit des communiqués de presse, répondu à des interviews radiophoniques, mobilisé la population lors de l’enquête publique et travaillé avec d’autres associations de défense de l’environnement.
Cette présence constante sur le terrain s’est accompagnée d’un important travail documentaire. Les membres d’AAPLX ont étudié les effets du projet sur les paysages, la biodiversité, les oiseaux, le cadre de vie et l’économie locale. Ils ont également interrogé les dimensions techniques et financières du dossier, notamment la hauteur des machines, les conditions de démantèlement et les données relatives au potentiel éolien du site.
L’enquête publique menée au début de l’année 2019 s’est conclue par un avis défavorable. La commission d’enquête a notamment relevé la qualité et la précision des nombreuses contributions déposées par les opposants au projet. Elle a constaté que la population mobilisée avait sérieusement étudié le dossier et produit des éléments d’analyse méritant d’être pris en considération.
Le 10 décembre 2020, la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites a également rendu un avis défavorable. Le 29 décembre 2020, la préfète de la Corrèze a refusé l’autorisation d’exploiter le parc éolien du Deyroux.
Le refus préfectoral n’a pas immédiatement clos le dossier. En mars 2021, la société porteuse du projet, liée à Eolfi et Shell, a contesté la décision devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux.
AAPLX a alors choisi de poursuivre son engagement sur le terrain juridique. En novembre 2021, l’association a déposé un mémoire en intervention volontaire afin de soutenir la décision de la préfecture. Elle a mandaté un cabinet d’avocats et participé à la préparation des arguments présentés devant la juridiction administrative.
Le 28 novembre 2023, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté la requête du promoteur et confirmé le refus d’autorisation.
Un dernier pourvoi a été déposé devant le Conseil d’État. Le 31 décembre 2024, celui-ci a rejeté la demande de la société Parc Éolien Corrèze 1. Cette décision a mis un terme définitif au projet.
Cette victoire ne repose pas sur une action isolée, mais sur la continuité d’une mobilisation associant habitants, adhérents, élus, associations, contributeurs à l’enquête publique et défenseurs du territoire. AAPLX en a constitué l’un des points d’appui les plus constants, depuis les premières réunions de 2013 jusqu’à l’issue judiciaire de 2024.
L’une des caractéristiques d’AAPLX est de ne pas limiter son action à la protestation.
L’association cherche à rendre accessibles des dossiers souvent très techniques. Elle rassemble des documents administratifs, suit les enquêtes publiques, consulte les décisions préfectorales et judiciaires, sollicite les collectivités et interpelle les responsables publics.
Sa méthode repose sur plusieurs formes d’action complémentaires :
AAPLX agit également au sein de collectifs. Elle a participé à la création d’un regroupement départemental d’associations mobilisées sur les projets éoliens en Corrèze. Avec plusieurs associations corréziennes, elle a par exemple interpellé les candidats aux élections législatives de 2022 sur la politique énergétique, la consultation des populations et la protection des territoires ruraux.
L’action d’AAPLX concerne également la gestion de l’eau potable en Xaintrie Val’Dordogne.
Face aux projets de réorganisation et de centralisation de l’alimentation en eau, l’association a demandé que les habitants puissent disposer des études et des documents utilisés par les décideurs. Elle a défendu l’organisation de réunions publiques permettant à chacun de comprendre les scénarios proposés et leurs conséquences.
En janvier 2022, AAPLX et le Collectif Transition Locale du Pays d’Argentat ont notamment demandé à la communauté de communes la communication des études réalisées sur le schéma directeur de l’eau potable. Leur démarche revendiquait une participation citoyenne fondée sur l’accès aux informations, afin de construire un regard commun plutôt que de laisser s’installer l’incompréhension ou la division.
Cette mobilisation a contribué à ouvrir publiquement le débat sur la préservation des ressources locales, leur interconnexion, les consommations, la qualité de l’eau et la manière dont les décisions sont prises.
Le sujet a rencontré un écho important dans la population et dans la presse régionale, notamment lors d’une réunion publique organisée à Argentat en septembre 2022, consacrée au devenir de l’alimentation en eau du territoire.
La Xaintrie porte également les traces de l’ancienne exploitation de l’uranium. Plusieurs mines ont été exploitées dans le secteur de Saint-Privat, notamment à Auriac, Saint-Julien-aux-Bois et Darazac.
AAPLX suit la situation de ces anciens sites et demande le nettoyage ainsi que la réhabilitation des zones polluées par des déchets radioactifs. Elle relaie des informations sur les conséquences possibles de ces anciennes activités minières pour les sols, les cours d’eau et la santé publique.
L’association s’intéresse aussi à la présence du radon, un gaz radioactif naturel particulièrement surveillé dans certains territoires granitiques. Elle a obtenu auprès de l’Agence régionale de santé des données concernant plusieurs ressources en eau de la Xaintrie blanche.
En octobre 2025, elle a organisé à Goulles une formation ouverte au public avec un ingénieur géologue et le soutien de la CRIIRAD, afin de mieux comprendre le radon, ses risques potentiels et les moyens de prévention. Cette initiative a fait l’objet d’un article dans le journal La Montagne.
Depuis sa création, AAPLX utilise la presse locale et régionale comme un moyen d’information et de mise en débat.
Ses réunions publiques, ses prises de position, ses formations et ses mobilisations ont été relayées par différents médias. L’association a publié de nombreux communiqués, donné des interviews radiophoniques et participé à des dossiers consacrés à l’éolien, à l’eau potable, aux mines d’uranium et au radon.
En 2018, La Trousse corrézienne avait consacré une longue rencontre à Marie Maugein et Christine Guérin, alors présidente et secrétaire de l’association. L’article retraçait la naissance d’AAPLX et décrivait les méthodes employées par les promoteurs avant que la population ne soit pleinement informée. Il exposait également la position de l’association : non pas le refus de toute transition énergétique, mais la contestation de projets industriels conduits sans véritable participation des habitants et sans prise en compte suffisante du territoire.
Cette relation avec les médias fait partie intégrante de la méthode d’AAPLX : rendre visibles des dossiers qui pourraient rester réservés aux administrations, aux bureaux d’études et aux entreprises concernées. D’où son partenariat avec Citoyliens décidé ce 1er Aout 2026 !
La victoire définitive obtenue sur le projet du Deyroux ne marque pas la fin de l’action d’AAPLX.
L’association continue de suivre les projets susceptibles d’affecter la Xaintrie et les territoires voisins. Elle soutient les habitants qui cherchent à s’informer et poursuit ses actions sur l’eau, la radioactivité, le radon, les paysages et la biodiversité.
De nouveaux projets éoliens apparaissant dans le secteur, notamment autour de Saint-Julien-aux-Bois, l’association mobilise à nouveau son expérience : information des habitants, réunions publiques, diffusion de documents, pétitions et interpellation des élus et des autorités.
Douze années de mobilisation ont montré qu’un groupe d’habitants organisé peut étudier des dossiers complexes, faire circuler l’information, participer aux procédures publiques et peser durablement sur les décisions qui concernent son territoire.
En devenant partenaire de Citoyliens, Agir Autrement pour la Xaintrie dispose d’un espace supplémentaire pour partager ses informations avec les habitants de la Corrèze.
L’association pourra utiliser la plateforme pour annoncer ses réunions, ses formations et ses mobilisations, publier ses communiqués, rendre compte de ses actions et orienter les lecteurs vers les dossiers plus complets disponibles sur son propre site.
Ce partenariat s’inscrit dans la raison d’être de Citoyliens : proposer aux associations et aux collectifs locaux un canal de publication et d’affichage en commun, indépendant des grandes plateformes commerciales, sans publicité, sans captation des données personnelles et sans algorithme décidant à la place des lecteurs quelles informations méritent d’être vues.
En rejoignant les associations partenaires de Citoyliens, AAPLX partage son expérience avec un réseau plus large d’acteurs engagés pour l’écologie, la solidarité, les droits, l’information indépendante et la participation citoyenne.
Bienvenue à Agir Autrement pour la Xaintrie parmi les associations partenaires de Citoyliens.
Retrouvez les dossiers, les archives et les actualités de l’association sur aaplx.com.
Découvrez toutes les publications d’AAPLX accessibles sur Citoyliens.fr.

Article rédigé à partir des relevés et observations de Dominique Gaudefroy, naturaliste et fondateur de l’association Le Jardin sauvage


Deux images contradictoires de l’été 2026 à Brive : la promesse de fraîcheur et la réalité d’une chaleur record.
Article pédagogique et critique – août 2026
À Brive-la-Gaillarde, l’année 2026 accumule les températures exceptionnelles. À partir des relevés de la station météorologique de Brive-La Roche, Dominique Gaudefroy a étudié près de quarante années de mesures. Son constat est préoccupant : au-delà des variations d’une année à l’autre, le climat local semble être entré dans une période sensiblement plus chaude et plus sèche.
Les habitants du bassin de Brive n’ont pas eu besoin de consulter un thermomètre pour comprendre que l’été 2026 sortait de l’ordinaire. Les journées à plus de 40 °C se sont multipliées, les sols se sont rapidement desséchés et les fumées des incendies de Gironde ont atteint le sud de la Corrèze.
Mais un été particulièrement éprouvant suffit-il à démontrer que le climat change ? Pour répondre sérieusement, il faut dépasser les impressions et observer les données sur plusieurs décennies. C’est le travail entrepris par Dominique Gaudefroy à partir des relevés de la station de Brive-La Roche, dont les archives commencent en septembre 1987.
La météo décrit ce qui se passe pendant quelques heures, quelques jours ou une saison. Le climat correspond à l’ensemble des conditions météorologiques observées sur une longue période.
Les climatologues utilisent généralement des périodes de trente ans pour calculer les « normales climatiques ». La période de référence utilisée ici est 1991-2020. Une journée à 43 °C constitue donc un événement météorologique. En revanche, l’accumulation d’années chaudes, l’augmentation durable des moyennes et la répétition des sécheresses renseignent sur une transformation du climat.
D’après les relevés examinés par Dominique Gaudefroy, presque toutes les températures mensuelles enregistrées à Brive depuis le début de 2026 se situent au-dessus des normales 1991-2020. La seule exception relevée concerne la moyenne des températures minimales du mois de mars.

Tableau mensuel 2026 de la station de Brive-La Roche, arrêté au début du mois d’août. Source : Infoclimat, reprise par Dominique Gaudefroy.
Le printemps avait déjà donné le ton. À Brive, le mois d’avril aurait dépassé les normales d’environ 5,2 °C. Après un hiver très humide, la sécheresse s’est ainsi installée rapidement dès le printemps.
Ce contraste est important : un hiver pluvieux n’empêche pas nécessairement une sécheresse quelques mois plus tard. Lorsque les températures sont très élevées, l’eau s’évapore plus rapidement, la végétation transpire davantage et les sols perdent leur humidité.
La station de Brive-La Roche a enregistré 43 °C le 22 juin 2026. D’autres valeurs remarquables ont suivi : 42 °C les 23 et 24 juin, 40,4 °C les 10 et 12 juillet, puis 42,2 °C le 29 juillet.
Ces chiffres correspondent aux températures maximales atteintes pendant certaines journées. Pour mesurer l’intensité générale d’un mois, il faut observer la moyenne de toutes les températures maximales quotidiennes, appelée TXM. En juillet 2026, cette moyenne aurait atteint 35,2 °C.
Autrement dit, les après-midi du mois de juillet ont atteint en moyenne plus de 35 °C. Le précédent record mensuel était de 33,3 °C en août 2003. Le record aurait donc été dépassé de près de 2 °C sur la moyenne d’un mois entier : un écart beaucoup plus significatif qu’un pic isolé.
| Indicateur | Valeur | Lecture |
| Température maximale journalière | 43 °C – 22 juin 2026 | Plus haute valeur citée dans les archives étudiées |
| Deuxième valeur de 2026 | 42,2 °C – 29 juillet 2026 | Record de chaleur pour un mois de juillet à Brive |
| Moyenne des maximales de juillet | 35,2 °C | Nouveau mois le plus chaud de la série |
| Ancien record mensuel | 33,3 °C – août 2003 | Référence historique de la canicule de 2003 |
| Début des archives | 1er septembre 1987 | Environ quarante ans de recul |
L’un des éléments les plus parlants apparaît dans le classement des années selon la moyenne de leurs températures maximales. Parmi les cinq années les plus chaudes relevées à Brive-La Roche, toutes se situent à partir de 2020 : 2022, 2025, 2020, 2023 et 2024.
L’année 2026 apparaît provisoirement en tête de certains classements, mais elle n’est pas terminée. Ses résultats annuels doivent donc être considérés comme provisoires. Même sans retenir 2026, la concentration des années les plus chaudes dans la période récente constitue un signal particulièrement net.
Dominique Gaudefroy a recalculé une température moyenne annuelle à partir des moyennes minimales et maximales disponibles. Pour rendre la tendance plus visible, il a regroupé les années par périodes de cinq ans. Ce lissage atténue les variations ponctuelles liées à une année froide ou exceptionnellement chaude.
| Période ou groupe d’années | Moyenne lissée indiquée |
| 1987-1989 | 12,62 °C |
| Autour de 1990-1994 | 12,50 °C |
| Autour de 1995-1999 | 12,82 °C |
| Autour de 2000-2004 | 12,96 °C |
| Autour de 2005-2009 | 12,70 °C |
| Autour de 2010-2014 | 13,10 °C |
| Autour de 2015-2019 | 13,86 °C |
| Années les plus récentes | 14,70 °C |
Reconstitution simplifiée du tableau de Dominique Gaudefroy. Les groupes ne comportent pas tous exactement le même nombre d’années.
La méthode mériterait d’être vérifiée et homogénéisée par un climatologue, notamment parce que certaines périodes ne comprennent pas exactement le même nombre d’années. Néanmoins, l’ordre de grandeur est clair : les températures moyennes locales récentes se situent environ 2 °C au-dessus de celles de la fin des années 1980.
Les données montrent des fluctuations importantes entre 1987 et le début des années 2010. Certaines années sont chaudes, d’autres plus fraîches, sans progression parfaitement régulière. À partir des années 2010, et plus nettement encore depuis 2018, les années très chaudes deviennent toutefois beaucoup plus fréquentes.
Il ne s’agit pas d’un basculement survenu à une date précise, comme si le climat avait changé du jour au lendemain. Il est plus juste de parler d’une accélération visible du réchauffement local, devenue particulièrement manifeste au cours des quinze dernières années.
Le climat reste variable. Des hivers froids, des journées de gel et des périodes pluvieuses continueront d’exister. Mais ils prennent place dans un environnement général plus chaud. Le réchauffement ne supprime pas les variations météorologiques : il déplace progressivement le niveau autour duquel elles se produisent.

Précipitations mensuelles à Brive-La Roche en 2026. Après les pluies hivernales, le déficit s’installe à partir de mars.
Le graphique étudié par Dominique Gaudefroy montre qu’après les fortes pluies de l’hiver, les précipitations sont devenues largement déficitaires à partir de mars. Le déficit atteindrait environ 190 millimètres en cinq mois.
Ce phénomène illustre une évolution plus complexe qu’une simple diminution annuelle des pluies : fortes précipitations concentrées pendant certaines périodes, longues séquences sèches, sols qui perdent rapidement leur humidité et augmentation simultanée des risques d’inondation et de sécheresse.

Crue de la Vézère en février 2026, en amont de Brive, vers Varetz. Photo : Dominique Gaudefroy.
L’hiver 2026 a été particulièrement pluvieux. Quelques mois plus tard, la chaleur et le manque de pluie ont pourtant installé la sécheresse. Cette succession rapide d’excès d’eau puis de dessèchement rend l’adaptation des sols, des cultures et des milieux naturels beaucoup plus difficile.

À Estivaux, le 26 juillet 2026, les fumées d’incendies situés à plus de 200 km masquent le soleil. Photo : Dominique Gaudefroy.
Le 26 juillet 2026, à proximité d’Estivaux, le ciel est dépourvu de nuages, mais le soleil reste presque invisible. Les fumées provenant d’incendies de Gironde recouvrent la région d’un voile opaque. Dominique décrit une atmosphère cotonneuse, une odeur âcre et des difficultés respiratoires.
Cette scène montre que les conséquences des incendies dépassent largement les secteurs directement touchés par les flammes. Les fumées peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres, dégrader la qualité de l’air et affecter la santé de populations éloignées.

Prairies desséchées vers Labrousse, au sud-ouest de Brive, le 29 mai 2011. Photo : Dominique Gaudefroy.
Pour un naturaliste, les effets du réchauffement se lisent aussi dans les paysages. Dès mai 2011, certaines prairies étaient presque entièrement desséchées après deux mois particulièrement chauds et un déficit de pluie de 66 % en mai.
Traditionnellement, le mois de mai était pourtant l’une des périodes où les prairies atteignaient leur plus grande luxuriance. Ces sécheresses précoces fragilisent particulièrement les terrains sableux du Trias, au sud de Brive. Ces sols abritent des espèces végétales remarquables, mais retiennent peu l’eau.
Lorsque les épisodes secs se répètent, les espèces les plus sensibles peuvent régresser ou disparaître. Elles sont progressivement remplacées par des végétaux mieux adaptés à la chaleur et au manque d’eau. Le changement climatique transforme ainsi silencieusement la composition des paysages et la biodiversité locale.
| Station citée | Moyenne maximale du mois le plus chaud |
| Brive-La Roche, juillet 2026 | 35,2 °C |
| Montélimar | 35,3 °C |
| Albi | 34,8 °C |
| Malaga | 34,5 °C |
| Toulouse | 34,2 °C |
| Argentat | 34,1 °C |
| Bordeaux | 33,1 °C |
| Montpellier | 32,9 °C |
| Nice | 31,2 °C |
| Paris-Montsouris | 30,3 °C |
| Amiens | 28,3 °C |
Sélection comparative proposée par Dominique Gaudefroy. Les stations et périodes d’archives ne sont pas directement équivalentes.
Ces comparaisons doivent être maniées avec prudence. Les stations ne se trouvent pas toutes dans les mêmes conditions : altitude, distance à la mer, humidité, urbanisation, durée des archives et période du record varient fortement.
Elles ne signifient donc pas que Brive possède désormais le même climat que Malaga ou la Méditerranée. Elles montrent en revanche qu’un mois d’été à Brive peut désormais atteindre ponctuellement des niveaux de chaleur autrefois associés à des régions beaucoup plus méridionales.
Face à ces transformations, le mot « adaptation » revient constamment : isoler les logements, créer des espaces ombragés, végétaliser les villes, économiser l’eau ou installer des systèmes de rafraîchissement. Ces mesures deviennent indispensables.
Dominique Gaudefroy en propose cependant une lecture critique : l’adaptation ne doit pas devenir un prétexte pour accepter sans discussion une dégradation continue de nos conditions de vie. Planter des arbres, désimperméabiliser les sols et restaurer les zones humides permet réellement de rafraîchir les espaces habités. Encore faut-il leur réserver de la place.
Il pousse volontairement le raisonnement jusqu’à la satire : pourquoi ne pas planter des arbres au milieu des terrains de football ou de rugby et demander aux joueurs de les contourner ? Derrière l’humour se trouve une question politique sérieuse : quelles activités, quels usages du sol et quels intérêts économiques sommes-nous réellement prêts à modifier pour rendre nos territoires habitables ?
L’effort ne peut pas reposer uniquement sur les particuliers, sommés d’acheter une climatisation, de mieux supporter la chaleur ou d’adapter leurs horaires. Il suppose des décisions collectives concernant l’aménagement, les transports, l’agriculture, l’énergie, la consommation des ressources et la protection de la végétation.
Les relevés de Brive-La Roche ne permettent pas, à eux seuls, d’expliquer chaque canicule ni d’attribuer chaque sécheresse au changement climatique. Ils apportent cependant quelque chose d’essentiel : une mesure locale et concrète d’un phénomène souvent présenté à travers des moyennes mondiales.
Les données recueillies par Dominique Gaudefroy ne décrivent donc pas seulement un été exceptionnel. Elles interrogent la transformation durable du bassin de Brive. La question n’est plus seulement de savoir si le climat local change. Elle consiste désormais à déterminer jusqu’où nous le laisserons changer, comment protéger les habitants et les milieux naturels, et quelles transformations collectives nous sommes prêts à engager.
Article rédigé à partir du travail publié par Dominique Gaudefroy le 2 août 2026 sur Correzitude.fr : « Le climat en question… Cette fois en Sud Corrèze et encore plus à Brive-la-Gaillarde ». Les tableaux et graphiques originaux proviennent principalement des données de la station Brive-La Roche consultées sur Infoclimat.
Les chiffres de l’année 2026 sont provisoires, l’année n’étant pas terminée. Les comparaisons entre villes ont une valeur illustrative, mais ne constituent pas une comparaison climatologique homogène. La reconstitution des moyennes par périodes de cinq ans reprend le travail de Dominique et doit être lue comme une mise en évidence de tendance, non comme une expertise climatologique officielle.
Source principale : https://www.correzitude.fr/26-CLIMAT-BRIVE.html
Voir toutes les publications liées à Dominique Gaudefroy sur Citoyliens (cliquez)

Du 9 au 22 août 2026, le festival Les Turennales célèbre sa vingtième édition à Turenne, Curemonte et Meyssac. Porté par l’association Les Estéales et par une équipe entièrement bénévole, il réunit concerts, lectures, cinéma, exposition, ateliers et créations participatives dans plusieurs lieux patrimoniaux du Midi corrézien. Son ouverture solidaire vers Haïti et la quantité d’acteurs locaux associés à sa réalisation donnent tout son sens au premier partenariat noué cette année entre Les Estéales, Les Turennales et Citoyliens.
L’histoire commence en 2007 dans l’église d’Estivals. Un groupe d’amis, chanteurs et musiciens passionnés, y organise un premier concert. Le succès de cette rencontre donne envie de poursuivre l’aventure et conduit, en 2008, à la création de l’association Les Estéales. Son projet reste volontairement simple dans son principe : faire vivre une proposition culturelle exigeante, accessible et conviviale, grâce à l’engagement de bénévoles et à la rencontre directe entre artistes et publics.
En près de vingt ans, le festival a accueilli près de cent artistes et présenté quarante-cinq spectacles. D’abord centré sur la chanson française, il s’est progressivement ouvert aux musiques classiques et anciennes, aux musiques du monde, au jazz, à la poésie, au théâtre, au cinéma et aux créations originales. Cette diversité n’est pas un empilement de disciplines : elle traduit une volonté constante de faire dialoguer les formes artistiques et les sensibilités.
Installé à Turenne depuis 2021, le festival adopte en 2026 le nom Les Turennales. Ce changement affirme plus clairement son ancrage territorial. Il est rendu possible par le soutien de la mairie de Turenne, qui accompagne le développement de la manifestation. Pour son vingtième anniversaire, le festival franchit une nouvelle étape : sa programmation s’étend sur deux semaines et se déploie également à Curemonte et Meyssac.

Les Estéales reposent sur une gouvernance bénévole. Plus de quarante personnes participent à l’organisation de l’édition 2026 : préparation des lieux, accueil du public, communication, billetterie, logistique, hébergement, accompagnement des artistes et coordination des partenariats. Cette mobilisation permet au festival de conserver une identité chaleureuse et participative.
L’association poursuit plusieurs objectifs complémentaires : proposer une offre culturelle de qualité en milieu rural, favoriser les rencontres entre artistes et habitants, valoriser le patrimoine de Turenne et des communes partenaires, encourager la participation locale et contribuer au rayonnement culturel et touristique du territoire. Le festival se construit ainsi moins comme un événement isolé que comme une réalisation collective, enracinée dans les liens déjà présents sur le territoire.
Les habitants ne sont pas seulement spectateurs. Ils peuvent prendre part aux ateliers vocaux, rejoindre le chœur participatif de l’opéra-bouffe du 20 août, rencontrer les artistes ou s’impliquer dans l’organisation. Autour de la mairie de Turenne, dont le soutien accompagne le nouveau nom et le développement du festival, se mobilisent également les communes et lieux d’accueil, les associations de Curemonte, la Librairie Modestine, le Château de Turenne, les commerçants, le cinéma Uxello, Reflets d’ardoises et d’autres structures culturelles locales. Cette diversité d’engagements constitue l’une des forces des Turennales.
Pour cette vingtième édition, un partenariat se met en place pour la première année entre l’association Les Estéales, le festival Les Turennales et Citoyliens. Il repose d’abord sur des valeurs communes : la solidarité, illustrée par la place accordée à Haïti et au dialogue entre cultures, et le lien local, rendu concret par la mobilisation de nombreux bénévoles, associations, lieux culturels, commerçants et collectivités autour du festival. Cette coopération rejoint naturellement la vocation de Citoyliens : offrir aux associations et aux porteurs d’initiatives de Corrèze un canal d’affichage en commun, indépendant, sans publicité ni captation de données.
Citoyliens accompagnera la diffusion des informations du festival, de ses rendez-vous et de ses actualités. Les Turennales rejoignent ainsi un réseau local où les acteurs publient et partagent leurs informations. Le partenariat doit permettre de faire circuler plus largement la programmation, mais aussi de rendre visibles les coopérations humaines et territoriales qui la rendent possible.
Ce partenariat ne se limite donc pas à une opération de communication. Les Estéales apportent près de vingt ans d’expérience dans l’organisation artistique bénévole ; Citoyliens met à disposition son réseau, ses outils de publication et son travail de mise en relation. Leur socle commun est celui d’une culture qui relie : entre les habitants et les artistes, entre les communes et les associations, mais aussi entre le Midi corrézien, Haïti, l’Afrique et les Caraïbes. Ensemble, les partenaires souhaitent rendre l’information culturelle plus accessible et encourager de nouvelles solidarités locales.
L’un des fils forts de cette édition est consacré à Haïti et à Néhémie Bastien. Ce choix donne au festival une dimension d’ouverture et de solidarité culturelle : faire entendre des œuvres, des voix et des réalités haïtiennes, puis créer des espaces de rencontre avec le public corrézien. Actrice, chanteuse et comédienne, Néhémie Bastien s’est fait connaître grâce à son rôle principal dans Freda, le film de Gessica Généus sélectionné au Festival de Cannes 2021 dans la section Un Certain Regard. Son parcours se développe à la croisée du cinéma, de la musique, du théâtre et de la littérature.
Le 9 août à Curemonte, elle présentera son expérience d’actrice avant la projection en plein air de Freda dans le parc du château. Le 10 août à la Librairie Modestine de Meyssac, elle proposera des lectures autour de René Depestre, à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain haïtien. Enfin, le 15 août, elle participera à Traversées, une création musicale originale avec la chanteuse gabonaise Pamela Badjogo. Ces trois rendez-vous composent un véritable parcours, du cinéma à la littérature puis à la création musicale, et font du dialogue entre Haïti, l’Afrique, les Caraïbes et la Corrèze l’un des gestes forts de cette édition.
Consultez le site web de l’association “Les Estéales“
Evénements des Turennales dans l’agenda Citoyliens (cliquez)
