Category: Énergie

  • Agir Autrement pour la Xaintrie rejoint les associations partenaires de Citoyliens

    Agir Autrement pour la Xaintrie rejoint les associations partenaires de Citoyliens

    L’association Agir Autrement pour la Xaintrie – AAPLX devient partenaire de Citoyliens.fr. Elle utilise désormais la plateforme associative corrézienne pour publier et relayer ses informations, ses rendez-vous, ses campagnes et ses appels à mobilisation.

    Ce partenariat permet de mieux faire connaître une association engagée depuis plus de douze ans dans la défense de la Xaintrie, de ses paysages, de ses ressources naturelles, de son patrimoine et de ses habitants.

    Une association née en 2013 pour défendre la Xaintrie

    Agir Autrement pour la Xaintrie a été créée en juin 2013. Son siège social est établi à Goulles, dans le sud-est de la Corrèze.

    La naissance de l’association est étroitement liée à la découverte du projet de parc éolien industriel du Deyroux. Dès 2010, le promoteur Eolfi envisageait l’installation d’un important ensemble d’éoliennes sur les communes de Camps-Saint-Mathurin-Léobazel, Mercœur et Sexcles. Le démarchage des propriétaires fonciers avait commencé avant qu’une grande partie de la population ne mesure réellement l’ampleur du projet.

    En 2013, une réunion d’information organisée à Goulles réunit environ 200 personnes. La mobilisation qui suit conduit à la création d’AAPLX. À cette époque, le projet a compté jusqu’à vingt machines envisagées avant d’être ramené à dix éoliennes pouvant atteindre 200 mètres de hauteur.

    L’association ne se définit cependant pas par son opposition à un seul projet. Ses statuts lui donnent une mission plus large : protéger les espaces naturels, les paysages, les écosystèmes, le patrimoine local et les habitants de la Xaintrie, de la Corrèze et des départements limitrophes.

    AAPLX souhaite également informer la population, défendre les biens communs, prévenir la dégradation des ressources naturelles et soutenir des projets réellement durables, innovants et non destructeurs. L’association prévoit aussi de pouvoir agir en justice lorsque l’environnement, la santé publique, les paysages ou le patrimoine sont menacés. Elle est reconnue d’intérêt général.

    Le projet éolien du Deyroux : douze années de mobilisation

    Le combat contre le parc éolien du Deyroux constitue l’action la plus longue et la plus emblématique menée par AAPLX.

    Pendant plus de douze ans, ses membres ont étudié les dossiers, informé les habitants et rencontré les élus. Ils ont organisé ou participé à des réunions publiques, distribué des tracts dans les boîtes aux lettres, réalisé du porte-à-porte, tenu des stands sur les foires et les marchés, collé des affiches et fait circuler des pétitions.

    L’association a également produit des communiqués de presse, répondu à des interviews radiophoniques, mobilisé la population lors de l’enquête publique et travaillé avec d’autres associations de défense de l’environnement.

    Cette présence constante sur le terrain s’est accompagnée d’un important travail documentaire. Les membres d’AAPLX ont étudié les effets du projet sur les paysages, la biodiversité, les oiseaux, le cadre de vie et l’économie locale. Ils ont également interrogé les dimensions techniques et financières du dossier, notamment la hauteur des machines, les conditions de démantèlement et les données relatives au potentiel éolien du site.

    L’enquête publique menée au début de l’année 2019 s’est conclue par un avis défavorable. La commission d’enquête a notamment relevé la qualité et la précision des nombreuses contributions déposées par les opposants au projet. Elle a constaté que la population mobilisée avait sérieusement étudié le dossier et produit des éléments d’analyse méritant d’être pris en considération.

    Le 10 décembre 2020, la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites a également rendu un avis défavorable. Le 29 décembre 2020, la préfète de la Corrèze a refusé l’autorisation d’exploiter le parc éolien du Deyroux.

    Une victoire confirmée devant la justice

    Le refus préfectoral n’a pas immédiatement clos le dossier. En mars 2021, la société porteuse du projet, liée à Eolfi et Shell, a contesté la décision devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux.

    AAPLX a alors choisi de poursuivre son engagement sur le terrain juridique. En novembre 2021, l’association a déposé un mémoire en intervention volontaire afin de soutenir la décision de la préfecture. Elle a mandaté un cabinet d’avocats et participé à la préparation des arguments présentés devant la juridiction administrative.

    Le 28 novembre 2023, la Cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté la requête du promoteur et confirmé le refus d’autorisation.

    Un dernier pourvoi a été déposé devant le Conseil d’État. Le 31 décembre 2024, celui-ci a rejeté la demande de la société Parc Éolien Corrèze 1. Cette décision a mis un terme définitif au projet.

    Cette victoire ne repose pas sur une action isolée, mais sur la continuité d’une mobilisation associant habitants, adhérents, élus, associations, contributeurs à l’enquête publique et défenseurs du territoire. AAPLX en a constitué l’un des points d’appui les plus constants, depuis les premières réunions de 2013 jusqu’à l’issue judiciaire de 2024.

    Informer, documenter et rendre les habitants acteurs

    L’une des caractéristiques d’AAPLX est de ne pas limiter son action à la protestation.

    L’association cherche à rendre accessibles des dossiers souvent très techniques. Elle rassemble des documents administratifs, suit les enquêtes publiques, consulte les décisions préfectorales et judiciaires, sollicite les collectivités et interpelle les responsables publics.

    Sa méthode repose sur plusieurs formes d’action complémentaires :

    • l’étude approfondie des projets et des documents officiels ;
    • l’information directe des habitants ;
    • l’organisation de réunions publiques et de formations ;
    • les pétitions et les contributions aux enquêtes publiques ;
    • les rencontres avec les élus et les administrations ;
    • le travail avec des scientifiques, des juristes et des associations spécialisées ;
    • la publication de communiqués et les relations avec la presse ;
    • le recours à la justice lorsque les autres moyens ne suffisent plus.

    AAPLX agit également au sein de collectifs. Elle a participé à la création d’un regroupement départemental d’associations mobilisées sur les projets éoliens en Corrèze. Avec plusieurs associations corréziennes, elle a par exemple interpellé les candidats aux élections législatives de 2022 sur la politique énergétique, la consultation des populations et la protection des territoires ruraux.

    L’eau potable : défendre une gestion locale et transparente

    L’action d’AAPLX concerne également la gestion de l’eau potable en Xaintrie Val’Dordogne.

    Face aux projets de réorganisation et de centralisation de l’alimentation en eau, l’association a demandé que les habitants puissent disposer des études et des documents utilisés par les décideurs. Elle a défendu l’organisation de réunions publiques permettant à chacun de comprendre les scénarios proposés et leurs conséquences.

    En janvier 2022, AAPLX et le Collectif Transition Locale du Pays d’Argentat ont notamment demandé à la communauté de communes la communication des études réalisées sur le schéma directeur de l’eau potable. Leur démarche revendiquait une participation citoyenne fondée sur l’accès aux informations, afin de construire un regard commun plutôt que de laisser s’installer l’incompréhension ou la division.

    Cette mobilisation a contribué à ouvrir publiquement le débat sur la préservation des ressources locales, leur interconnexion, les consommations, la qualité de l’eau et la manière dont les décisions sont prises.

    Le sujet a rencontré un écho important dans la population et dans la presse régionale, notamment lors d’une réunion publique organisée à Argentat en septembre 2022, consacrée au devenir de l’alimentation en eau du territoire.

    Mines d’uranium, radioactivité et radon

    La Xaintrie porte également les traces de l’ancienne exploitation de l’uranium. Plusieurs mines ont été exploitées dans le secteur de Saint-Privat, notamment à Auriac, Saint-Julien-aux-Bois et Darazac.

    AAPLX suit la situation de ces anciens sites et demande le nettoyage ainsi que la réhabilitation des zones polluées par des déchets radioactifs. Elle relaie des informations sur les conséquences possibles de ces anciennes activités minières pour les sols, les cours d’eau et la santé publique.

    L’association s’intéresse aussi à la présence du radon, un gaz radioactif naturel particulièrement surveillé dans certains territoires granitiques. Elle a obtenu auprès de l’Agence régionale de santé des données concernant plusieurs ressources en eau de la Xaintrie blanche.

    En octobre 2025, elle a organisé à Goulles une formation ouverte au public avec un ingénieur géologue et le soutien de la CRIIRAD, afin de mieux comprendre le radon, ses risques potentiels et les moyens de prévention. Cette initiative a fait l’objet d’un article dans le journal La Montagne.

    Une association présente dans la presse et le débat public

    Depuis sa création, AAPLX utilise la presse locale et régionale comme un moyen d’information et de mise en débat.

    Ses réunions publiques, ses prises de position, ses formations et ses mobilisations ont été relayées par différents médias. L’association a publié de nombreux communiqués, donné des interviews radiophoniques et participé à des dossiers consacrés à l’éolien, à l’eau potable, aux mines d’uranium et au radon.

    En 2018, La Trousse corrézienne avait consacré une longue rencontre à Marie Maugein et Christine Guérin, alors présidente et secrétaire de l’association. L’article retraçait la naissance d’AAPLX et décrivait les méthodes employées par les promoteurs avant que la population ne soit pleinement informée. Il exposait également la position de l’association : non pas le refus de toute transition énergétique, mais la contestation de projets industriels conduits sans véritable participation des habitants et sans prise en compte suffisante du territoire.

    Cette relation avec les médias fait partie intégrante de la méthode d’AAPLX : rendre visibles des dossiers qui pourraient rester réservés aux administrations, aux bureaux d’études et aux entreprises concernées. D’où son partenariat avec Citoyliens décidé ce 1er Aout 2026 !

    Une vigilance qui se poursuit

    La victoire définitive obtenue sur le projet du Deyroux ne marque pas la fin de l’action d’AAPLX.

    L’association continue de suivre les projets susceptibles d’affecter la Xaintrie et les territoires voisins. Elle soutient les habitants qui cherchent à s’informer et poursuit ses actions sur l’eau, la radioactivité, le radon, les paysages et la biodiversité.

    De nouveaux projets éoliens apparaissant dans le secteur, notamment autour de Saint-Julien-aux-Bois, l’association mobilise à nouveau son expérience : information des habitants, réunions publiques, diffusion de documents, pétitions et interpellation des élus et des autorités.

    Douze années de mobilisation ont montré qu’un groupe d’habitants organisé peut étudier des dossiers complexes, faire circuler l’information, participer aux procédures publiques et peser durablement sur les décisions qui concernent son territoire.

    AAPLX devient partenaire de Citoyliens

    En devenant partenaire de Citoyliens, Agir Autrement pour la Xaintrie dispose d’un espace supplémentaire pour partager ses informations avec les habitants de la Corrèze.

    L’association pourra utiliser la plateforme pour annoncer ses réunions, ses formations et ses mobilisations, publier ses communiqués, rendre compte de ses actions et orienter les lecteurs vers les dossiers plus complets disponibles sur son propre site.

    Ce partenariat s’inscrit dans la raison d’être de Citoyliens : proposer aux associations et aux collectifs locaux un canal de publication et d’affichage en commun, indépendant des grandes plateformes commerciales, sans publicité, sans captation des données personnelles et sans algorithme décidant à la place des lecteurs quelles informations méritent d’être vues.

    En rejoignant les associations partenaires de Citoyliens, AAPLX partage son expérience avec un réseau plus large d’acteurs engagés pour l’écologie, la solidarité, les droits, l’information indépendante et la participation citoyenne.

    Bienvenue à Agir Autrement pour la Xaintrie parmi les associations partenaires de Citoyliens.

    Pour aller plus loin

    Retrouvez les dossiers, les archives et les actualités de l’association sur aaplx.com.

    Découvrez toutes les publications d’AAPLX accessibles sur Citoyliens.fr.

  • À Cajarc, le premier festival national contre le photovoltaïque sur sols vivants [vidéo]

    À Cajarc, le premier festival national contre le photovoltaïque sur sols vivants [vidéo]

    Les 12, 13 et 14 juin, neuf organisations accueillent à Cajarc (Lot) trois jours de rencontres, de débats et de fête autour des résistances à l’implantation de centrales photovoltaïques sur les terres agricoles, naturelles et forestières. La Corrèze y sera présente — et concernée.

    « Ce n’est pas le problème du cadre de vie. Ce phénomène de l’accaparement des terres par les industriels va bien au-delà. » Dans un entretien vidéo que nous publions aujourd’hui, Caroline Erhardt, du collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac et membre du comité de pilotage du festival, pose le cadre. Derrière les panneaux, ce sont des questions d’agriculture productiviste, d’extractivisme, de numérisation du monde agricole et de souveraineté sur les communs qui se jouent.

    Le festival — première édition, aboutissement de près d’un an de travail collectif entre huit structures lotoises et la Coordination Nationale Photorévoltée — se veut à la fois lieu de réflexion et moment militant joyeux, ouvert à toutes et tous, enfants compris.

    Au programme : du fond et du vivant

    Les tables rondes aborderont l’agriculture paysanne (avec Laurence Marandola, ancienne porte-parole nationale de la Confédération Paysanne, et l’historien Jean-Philippe Martin), les stratégies de lutte contre les centrales en milieu forestier, l’électromagnétisme en élevage (avec François Dufour, co-fondateur d’ATTAC), ou encore l’écoféminisme, à travers l’œuvre de Françoise d’Eaubonne présentée par David Dufresne et le témoignage de paysannes engagées.

    Un débat citoyen sur la démocratie énergétique réunira notamment Philippe Revel, de la Confédération Paysanne de la Corrèze, aux côtés du Syndicat de la Montagne Limousine et du réseau Centrales Villageoises Cœur de Corrèze — un fil direct avec nos territoires.

    Côté projections, on notera L’usage du monde d’Agnès Fouilleux, documentaire sur notre rapport de domination au vivant, et L’ombre des miroirs d’Isabelle Haelvoët, consacré aux luttes contre les centrales sur terres agricoles.

    Et aussi : concerts, spectacles, carnaval

    Du jazz manouche au rock alternatif, de la marionnette au cirque, en passant par un « carnaval du vivant » costumé et une chorale explosive, le programme tient sa promesse festive. Un village associatif et un marché artisanal accueilleront collectifs et associations — du Lot, de la Corrèze, du Tarn et d’ailleurs.

    ➡️ Voir notre entretien vidéo avec Caroline Erhardt

    Festival Photorévoltée — 12, 13 et 14 juin 2026 — Cajarc (Lot). Programme détaillé à venir.

  • Pétition contre la centrale agrivoltaïque du Colombier à Cressensac-Sarrazac (Lot)

    Pétition contre la centrale agrivoltaïque du Colombier à Cressensac-Sarrazac (Lot)


    A Cressensac-Sarrazac, commune Lotoise frontalière de la Corrèze, une méga-centrale photovoltaïque sur terres forestières et agricoles de 24 ha exploitée par Photosol (groupe RUBIS) est déjà en fonctionnement depuis 2014.

    Aujourd’hui, c’est un projet  de centrale agrivoltaïque de 7,5 ha sur élevage ovin,  porté par la multinationale allemande EnergieKontor qui est en cours d’instruction par les services de la préfecture du Lot depuis le 23 février 2026 !

    Le projet est situé au lieu-dit Le Colombier à proximité du château de Tersac, au sein d’une trame verte (corridor de biodiversité) établie par le Plan d’aménagement et de développement durable de la Communauté de communes CAUVALDOR, en bordure d’un chemin de randonnée.

    • Au sud de l’aéroport Brive-Vallée-de-la-Dordogne, une zone de 45 ha, propriété du Syndicat mixte de l’aéroport, a été classée en zone Ner (zone naturelle définie pour accueillir la production d’énergie renouvelable) dans le nouveau PLUI-H. Un projet de centrale photovoltaïque sur sol naturel est à l’étude par le groupe Générale du Solaire.
    • Sur une ancienne aire de repos de la D820 en grande partie boisée, un projet de 3 ha est étudié par Leencoop.
    • Au lieu-dit Pech Montat, une autorisation a été délivrée à Solarvia (filiale du groupe Vinci) pour une centrale de 0,8 ha sur une prairie.
    • Vous ne vous vous opposez pas aux panneaux photovoltaïques sur les zones artificialisées (toitures, parkings, friches industrielles…).
    • Vous vous opposez à l’artificialisation des terres agricoles au détriment de la souveraineté alimentaire.
    • Vous plaidez pour que les terres agricoles se maintiennent au service d’une agriculture nourricière durable. En effet, la terre est avant tout un bien commun et un titre de propriété engage une responsabilité, celle d’en prendre soin pour les générations futures.
    • Vous défendez la biodiversité et la protection des espaces naturels qui contribuent à l’atténuation du changement climatique.
    • Vous vous opposez à une nouvelle « mer noire » sur les pâturages de la commune, à la dépréciation immobilière des biens alentours et au préjudice en matière de tourisme.
    • Vous contribuez à préserver le site naturel du lieu-dit Le Colombier, le cadre de vie des habitants du village, les paysages et l’environnement.

  • Appel contre l’implantation d’une centrale photovoltaïque Darnets

    Appel contre l’implantation d’une centrale photovoltaïque Darnets

    Bonjour à toutes, à tous,

    Nous faisons appel à votre générosité et à votre implication pour solliciter des dons pour le financement des frais juridiques engagés dans le recours contre le permis de contruire d’un champ photovoltaïque en Corrèze.

    Une requête auprès du tribunal administratif de Limoges a été déposée par 3 habitants de la commune de Darnets et l’association Corrèze Environnement pour s’opposer au permis de construire d’un champ photovoltaïque en Corrèze (19), au Puy de la Bessade (Darnets) et Le Grill (Egletons) sur des surfaces boisées entrainant la coupe rase de 17 ha.

    Afin de financer les frais d’avocat et de procédures, ils nous manquent 1500€, nous faisons appel à vous.”

    Vous pouvez vous rendre sur notre HelloAsso :

    Lien de financement HELLOASSO (cliquez)

    Ou en envoyant vos dons à la boîte postale de l’association : Saint-Hilaire-Foissac Nature BP35 19300 EGLETONS

    Nous vous en remercions.

    I.L Pour Saint-Hilaire-Foissac Nature

    Bonne fin de journée

    image de la foret potentiellement rasée par le projet Photovoltaïque Darnet
    Projet Photovoltaïque Darnet
    Image forets qui sera rasée à Darnets Photovoltaïque Darnets
  • Salle comble pour le film “Vies non Renouvelables: nature ou misère”

    Salle comble pour le film “Vies non Renouvelables: nature ou misère”

    La réussite de cette soirée prouve que le sujet interpelle les citoyens. La colonisation des terres agricoles, naturelles et forestières par les industriels des énergies renouvelables préoccupe sérieusement les ruraux. Le film “Vies non renouvelables: nature ou misère” est devenu le documentaire de référence en Espagne où les paysages, les villages et l’équilibre des économies locales sont menacés par une transition énergétique débridée. Ce film réussit à soulever avec une incroyable efficacité tous les enjeux autour de ce phénomène d’industrialisation des espaces naturels.

    Bien sûr, l’histoire de l’Espagne et le contexte législatif qui permet l’expropriation des paysans sont différents des nôtres. Cependant la pression des industriels du renouvelable sur nos campagnes ne cesse de croître. Et dans tous les départements ruraux on assiste à une véritable déferlante des projets photovoltaïques sur sols naturels comme en témoigne la carte des projets dans le Lot ci-dessous.

    La richesse du débat qui a animé la salle après le film et la qualité des interventions ont été remarquées. Car au delà de la crainte de l’industrialisation de nos campagnes et la dégradation de notre cadre de vie, c’est une réflexion bien plus profonde qui s’est engagée collectivement lors de cette soirée. Il a été souligné que le marché de l’électricité est dévolu aux entreprises et aux intérêts privés. Les porteurs de projets sont en grande partie des filières de multinationales du pétrole qui étendent leurs activités aux énergies renouvelables pour obtenir des crédits carbone et pouvoir ainsi continuer leurs activités pétrolières. Pour des participants cela va à contresens de l’intérêt général.

    Il en découle que ces installations se font en dépit de toute planification. En amont la loi indique qu’il faut privilégier le développement du photovoltaïque sur terrains artificialisés. Les communes ont été sollicitées pour définir des zones d’accélération des énergies renouvelables mais que sont devenues aujourd’hui ces contributions ? Il est remarqué de fortes inégalités entre les territoires en terme de production d’électricité au sein d’un même département. Par exemple, si tous les projets voyaient le jour à Cressensac-Sarrazac, cette commune produirait à elle seule 15% de l’énergie produite par le département.

    Il a été rappelé que pour répondre aux objectifs de 2030, selon les données de l’Observatoire des énergies dans le Lot*, il faudra produire 260 Gwh supplémentaires par an, soit d’installer moins de 110 ha de panneaux sur toitures ou sur parkings, c’est à dire 3500 m² par commune et pour 2050, moins de 1,5 ha !

    De plus, l’expérience montre l’absence complète de transparence sur les projets en cours. Les habitants ne sont pas informés des études entreprises par les énergéticiens pour des projets qui se trouvent à proximité de leur habitation et parfois les mairies elles-mêmes ne sont pas au courant de ce qui se prépare sur leur commune.

    Selon le rapport de décembre 2025 de RTE (Réseau de transport de l’électricité) la France produit 20% d’électricité de plus que ce qu’elle en consomme. Tandis qu’on assiste au développement sans cesse croissant de la numérisation de la société et celui de l’intelligence artificielle, il a été question de l’extractivisme et des limites planétaires. L’exemple du passage du quartz au silicium métal utilisé dans les panneaux photovoltaïques a été cité. Une opération qui nécessite une quantité phénoménale d’énergies fossiles et qui est ultra polluante pour l’environnement (280kg de produit chimique par kg de silicium produit). Jusqu’à quand pourra-t-on poursuivre cette logique de surproduction et de surconsommation ?

    L’énergie est un bien commun au même titre que les ressources naturelles et les citoyens sont tout à fait légitimes de se réapproprier la question énergétique. On doit envisager la mise en place de projets à taille humaine sur des surfaces anthropisées, projets co-construits avec les habitants et autogérés localement.

    Ce débat fut donc un beau moment d’intelligence collective qui s’est terminé autour d’un verre. Il encourage les organisateurs à réitérer ces rendez-vous autour de sujets aussi déterminants pour notre avenir et celui de nos enfants.

    *Selon l’Observatoire des énergies renouvelables dans le Lot, n°2, “Le Photovoltaique”, en date de février 2024, https://www.lot.gouv.fr/contenu/telechargement/18547/140820/file/Obs-ENR_n%C2%B02_vfinale.pdf

  • Projection-Débat “Vies non renouvelables: nature ou misère” – En Espagne, la transition écologique au péril des territoires ruraux

    Projection-Débat “Vies non renouvelables: nature ou misère” – En Espagne, la transition écologique au péril des territoires ruraux

    Le vendredi 6 février 2026 à 20h à GIGNAC (Lot), première projection en France du film remarquable Vies non renouvelables: nature ou misère

    L’association Gignac Ensemble, le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac et le collectif citoyen Nespoulois vous invitent à cette projection exceptionnelle – entrée libre. Elle sera suivie d’un temps d’échange avec le public animé par des membres de la Coordination nationale photorévoltée, de la Confédération paysanne du Lot et des associations organisatrices.

    Ce long métrage, réalisé par Francisco José Vaquero en 2024, est devenu le film documentaire de référence dans le débat sur la transition énergétique et le monde rural. À travers des images saisissantes et des témoignages poignants, ce film est un appel à l’action. Bien plus qu’un simple documentaire, c’est un miroir qui nous interpelle tous.

    Il a déjà été projeté dans plus de 350 villes et villages en Espagne.

    Vies non renouvelables : nature ou misère nous plonge dans l’Espagne rurale où la transition vers les énergies renouvelables est présentée comme une réponse urgente à la crise climatique. Mais l’arrivée massive de parcs solaires et éoliens transforme les paysages, fragilise les économies locales et menace la survie de nombreux villages. Tourné à travers différents territoires ruraux, le film donne la parole aux habitants – agriculteurs, artisans, acteurs du tourisme, militants – qui racontent comment un modèle de transition énergétique imposé d’en haut bouleverse leur quotidien. Car l’absence de planification et la mauvaise gestion des autorités mettent en péril leur mode de vie et leur bien le plus précieux: l’environnement.

    Sans rejeter les énergies renouvelables, le film questionne la manière dont elles sont implantées, dénonce le mépris des administrations et des grandes entreprises pour le monde rural et pose une question simple : peut-on vraiment protéger la nature en la détruisant ?

    Un temps d’échange permettra aux spectateurs de partager ce que le film a fait vivre en eux et les réflexions qu’il a suscitées. Ce sera aussi l’occasion d’évoquer ce qui se passe sur nos territoires. Les intervenants dresseront un bref état des lieux de la situation d’accaparement des terres par les industriels de l’énergie dans le département du Lot et répondront aux interrogations du public. Des représentants d’associations et de collectifs viendront témoigner de leur lutte contre des projets éoliens et photovoltaïques dans leur village.

    LIEU: Salle des Fêtes, rue de la Pierre des Trois Évêques, 46600 GIGNAC

    ENTRÉE LIBRE

    .

  • RTE : surproduction électrique et subventionnement de la non production

    RTE : surproduction électrique et subventionnement de la non production

    Paris, 10 décembre 2025 – Après dix ans de prévisions erronées et de milliards d’euros gaspillés, RTE (Réseau de Transport d’Électricité) reconnaît enfin l’échec de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3). La France produit aujourd’hui 20 % d’électricité en trop, avec des conséquences dramatiques pour les ménages, les finances publiques et l’environnement. En Corrèze et dans le Lot, comme ailleurs, cette surproduction coûteuse interroge : qui paiera pour cette gabegie ?

    Un système électrique surdimensionné et ruineux

    Le dernier rapport de la Fondation Concorde, relayé par la Fédération Environnement Durable (FED) et le RRAL (Réseau des Résistances et Alternatives Lotoises), dont Citoyliens.fr est membre, révèle une réalité accablante :

    • La consommation d’électricité stagne depuis la crise du Covid, contrairement aux prévisions.
    • Les capacités de production n’ont cessé d’augmenter, notamment via l’éolien et le solaire, créant un surplus structurel.
    • Les prix s’effondrent, avec des prix négatifs récurrents en milieu de journée à cause du solaire.
    • Les subventions aux énergies renouvelables intermittentes (ENRi) explosent : 7,1 milliards d’euros en 2026, soit 92,42 €/MWh pour l’éolien terrestre (contre 55 €/MWh sur le marché).

    « La France ne manque pas d’électricité, mais de cohérence. On paie pour produire, puis on paie pour ne pas consommer ! » Fédération Environnement Durable

    Corrèze, Lot : des territoires en première ligne

    En Occitanie, et plus particulièrement en Corrèze et dans le Lot, les projets éoliens et solaires se multiplient, souvent sans concertation locale ni évaluation réelle des besoins. Pourtant, les réseaux électriques locaux sont déjà saturés, et les ménages subissent une hausse continue des factures pour financer un système inefficace.

    • Qui décide ? Les préfets continuent d’autoriser de nouveaux parcs, malgré les alertes.
    • Qui paie ? Les contribuables et les consommateurs, déjà en difficulté.
    • Qui en profite ? Les industriels des ENRi, subventionnés à coups de milliards (voir nos articles déjà publiés sur Citoyliens.fr)

    Que faire ? Les propositions du RRAL et de la FED

    Face à cette impasse, la Fédération Environnement Durable exige : ✅ Un moratoire immédiat sur les nouveaux projets éoliens et solaires. ✅ La suspension des autorisations préfectorales. ✅ Une révision en profondeur de la PPE3, pour une politique énergétique réaliste et transparente. ✅ La fin des subventions aveugles aux ENRi, au profit d’une neutralité technologique (nucléaire, hydraulique, ENR pilotables).

    Pour aller plus loin

    Rapport de la fondation Concorde

    #SurproductionÉlectrique, #CorrèzeLot, #TransitionÉnergétique.

  • URGENT ! CAGNOTTE SOLIDAIRE !

    URGENT ! CAGNOTTE SOLIDAIRE !

    Soutenez les recours juridiques de la Confédération Paysanne du Lot 

    Nous assistons à l’accélération des projets de centrales photovoltaïques industrielles au sol sur les espaces naturels partout en France.

    En s’accaparant nos terres agricoles, naturelles et forestières, les multinationales de l’énergie fragilisent encore davantage l’agriculture paysanne, détruisent la biodiversité et la beauté de nos paysages pour satisfaire leur appât du gain.

    Cet accaparement des terres est encouragé par le gouvernement, à travers la loi APER et le Décret n° 2024-318 du 8 avril 2024 relatif au développement de l’agrivoltaïsme, sous l’influence des lobbies du pétrole et de l’agriculture, et par certaines collectivités locales. En effet, ces projets sont quasiment tous portés par des filiales contrôlées à 100 % par les multinationales de l’extraction fossile comme TOTAL, ENI ou RUBIS qui consolident leur bilan carbone pour pouvoir continuer à développer l’extraction d’énergies fossiles.

    Ce n’est pas le mirage énergétique qui permettra de pallier à la faiblesse des prix agricoles, de redonner du sens au métier de paysan et l’envie aux nouvelles générations de travailler en agriculture.

    Vous pouvez participer à la cagnotte en faisant un don aux Amis de la Confédération Paysanne sur helloasso

    ou par chèque : libellé à l’ordre des Ami.e.s de la Confédération paysanne, 
    inscrire au dos “Soutien Conf’ 46 – stop au PV” et envoyer aux 
    Ami.es de la Confédération paysanne, 104 rue Robespierre, 93170 BAGNOLET

    Les dons sont déductibles à 66% de l’impôt sur le revenu dans la limite de 20% du revenu imposable.

    A savoir: Chaque recours nécessite au minimum 3000 € en première instance et autant pour aller en appel ou en cassation. Si nous récoltons plus de dons que les actions en cours, nous pourrons nous en servir pour constituer une cagnotte en prévision de prochains recours sur d’autres PLUI et sur des permis de construire.

    Le document-cadre établit un ensemble de parcelles qui ont été recensées par les chambres d’agricultures sur des critères définis par la loi d’accélération de production d’énergies renouvelables : terres dites “incultes” ou non exploitées depuis plus de 10 ans. Or, selon la Confédération paysanne du Lot, après examen détaillé, aucune des parcelles retenues dans le document-cadre du Lot ne répond à la définition de terres incultes mais sont des zones naturelles (jardins, vergers…), des espaces végétalisés (boisés ou en cours de reboisement)… De plus, aux 12 parcelles proposées par la chambre d’agriculture, 39 ont été rajoutées sans information et sans consultation des membres de la CDPENAF, commission chargée de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers.

    La Confédération Paysanne demande également que « toutes les surfaces incluses dans le document-cadre au titre de leur non exploitation fasse l’objet au préalable d’une procédure de mise en valeur des terres incultes prévue par le code rural ». Pour ce faire la Préfecture doit procéder à une publicité destinée à faire connaître aux bénéficiaires éventuels, la faculté qui leur est offerte de demander une autorisation d’exploiter ces surfaces.

    Dans le département du Lot, la révision des Plans Locaux d’Urbanisme permet aux communautés de communes d’introduire des zones Ner, zones naturelles définies pour accueillir de la production d’énergies renouvelables. Dans la communauté de commune CAUVALDOR frontalière de la Corrèze, 22 zones ont été ainsi classées. Or, il s’avère que ce PLUIH a reçu un avis très défavorables de la MRAe (Mission régionale d’autorité environnementale) car aucune étude d’impact n’a été effectuée dans le cadre de la planification énergétique.

    Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site internet de La Confédération Paysanne du Lot !

  • Énergie verte Lot : 3500 m² de panneaux photovoltaïques par commune suffisent

    Énergie verte Lot : 3500 m² de panneaux photovoltaïques par commune suffisent

    Les associations du Collectif RRAL46 (voir nos articles) ont élaboré et sont co-signataires d’une sorte de “manifeste” aux projets d’implantation de grands champs de panneaux photovoltaïques sur sol naturel. Le cœur du propos peux se résumer en deux points :

    • les grosses villes ont structurellement accès à un montant d’aide doublé par rapport aux territoires ruraux – cela favorise artificiellement la voie du privé par rapport aux politiques publiques que les communes ou les communautés d’agglomérations pourraient mener
    • notre pays avait de formidables capacités de planification, mais cela est absolument pas mis en place en matière d’énergie renouvelable … régionalement, départementalement, ni Enedis pour l’accès aux postes de raccordement, favorisant les fonctionnements privés et les logiques du profit au détriment du besoin de long terme des usagers
    • en admettant le chiffre du besoin national ramené au Lot, ce sont 110 ha de panneaux qui seraient à déployer, soit 3500m² par commune

    Le texte intégral ci-dessous aborde de nombreux autres points (poubelles numérisées, drones militaires …) et sera présenté au congrès des maires du Lot le 17 octobre 2025.

  • Réunion publique/Débat – Collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac

    Réunion publique/Débat – Collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac

    Le Collectif Stop agrivoltaïque Cressensac organise une réunion publique pour répondre à toutes les questions de fond que posent les centrales photovoltaïques dans les espaces naturels et détailler les nombreux enjeux autour du phénomène d’accaparement des terres agricoles par les industriels de l’énergie. La réunion se déroulera le samedi 11 octobre à 11h à la salle de fêtes de Cressensac.

    Cette réunion publique, prévue de longue date avait été annoncée dans un article paru le 29 août dans actuLot. Suite à cette parution, la mairie de Cressensac a enfin décidé de communiquer le 24 septembre en réunion publique sur deux des quatre projets prévus sur la commune. Mais celle-ci n’a pas “calmé les esprits”, bien au contraire. Peu satisfait des exposés des porteurs de projets et de leurs  arguments, et compte tenu de l’intérêt du public venu en nombre, le collectif citoyen a décidé de maintenir son rendez-vous avec tous les habitants intéressés.

    Le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac informera sur l’ensemble des projets photovoltaïques à Cressensac-Sarrazac et fera un bref état des lieux des projets des communes voisines et du département du Lot. En s’appuyant sur des rapports d’experts et de scientifiques, sur des retours d’expérience, le collectif exposera les problématiques suscitées par ces installations industrielles dans nos campagnes. Des représentants de la Confédération Paysanne du Lot et de la Corrèze parleront des menaces que fait peser l’agrivoltaïsme sur l’avenir du monde paysan. D’autres associations et collectifs locaux viendront également témoigner des luttes en cours sur leur territoire.

    Cette rencontre accordera une large part au débat. Il sera aussi l’occasion de permettre au public d’entamer une réflexion collective sur la pertinence d’une implication citoyenne dans les choix qui concernent notre avenir énergétique. Pour que l’intérêt général prime sur la logique opportuniste du capitalisme vert, ne faut-il pas envisager que cet avenir soit sobre, juste et efficace ?

    Centrale photovolatïque Photosol de Sarrazac de 24 ha en service depuis 2014

    Contact : info@stop-agrivolt-cressensac.fr 

    ww.stop-agrivolt-cressensac.fr